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Les spécialistes circonspects - Les swing states penchent vers Obama

Claude Lévesque   5 novembre 2008  États-Unis
L’attente a été longue dans certains bureaux de scrutin.
Photo : Agence Reuters
L’attente a été longue dans certains bureaux de scrutin.
Les yeux de nombreux spécialistes de la politique américaine étaient rivés hier sur une dizaine d'États-clés, les fameux swing states où les sondages n'avaient donné d'avantage décisif à aucun des deux candidats à la présidence.

La plupart de ces États ont donné leur préférence au démocrate Barack Obama, contribuant ainsi à sa victoire. Les chaînes de télévision américaines le donnaient gagnant en Pennsylvanie, en Ohio et en Virginie, et en avance dans plusieurs autres États appartenant à cette catégorie, dont la Floride, le Colorado et le Nouveau-Mexique.

En revanche, après le dépouillement de 87 % des bulletins de vote, le républicain John McCain menait par 50 % des voix, contre 49 % pour son adversaire en Caroline du Nord.

Ces États indécis sont caractérisés par une grande diversité de population, avec quelques grands centres urbains, qui votent généralement en faveur du candidat démocrate, et des zones rurales plus conservatrices, qui favorisent plus volontiers le porte-étendard républicain.

Certains d'entre eux font figure de pivots depuis des décennies, voire depuis la création de l'Union, d'autres ont une tradition soit démocrate soit républicaine, mais donnent de sérieux signes de vouloir rompre avec celle-ci.

La victoire d'Obama en Pennsylvanie, qui compte 21 grands électeurs, était attendue, certains sondages préélectoraux lui accordant une avance de plus de dix points. Cet État, qui avait voté pour le prétendant démocrate en 2000 et en 2004, représente néanmoins, avec l'Ohio et la Floride, l'un des trois États qui ont joué un rôle crucial dans l'élection présidentielle américaine ces 50 dernières années, et les républicains espéraient le ravir aux démocrates.

Il y a quatre ans, les résultats définitifs de l'élection présidentielle étaient restés suspendus à l'issue du vote en Ohio, qui fournit 20 des 538 grands électeurs qui, en décembre, choisiront le président des États-Unis en vertu du suffrage universel indirect. Le candidat démocrate John Kerry avait attendu au lendemain des élections avant de concéder la victoire à George W. Bush.

L'attente

Cette année encore, les résultats dans cet État du centre se sont fait attendre. Plusieurs heures après la fermeture des bureaux de scrutin, seulement 5 % des bulletins de vote avaient été dépouillés, mais le démocrate Barack Obama disposait déjà d'une forte avance sur son adversaire républicain.

Aucun candidat républicain à la Maison-Blanche n'a réussi à accéder à la Maison-Blanche sans remporter l'Ohio. La règle aura été respectée cette année, semble-t-il.

En Floride, après le décompte de 84 % des bulletins de vote, le candidat démocrate devançait de peu le républicain (51 % des voix contre 49 %). Cet État du Sud-Est dispose de 27 grands électeurs, plus que tout autre swing state. Il compte environ 1,4 million d'électeurs hispaniques, un électorat-clé. Parmi eux, les Cubains votent traditionnellement pour les républicains. C'est aussi le cas, généralement, pour la majorité des nombreux retraités qui ont élu domicile en Floride. Selon certains réseaux de télévision, Barack Obama disposait d'une avance de 10 % chez les électeurs hispanophones, inversant le verdict de 2004.

C'est la Floride qui avait permis à George W. Bush de devenir président des États-Unis en 2000, après plusieurs dépouillements et contestations judiciaires.

Au moment de mettre sous presse, les résultats étaient très partagés en Virginie, un État traditionnellement républicain que les démocrates espéraient cette année faire basculer dans leur camp. Cet État de l'Est, à la porte du Sud, est un microcosme des États-Unis et pourrait illustrer les grands changements qui s'opèrent au sein de l'électorat dans l'ensemble du pays. Barack Obama y a tenu l'un de ses plus importants rassemblements de la campagne, lundi.

L'issue du scrutin dans le Missouri et dans l'Indiana, des États traditionnellement républicains mais où les démocrates avaient l'espoir de l'emporter, était également incertaine au moment de conclure cette édition.

La région des Rocheuses compte aussi trois États considérés comme indécis, le Colorado, le Nevada et le Nouveau-Mexique, qui avaient apporté leur soutien à George W. Bush en 2004, mais ceux-ci n'ont pas le poids démographique des précédents. On y trouve une nombreuse population d'origine hispanique.

Le taux de participation, qui a atteint hier un niveau record à l'échelon national, a été particulièrement élevé dans les États-pivots, qui ont fait l'objet de toutes les attentions de la part des candidats des deux partis.

En Virginie, la responsable des opérations électorales a souligné que 40 % des électeurs inscrits avaient déjà déposé leur bulletin de vote dans l'urne à 10h.

Le système électoral américain, qui veut que tous les grands électeurs d'un État appuient le «ticket» qui y a remporté la majorité des suffrages, incite les prétendants à la présidence et à la vice-présidence à être plus présents dans ces États que dans d'autres, pourtant plus populeux, où les jeux semblaient faits à l'approche du jour J. C'est ce que MM. Obama et McCain ont fait ces derniers jours, les deux candidats haranguant les électeurs floridiens lundi, et le candidat républicain, âgé de 72 ans, faisant la navette entre pas moins de sept États lundi et hier.






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  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 07h21
    Bravo!
    « C'est comme chez nous au Québec, les forces régressives se trouvent aussi dans les campagnes non dans les villes. Le problème c'est qu'il n'y a qu'une seule ville digne du cosmopolitisme magique qui a mené Obama au poste de président des USA malgré son origine et sa couleur de peau, cette ville a pour nom Montréal. C'est une grande leçon politique, culturelle, morale que le monde devra prendre désormais en compte. »

  • Philippe Bonneau
    Abonné
    mercredi 5 novembre 2008 07h47
    Élections américaines
    « Espérons que M. Obama vivra assez longtemps pour changer des choses, il est vrai que déjà son élection est un gros changement. Bravo pour la démocratie »

  • Laurent Lemieux
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2008 08h26
    swing = swing
    « Je ne sais pas combien de synonymes français les analystes et jounalistes de RC ont utilisés pour tenter de nous expliquer l'expression swing state, ça aurait été si simple de parler de swing state, on aurait tout compri, on est pas des athlètes complets. »

  • lise jacques
    Abonnée
    mercredi 5 novembre 2008 10h19
    D' heureux résultats
    « Le monde entier se réjouie ce matin! Nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à monsieur Obama. Les américians ont opté pour le meilleur changement qui soit, c'est un moment historique pour plusieurs raisons. Alors que le gouvernement précédent a amené le peuple américain dans la régression à tous les niveaux. Le peuple s'est réveillé et surtout s'est tenu debout et a choisi l'espoir...en votant pour un changement historique.

    Au lieu de vivre dans le régime de la peur instauré par le gouvernement Bush...ils ont choisi de transmuter la peur en la foi et de choisir la liberté en votant pour ce grand changement de régime...

    Comment agira monsieur Harper ici, alors qu'il n'aura plus son accolyte américain pour le seconder dans des dossiers comme les OGM, Kyoto et les autres.

    J'espère que les Canadiens comprendront la leçon, quand les citoyens en ont assez d'un gouvernement qui ne représente plus leurs valeurs, ils peuvent aller voter en grand nombre et faire la différence dans l'avenir de leur pays. Je crois qu'il y a beaucoup de Canadiens qui peuvent méditer sur cette puissante action. Je crois comme monsieur Bernard Brun que les forces régressites se retrouvent dans les campagnes, le Canada est un grand pays avec beaucoup de campagne, ça prend du temps à faire bouger les gens.

    Bonne chance à monsieur Obama! »

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