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Élections américaines - Pari risqué

Guy Taillefer   26 septembre 2008  États-Unis
Une entente politique était apparemment à portée de main hier, à Washington, au sujet du plan d'urgence de 700 milliards de dollars, destiné à sauver des eaux le système financier américain. Pari risqué pour John McCain.

Pour avoir politisé très maladroitement la crise du crédit dans laquelle sont plongés les États-Unis, John McCain vit peut-être des moments électoraux dont on dira en novembre qu'ils ont coulé sa candidature à la présidence. Après avoir minimisé les dimensions de la catastrophe financière, il a ostensiblement «suspendu» sa campagne, comme il a repoussé le congrès républicain, début septembre, sous prétexte de l'ouragan Gustav, et s'est dépêché d'aller à Washington, en homme qui sait se tenir au-dessus de la mêlée, afin de participer à la négociation d'une solution bipartite. Le geste aurait été plus convaincant et moins inutile si les négociateurs des partis au Congrès n'étaient parvenus hier à conclure, sans lui, une entente de principe.

En réclamant, ensuite, le report du premier débat présidentiel, qui doit en principe toujours avoir lieu ce soir à Oxford, au Mississippi, il donne surtout l'impression de fuir l'affrontement avec son rival démocrate et de paniquer devant les sondages qui, à la faveur de la crise financière et immobilière, voient tout à coup Barack Obama le distancer considérablement.

M. McCain ne fait pas partie de la solution, il fait partie du problème. En déclarant mercredi soir à la nation, en appui au plan de sauvetage, que «notre économie tout entière est en danger», le canard très, très boiteux qu'est George W. Bush a éloquemment omis de reconnaître que l'idéologie républicaine anti-réglementaire était en grande partie responsable des dégâts. Or, M. McCain n'est pas moins discret et louvoyant à ce sujet.

Favorable à ce que l'État fédéral serre la vis aux marchés financiers, M. Obama est plus clair quant au diagnostic, à défaut de proposer des remèdes spécifiques. Ce qui n'exclut pas que les démocrates marchent, eux aussi, sur des oeufs avec ce plan de sauvetage dont tout le monde s'entend pour dire qu'il est aussi impopulaire que nécessaire. Obama élu, c'est son administration qui aurait à recoller les morceaux. Autant d'argent qu'il ne pourra pas, par exemple, investir en santé. Le Congrès à majorité démocrate, et qui devrait le rester à l'issue de l'élection du 4 novembre, a fait inclure dans le plan de sauvetage des mesures destinées à «protéger» l'argent des contribuables et à plafonner les indemnités et les salaires des dirigeants qui voudront se prévaloir de la bouée des pouvoirs publics.

«Main Street» va-t-il décolérer pour autant? Le commun des Américains a raison d'être furieux contre un gouvernement qui, jouant l'argent des contribuables pour relancer Wall Street, ne lève pas le petit doigt pour ceux, de plus en plus nombreux, qui n'ont plus les moyens de rembourser leur hypothèque. Ainsi va le «capitalisme démocratique» qu'encensait mercredi soir

M. Bush. Il reste que cette double crise financière et immobilière est aussi une crise de surendettement et de surconsommation. La cupidité dont on accuse les bonzes de Wall Street est un phénomène de société occidental... N'arrêtez surtout pas de consommer, s'était empressé de dire M. Bush à ses concitoyens dans l'immédiate foulée du 11-Septembre. Ils ne se sont pas fait prier pour se joindre à la grande bouffe.
 
 
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  • Renaud Longchamps
    Abonné
    vendredi 26 septembre 2008 07h58
    Bouffer, vous dis-je!
    Eh oui, consommer à outrance... avec l'argent de la planète entière!

  • Gilbert Belzile
    Inscrit
    vendredi 26 septembre 2008 08h28
    Les USA en eau trouble
    Quelque soit le candidat à la présidentielle qui sera élu en novembre prochain, il héritera de finances publiques qui sont foncièrement en mauvais état. Il y a bien sûr la crise bancaire mais l'augmentation du prix du pétrole ne fait qu'empirer la situation.
    En effet, la consommation mondiale de pétrole est de 85 millions de barils par jour. Les USA en consomment 25% soit 21 millions de barils. Ils en produisent 9 millions dans le pays et ils doivent en importer 12 millions de barils par jour de l'étranger.
    Ceci leur coûte plus de 500 milliards $ cette année. Cela les a conduit à un déficit commercial de 900 milliards $, c'est à dire que les exportations sont inférieures aux importations de ce montant.
    Pour fin de comparaison, au Canada en 2007, la balance commerciale était positive de 43 milliards $.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 26 septembre 2008 08h35
    Le capitalisme et le cyclisme
    Le capitalisme est basé sur la consommation comme une bicyclette est basée sur la rotation. Quand le consommation ou la rotation arrête, ça ne tient plus debout du tout.

    Les actionnaires et les directeurs des banques américaines ont voulu augmenter leurs affaires rapidement pour faire plus d'argent. Se payer de très gros salaires, payer de grosses dividendes et payer de bons intérêts aux déposants pour les conserver. Pour ça, fallait prêter leurs fonds rapidement sans trop se questionner sur la capacité des emprunteurs à rembourser. Ça a fait exploser la demande d'achats de maisons neuves et usagées qui ont augmenté de 100 % en 5 ans. Ça été très bon pour les vendeurs de maisons, les propriétaires de terrains et les constructeurs mais, quand les emprunteurs ont cessé de rembourser le capital et les intérêts, ils ont remis leurs maisons dévaluées aux banques qui doivent les vendre à gros rabais ce qui les fait pédaler à l'envers.

    Si les Américains commencent à moins consommer trop fortement, ça va être la crise économique.

  • marcel vinet
    Inscrit
    vendredi 26 septembre 2008 09h22
    cessez d écoeurer les américains.....
    si les américains n achetaient pas de nous notre pétrole et un tas de produits que l on fabrique,nous meme serions dans une crise économique jamais vue dans notre histoire...il faut bien comprendre que l on vit exactement comme les américains,la seule différence c est de plus en plus seulement notre langue....

  • Robert De Blois
    Abonné
    vendredi 26 septembre 2008 09h23
    L'illusion de la richesse américaine
    Les Etats-Unis sont un très grand pays, très puissant et très dynamique. Malheureusement, très mal dirigé et envahi d'idéologie stupide pour ne pas dire destructrice, ce pays est en train de sombrer dans l'incohérence et les luttes fratricide qui risquent de le mener à la ruine. Sans un minimum de règlementation dans plusieurs secteurs, sans une étique et une morale dont l'Etat se porterait garant, il n'est pas possible de laisser la cupidité humaine et ses instincts irrationnels prendre le relais de cette absence d'Etat dont souffre ce grand pays.
    Il est profondément triste de voir cette société, fortement polluée par ses dirigeants et ses mèdias, quand ce ne sont pas ses églises et sectes de toutes sortes, incapable de réaliser qu'elle est condamnée à se donner des dirigeants un tant soit peu intelligent et honnête, par un vote massif pour les candidats capable de redresser la situation.
    Un pays qui s'embourbe, c'est triste, un empire qui s'écroule, c'est dramatique.

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 26 septembre 2008 10h42
    Un lien plus évident
    Tout le monde ou presque pense que le monde financier non seulement influence la politique mais qu'il la dirige de mille et une manières, dont le lobbying n'est que l'exemple le plus frappant. La crise financière actuelle vient le confirmer. Le Congrès a choisi de sauver les spéculateurs maladivement cupides, les démocrates exigeant qu'on prenne en compte les gens de la classe moyenne qui n'arrivent plus à payer leurs hypothèques et autres dettes consenties aveuglément par les institutions financières. Mais une fois les sept cents milliards remis aux possédants, que restera-t'il pour les gens ordinaires? Rien, moins que rien. L'argent mène les politiciens par le bout du nez, aux USA comme au Canada avec Harper.

    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 26 septembre 2008 11h20
    Et vous, monsieur Vinet?
    Vivez-vous au-dessus de vos moyens ? Pour vous retourner la question et vous préciser que les banques québécoises et canadiennes, contrairement au laisser faire étatsuniens, sont tenues de conserver une marge importante pour couvrir leurs découverts. Oui il y a surconsommation ici mais balisée, enfin, pour le moment...

    Claude L'Heureux, Québec

  • roger montreal
    Abonné
    vendredi 26 septembre 2008 14h33
    HARPER dit la meme phrase que BUSH /tout va bien /pourquoi a t il précipite les élection.
    Les ÉTATS UNIS ont déficit commercial, de 900 milliards oui nous de 43 milliards ,mais la différence nous sommes 30 millions d habitants au CANADA eux sont plus de 10 fois .
    Leurs économies est beaucoup plus grosse, que la notre aussi, pour se comparer il faut tout considérer.
    Car nous aussi , notre économie n est pas en très bonne santé,c est la raison que HARPER a fait des élections maintenent, pour cacher ses erreurs ,avant que tout sorte comme au sud de nous.
    BUSH disait la meme phrase, que HARPER il y a quelque temps,/TOUT VA BIEN NOUS ALLONS NOUS EN SORTIR/
    ROGER MONTREAL

  • Gilbert Belzile
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 00h22
    Monsieur Roger Dion vous n'avez pas bien lit ce que j'ai écrit
    J'ai dit que les USA ont un déficit de leur balance comerciale de 900 milliards c'est à dire que leur exportations sont inférieure de ce montant à leur importaîons.
    Le Canada par contre a des exportations de 43 milliards supérieures aux importations.
    Vous comprendrez que le Canada est dans une bien meilleure position que son voisin. Je ne suis pas près à changer de pays. Et vous?

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