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Ultime débat présidentiel - McCain montre le poing

«Sénateur Obama, je ne suis pas le président Bush»

Guy Taillefer   16 octobre 2008  États-Unis
Le sénateur John McCain pointant son adversaire Barack Obama au cours du troisième et dernier débat de la campagne présidentielle américaine qui s’est déroulé hier soir à l’université Hofstra, à Hempstead, dans l’État de New York.
Photo : Agence France-Presse
Le sénateur John McCain pointant son adversaire Barack Obama au cours du troisième et dernier débat de la campagne présidentielle américaine qui s’est déroulé hier soir à l’université Hofstra, à Hempstead, dans l’État de New York.
Le dos au mur, John McCain a montré le poing hier soir, martelant que l'application des politiques défendues par Barack Obama équivaudrait à grossir la bureaucratie de l'État, à étrangler la petite entreprise et à augmenter les impôts de la classe moyenne. Autant d'épouvantails face auxquels le démocrate est demeuré imperturbable.

À trois semaines moins un jour de la présidentielle du 4 novembre, le candidat républicain à la présidence, très à la traîne dans les sondages, y compris maintenant dans des États qui ont massivement voté Bush en 2000 et 2004, comptait sur ce troisième et ultime débat face au démocrate pour se remettre en selle. Les deux candidats à la présidence avaient rendez-vous à l'université Hofstra, de Hempstead, à Long Island, près de New York. McCain avait 90 minutes pour renverser la tendance.

McCain a donné hier soir des signes évidents d'agacement devant les nuances apportées par son rival en réponse aux questions qui lui étaient posées au sujet de l'éducation, de la santé et de la crise économique, qui a de nouveau occupé une large part du débat. «J'admire son éloquence», a-t-il ironisé. Accusant son adversaire républicain de vouloir poursuivre la même politique que le président George W. Bush, Obama s'est fait rabrouer sèchement: «Sénateur Obama, je ne ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez vous présenter contre le président Bush, il fallait le faire il y a quatre ans.»

Riposte du démocrate: «Si je confonds par erreur votre politique et celle de George Bush, c'est parce que sur les problèmes économiques essentiels qui intéressent le peuple américain, sur la politique fiscale, la politique énergétique, les priorités de dépenses, vous avez été un fervent partisan du président Bush.»

La formule de cet ultime échange était bien différente des autres: contrairement au premier débat, très formel, et au deuxième, où les candidats répondaient directement aux questions d'un échantillon d'électeurs sur le mode du «town hall meeting», MM. McCain et Obama étaient assis hier autour d'une table, soumis aux questions du journaliste-modérateur Bob Schieffer, de la chaîne CBS. Une formule destinée à encourager la conversation plutôt que la régurgitation des habituels discours d'élection. Mission en partie accomplie. L'incontournable sondage éclair d'après-match de CNN a donné le démocrate de nouveau gagnant.

S'en tenant à un credo conservateur rigidement anti-étatique, M. McCain a promis de réduire la taille et les dépenses de l'État et d'effacer le déficit fédéral en quatre ans. Il a accusé M. Obama de défendre une politique fiscale qui revient à promouvoir la «lutte des classes». Cela n'augure rien de bon, a-t-il dit, pour «Joe le plombier», cet Américain moyen qui souffrirait des efforts de M. Obama pour «redistribuer la richesse» et tuer l'esprit d'entreprise américain.

Joe le plombier? L'homme en question s'appelle Joe Wurzelbacher. Il s'est retrouvé devant les caméras dimanche dernier en s'opposant à M. Obama en tournée électorale à Toledo, en Ohio, au sujet de ses propositions fiscales. M. McCain l'a longuement évoqué hier soir pour dénoncer l'approche économique de son rival.

«Joe travaille 10 ou 12 heures par jour et il souhaite racheter l'affaire dans laquelle il travaille depuis des années, a expliqué M. McCain. Mais il a vu votre programme fiscal et a constaté qu'il va payer beaucoup plus d'impôts.»

M. Obama a répété sa promesse de réduire les impôts de 95 % des contribuables qui font moins de 250 000 $ par année. «Ce que j'ai dit à Joe, c'est qu'il aurait eu besoin d'une baisse d'impôts il y a cinq ans quand il était en mesure de racheter l'entreprise», a-t-il déclaré. Le démocrate a fait valoir qu'en matière de santé, il était possible d'étendre la couverture aux dizaines de millions d'Américains qui n'en bénéficient pas sans perdre contrôle des coûts, en mettant fin aux avantages fiscaux dont jouissent les compagnies d'assurances. «Nous voulons tous deux diminuer les impôts, a déclaré le sénateur de l'Illinois. La différence est au profit de qui nous voulons les diminuer.»

La tâche s'annonçait difficile pour le candidat républicain. Il a échoué la semaine dernière lors du deuxième débat qui se tenait à Nashville, au Tennessee, à reprendre l'initiative. L'extraordinaire crise économique, combinée aux guerres enlisées en Irak et en Afghanistan, font que l'environnement est devenu très inhospitalier pour les républicains en général et pour M. McCain en particulier.

Le défi était pour McCain était de «répondre à la détresse de la base républicaine qui veut le voir traîner Obama dans la boue et, dans le même temps, se montrer raisonnable, calme et capable de diriger la nation en ces temps de crise économique», analysait avant l'affrontement Steven Millner, professeur d'études politiques à l'université San José State, en Californie.

Le risque était toutefois qu'à se montrer trop pugnace, M. McCain allait surtout se mettre à dos le commun des électeurs dans un contexte où ces derniers ont présentement moins envie de voir les candidats s'attaquer que de les entendre apporter des solutions précises à la crise financière et immobilière. Une dynamique à laquelle la classe politique américaine est peu habituée. Ainsi, un sondage publié hier par le New York Times relève que les électeurs sont fatigués des attaques lancées à répétition par le camp républicain à l'encontre du candidat démocrate. Selon ce sondage, 61 % des électeurs estiment que le sénateur de l'Arizona passe plus de temps à critiquer son adversaire qu'à expliquer son programme. À l'inverse, 63 % des électeurs estiment que le candidat démocrate consacre l'essentiel de son temps à parler de son programme.

De nouveaux sondages ont par ailleurs reconfirmé l'avance de M. Obama dans les intentions de vote, y compris dans des États clé. M. Obama est crédité de 53 % d'intentions de vote contre 39 % pour M. McCain à l'échelle nationale, selon un sondage CBS/The New York Times publié hier. Une avance substantielle de 14 points. Le sondage précédent du New York Times, publié une semaine et demie plus tôt, ne donnait que 3 points d'avance au sénateur de l'Illinois (48 % contre 45 %). Les électeurs indépendants sont 51 % dans le plus récent sondage à manifester l'intention de voter pour le candidat démocrate tandis que 33 % souhaitent voter pour le candidat républicain.

Publié à quelques heures du débat, un autre sondage, celui de CNN/Time Magazine, traçait un portrait encore plus inquiétant pour M. McCain. Obama est ici donné vainqueur dans plusieurs États clés, dont la Floride et la Virginie. Il y est crédité de 10 points d'avance en Virginie (53 % contre 43 %) et de cinq points d'avance en Floride (51 % contre 46 %). Ces deux États, qui totalisent 40 grands électeurs , ont voté pour George W. Bush en 2000 et 2004. Qui plus est, la Virginie n'a pas voté pour un candidat démocrate à la Maison-Blanche depuis 1964.

M. Obama est également donné vainqueur dans le Colorado, un autre État qui a voté pour M. Bush en 2000 et 2004, avec 4 points d'avance (51 % contre 47 %). Le Colorado n'a pas voté pour un démocrate à la présidence depuis 16 ans. Dans le Missouri, un autre État qui a voté Bush les deux fois, les deux candidats sont pratiquement à égalité.

Avec le résultat que si l'élection avait eu lieu hier, selon CNN, M. Obama aurait facilement obtenu un nombre supérieur de grands électeurs aux 270 qu'il faut à un candidat pour décrocher la présidence.

***

Avec l'Agence France-Presse, Associated Press et CNN
 
 
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  • Yvon Montoya - Abonné
    16 octobre 2008 08 h 44
    Ouibama a la baraka.
    C'est unanime dans la Presse américaine, Barak Obama, cet « ethnique », risque de devenir le premier président métis des USA. C'est un événement historique dont nous avons hâte de voir la réalisation. La communauté scientifique est avec lui, la communauté économique, intellectuelle et tout ceci est suivi par une large partie de la population. Aussi, l'Amérique (Canada comme Amérique du Sud) est constituée de 95% d'immigrants (McCain est enfant d'immigrants mais pas les amérindiens) depuis sa fondation. Immigrants, métis, autochtones, quel beau et splendide mélange pour le futur. Nous ne faisons que continuer l'Histoire.
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  • Amadeus Olivier - Inscrit
    16 octobre 2008 09 h 11
    Vive Obama!
    Apparemment, pour cette fois, les américains ont davantage de jugement et de lucidité quant au choix de leur président que nos inconscients électeurs canadiens...
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  •  
  • Claude Stordeur - Abonné
    16 octobre 2008 09 h 54
    Pour que le suspens continue...
    Pour que le suspens continue...
    Les chaines de TV et leurs commentateurs, disent que Mc Cain a dominer le dernier débat, alors que les sondages diffusés 2 minutes après disent le contraire...

    Si on donnait, ce que tout le monde suppose pour des raisons évidentes Obama gagnant, les gens cesseraient de regarder ces reportages et ... les pub y associées...

    Simplement faire partie du parti de l'actuel président, qui d'après Trump auraient du être destitué est le plus grand handicap de Mc Cain, sans compter que 5 ans être prisonnier au Vietnam ne doit pas renforcer les capacités mentales d'une personne...

    Quand a son choix de colistière il est un coup de dés à Las Vegas, lieu qui est très fréquenté par John, pour assouvir sa soif de jeux de hasard.. ( un comportement certainement plus dommageable pour un futur président que d'avoir une maitresse... mais jamais mentionné, sauf par certain journaux...)
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