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McCain «suspend» sa campagne

Le candidat républicain veut reporter le débat de demain. Obama refuse.

25 septembre 2008  États-Unis
«Il est temps que les deux partis s’unissent pour résoudre ce problème»
«Il est temps que les deux partis s’unissent pour résoudre ce problème»
Le candidat républicain à la présidence américaine, John McCain, a annoncé hier après-midi qu'il «suspend» sa campagne pour se consacrer à la résolution de la crise financière qui secoue actuellement les États-Unis et, avec eux, une bonne partie du monde.

Le sénateur de l'Arizona aurait également souhaité que le premier débat des candidats, prévu demain soir, soit reporté, mais Barack Obama, son adversaire démocrate à qui les sondage donnent une avance de plus en plus forte dans les intentions de vote, s'est opposé à cette demande de report.

Tant M. Obama que M.

McCain — sans oublier le président sortant, George W. Bush, qui a prononcé un discours télévisé en soirée — ont insisté hier sur l'importance de s'élever au-dessus des clivages partisans devant une situation économique inquiétante, alors que les élus des deux partis hésitent à adopter un impopulaire plan de sauvetage des banques qui pourrait coûter aux contribuables la coquette somme de 700 milliards.

Dès la matinée, l'entourage de Barack Obama a contacté l'équipe de M. McCain pour proposer la rédaction d'un communiqué conjoint énonçant des «principes et des conditions» pour le plan de sauvetage. Vers 14h30, John McCain a téléphoné à son adversaire pour lui demander «de se joindre à lui [...] pour déployer des efforts concertés entre démocrates et républicains», selon un porte-parole de John McCain.

C'est peu de temps après que ce dernier a lu devant la presse, à New York, un texte annonçant qu'il suspend sa campagne.

«Je demande au président [George W. Bush] de convoquer une rencontre des leaders des deux chambres du Congrès, y compris le sénateur Obama et moi-même, a déclaré M. McCain. Il est temps que les deux partis s'unissent pour résoudre ce problème.»

«Il est devenu clair qu'aucun consensus n'a été atteint à l'appui du plan gouvernemental, a ajouté John McCain. Je ne crois pas qu'il puisse être adopté en l'état; or le temps presse.»

Le candidat républicain a parlé d'annuler ses prochaines réunions électorales. Un communiqué émis par son organisation a ensuite précisé que les publicités et les appels de fonds seraient également mis entre parenthèses.

Le sénateur de l'Arizona a annulé l'entrevue qu'il devait accorder hier soir à l'émission The Late Show with David Letterman, mais il est prévu qu'il prononcera aujourd'hui un discours non partisan à la Clinton Global Initiative, qui réunit plusieurs politiciens et célébrités autour de thèmes sociaux et environnementaux, avant de quitter New York pour rentrer à Washington.

M. McCain a dit espérer que le Congrès finira par trouver un compromis sur le secours à apporter à Wall Street avant la fin de la session, qui survient normalement demain.

Le sénateur de l'Arizona a parlé d'une crise «historique» de l'économie pour justifier sa décision de suspendre sa campagne.

«Je ne me souviens d'aucune crise qui soit survenue ainsi en pleine campagne présidentielle dans le passé et qui ait entraîné la suspension de celle-ci», convient Jim Campbell, professeur de science politique à l'Université de Syracuse, dans l'État de New York.

La Maison-Blanche a aussitôt salué la déclaration de M. McCain. «Nous progressons dans la négociation du plan de sauvetage des marchés financiers, mais le travail n'est pas terminé. Un appui bipartite de la part des sénateurs McCain et Obama serait utile pour en arriver à une conclusion», a déclaré la porte-parole présidentielle, Dana Perino.

«La crise des marchés financiers est un problème de taille qui requiert une solution de taille, et le résoudre en dépassant les frontières des partis aiderait à éviter que des dommages économiques se propagent de Wall Street à tous les Américains», a ajouté Mme Perino.

Le plan de sauvetage des banques proposé par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, et le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a été accueilli avec scepticisme par les parlementaires des deux partis. Comme plusieurs autres parlementaires, Barack Obama et John McCain, qui sont tous deux sénateurs, ont exigé des amendements.

Barack Obama, qui faisait compagne en Floride, a également insisté hier sur l'urgence d'agir: «Il faut que tous — républicains et démocrates, Congrès et Maison-Blanche — travaillent ensemble afin d'en arriver à une solution qui protège les contribuables et notre économie, sans récompenser ceux dont la cupidité a créé le problème.»

Il serait «inacceptable d'attendre du peuple américain qu'il accorde au gouvernement actuel ou à n'importe quel gouvernement un chèque de 700 milliards sans condition et sans surveillance alors que c'est justement le manque de surveillance à Washington et à Wall Street qui nous a mis dans ce pétrin», a ajouté le candidat démocrate.

De leur côté, Ben Bernanke et Henry Paulson ont continué hier de défendre leur plan financier devant le Congrès.

Déjà sceptiques, les élus ne manqueront pas de garder à l'esprit l'information diffusée lundi par le réseau CNN qui faisait état d'une enquête du FBI sur quatre grandes institutions financières dont les déboires ont précipité la crise actuelle.

Dans un entretien dans le cadre de l'émission CBS Evening News, la candidate républicaine à la vice-présidence, Sarah Palin, est allée jusqu'à évoquer la «Grande dépression» des années 1930, appelant elle aussi à une action bipartite pour réformer le système financier américain.

Barack Obama est crédité de 52 % des intentions de vote, contre 43 % pour John McCain parmi les répondants qui ont manifesté l'intention d'aller voter, selon un sondage Washington Post-ABC News publié hier. Un autre sondage, diffusé par la chaîne Fox News, donne six points d'avance au candidat démocrate (45 % contre 39 %).

L'appel à une trêve dans la campagne peut apparaître comme la réaction paniquée d'un candidat en difficulté.

«Les candidats sont presque à égalité dans cette course, nuance le politologue Jim Campbell. Et n'oublions pas que le débat de vendredi doit porter sur la politique étrangère, qui est le point fort de M. McCain. Je crois plutôt que celui-ci veut montrer une fois de plus qu'il place l'intérêt du pays devant la politique partisane.»

Selon sa porte-parole, Dana Perino, le président George W. Bush devait en soirée affirmer que le plan Paulson-Bernanke est «la bonne décision» pour écarter la «crise du siècle».

***

Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press.
 
 
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 01h11
    Haute stratégie
    Il est illusoire de croire que McCain «suspend» sa campagne.

    Ce titre fait le jeu de la stratégie.
    De la haute stratégie, bien planifiée et qui sera sans doute payante.
    Les stratèges savent pertinemment où ils vont.
    Nous ne pouvons qu'admirer ces tactiques innovatrices.
    Une diversion bienvenue dans cette campagne.
    McCain prévoit faire un discours «non partisan» !!!
    Autrement dit, McCain ne sera pas McCain !

    Et ce Obama qui malgré le cataclysme, ne veut pas annuler le débat !
    On voit quel genre d'américain il est... nous soulignera McCain dans son discours «hors campagne» «non partisan».

    Les républicains et les catastrophes.
    Ils n'en ratent pas une. Parfois, on se demande même, s'ils ne les provoquent pas pour en tirer profit?

    Les grandes catastrophes ont toujours été rassembleur, surtout chez nos voisins.
    La catastrophe mousse le sentiment patriotique et le patriotisme est une des valeurs clefs des républicains.
    Avec ce Pearl Harbor économique, ils (les républicains) comptent marquer des points.
    Hier, le discours télévisé de Bush, n'a rien apporté de neuf à la situation, mais a probablement compté dans la campagne républicaine.

    Le nouveau film de Michael Moore (gratuit sur internet) est très d'actualité. On constate que la machine électorale républicaine est forte et rusée.
    Malgré toute l'énergie déployée, Michael Moore n'a pas réussi à faire élire les démocrates en 2004. Malgré que Bush était au plus bas quelques semaines avant le scrutin, le génie et les ressources financières des stratèges républicains ont renversé la vapeur et Bush a été élu. Pas avec une forte majorité, mais élu. Peu importe la majorité, l'important c'est d'être à la Maison Blanche.

    Malgré l'incroyable mécontentement, malgré sa réalité de vieux réactionnaire, il semble que McCain sera élu.

    Je suis de nature pessimiste, comme vous voyez. Malgré tout, ma parcelle d'optimisme, souhaite que je me trompe. Si tel était le cas, ça me ferait bien plaisir.


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Le film de Michael Moore "Slacker Uprising"
    http://slackeruprising.com:80/download/location.ph

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 04h56
    L'intérêt du pays est comme un habit que McCain voudrait porter, mais il est bien trop grand pour lui.
    Alors que la bête de leur économie se meurt, le parti républicain magouille, en tirant sur les ficelles de la démagogie, pour tenter d'en tirer profit. L'analyse de Jim Cambell est loin d'être objective. Elle est plutôt celle d'un partisan républicain.

    JM

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 08h26
    Treve...
    Ce que l'on sait, c'est a la demande des democrates que McCain a accepte de suspendre la campagne Que le FBI cherche des coupables, pourquoi pas, mais c'est encore un stratageme qui ferait dire par le suite des "lynchages" que le systeme pouri capitalistes est toujours bon. Encore un mensonge de l'administration Bush refile a McCain. NYC est en train de mourir comme centre economique mondiale. La finance a NYC c'est 40% de son revenu. De venise en passant par la Hollande et Londres, voila NYC mourir. Les temps changent. Par son refus de ne pas retarder le debat, M Obama montre qu'il est capable de se porter responsable face a de multiples problemes: "Obama estime: "que c'est exactement le moment pour le peuple américain d'entendre la personne qui dans une quarantaine de jours sera chargée de gérer cette pagaille".(Source Le Monde d'aujourd'hui).
    McCain panique, il ne sait plus ou donner de la tete. il faut dire qu'il vient de perdre 15000$/mois des lobyistesAu moins lui il ne ment pas "comme" Bush et son administration. La planete entiere est en train de suivre ces elections. ets-ce qu'elle va suivre celles du Canada? Ou se fait l'Histoire humaine?

  • Denis Pageau
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 09h03
    Les élections américaines reportées?
    J'ai entendu une rumeur à ce sujet au début de la semaine. Certes, je n'y croyais pas et je n'y crois toujours pas, mais... on ne sait jamais. Est-ce que le geste de McCain serait la première étape? J'espère que non sinon ce sera le chaos chez nos voisins du sud.

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    jeudi 25 septembre 2008 09h45
    2Montoya
    Je ne sais pas ou vous prenez vos informations mais elles sont autement fantaisistes: McCain suspendrait sa campagne a la demande des Democrates? WoW! McCain suspend sa campagne parce qu'il est dans....le trouble apres avoir dit que l'economie etait solide. Si vous voulez comprendre ce qui se passe exactement, lisez "Shock Doctrine" de Naomi Klein, dont on a tres peu parle ici parce que suposement, selon nos "experts" tout ca avait ete "refute"....
    C'est assez amusant d'entendre les Republicains blamer les Democrates et meme, selon Paulson, la FUTURE ADMINISTRATION (sic)

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 10h03
    Les japonais à la Maison blanche
    Monsieur Charbonneau a raison de parler d'un "Pearl Harbor économique" sauf qu'à en croire McCain il faudrait envoyer les japonais à la Maison Blanche pour répondre à l'attaque ! Ou encore de demander aux japonais de faire une trève pour réparer les dégâts ! Quel toupet, ces républicains, de demander au bon peuple de faire une trève dans la campagne électorale pour régler une crise qu'ils ont mis des années à provoquer avec leurs libéralisme doctrinaire. J'espère que nos marsiens du sud vont revenir sur terre le pouce en bas. D'autant que McCain appui une mesure socialiste...

    Claude L'Heureux, Québec

  • william morris
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 10h42
    Vite fait, mal fait...
    Bonjour,

    Le plan Paulson-Bernanke a subi, dès sa présentation au Congrès américain cette semaine, des critiques très vives à la fois de la majorité Démocrate et des Républicains,
    qui ont réagi avec la protection des citoyens ordinaires à l'esprit. Une critique majeure est que les actifs seraient achetés trop cher et que les patrons des grandes sociétés financières, qui ont conduit l'Amérique à ce désastre, s'en tireraient avec des salaires et indemnités faramineux...pour les remercier de leur mauvaise gestion. Ce plan en est un qui vise à s'entendre entre copains et au diable les citoyens ordinaires.

    Heureusement que le Canada n'est pas inclus dans ce plan...

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 25 septembre 2008 11h52
    @ Hélène Paulette
    Dans la presse americaine d'hier et dans Le Monde d'hier. Je n'ai pas retrouve l'article du Monde qui en parlait de ces fameux petits coup de fil telephonique car comme vous le savez, ils font des mises a jours...
    Peut-etre est-ce une erreur de ma part mais c'est en tout cas ce que j'ai compris.

    Je crois avoir mal lu car je viens de retrouver ceci: "

    "A 14H30 (18H30 GMT), le sénateur McCain a répondu au sénateur Obama qu'il acceptait" sa proposition. "les deux équipes de campagne travaillent actuellement sur le projet", a ajouté le porte-parole. "

    "Le porte-parole de Barack Obama, Bill Burton, a pour sa par souligné que l'initiative d'une déclaration commune sur la crise venait du candidat démocrate. Il n'a pas mentionné l'appel de M. McCain à repousser le débat prévu vendredi soir entre les deux candidats. "A 8 H 30 ce matin (14 H 30, heure de Paris), le sénateur Obama a appelé le sénateur McCain pour lui demander s'il serait d'accord pour rédiger avec lui un communiqué commun, exposant les principes qu'ils partagent et leurs conditions (pour accepter) le projet du Trésor". Ce communiqué exhorterait aussi "le Congrès et la Maison Blanche à agir au-delà des frontières des partis pour adopter" le plan de sauvetage, a précisé M. Burton dans un communiqué."

    C'est dans le sens d'u communiqué commu que Obama a agit et non McCain.

    Voici la reference du journal Le Monde mais pour abonne (en esperant que vous puissiez avoir y acces):

    http://www.lemonde.fr/elections-americaines/articl

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