États-Unis - Les républicains se prennent à douter des chances de McCain
14 octobre 2008
États-Unis
Photo : Agence Reuters
McCain n’est pas aussi à l’aise que certains le voudraient sur le terrain de l’invective.
Indianapolis — À trois semaines de l'élection présidentielle américaine et à deux jours du troisième et dernier débat entre candidats, demain soir, le camp républicain s'interroge sur la capacité de John McCain à rebondir. Certains vont jusqu'à mettre en doute sa tactique et même la tonalité de sa campagne dans une course à la Maison-Blanche désormais dominée par la crise financière.
«Il doit convaincre qu'il est différent de Bush et meilleur qu'Obama sur l'économie», a lancé dimanche l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, l'un des hauts responsables républicains qui ont multiplié les interviews ces derniers jours pour exprimer leur préoccupation. «Si n'y parvient pas, tout est fini et ce sera une très mauvaise année pour les républicains», a-t-il résumé.
Plusieurs élus républicains ayant requis l'anonymat pour s'éviter les foudres de M. McCain estiment que la campagne républicaine aurait dû insister très tôt sur les liens que Barack Obama avait entretenus avec des militants radicaux comme William Ayers, au lien d'attendre les dernières semaines avant l'élection. À leurs yeux, le résultat de cet attentisme est que le septuagénaire McCain passe aujourd'hui pour un candidat aigri, coléreux et désespéré, jouant le jeu des démocrates.
Pour enrayer cette mauvaise pente, ils considèrent que John McCain devrait changer de ton et imposer sa stature présidentielle tout en faisant douter des capacités à diriger de son adversaire démocrate.
«Il n'a pas besoin d'une stratégie d'attaque mais d'une stratégie de rebond», a souligné Alex Castellaonos, consultant républicain pour les médias qui avait conseillé Mitt Romney, principal rival du sénateur de l'Arizona dans la course à l'investiture républicaine.
Frustrations
Ces recommandations affluent au moment où la frustration se fait jour au sein de l'équipe McCain, inquiète de la tournure des événements et d'un environnement globalement défavorable aux républicains. Des dissensions existent notamment sur la force avec laquelle le sénateur de l'Arizona devrait s'en prendre à son collègue de l'Illinois, nettement en tête dans les sondages.
Comme pour rassurer les partisans de la méthode forte, le candidat républicain a annoncé dimanche son intention de «botter le vous-savez-quoi» de Barack Obama lors du débat télévisé qui les opposera demain soir à Hempstead, dans l'État de New York.
Reste que M. McCain, qui avait lui-même été victime d'une campagne de dénigrement lors des élections primaires républicaines de 2000, n'est pas aussi à l'aise que certains le voudraient sur le terrain de l'invective. Autant il se montre courtois et souriant pendant les débats, autant il apparaît contrarié quand il s'agit d'attaquer M. Obama, soucieux peut-être des conséquences à long terme sur son image.
Malgré le retard de leur candidat dans les enquêtes d'opinion, aucun des républicains interviewés n'a jugé que la partie était perdue. Au contraire, tous estiment que John McCain peut gagner s'il est perçu comme le visionnaire optimiste que les Américains attendent en ces temps de crise économique.
«Il faut qu'il présente un nouveau plan et qu'il l'annonce sérieusement», a suggéré Scott Reed, ancien directeur de campagne de Bob Dole en 1996. «McCain ne pourra pas surpasser Obama simplement en dénonçant l'avidité de Wall Street.»
Pour le camp McCain, le débat de demain apparaît par voie de conséquence comme le meilleur moyen de marquer durablement les esprits. «Il a l'occasion de passer à la vitesse supérieure et de montrer qu'il est un leader énergique en cette période difficile», a relevé Ron Kaufman, lui aussi ancien conseiller de Mitt Romney. «McCain a été investi parce qu'il en a l'étoffe, mais il s'est en quelque sorte embourbé.»
D'autres républicains s'avouent pourtant pessimistes et jugent à présent que seuls une énorme erreur ou un événement extérieur pourraient empêcher Barack Obama de l'emporter le 4 novembre. «Gagner cette campagne est totalement hors de portée de McCain», a ainsi asséné Matthew Dowd, stratège politique de George W. Bush lors de l'élection de 2004.
«Il doit convaincre qu'il est différent de Bush et meilleur qu'Obama sur l'économie», a lancé dimanche l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, l'un des hauts responsables républicains qui ont multiplié les interviews ces derniers jours pour exprimer leur préoccupation. «Si n'y parvient pas, tout est fini et ce sera une très mauvaise année pour les républicains», a-t-il résumé.
Plusieurs élus républicains ayant requis l'anonymat pour s'éviter les foudres de M. McCain estiment que la campagne républicaine aurait dû insister très tôt sur les liens que Barack Obama avait entretenus avec des militants radicaux comme William Ayers, au lien d'attendre les dernières semaines avant l'élection. À leurs yeux, le résultat de cet attentisme est que le septuagénaire McCain passe aujourd'hui pour un candidat aigri, coléreux et désespéré, jouant le jeu des démocrates.
Pour enrayer cette mauvaise pente, ils considèrent que John McCain devrait changer de ton et imposer sa stature présidentielle tout en faisant douter des capacités à diriger de son adversaire démocrate.
«Il n'a pas besoin d'une stratégie d'attaque mais d'une stratégie de rebond», a souligné Alex Castellaonos, consultant républicain pour les médias qui avait conseillé Mitt Romney, principal rival du sénateur de l'Arizona dans la course à l'investiture républicaine.
Frustrations
Ces recommandations affluent au moment où la frustration se fait jour au sein de l'équipe McCain, inquiète de la tournure des événements et d'un environnement globalement défavorable aux républicains. Des dissensions existent notamment sur la force avec laquelle le sénateur de l'Arizona devrait s'en prendre à son collègue de l'Illinois, nettement en tête dans les sondages.
Comme pour rassurer les partisans de la méthode forte, le candidat républicain a annoncé dimanche son intention de «botter le vous-savez-quoi» de Barack Obama lors du débat télévisé qui les opposera demain soir à Hempstead, dans l'État de New York.
Reste que M. McCain, qui avait lui-même été victime d'une campagne de dénigrement lors des élections primaires républicaines de 2000, n'est pas aussi à l'aise que certains le voudraient sur le terrain de l'invective. Autant il se montre courtois et souriant pendant les débats, autant il apparaît contrarié quand il s'agit d'attaquer M. Obama, soucieux peut-être des conséquences à long terme sur son image.
Malgré le retard de leur candidat dans les enquêtes d'opinion, aucun des républicains interviewés n'a jugé que la partie était perdue. Au contraire, tous estiment que John McCain peut gagner s'il est perçu comme le visionnaire optimiste que les Américains attendent en ces temps de crise économique.
«Il faut qu'il présente un nouveau plan et qu'il l'annonce sérieusement», a suggéré Scott Reed, ancien directeur de campagne de Bob Dole en 1996. «McCain ne pourra pas surpasser Obama simplement en dénonçant l'avidité de Wall Street.»
Pour le camp McCain, le débat de demain apparaît par voie de conséquence comme le meilleur moyen de marquer durablement les esprits. «Il a l'occasion de passer à la vitesse supérieure et de montrer qu'il est un leader énergique en cette période difficile», a relevé Ron Kaufman, lui aussi ancien conseiller de Mitt Romney. «McCain a été investi parce qu'il en a l'étoffe, mais il s'est en quelque sorte embourbé.»
D'autres républicains s'avouent pourtant pessimistes et jugent à présent que seuls une énorme erreur ou un événement extérieur pourraient empêcher Barack Obama de l'emporter le 4 novembre. «Gagner cette campagne est totalement hors de portée de McCain», a ainsi asséné Matthew Dowd, stratège politique de George W. Bush lors de l'élection de 2004.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

