lundi 23 novembre 2009 Dernière mise à jour 13h51


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

À Montréal - «Yes, we did !»

Amélie Daoust-Boisvert   5 novembre 2008  États-Unis
Des partisans d’Obama dans un bar de Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
Des partisans d’Obama dans un bar de Montréal.
Une ambiance exaltée, non, totalement survoltée, régnait hier soir au Gert's Bar de l'université McGill, où les étudiants américains et des sympathisants canadiens s'étaient donné un rendez-vous historique. Ce n'était pas Times Square ou Chicago, mais, dans le local plein à craquer de jeunes de moins de 25 ans, se frayer un chemin jusqu'à l'écran géant relevait du sport olympique.

Pas besoin de regarder CNN pour savoir comment se déroulait le dépouillement des votes: les applaudissements et les «chouuuuu!» bien sentis indiquaient, État après État, qui de Barack Obama ou de John McCain prenait l'avance. «Obama en avance en Floride! En Ohio!» Le Texas... la foule politiquement homogène s'est mise à huer ferme.

La Pennsylvanie en bleu... la folie monte encore d'un cran sur une échelle dont le plafond semble prêt à craquer.

«Oh yes! Oh yes!» Il s'embrassent presque, sous un tonnerre d'applaudissements. «Extraordinaire!», lance un étudiant détrempé. Des universitaires qui faisaient du bénévolat au New Hampshire la fin de semaine dernière sont bien payés lorsque l'État vire au bleu. «On boit à ça!», bien sûr, mais, pour eux, on est loin d'un simple prétexte à la fête. Ça discute politique ferme et, en bons élèves, plusieurs ont imprimé une carte des États et notent les résultats.

Joe Watts, du Connecticut a dessiné une carte de notre voisin du sud... sur son torse. Au fil de la soirée, l'étudiant en littérature rougit ou bleuit les États. Alors que je suis toujours à la chasse au républicain, il roule les yeux: «Non... je n'en connais pas!» Amelia Lenke, présidente de Democrats Abroad, section McGill, dit qu'«elle n'a pas vu les républicains dans les derniers mois, ils sont très discrets».

Pourquoi le premier candidat noir à l'élection présidentielle les séduit-il tant? Joe Watts est catégorique: «Obama excelle en tout!» Ginny Moore, de la Pennsylvanie, a donné plusieurs heures bénévolement pour la campagne d'Obama: «J'ai senti que mon vote comptait vraiment», dit-elle en faisant allusion au fait qu'elle vient d'un swing state. «J'ai vu Barack à la télévision par hasard, en 2004, ajoute-t-elle, lors de la convention démocrate. Pour la première fois, un politicien m'a touchée.»

Au début de la soirée, ils étaient confiants, les étudiants américains. McGill en accueillait 2316 en septembre 2007, un nombre en croissance. Le consulat des États-Unis à Montréal estime que 25 000 de ses citoyens y vivent.

Au moment de mettre sous presse vers 22h30, ils attendaient, le pied impatient, le regard rivé à l'écran, les résultats de la Floride. Si Obama était en tête (207 grands électeurs contre 135 pour McCain), personne au Gert's Bar ne vendait la peau de l'ours avant de l'avoir tué. «Il s'en vient, il est sur la voie de la victoire, je le sens!», jubilait un partisan en nage une fois l'Ohio et la Pennsylvanie déclarés bleus par CNN. «Pas encore, patience», tempérait son comparse, tout aussi fébrile.

Et s'«il» perd? Rebbecca Davidson a fait un pacte en 2004: «J'ai dit que je déménagerais au Canada si Bush gagnait.» Manifestement, elle a tenu parole. «Où irais-je maintenant?, se demande-t-elle, pensive. Je vais peut-être rester plus longtemps.»

La perdrons-nous? Dans tous les cas, la ritournelle jaillissait à une fréquence exponentielle: «Obama! Obama! Obama!»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009