dimanche 22 novembre 2009 Dernière mise à jour 11h52


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les primeurs d'Obama

Serge Truffaut   5 novembre 2008  États-Unis
Une immense foule en liesse attendait Barack Obama hier soir, à Grant Park, à Chicago.
Photo : Agence France-Presse
Une immense foule en liesse attendait Barack Obama hier soir, à Grant Park, à Chicago.
La victoire de Barack Obama s'avère une addition de primeurs: premier Noir à être élu président; premier sénateur, tous partis confondus, à remporter la mise depuis Lyndon B. Johnson; premier locataire de la Maison-Blanche ne venant pas du sud, de l'ouest ou du centre des États-Unis. Quoi d'autre? Premier chef de l'exécutif à être confronté, depuis des lunes, à des défis énormes sur tous les fronts.

Le succès d'Obama, ainsi que celui des candidats démocrates au Congrès, présente une série de caractéristiques saisissantes. Géographiquement, Obama a combiné le raz-de-marée dans les États qu'il a remportés à un nombre appréciable de voix dans les États où John McCain a obtenu les grands électeurs. Autrement dit, l'homme de Chicago va hériter de bases électorales somme toute solides dans un éventail appréciable d'États jusqu'alors réputés pour être républicains dans tous les azimuts.

Sur un plan sociologique, son triomphe est tout aussi singulier. Un, les cols bleus, qui lui avaient donné bien du fil à retordre lors des primaires et qui se disaient enclins à accorder leurs faveurs au champion des républicains, se sont rangés derrière lui en masse. À preuve, la Pennsylvanie, où McCain a essuyé un échec plus que cuisant.

Deux, les Hispaniques ont créé la surprise partout où ils sont présents. En Floride, au Colorado et au Nouveau-Mexique, ils ont voté dans le sens contraire à celui observé lors des deux dernières présidentielles dans des proportions parfois étonnantes, comme en témoignent les données afférentes au Nouveau-Mexique.

Ces évolutions géographiques, ces retournements sociologiques, sont autant de mises en relief du désir marqué des Américains pour le changement. Pour dire les choses brutalement, ils ont manifesté leur ras-le-bol. On peut les comprendre. Car, au terme de ses deux mandats, Bush laisse le pays dans un état lamentable: les indicateurs sont négatifs sur tous les plans.

Économiquement, la première puissance du monde est plongée dans une récession que tous les initiés aux choses chiffrées prédisent plus dure, plus violente que celles qui ont marqué l'histoire du pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Et alors? McCain a commis l'erreur énorme de s'engager à poursuivre en la matière les politiques conçues par Bush, conçues pour les riches d'entre les riches. Au contraire, Obama a promis de réformer l'architecture fiscale en y injectant une forte dose de justice, d'égalité devant l'impôt. À noter que, pour les deux tiers des citoyens, le malaise économique trônait en haut de leurs priorités.

En ce qui concerne maintenant les affaires internationales, ou plus précisément les deux conflits dans lesquels le pays est plongé, là aussi, McCain a défendu des positions que même certains gradés jugeaient et jugent intenables. En clair, ces derniers estiment que, entre l'Afghanistan et l'Irak, l'armée est pour ainsi dire surexploitée. Elle est au bout du rouleau.

Or, pour ce qui est de l'Irak, McCain s'est refusé à inscrire à l'agenda un retrait à moyen terme du contingent. Obama? Une fois à la Maison-Blanche, il va ordonner un retour des «boys» dans les seize mois. L'Afghanistan? McCain était favorable à une augmentation du nombre de soldats sans changer la donne en Irak. Obama? Il envisage une addition coordonnée avec la soustraction en Irak.

Cela étant, il faut souligner, retenir et répéter que Bush, ainsi que le vice-président, Dick Cheney, s'emploie actuellement à pourrir, il n'y a pas d'autre mot, la tâche qui attend Obama. De quoi s'agit-il? Au cours des récentes semaines, et alors que l'attention de tous était captée par la campagne, le duo infernal de l'histoire moderne des États-Unis s'est appliqué à démolir l'héritage environnemental de Bill Clinton, à poursuivre leur travail de sape des libertés civiles sans oublier d'accorder aux banques plombées par des véhicules financiers toxiques des... congés fiscaux!

Il était temps, grandement temps, que le peuple américain renvoie dans les câbles une formation politique devenue méprisable.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 02h59
    Obama et Irak
    « Un test important pour Obama avoir l'audace de renoncer à la maintenance de bases américaines en Irak au nom du contrôle stratégique du pétrole. Le complexe militaro industriel n'est plus le grand investissement d'hier, il vampirise l'économie américaine et par extension celle du monde.
    Il devra mettre de l'avant l'exploration intensive de nouvelles technologies et sources d'énergies capable d'harmoniser développement et environnement.

    Ce n'est pas la révolution quoique quelque chose à faire. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 07h17
    Bravo!
    « Les USA viennent de démontrer que les malades mentaux que nous nommons racistes, le racisme qui est une maladie à soigner au même titre que des maladies graves comme le cancer ou le sida, ne peuvent gagner contre les gens de bonne volonté. C'est une belle claque à J-F Lisée pour sa distinction entre les "Nous" et les "Eux" car un pays se fait avec tous, tous ensemble, la main dans la main, toutes origines confondues avec le regard vers l'avenir. Bravo Obama. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 07h26
    Bravo!
    « Il faut que ça change aussi chez nous. Nous avons encore la même mentalité que les républicains du genre Bush/Cheney. L'Amérique est une utopie, un rêve pour la planète entière puisqu'elle est le résultat de la communauté du monde , races et cultures confondues. On crée avec tous non contre. Le Parti québécois a des leçons à apprendre de ces élections magiques et tant remplies d'espoir. Je suis heureux que le racisme des "Nous" et des "Eux", des "patriotes" ou non, des blancs ou non, tout ça, à la poubelle de où on jette la honte humaine. L'Amérique prouve sa force et son courage encore une fois. Tout est possible. »

  • Angelo Zenga
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 07h27
    Ou est l'homme noir(femme) d'Europe
    « Jamais l'élection d'un président Americain n'auras suscité autant d'intérêt dans le monde. Parout en Europe, on voulait Obama, il y a même des articles dans des journaux Allemand et Anglais qui ont declarer que l'Amerique pairait si elle ne votait pas Obama. Il faut bien se poser la question ou est l'homme (femmme) d'Europe?....Il n'y en a pas..et il n'y en auras pas pour longtemp, car essayer de trouver un politicien noir dans un des parlements.Pour ce qui est du votre article Karl Marx n'aurait pu mieux décrire l'envie des classes que vous exprimé. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 5 novembre 2008 07h38
    Encore 49 % d'Américains sont bigots
    « Bravo M. Obama !

    Il est quand même surprenant qu'un Américain sur deux ait voté pour le successeur de W. Bush malgré tous les problèmes qu'il a apportés : guerres, dettes etc.

    Ce n'est que leur drôle de système électoral qui a fait toute le différence du nombre de votes accumulés par chaque candidat.

    Le sud des États-Unis est demeuré le successeur du KKK, de la religiosité, du racisme et de Bush. »

  • Mme et M. JMR et IJ
    Abonné
    mercredi 5 novembre 2008 08h26
    La Maison blanche passe de deux watts à cent watts
    « Enfin un président qui allume aux réalités des vrais problems de son pays. Bravo Obama, je souhaite voir Kerry et Gore participer à cette administration. ivan jobin »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 08h59
    Pourrait-on en finir avec les stéréotypes réducteurs?
    « Barack Obama n'a pas été élu parce qu'il est Noir. Il a été élu pour son intelligence, ses compétences, son charisme, son charme, enfin toutes ces qualités qui font de lui un homme brillant, une créature du XXI siècle, le résultat du brassage des civilisations, ou de la mondialisation qui attend la planète.
    L'insistance à le vouloir Noir d'abord et avant tout, (génétiquement absurde, alors que sa mère est Blanche), revient à en faire un symbole racial dominant aussi ridicule que suranné. Le changement qu'il prône disparaîtra bien vite si on ne fait que voir dans son élection le remplacement d' une tyrannie fondée sur la suprématie d'une race par une autre. Son élection n'est pas signe de revanche, c'est un signe d'évolution positive.
    De grâce, finissons-en avec ces stéréotypes réducteurs, et bannissons toute allusion à une caractéristique sur laquelle l'individu lui-même ne peut avoir de contrôle. Qui donc peut se prétendre responsable de sa naissance ou du lieu de sa naissance? »

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mercredi 5 novembre 2008 09h19
    Et Kennedy...
    « ...il venait du centre, de l'ouest ou du sud? »

  • Jean Beaumont
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 10h57
    Qui est Noir?
    « D'accord avec M. Lengellé. M. Truffault et ses pairs journalistes prennent-ils le lecteur pour une truffe quand ils ne cessent d'affirmer qu'Obama est Noir? C'est déformer la réalité que de ne pas appeler un chat un chat. Et un mulâtre un mulâtre. C'est agaçant à la fin de se faire rebattre les oreilles des mêmes faussetés! »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 11h33
    Les trois États noirs ont voté McCain
    « On nous raconte que c'est la fin du racisme, que l'Amérique a changé, que c'est le 21e siecle, blablabla...Boulechite

    Le Mississipi (36% de Noirs), la Louisiane (32%) et la Georgie (27%) ont voté McCain. Alors qu'on vient d'élire le premier président noir, les trois États les plus noirs ont voté blanc. Facile à comprendre: presque tous les Blancs de ces trois États ont voté McCain. Le Mississipi a voté McCain à 56%, la Louisiane à 59% et la Georgie 53%. Rien a changé

    Alors qu'est-ce qui s'est passé? La game s'est joué comme d'habitude dans les 3 swingtates de l'Ohio, la Pennsylvanie et la Floride. Dans ces trois États, le vote blanc s'est divisé bien qu'allant en majorité pour McCain. Mais leur majorité a été renversé par le vote ethnique. Les Noirs ont voté Obama à 94% et les Latinos à 68%. Ils ont fait la différence dans ces 3 États et permis à Obama de devenir le 44e président. Bref, Obama a été élu par l'argent et des votes ethniques

    le vote blanc s'est divisé entre McCain et Obama alors que
    C'est le vote noir et latino qui a fait la différence dans les swingstates en Ohio, en Floride et en Pennsylvanie. 94% des Noirs et 68% des Latinos ont voté Obama. Dans ces trois États le vote blanc s'est divisé entre McCain et Obama.
    Ce qui permet de conclure qu'Obama a été élu par l'argent et le vote ethnique »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 13h03
    Tous les autres États blancs ont voté pour Obama aussi.
    « Il en reste encore quelques uns des racistes mais c'est une maladie bientôt guérie par des votes comme celui des américains hier pour cette belle soirée d'espoir comme exemple à la terre entière. Il n'y a pas que l'argent et vous connaissez très mal l'histoire américaine à ce que je lis de vos propos très embêtés voir gênés qu'un métis soit devenu le Président d'un des pays les plus importants au monde. Incroyable tout de même que les racistes n'arrivent pas à comprendre que même métis, noir, blanc, mulâtre, etc., Monsieur Barack Hussein Obama est américain, un vrai de vrai comme tous les autres américains et que c'est grâce à cela qu'il est devenu le Président des USA. Sa grand-mère d'ailleurs a sacrifié des vaches pour l'évènement de son petit-fils. Je trouve ça magnifique et beau. Il l'a affirmé dans son magnifique discours (réécoutez-le pour que ça vous donne de la graine d'être respectueux du genre humain dont vous avez du mal à accepter que vous y appartenez tout comme moi, le genre humain vous savez homme ou femme avec bras, jambes, torses, âme, esprit humour etc...) et confirmé hier que vous soyez blanc, noir, métis, asiatique, latinos, gays, lesbiennes, handicapés ou non ou on ne sait plus mais en tout cas pas raciste du tout (car les racistes comme vous M Noël, c'est l'hôpital direct avec des pilules) sont des américains sans distinctions. Je ne vois pas en quoi ça vous dérange tant que ça que les votes soient faits par des gens qui ont une race différente? Surtout que la majorité habite les USA depuis pas mal de générations suite à l'esclavage, que 40% des américains sont d'origine noire à cause des viols par les blancs etc. Soyez bon joueur car l'avenir sera le vote des gens de la planète qu'ils soient américains depuis longtemps ou qu'ils le soient devenus. Ça aurait drôle de vous voir dans votre misérable peau blanche au milieu de la foule des supporters d'Obama à Chicago hier au soir. Vous auriez pu crier fort à tous ces gens là, de toutes races et couleurs mais avec un seul espoir, qui disent non au racisme et aux racistes, crier donc: "Bande de maudites sales races noires avec votre argent, vous avez payé la victoire d'Obama. Il aurait fallu mettre l'honnête républicain McCain et la splendide blanche Sarah Palin en place pour qu'ils recommencent à créer la ségrégation raciale de la bonne époque où on courait avec la police pour attraper des noirs en panique afin de les pendre à un arbre ».
    Moralité, le racisme a perdu une grande bataille. Ce n'est qu'un début. Vive Obama! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 5 novembre 2008 19h41
    La Bible américaine vote rouge pour aller au ciel bleu
    « La bible a voté rouge et les noirs ont voté bleu...en majorité, ce qui fait une carte électorale américaine comme suit : Rouge au milieuet au sud et bleue autour et au nord. »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 19h54
    Et le manque de respect lui?!?
    « Monsieur Brun, j'aime bien votre discours, contre le racisme, et je partage votre joie pour la victoire de Monsieur Obama, par contre je n'aime pas cette façon que vous avez de répudier le peuple qui a exploré, inventorié, défriché, et défendu le pays où vous vous trouvez maintenant. Je suis tout de même heureux de constater que vous semblez parler notre langue...

    Je pense que ce n'est pas en encourageant le dénigrement, l'injustice, en oblitérant la démocratie, et en vous comportant de la même manière que notre très estimée Gouverneure Générale, que vous vous ferez des amis auprès des québecois. Le rappatriement de la constitution n'a pas été signé par les représentants du Québec en 1982, il serait peut-être judicieux que vous vous posiez la question à savoir pourquoi...

    Et qu'au lieu de taper sur les indépendantistes québecois, vous tapiez sur les rednecks anglo-saxons pollueurs de l'ouest. Si on veut qu'ils comprennent le français un jour, il faut qu'on commence par leur montrer ce que signifie un oui et un non...

    Non nous n'avons pas signé la constitution.
    Oui nous nous soucions de préserver notre environnement en polluant moins.
    Oui nous préférons un gouvernement plus socialiste, même s'il nous en coûte.
    Non nous ne payerons pas indéfiniment pour deux niveaux de gouvernements qui ne nous représentent pas correctement.
    Oui nous avons une culture propre, et originale en amérique du nord, et non nous ne l'abandonnerons pas pour un métissage mondiale sans qu'elle ne soit reconnue à la face du monde.
    Nous sommes québecois, nous ne sommes plus français, nous ne sommes pas "canadian", nous somme les descendants des colons de Nouvelle-France, ceux qui ont vaincus le scorbut et autres périls qui nous guettaient en ce nouveau-monde et qui l'ont exploré, jusqu'au delà de la Louisiane. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009