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Un pari sur l'ignorance

François Brousseau   15 septembre 2008  États-Unis
«Nous ne laisserons pas John McCain et sa clique de disciples de Karl Rove mener cette campagne importante sur de petites questions.»
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    15 septembre 2008 05 h 01
    L'ignorance: conséquence d'une information insuffisante et malhonnête
    «On ne vote plus sur les programmes, sur les problèmes de fond.
    ...
    La campagne, telle que la renvoient les grands médias,
    les commentateurs en vue,
    et telle que le «petit peuple» la reprend volontiers au bureau, à l'usine ou à la maison, porte sur la dernière déclaration d'un adversaire sur un sujet insignifiant... autour de laquelle on fabrique de toutes pièces une «controverse».
    ... une formidable capacité de diversion par rapport aux vrais enjeux politiques.»

    Monsieur Brousseau souligne, avec justesse, cette grande réalité.
    On pourrait dire: cette grande «vérité»!

    Ici, «notre» campagne électorale est-elle si différente?
    La couverture médiatique est-elle plus efficace?

    Ce n'est pas très évident!
    Ces questions sont bien difficiles à répondre catégoriquement.


    Oubliez tout.
    Nous sommes en "campagne électorale"!

    Campagne électorale définition: Courte période d'amnésie profonde.

    La campagne électorale est une période d'images, de sondages, de stratégie, de sourires et de beaux discours.

    Les médias favorisent-ils l'image?
    Que l'image?
    La superficialité, tellement superficielle qu'on glisse vers la médiocrité profonde.


    À mon avis, la période préélectorale est un temps propice à la précision des choses, à la réflexion profonde, c'est le temps de se demander: quelle société nous voulons.
    Quelles sont nos valeurs?

    Mais de toute évidence, les valeurs en jeu sont rarement discutées par nos analystes et spécialistes de l'information.
    On préfère, et de loin, analyser les sondages et la couleur de la cravate ou du jupon qui dépasse.

    Les médias sont toujours à l'affût de la niaiserie, de la pirouette et du mauvais pas.
    Servent-ils bien la démocratie?

    La démocratie n'est rien sans une saine information.
    Chez nos voisins, l'information ayant des allures de propagande, donne des résultats électoraux étranges.
    Quelques mois avant les élections de 2004, on titrait:

    14-04-2004
    « La popularité de G.W.Bush est au plus bas... »
    «WASHINGTON (AFP) - La popularité du président américain George W. Bush chez les Américains a atteint au premier trimestre 2004 son niveau le plus bas depuis son entrée en fonction en janvier 2001 avec un taux d'approbation de 50,9%, selon un sondage Gallup publié mardi.»

    Quelques mois plus tard, Bush était élu avec, disait-on, «une légitimité accrue procurée par une victoire claire sur son adversaire.»

    Comment expliquer qu'un président critiqué de tous, ayant une cote de popularité si faible, devienne soudainement un héros et soit réélu avec une victoire «claire»?

    Comment se fait-il qu'un McCain, marchant dans les traces de Bush, ayant les mêmes vues, les mêmes méthodes, la même vision (et même pire), soit nez à nez avec Obama et va jusqu'à mener dans les sondages?

    Le 10 mai 2006, le président américain George W. Bush accuse une nouvelle chute de popularité, seuls 31% d'Américains se déclarant satisfaits de sa présidence, selon un sondage publié dans le New York Times et réalisé avec CBS News.

    Depuis de nombreux mois, on entend des blâmes, des accusations, des réprobations contre le gouvernement républicain... et on risque d'avoir un autre gouvernement républicain, encore pire!
    Étrange tout de même!
    Est-ce l'effet "Fox News" ?


    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    15 septembre 2008 05 h 04
    Nous ne sommes plus en 1973
    La Bolivie.

    Avec un président à qui, 67% de la population a donné son appui, il y a quelques semaines, la Bolivie est au bord de la guerre civile.
    Des groupes de droite saccagent le pays et tuent.

    Monsieur Brousseau aurait non seulement dû dire héraut du socialisme, mais surtout: héros du pouvoir indien.
    Oui, l'Indien est appuyé par son peuple et l'Indien est au pouvoir.
    Un président élu "avec une légitimité accrue procurée par une victoire claire sur ses adversaires. "
    Ici, ce qualificatif qui est entre les guillemets, revêt tout son sens.

    En Bolivie, comme dans plusieurs pays d'Amérique latine, une minorité agissante et résistante détient le pouvoir économique. C'est ce que l'on appelle: l'oligarchie.
    Ces quelques riches qui contrôlent les entreprises, l'information et qui servent généreusement les intérêts «étrangers».

    Vous avez sans doute vu, à la télé, ces actes racistes de barbarie sauvage contre le peuple indigène de Bolivie.
    Dans tout pays, de tels actes seraient sévèrement réprimés par le gouvernement et l'appui de l'opinion mondial sanctionnerait ce gouvernement qui remettrait de l'ordre dans son pays.

    Mais, en Amérique latine, nos médias mettent l'accent sur la vison de «Grand Satan» états-unien que ces pays ont.
    Cette vision de «Grand Satan» est-elle justifiée?

    Les peuples latinos américains sont-ils une gang de malades qui reprochent sans raison bien des choses au «Grand Satan»?

    L'Indien... cet imbécile d'Indien! Combien de temps va-t-il pouvoir nous résister?
    Qui donc peut poser une telle question?
    Est-ce les même qui veulent renverser Chávez?
    Ou encore la Kirchner qui s'appelle Fernandez (la femme de l'autre qu'on se plaît dans les médias voulant altérer son image à appeler: Kirchner, le nom de son mari, grand ami de cette bête noire de gros Chávez!)
    Est-ce les même qui fomentent les troubles similaires partout?
    Au Guatemala, au Honduras, au Paraguay, en Équateur, même en Colombie?


    Trente-cinq ans après le 11 septembre 1973, des documents sont "déclassifiés". D'autres preuves concernant le soutien US au coup d'État qui a coûté la vie à ce président démocratiquement élu: Salvador Allende.
    http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/nsaebb

    À chaque 11 septembre, on devrait mettre à l'affiche "Missing" ce film de Costa-Gravas avec Jack Lemon. Une histoire vécue, la disparition de Charles Horman, lors du coup d'État US au Chili.
    Des documents "déclassifiés" le 8 octobre 1999, confirment l'implication du gouvernement US dans la mort d'un citoyen américain au Chili.
    http://www.gwu.edu/~nsarchiv/news/19991008/index.h


    L'Amérique latine fait une crise de «Grand Satan»!
    Cette crise est-elle justifiée? OUI, il n'y a qu'à se pencher sur l'Histoire pour en être totalement convaincu.

    Il faut relire dans Le Devoir du 15 décembre 2007, l'excellent article de Jean-Pierre Legault:
    " Los gamonales contra los Indios ? - Le bras de fer bolivien "
    http://www.ledevoir.com/2007/12/15/168665.html
    il faut lire aussi mon commentaire:
    " L'Amérique latine se libère peu à peu "
    http://www.ledevoir.com/2007/12/15/commentaires/07

    Je notais:
    «Morales, fait rarissime, a reçu l'appui du département d'État américain»
    Il faut attendre de voir comment cet appui US va se traduire dans la réalité. Morales doit-il faire confiance à un loup qui s'invite dans la bergerie?
    Le 18 novembre dernier, Morales dénonçait un complot de l'ambassadeur américain.
    Il disait que Philip Goldberg, l'ambassadeur américain à la Paz, conspirait contre son gouvernement et a appelé Washington à être plus transparent dans ses «aides» à la Bolivie.
    On peut donc fortement douter de l'honnêteté de l'appui du département d'État américain.

    Il faut aussi lire mon commentaire suite à l'article de François Brousseau
    " Virage à gauche, virage indien" dans Le Devoir du 5 mai 2008
    http://devoir.ca/2008/05/05/188348.html
    mon commentaire:
    " La surface tente de nous masquer le fond "
    http://devoir.ca/2008/05/05/commentaires/080505120

    Je notais:
    «Il est hors de question que les États-Unis assistent les bras croisés à leur éviction.

    Le plan de déstabilisation de la Bolivie est en marche depuis quelques mois.
    M. Philip Golberg, artisan de l'indépendance du Kosovo, a été demandé en renfort en Bolivie (nommé ambassadeur en Bolivie). Son expertise dans la sécession des territoires est présentement mise à profit.

    Il faut lire:
    23 décembre 2007
    Tensions extrêmes en Bolivie : l'ambassadeur américain travaille à la scission du pays, par André Maltais.
    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article5849

    Lorsque l'oligarchie et les maîtres états-uniens s'y mettent, la pauvre population doit faire preuve d'une solidarité sans faille pour réussir à contrer les attaques de déstabilisation.
    La Bolivie vit de grands dangers. »

    Cette crise bolivienne est annoncée de longue date.
    Rien de surprenant, mes écrits et ceux de journalistes sérieux en témoignent.

    Il faut vraiment se demander qui est Philip Golberg, l'ambassadeur US expulsé de Bolivie.

    A-t-il joué un rôle dans les troubles poussant la Bolivie vers le fractionnement?
    A-t-il joué un rôle dans la «création» du Kosovo?
    http://www.state.gov/r/pa/ei/biog/73005.htm

    « Evo Morales a déclaré que dans le pays, Goldberg représentait l'autorité externe (diplomatique) qui organise la division de la Bolivie et qui conspire contre la démocratie et l'unité du pays.

    « Celui qui conspire contre la démocratie et surtout qui cherche à diviser la Bolivie, c'est l'ambassadeur des États-unis, ..., ce monsieur est un expert pour ce qui est d'encourager les conflits séparatistes », a dénoncé le Président Morales. »

    http://www.info-palestine.net/article.php3?id_arti


    L'Amérique latine est subtilement attaquée de toute part. Argentine, Venezuela, Équateur, Nicaragua, Guatemala, tous ces pays sont constamment sur leur garde et doivent déjouer quotidiennement des pièges politiques visant à faire tomber les gouvernements.

    M. Brousseau, le "spécialiste" vous ne voyez rien de cela!

    La 4e flotte a-t-elle été remise en service ou c'est une rumeur?
    Chávez est-il paranoïaque en déclarant régulièrement qu'on veut le renverser, qu'on veut le tuer?
    Que s'est-il passé le 11 avril 2002?
    Est-ce une histoire inventée? Qui donc a soutenu ce coup manqué?
    Il faut lire Code Chávez de Eva Gollinger. Un répertoire de documents "déclassifiés" incriminant les services US dans le coup du 11 avril 2002.
    Chávez est-il parano?

    Cristina Fernandez l'est-elle aussi?
    Evo Morales l'est-il?
    Qui donc a mis sous écoute le bureau présidentiel d'Alvaro Colom au Guatemala?

    Où sont donc passés les ordinateurs miraculeux et si bavards, de Raoul Reyes?

    Qu'a été le jugement du procès de Exxon Mobil à Londres contre la compagnie vénézuélienne PDVSA?

    Ouf! Des éléments qui ont des liens, il y en a des tonnes en Amérique latine.
    Tous ces éléments sont des outils pour expliquer que cette vision de «Grand Satan», est bel et bien, fondée.

    Prochainement, les graves problèmes au Paraguay, retiendront notre attention. Il sera alors dit que Fernando Lugo en sera le grand responsable.
    Monsieur Brousseau nous soulignera cette vision de «Grand Satan» qu'aura alors Fernando Lugo.
    Comme Cristina Fernandez qui a aussi une vision de «Grand Satan».

    Nous verrons aujourd'hui, à la réunion de l'UNASUR à Santiago du Chili, combien ont cette vision de «Grand Satan».


    Le «Grand Satan»

    Le New World Order, existe-t-il vraiment?

    De quoi parlait George Herbert Walker Bush (le senior) devant le congrès le 11 septembre 1991?
    http://fr.youtube.com/watch?v=7a9Syi12RJo

    Comme le rapporte, Scott Ritter, ancien inspecteur en désarmement, des Nations Unies en Irak, c'est en 1992, sous la présidence de Bush père, que Paul Wolfowitch et Irve Lewis "Scooter" Libby ont forgé leur idéologie particulière d'après la formule présidentielle du «Nouvel Ordre Mondial».
    Wolfowitz et Libby ont rédigé un «document sur la politique de la défense US»
    Dans ce document on déclare que par la puissance américaine unilatérale, on établira un véritable Empire américain:

    « Notre priorité, c'est d'empêcher l'émergence d'un nouveau rival. Ceci exige que nous empêchions toute puissance étrangère hostile de dominer une région dont les ressources pourraient lui conférer un pouvoir mondial. »

    Il est dit que les États-Unis doivent dominer toutes les parties du globe de la manière suivante:
    « Les États-Unis doivent d'abord faire preuve du leadership nécessaire pour installer et protéger un nouvel ordre impliquant la nécessité de convaincre les adversaires potentiels de ne pas jouer un rôle important ou de se montrer agressifs pour protéger leurs intérêts. »

    Il est donc du devoir des États-Unis de «décourager» les nations qui seraient tentées de menacer l'ordre mondial établi en mettant en cause l'hégémonie américaine.

    Le «Grand Satan»

    Il faut aller consulter sur le site du PNAC les principes du Project for a New American Century (PNAC)
    http://www.newamericancentury.org/statementofprinc

    William Kristol, gourou des néoconservateurs, revitalise le thème de la domination globale, chère au document de Wolfowitz-Libby, en posant la question (en 1997): « Les États-Unis ont-ils la volonté d'imprimer leur marque sur un nouveau siècle favorable aux principes et aux intérêts américains? »


    Ces groupes, ces pensées et ces documents existent.
    Les installations de missiles US et d'installations militaires permanentes US dans les Balkans, dans le Caucase, en Irak, en Afghanistan, existent.

    Après avoir pris connaissance de ces documents et après avoir étudié l'Histoire latino américaine, parler de «Grand Satan» apparaît comme étant totalement justifié.

    Il est alarmant de constater que cette puissance US, dépense près de mille milliards annuellement pour son armée impériale.
    Il serait temps de cesser de nous alarmer avec les actions "belliqueuses" (sic) des Russes ou des Chávez.
    Il faut cesser de protéger ceux qui mènent et dominent le monde et n'ont de cesse de vouloir s'ingérer partout pour tout contrôler selon leurs intérêts.

    L'Amérique latine veut la paix et la démocratie.
    Il est temps de parler de la réalité et de cesser de dire que l'anti-américanisme est primaire et non justifié.

    Le renvoi de Philip Goldberg est totalement justifié.
    Cet agent avait pour mission d'organiser des groupes pour créer la violence et le chaos en Bolivie.
    Philip Goldberg a été un des instigateurs de la sécession du Kosovo. Son expertise a été sollicitée en Bolivie pour en arriver à un fractionnement afin qu'un territoire permette l'installation de bases militaires US dans cette région d'Amérique du Sud.

    Chávez a dit: "Yankee de mierda".
    Quiconque étudie un peu l'Histoire de l'Amérique latine, dit: "Yankee de mierda"

    Monsieur Brousseau fait erreur. Evo Morales a obtenu une victoire sans précédent en Bolivie le 18 décembre 2005. Il a remporté les élections avec 53,7% des voix, son plus proche rival, Jorge Quiroga, ancien président de droite, obtenant quant à lui 28% des votes.

    Non, Monsieur Brousseau, ça ne sonne pas comme de l'Allende.
    Nous ne sommes plus en 1973.
    Le «Grand Satan» a été démasqué. Les documents "déclassifiés" le prouvent.
    Les Latino-Américains ont pris leur démocratie en main.
    Nous verrons aujourd'hui la solidarité latino-américaine.
    Il faut surveiller la rencontre de l'UNASUR à Santiago.


    Serge Charbonneau
    Québec
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