Présidentielle américaine - Pari perdu
S'il fallait résumer la prestation du sénateur John McCain lors du dernier débat l'ayant opposé à Barack Obama, alors l'expression trop peu, trop tard, serait la plus appropriée. En effet, le candidat des républicains n'est pas parvenu, ne serait-ce qu'une fois, à prendre de la hauteur. Il n'est parvenu ni à cacher le dédain que lui inspire visiblement son adversaire, ni à prendre ses distances d'avec un éventail de politiques qui plombent comme jamais depuis la Grande Dépression le portefeuille des Américains.
C'est bien simple: avant l'amorce du débat, tous les chiffres inhérents à la campagne de McCain étaient au rouge. Parmi la ribambelle de sondages effectués ces derniers jours, certains allaient jusqu'à créditer Obama d'une avance de 14 %. Trois des quatre États clés ou swing states pencheraient en faveur du démocrate. L'État de la Virginie qui, depuis la Deuxième Guerre mondiale, ne s'est jamais départi de sa fidélité aux républicains, serait désormais acquis aux démocrates. Quoi d'autre? À la faveur des législatives qui se tiendront en même temps que la présidentielle, les démocrates devraient disposer d'une majorité confortable au Congrès. Bref, McCain était condamné à se dépasser ou, à tout le moins, à couper le cordon avec huit ans d'administration Bush.
Ce n'est pas du tout ça qui s'est passé. De tous les arguments ou propositions formulés par le franc-tireur de l'Arizona, on retiendra ceux ayant trait aux impôts, aux politiques fiscales. À l'instar de Bush aujourd'hui et de Ronald Reagan hier, McCain est favorable aux baisses d'impôt des plus riches parmi les riches. Autrement dit, il fait le pari que l'argent ainsi alloué aura une impulsion favorable sur le front de l'emploi. Et alors? On ne répétera jamais assez que, selon une étude effectuée par un économiste britannique, les réductions accordées hier par Reagan et plus récemment par Bush, et que McCain a soutenues, ont bénéficié d'abord et avant tout à l'industrie européenne du luxe. Notre voisin, lorsqu'il est millionnaire, n'achète pas Ford mais Audi ou Mercedes, Dior ou Chanel, Armani ou Prada.
En critiquant avec constance toutes les propositions fiscales d'Obama, au nom du sempiternel American Dream, McCain est apparu comme un candidat dont le rejet systématique de tout ce qui ressemble de près ou de loin à l'État se confond avec le fanatisme. À l'heure où le pays doit faire face à la pire crise économique depuis la Grande dépression, on aurait attendu d'un homme apprécié jusqu'alors pour son franc-parler et son indépendance d'esprit qu'il avance un plan dont l'État est d'ores et déjà un acteur... obligé, le laisser-faire tous azimuts ayant été une faillite.
D'un homme ayant été lui-même victime des campagnes de salissage de Bush lors des primaires de l'an 2000, on aurait attendu une condamnation des propos entendus, propos très violents, lors des assemblées animées par Sarah Palin qui, elle, s'emploie à associer Obama à la nébuleuse terroriste. Au final, McCain a été en dessous de ce qu'il a déjà été.
C'est bien simple: avant l'amorce du débat, tous les chiffres inhérents à la campagne de McCain étaient au rouge. Parmi la ribambelle de sondages effectués ces derniers jours, certains allaient jusqu'à créditer Obama d'une avance de 14 %. Trois des quatre États clés ou swing states pencheraient en faveur du démocrate. L'État de la Virginie qui, depuis la Deuxième Guerre mondiale, ne s'est jamais départi de sa fidélité aux républicains, serait désormais acquis aux démocrates. Quoi d'autre? À la faveur des législatives qui se tiendront en même temps que la présidentielle, les démocrates devraient disposer d'une majorité confortable au Congrès. Bref, McCain était condamné à se dépasser ou, à tout le moins, à couper le cordon avec huit ans d'administration Bush.
Ce n'est pas du tout ça qui s'est passé. De tous les arguments ou propositions formulés par le franc-tireur de l'Arizona, on retiendra ceux ayant trait aux impôts, aux politiques fiscales. À l'instar de Bush aujourd'hui et de Ronald Reagan hier, McCain est favorable aux baisses d'impôt des plus riches parmi les riches. Autrement dit, il fait le pari que l'argent ainsi alloué aura une impulsion favorable sur le front de l'emploi. Et alors? On ne répétera jamais assez que, selon une étude effectuée par un économiste britannique, les réductions accordées hier par Reagan et plus récemment par Bush, et que McCain a soutenues, ont bénéficié d'abord et avant tout à l'industrie européenne du luxe. Notre voisin, lorsqu'il est millionnaire, n'achète pas Ford mais Audi ou Mercedes, Dior ou Chanel, Armani ou Prada.
En critiquant avec constance toutes les propositions fiscales d'Obama, au nom du sempiternel American Dream, McCain est apparu comme un candidat dont le rejet systématique de tout ce qui ressemble de près ou de loin à l'État se confond avec le fanatisme. À l'heure où le pays doit faire face à la pire crise économique depuis la Grande dépression, on aurait attendu d'un homme apprécié jusqu'alors pour son franc-parler et son indépendance d'esprit qu'il avance un plan dont l'État est d'ores et déjà un acteur... obligé, le laisser-faire tous azimuts ayant été une faillite.
D'un homme ayant été lui-même victime des campagnes de salissage de Bush lors des primaires de l'an 2000, on aurait attendu une condamnation des propos entendus, propos très violents, lors des assemblées animées par Sarah Palin qui, elle, s'emploie à associer Obama à la nébuleuse terroriste. Au final, McCain a été en dessous de ce qu'il a déjà été.
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