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Législatives américaines - La gaffe à 700 milliards

Serge Truffaut   4 novembre 2008  États-Unis
Si les prédictions des maisons de sondage s'avèrent, le Parti démocrate devrait recueillir, lors des législatives qui se tiennent simultanément à la présidentielle, suffisamment de votes pour contrôler le Congrès. Plus exactement, si les calculs des sondeurs sont justes, les démocrates vont disposer d'une majorité aussi impressionnante que celle dont Jimmy Carter avait hérité en 1976.

Constaté aussi bien dans les comtés que sur le front sénatorial, ce rebond des démocrates découle avant tout d'un ras-le-bol profond des méfaits économiques de l'administration Bush. Ici et là, on s'attend à ce que les électeurs fassent mordre la poussière aux républicains avec d'autant plus de conviction que ces derniers ont commis à leurs yeux une gaffe énorme et récente: le rejet, dans un premier temps, du plan de sauvetage des établissements financiers conçu par le secrétaire du Trésor, Harry Paulson.

En effet, ce renvoi par des républicains du plan en question a causé tellement de remous sur les places financières que des millions d'électeurs croient dur comme fer qu'il est directement responsable d'une baisse généralisée des valeurs. Pour ces citoyens, les républicains ont commis une double faute: leur laxisme réglementaire a eu pour conséquence une intoxication de l'économie qu'ils ont tardé à soigner.

Cet épisode devrait coûter cher aux républicains candidats, notamment dans les zones urbaines. D'après la batterie de chiffres compilés, les démocrates remporteraient un nombre de sièges leur assurant une forte emprise dans les villes où la classe moyenne a vu ses actifs ou épargnes s'envoler en fumée.

Fait significatif du chambardement politique que beaucoup de professionnels de la politique prévoient, les démocrates dépensent sans compter dans les comtés détenus jusqu'ici par des républicains qui prennent aujourd'hui même... leur retraite. Aussi bizarre cela puisse paraître de prime abord, le nombre de républicains ayant décidé de quitter la scène a atteint un niveau anormalement élevé comparativement aux scrutins antérieurs.

Autre fait singulier, la formation de Bush canalise ses dépenses électorales là où des candidats républicains se représentent. Plus précisément, le parti se concentre dans les comtés et États où ses chances sont réelles. Par exemple, on a constaté qu'au niveau sénatorial le Grand Old Party a adopté un profil très bas, financièrement s'entend, au Colorado, au Nouveau-Mexique et en Virginie. Comme s'il avait jeté l'éponge dans ces endroits.

Cela étant, si Obama remporte la présidentielle et son parti les législatives, le premier va donc se retrouver avec une majorité équivalente en force à celle de Jimmy Carter en 1976. On sait que ce dernier, ainsi d'ailleurs que l'autre démocrate élu à la Maison-Blanche, soit Bill Clinton, a éprouvé certaines difficultés à s'entendre avec les élus démocrates. Avant d'accéder à la plus haute fonction de l'État, tous deux avaient été gouverneurs, donc peu familiers des arcanes de Washington, contrairement à Barack Obama qui est sénateur.
 
 
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    4 novembre 2008 05 h 38
    Économie quand tu nous tiens... à la gorge!
    Ce sera le grand soir... un autre!

    Les jeux sont faits, le résultat est déjà connu. Totalement connu!!!
    Ouf! Imaginez que ce ne soit pas Obama!

    Non, de plus en plus, c'est inimaginable. Bien sûr, on parle de «l'effet Bradley», mais c'est un peu pour se préserver du ridicule si jamais les pronostiques d'experts et les divins sondages se trompaient. C'est toujours bon d'avoir une assurance crédibilité.

    Malgré tout, il faut véritablement admettre que ce serait vraiment INCROYABLE que OBAMA ne soit pas élu!

    Je n'ai pas suivi tellement l'élection de 2004. J'étais en voyage à l'étranger et les médias à ma disposition, n'étaient pas très nombreux. Mais, je me souviens, que je croyais dur comme fer, que jamais Bush, qui avait déjà, à ce moment-là, plusieurs méfaits à son actif, ne serait réélu! Mon "incroyable" c'est pourtant produit! Ça m'a renversé, je me suis dit: "ce peuple a subi un lavage de cerveau"! Ça ne se peut pas!

    Mais demain, si jamais Obama n'est pas élu, je me dirai qu'il ne s'agit pas de lavage de cerveau, mais de machinations en règle.

    J'ai l'impression que bien des gens en arriveraient à cette conclusion. Cette assurance du résultat, ces nombreux "indicatifs" nous montrant la victoire plus que prévisible de Obama, font en sorte, à mon avis, de nous protéger, d'une certaine façon, contre des tripotages qui fausseraient l'honnête résultat.
    Je crois qu'il serait gênant que McCain soit élu. Si tel est le résultat, les preuves du vote en sa faveur devront être clairement démontrées et analysées à fond.
    Mais, sait-on jamais?
    Pour un quelconque "secret d'État" on pourrait interdire toute analyse!

    «un ras-le-bol profond des méfaits économiques»
    Qu'il est désolant d'entendre cette conclusion d'analyse!
    Comme si «l'économie» était «tout». On pourrait assassiner mille personnes par jour, si l'économie va bien, tout est beau dans le meilleur des mondes!
    On pourrait affamer un tiers de la planète, si l'économie va bien, tout est beau et tout va bien.
    L'économie, mesdames zé messieurs... l'économie... au diable le reste!

    L'administration Bush n'a pas fait que des méfaits économiques, elle a considérablement enfreint les règles élémentaires des droits humains. Elle a légalisé la torture, elle a emprisonné à sa discrétion, sans aucun jugement juste, des Êtres Humains qu'elle considère "méchants", elle a dépensé des mille milliards en armement, plus que jamais une autre administration n'a dépensé pour le militaire. Elle a laissé la planète se détériorer, elle a même encouragé sa détérioration, elle a réduit son aide aux pays d'extrême pauvreté, elle n'a pas secouru ses propres citoyens lors de Katrina, elle a menti 935 fois ( seulement les mensonges répertoriés, mais si nous considérons tous les autres... ce sont des milliers de fois!), elle n'a jamais fait la lumière sur les tragiques événements du 11 septembre 2001, elle a réduit les libertés individuelles et mis l'Amérique entière sous écoute, et j'en passe et j'en oublie!

    Mais, les analystes nous ramènent à la simple et divine économie!
    Ah! Mes amis, si l'économie déraille... ouf! Ça va mal! Trrrrrès mal! L'économie, c'est plus important que la vie!

    C'est effectivement "étrange" que le plan Paulson, poussé par le Républicain en chef, Bush et appuyer outre Atlantique par ses amis britanniques, ait été rejeté par les républicains de la base. Mais de là à tout ramener l'élan du vote à l'unique question du portefeuille personnel qui maigrit, ça me semble un peu réducteur.


    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    4 novembre 2008 08 h 06
    Avantage donc à Obama... s'il est élu
    Quel pays compliqué à gouverner !

    On ne saura en fait vraiment que le six janvier 2009 qui sera le prochain président des États-Unis. C'est ce jour-là que se prononceront les Grands Électeurs choisis aujourd'hui. Mais si c'est Obama et si le Congrès est entièrement démocrate, ce qui s'annonce davantage certain, Obama sera bien placé pour contrôler aussi les législatives. Son poste de sénateur lui a déjà permis de s'initier aux arcanes des législatives, malgré son jeune âge comparativement à McCain.

    On peut avoir l'impression que partout dans le monde, sauf aux États-Unis, même les économistes sont pro-Obama. Or j'en connais au Québec qui sont férocement pro-Bush, pro-Harper, et donc pro McCain et sa charmante et ignorante colistière, Sarah Palin. Ces gens sont certains que ce sont les interventions étatiques qui ont conduit l'économie mondiale dans cette crise. Et ils ont raison, du moins en partie. Car un peu partout les États ont encouragé la classe moyenne à s'acheter des maisons trop chères en leur offrant des crédits d'impôt. Et voilà qu'un Mario Dumont, supposément de droite, reprend les mêmes offres alléchantes aux futurs propriétaires de maisons. Comme quoi politique et rationalité ne vont pas toujours de pair.
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