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Irak - Feu vert au retrait américain en 2011

Bagdad approuve le pacte bilatéral

Reuters   17 novembre 2008  États-Unis
Bagdad — Après pratiquement un an de difficiles négociations avec Washington, le gouvernement irakien a approuvé hier le pacte bilatéral qui fixe à la fin 2011 le terme d'une présence militaire américaine entamée en mars 2003 avec l'invasion de l'Irak et le renversement du régime de Saddam Hussein.

«Le retrait complet sera achevé d'ici le 31 décembre 2011. Cela se fera indépendamment des circonstances sur le terrain. Cette échéance est précise et définitive», a déclaré le porte-parole du gouvernement Ali al Dabbagh concernant le pacte, qui a reçu l'assentiment de 27 des 28 ministres.

Appelé officiellement «sur le retrait des troupes américaines», le pacte doit encore être entériné par le parlement, mais d'après le ministre des Affaires étrangères Hochiyar Zébari, cela devrait se faire d'ici la fin du mois.

Les principales formations représentées au parlement ont laissé entendre qu'elles le soutenaient. Le texte sera examiné en première lecture aujourd'hui, a annoncé le vice-président du parlement, Khaled al Attiya.

Les partisans de l'imam chiite radical Moktada Sadr constituent, au Parlement, le seul groupe à être ouvertement hostile au pacte. Le bloc de Sadr a appelé la population à manifester «pour faire échec à cette farce (le pacte)».

Dans un communiqué, Sadr a dénoncé «le déshonneur et l'ignominie» que le pacte apporte selon lui à l'Irak. «J'exhorte le parlement à rejeter le pacte sans hésitation parce qu'il met en vente l'Irak et son peuple», a-t-il dit.

Le Front de l'Accord, le plus important bloc sunnite, souhaite de son côté un référendum sur le pacte et un porte-parole, Salim al Djoubouri, a dit que le groupe tenterait de le bloquer au parlement.

La Maison-Blanche salue le pacte

Le pacte est approuvé moins de deux semaines après l'élection à la présidence des États-Unis de Barack Obama, lequel, tout au long de sa campagne, a indiqué qu'il était favorable à un retrait américain d'Irak dans les 16 mois qui suivraient son investiture à la Maison-Blanche le 20 janvier.

La Maison-Blanche a salué l'approbation du pacte par la voix de son porte-parole, Gordon Johndroe.

«Même si le processus n'est pas encore bouclé, nous gardons bon espoir que nous aurons bientôt un accord bénéfique pour les peuples d'Irak et des États-Unis et qui signale à la région et au monde que nos deux gouvernements sont attachés à un Irak stable, sûr et démocratique», a-t-il dit.

Certains hommes politiques irakiens ont fait valoir qu'il avait été plus facile d'accepter le pacte après l'élection d'Obama. L'administration Bush encore en fonctions a assuré qu'Obama se conformerait au pacte, lequel n'a pas à être approuvé par le Congrès américain, a indiqué Dabbagh.

Attentat dans le Nord de l'Irak

Les États-Unis avaient présenté le 6 novembre à l'Irak leur version définitive du pacte. Le document adopté remplacera le mandat de l'ONU qui justifie la présence de troupes étrangères en Irak et expire le 31 décembre.

Le pacte placera ainsi les forces américaines d'Irak — actuellement autour de 150 000 hommes — sous l'autorité du gouvernement irakien, cela pour la première fois. Il prévoit qu'à partir de la mi-2009, les troupes américaines ne patrouilleront plus dans les rues des villes et villages. Les forces américaines, a indiqué Dabbagh, restitueront leurs bases à l'État irakien dans le courant de 2009 et ne pourront plus décider elles-mêmes de mener des raids contre des habitations sans en avoir reçu l'ordre d'un magistrat irakien ou sans avoir obtenu l'autorisation du gouvernement.

«Nous nous félicitons du feu vert donné au pacte aujourd'hui par le gouvernement. C'est un pas important et favorable», a déclaré hier l'ambassade des États-Unis à Bagdad.

Irakiens et Américains s'étaient entendus en octobre sur les grands principes de ce texte, mais Bagdad avait réclamé des amendements, en particulier sur la responsabilité devant les tribunaux irakiens des militaires américains auteurs de crimes.

Avec le recul général des violences, le gouvernement est mieux à même d'assurer l'ordre et les armées étrangères ont transféré l'autorité aux forces irakiennes dans 13 des 18 provinces. En octobre, le nombre des morts a atteint son niveau le plus bas depuis 2003. Les autorités irakiennes reconnaissent qu'elles ont encore besoin de l'appui militaire des Américains face aux insurgés sunnites dans Bagdad et dans quatre provinces du nord du pays, ainsi que d'une aide logistique.
 
 
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