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Présidentielle américaine - Pari perdu

Serge Truffaut   17 octobre 2008  États-Unis
S'il fallait résumer la prestation du sénateur John McCain lors du dernier débat l'ayant opposé à Barack Obama, alors l'expression trop peu, trop tard, serait la plus appropriée. En effet, le candidat des républicains n'est pas parvenu, ne serait-ce qu'une fois, à prendre de la hauteur. Il n'est parvenu ni à cacher le dédain que lui inspire visiblement son adversaire, ni à prendre ses distances d'avec un éventail de politiques qui plombent comme jamais depuis la Grande Dépression le portefeuille des Américains.

C'est bien simple: avant l'amorce du débat, tous les chiffres inhérents à la campagne de McCain étaient au rouge. Parmi la ribambelle de sondages effectués ces derniers jours, certains allaient jusqu'à créditer Obama d'une avance de 14 %. Trois des quatre États clés ou swing states pencheraient en faveur du démocrate. L'État de la Virginie qui, depuis la Deuxième Guerre mondiale, ne s'est jamais départi de sa fidélité aux républicains, serait désormais acquis aux démocrates. Quoi d'autre? À la faveur des législatives qui se tiendront en même temps que la présidentielle, les démocrates devraient disposer d'une majorité confortable au Congrès. Bref, McCain était condamné à se dépasser ou, à tout le moins, à couper le cordon avec huit ans d'administration Bush.

Ce n'est pas du tout ça qui s'est passé. De tous les arguments ou propositions formulés par le franc-tireur de l'Arizona, on retiendra ceux ayant trait aux impôts, aux politiques fiscales. À l'instar de Bush aujourd'hui et de Ronald Reagan hier, McCain est favorable aux baisses d'impôt des plus riches parmi les riches. Autrement dit, il fait le pari que l'argent ainsi alloué aura une impulsion favorable sur le front de l'emploi. Et alors? On ne répétera jamais assez que, selon une étude effectuée par un économiste britannique, les réductions accordées hier par Reagan et plus récemment par Bush, et que McCain a soutenues, ont bénéficié d'abord et avant tout à l'industrie européenne du luxe. Notre voisin, lorsqu'il est millionnaire, n'achète pas Ford mais Audi ou Mercedes, Dior ou Chanel, Armani ou Prada.

En critiquant avec constance toutes les propositions fiscales d'Obama, au nom du sempiternel American Dream, McCain est apparu comme un candidat dont le rejet systématique de tout ce qui ressemble de près ou de loin à l'État se confond avec le fanatisme. À l'heure où le pays doit faire face à la pire crise économique depuis la Grande dépression, on aurait attendu d'un homme apprécié jusqu'alors pour son franc-parler et son indépendance d'esprit qu'il avance un plan dont l'État est d'ores et déjà un acteur... obligé, le laisser-faire tous azimuts ayant été une faillite.

D'un homme ayant été lui-même victime des campagnes de salissage de Bush lors des primaires de l'an 2000, on aurait attendu une condamnation des propos entendus, propos très violents, lors des assemblées animées par Sarah Palin qui, elle, s'emploie à associer Obama à la nébuleuse terroriste. Au final, McCain a été en dessous de ce qu'il a déjà été.
 
 
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  • Mario Tremblay - Abonné
    17 octobre 2008 08 h 03
    Tout le monde le pense, mais personne ne le dit ...
    Alors, je me lance. Quand les Américains vont-ils assassiner Obama, maintenant qu'il a toutes les chances d'être président? Avant ou après les élections? Vous ne me ferez pas croire que la frange raciste de ce pays va accepter un noir comme président. C'est impensable.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    17 octobre 2008 08 h 10
    Racisme américain très vilain
    On va se croiser les doigts pour ne pas que la vilain racisme américain entre en jeu dans les isoloirs. Ils ont élu W. 2 fois même après avoir su qu'il leur avait menti.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    17 octobre 2008 09 h 04
    @ M. Mario Tremblay
    J'espère bien que vous vous trompez mais je ne serais pas tellement surpris. Ces Américains ont la consommation, la religion et le meurtre faciles. Ils croient détenir LA vérité mondiale et la permission de tuer tout ce qui semble être dans leur chemin.

    Bonne chance aux 50 % d'Américains qui ne sont pas comme ça, l'autre 50 % va votre McCain, le clone de Bush avec sa Mme Palin qui tire du fusil aussi vite que Lucky Luke...plus vite que son hombre, la main sur le piton nucléaire.
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  • Normand Laporte - Abonné
    17 octobre 2008 11 h 59
    M.Obama
    Je suis entièrement d'accord avec Mario Tremblay.Depuis le début de cette campagne j'ai très peur que le drame des frères Kennedy se répète.Quand on pense au racisme qui existe dans ce pays supposé être l'exemple de la liberté et de la démocratie dans le monde.On vient dans vivre un bel exemple avec Bush.
    Bonne chance M.Obama.
    normand.marcelle@videotron .ca
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