«Nous finirons par avoir un accord»
George W. Bush
Après trois heures d'âpres négociations, le président américain et les chefs de file démocrates et républicains au Congrès se sont tout au plus entendus sur la nécessité d'agir pour résoudre la grave crise financière que traversent les États-Unis. Plusieurs détails doivent encore être précisés avant que le plan de sauvetage des banques proposé par le gouvernement ne soit adopté, de nombreux élus républicains continuant de s'y opposer.
Toute la journée d'hier, au fil des déclarations contradictoires, il était presque impossible de deviner l'issue des négociations, qui ont commencé au Capitole, le siège du Congrès, pour se poursuivre ensuite à la Maison-Blanche, en présence de George W. Bush et des deux prétendants à sa succession.
Certains élus ayant participé aux pourparlers ont dit s'être entendus sur une série d'amendements à apporter au plan, qui prévoit l'achat, jusqu'à concurrence de 700 milliards, des mauvaises créances des banques.
Ainsi, les fonds seraient mis à la disposition du gouvernement par tranches seulement, et des limites seraient imposées à la rémunération des dirigeants des institutions qui bénéficieront du programme. Il est également prévu que l'État puisse participer au capital de certaines des institutions bénéficiaires.
«Je pense que nous finirons par avoir un accord», a déclaré le candidat démocrate à la présidence, Barack Obama, lors d'un entretien à la chaîne de télévision CNN, après la réunion.
Son adversaire républicain a tenu des propos semblables sur plusieurs chaînes de nouvelles.
«Il y a encore beaucoup de questions à régler» mais «nous faisons du progrès», a déclaré le porte-parole du chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid.
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé que la Maison-Blanche avait donné son accord aux principes que son parti souhaitait incorporer au plan, notamment l'indulgence envers les propriétaires de maisons insolvables et la limitation des indemnités des dirigeants des banques.
Mais le sénateur Richard Shelby, chef de file des républicains au comité des banques de la Chambre haute, a assuré qu'il n'y avait toujours pas d'accord, dénonçant «des failles» dans le plan du secrétaire au Trésor, Henry Paulson.
La réunion exceptionnelle à la Maison-Blanche, hier, fait suite à des appels à la collaboration bipartite de la part des deux candidats à la vice-présidence.
Mercredi, le républicain John McCain était allé jusqu'à dire qu'il suspendait sa campagne en raison de la crise. Le sénateur de l'Arizona a également annulé sa participation au premier débat des candidats, prévu ce soir. Au moment de mettre sous presse, il n'était pas revenu sur sa décision.
«Aucune décision n'a été prise, aucun nouveau projet de déplacement n'est prévu pour le moment», a indiqué Kimberlin Lipscomb, une porte-parole du candidat républicain.
Barack Obama a quant à lui exprimé son intention de se rendre au Mississipi, où le débat pourrait se transformer en une entrevue avec le modérateur ou en une rencontre de type «town hall».
Il semble que le consensus imparfait atteint en fin d'après-midi dans les bureaux présidentiels avait déjà pour l'essentiel été atteint en matinée au Capitole.
«Nous sommes arrivés à un accord fondamental sur une série de principes», avait déclaré M. Dodd à la presse au Congrès en début d'après-midi. Ces principes donnent au secrétaire au Trésor, Henry Paulson, «l'autorité et les financements dont il a besoin pour agir», avait dit M. Dodd. Le sénateur démocrate s'était réjoui que le plan comporte des mesures demandées par son parti, comme «une transparence effective» et des mesures pour protéger les propriétaires de logements.
Politiquement, les démocrates avaient intérêt à ce qu'une entente survienne avant la réunion à la Maison-Blanche, privant John McCain d'une occasion de paraître jouer un rôle de sauveur dans la crise.
Mercredi, le président sortant, George W. Bush, avait prononcé un discours enjoignant les parlementaires de s'entendre, au-delà des lignes de parti, sur le plan de sauvetage des institutions financières en difficulté. Le chef de l'État avait alors dit que «notre économie tout entière est en péril».
Le président a admis qu'une telle intervention de l'État allait à l'encontre des ses convictions. «Mais la situation n'est pas normale», a-t-il dit.
Dans un éditorial très critique, le New York Times notait hier que le président, qui a mis beaucoup de temps avant de parler de la crise, «n'avait pas grand-chose d'autre à offrir que la peur». «Ni aveu des lacunes en matière de réglementation ni admission que le pays ne peut se permettre de réduire les impôts des très riches», a noté le New York Times. Le quotidien new-yorkais a également reproché aux deux candidats à la succession de M. Bush de manquer de «leadership» dans la présente crise.
MM. McCain et Obama ont quand même publié hier un communiqué commun pour exhorter les parlementaires à agir, comme ils avaient convenu de le faire la veille.
«Le plan qui a été proposé au Congrès par l'administration Bush est défectueux, mais l'effort destiné à protéger l'économie américaine ne doit pas échouer, affirment de concert les deux candidats. Il est temps de s'élever au-dessus des clivages politiques pour le bien du pays. Nous ne pouvons pas risquer une catastrophe économique.»
Une semaine après avoir assuré que les fondements de l'économie étaient sains malgré le tumulte agitant Wall Street, la suspension de la campagne de McCain est perçue par les démocrates comme une tentative désespérée de regagner du crédit sur ce thème majeur de la présidentielle.
D'autres observateurs croient en revanche que son dernier geste sert sa réputation de leader capable de s'opposer à l'establishment de son propre parti.
Le plan de sauvetage des banques est certes impopulaire, mais selon un sondage du Pew Research Center indique qu'une nette majorité des Américains en reconnaissent la nécessité.
Signe que les parlementaires se trouvent dans une situation quasi-impossible, le président du comité des services financiers de la Chambre des représentants, le démocrate Barney Frank, a dit: «Que vous croyiez ou non à la nécessité [d'un plan de sauvetage], une fois que le président, le secrétaire au Trésor et le président de Réserve fédérale ont déclaré qu'il y aurait un effondrement s'il n'est pas mis en oeuvre, il y aura probablement effondrement dans un tel cas.»
La perspective d'un accord imminent à Washington a soutenu hier les places financières en Europe et en Amérique. Et à New York, l'indice Dow Jones a connu une hausse de 196,89 points.
***
Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
Toute la journée d'hier, au fil des déclarations contradictoires, il était presque impossible de deviner l'issue des négociations, qui ont commencé au Capitole, le siège du Congrès, pour se poursuivre ensuite à la Maison-Blanche, en présence de George W. Bush et des deux prétendants à sa succession.
Certains élus ayant participé aux pourparlers ont dit s'être entendus sur une série d'amendements à apporter au plan, qui prévoit l'achat, jusqu'à concurrence de 700 milliards, des mauvaises créances des banques.
Ainsi, les fonds seraient mis à la disposition du gouvernement par tranches seulement, et des limites seraient imposées à la rémunération des dirigeants des institutions qui bénéficieront du programme. Il est également prévu que l'État puisse participer au capital de certaines des institutions bénéficiaires.
«Je pense que nous finirons par avoir un accord», a déclaré le candidat démocrate à la présidence, Barack Obama, lors d'un entretien à la chaîne de télévision CNN, après la réunion.
Son adversaire républicain a tenu des propos semblables sur plusieurs chaînes de nouvelles.
«Il y a encore beaucoup de questions à régler» mais «nous faisons du progrès», a déclaré le porte-parole du chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid.
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé que la Maison-Blanche avait donné son accord aux principes que son parti souhaitait incorporer au plan, notamment l'indulgence envers les propriétaires de maisons insolvables et la limitation des indemnités des dirigeants des banques.
Mais le sénateur Richard Shelby, chef de file des républicains au comité des banques de la Chambre haute, a assuré qu'il n'y avait toujours pas d'accord, dénonçant «des failles» dans le plan du secrétaire au Trésor, Henry Paulson.
La réunion exceptionnelle à la Maison-Blanche, hier, fait suite à des appels à la collaboration bipartite de la part des deux candidats à la vice-présidence.
Mercredi, le républicain John McCain était allé jusqu'à dire qu'il suspendait sa campagne en raison de la crise. Le sénateur de l'Arizona a également annulé sa participation au premier débat des candidats, prévu ce soir. Au moment de mettre sous presse, il n'était pas revenu sur sa décision.
«Aucune décision n'a été prise, aucun nouveau projet de déplacement n'est prévu pour le moment», a indiqué Kimberlin Lipscomb, une porte-parole du candidat républicain.
Barack Obama a quant à lui exprimé son intention de se rendre au Mississipi, où le débat pourrait se transformer en une entrevue avec le modérateur ou en une rencontre de type «town hall».
Il semble que le consensus imparfait atteint en fin d'après-midi dans les bureaux présidentiels avait déjà pour l'essentiel été atteint en matinée au Capitole.
«Nous sommes arrivés à un accord fondamental sur une série de principes», avait déclaré M. Dodd à la presse au Congrès en début d'après-midi. Ces principes donnent au secrétaire au Trésor, Henry Paulson, «l'autorité et les financements dont il a besoin pour agir», avait dit M. Dodd. Le sénateur démocrate s'était réjoui que le plan comporte des mesures demandées par son parti, comme «une transparence effective» et des mesures pour protéger les propriétaires de logements.
Politiquement, les démocrates avaient intérêt à ce qu'une entente survienne avant la réunion à la Maison-Blanche, privant John McCain d'une occasion de paraître jouer un rôle de sauveur dans la crise.
Mercredi, le président sortant, George W. Bush, avait prononcé un discours enjoignant les parlementaires de s'entendre, au-delà des lignes de parti, sur le plan de sauvetage des institutions financières en difficulté. Le chef de l'État avait alors dit que «notre économie tout entière est en péril».
Le président a admis qu'une telle intervention de l'État allait à l'encontre des ses convictions. «Mais la situation n'est pas normale», a-t-il dit.
Dans un éditorial très critique, le New York Times notait hier que le président, qui a mis beaucoup de temps avant de parler de la crise, «n'avait pas grand-chose d'autre à offrir que la peur». «Ni aveu des lacunes en matière de réglementation ni admission que le pays ne peut se permettre de réduire les impôts des très riches», a noté le New York Times. Le quotidien new-yorkais a également reproché aux deux candidats à la succession de M. Bush de manquer de «leadership» dans la présente crise.
MM. McCain et Obama ont quand même publié hier un communiqué commun pour exhorter les parlementaires à agir, comme ils avaient convenu de le faire la veille.
«Le plan qui a été proposé au Congrès par l'administration Bush est défectueux, mais l'effort destiné à protéger l'économie américaine ne doit pas échouer, affirment de concert les deux candidats. Il est temps de s'élever au-dessus des clivages politiques pour le bien du pays. Nous ne pouvons pas risquer une catastrophe économique.»
Une semaine après avoir assuré que les fondements de l'économie étaient sains malgré le tumulte agitant Wall Street, la suspension de la campagne de McCain est perçue par les démocrates comme une tentative désespérée de regagner du crédit sur ce thème majeur de la présidentielle.
D'autres observateurs croient en revanche que son dernier geste sert sa réputation de leader capable de s'opposer à l'establishment de son propre parti.
Le plan de sauvetage des banques est certes impopulaire, mais selon un sondage du Pew Research Center indique qu'une nette majorité des Américains en reconnaissent la nécessité.
Signe que les parlementaires se trouvent dans une situation quasi-impossible, le président du comité des services financiers de la Chambre des représentants, le démocrate Barney Frank, a dit: «Que vous croyiez ou non à la nécessité [d'un plan de sauvetage], une fois que le président, le secrétaire au Trésor et le président de Réserve fédérale ont déclaré qu'il y aurait un effondrement s'il n'est pas mis en oeuvre, il y aura probablement effondrement dans un tel cas.»
La perspective d'un accord imminent à Washington a soutenu hier les places financières en Europe et en Amérique. Et à New York, l'indice Dow Jones a connu une hausse de 196,89 points.
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Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
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