La tempête Palin frappe les républicains
Photo : Agence Reuters
La candidate à la vice-présidence des États-Unis en campagne à Washington samedi. Les révélations s’accumulent au sujet de Sarah Palin.
Les révélations en cascade sur Sarah Palin, la candidate à la vice-présidence choisie par John McCain, ont continué d'éclipser hier le programme officiel de la convention du Parti républicain au Minnesota, déjà perturbée la veille par le passage de l'ouragan Gustav à La Nouvelle-Orléans.
Les médias n'en finissent plus d'ajouter de nouveaux détails, parfois triviaux, sur le parcours politique et le milieu familial de la gouverneure de l'Alaska, qui doit prendre la parole ce soir. Hier, les nouvelles potentiellement embarrassantes pour le «ticket» McCain-Palin tournaient surtout autour d'une affaire d'abus de pouvoir présumé et de la grossesse de Bristol, la fille célibataire et mineure de la «colistière».
La législature de l'État de l'Alaska a annoncé lundi que Sarah Palin est défendue depuis peu par un cabinet d'avocats dans une enquête parlementaire en cours sur le congédiement d'un haut fonctionnaire, une affaire que l'on a commencé à appeler le «Troopergate».
Mme Palin a en effet limogé en juillet le commissaire à la sécurité publique de cet État septentrional, Walt Monegan, lequel avait refusé de mettre à la porte un membre de la police de l'État («state trooper») ayant divorcé de la soeur de Sarah Palin.
L'affaire est entre les mains d'une commission législative de l'Alaska qui a voté, en juillet, un budget pour tirer cette affaire au clair. C'est l'adversaire malheureux de Mme Palin à la course au poste de gouverneur en 2006 qui a lancé l'accusation d'abus de pouvoir dans son blogue.
Cette affaire, qui était déjà connue en Alaska, pourrait ternir la réputation de femme à la morale irréprochable de Sarah Palin, que le Parti républicain voudrait bien utiliser pour séduire les électeurs de la droite religieuse dans l'ensemble du pays.
À deux mois de l'élection présidentielle, Sarah Palin et son mari Todd ont reconnu lundi que leur fille célibataire de 17 ans était enceinte. Le couple a alors ajouté que Bristol veut garder l'enfant et épouser le père, un jeune homme de 18 ans.
Sarah et Todd Palin ont expliqué avoir annoncé la nouvelle pour contrer les rumeurs circulant sur Internet, et selon lesquelles leur plus jeune fils, âgé de cinq mois, serait en fait celui de Bristol.
En choisissant comme colistière vendredi dernier une femme de 44 ans, gouverneure depuis seulement deux ans et auparavant maire d'une petite ville de 9000 habitants, John McCain a incontestablement fait preuve d'audace. Mais certains républicains commencent à se demander s'il n'a pas été un peu téméraire.
Le porte-parole du sénateur de l'Arizona, Tucker Bounds, a pourtant assuré que M. McCain connaissait cette information et qu'il avait estimé que cela «ne disqualifiait pas» Mme Palin pour figurer sur le «ticket». L'équipe de campagne du candidat n'a cependant pas précisé exactement quand, comment et qui avait informé le candidat à la présidence.
La clan républicain a fait front autour de Mme Palin.
John McCain s'est déclaré hier «très, très fier de l'impression que [sa colistière] a faite sur l'Amérique entière».
«Je pense qu'elle est remarquable,», a déclaré Cindy McCain, la femme du candidat, à la chaîne de télévision Fox News.
En fin de semaine, John McCain avait vanté à la télévision l'expérience de Mme Palin, qui a exercé des responsabilités «exécutives» en tant que mairesse et gouverneure, minimisant du même coup le travail de Barack Obama comme avocat dans le milieu communautaire à Chicago et comme... sénateur à Washington. John McCain siège à la Chambre haute depuis 1986.
Il est cependant vrai que quatre des cinq derniers présidents américains étaient gouverneurs d'État avant d'accéder à la Maison-Blanche.
La porte-parole du président sortant George W. Bush, Dana Perino, a pour sa part affirmé que la grossesse de Briston Palin était «un sujet familial d'ordre privé».
Le cas Sarah Palin pique la curiosité du public de diverses façons et pour divers motifs.
Le site irlandais de paris en ligne Intrade enregistre depuis hier matin des paris sur le retrait de Sarah Palin, avec déjà 14 % des parieurs estimant qu'elle va abandonner la course.
Sur ce site, les internautes parieurs achètent ou vendent des contrats tels que «Obama vainqueur de l'élection présidentielle 2008» ou «McCain vainqueur». L'équilibre entre l'offre et la demande établit un «prix» de l'action.
Sur Internet également, mais dans un autre ordre d'idées, on assiste à une quête frénétique d'information sur la gouverneur de l'Alaska depuis l'annonce de sa présence sur le «ticket» républicain. En deux jours, rapportait hier le magazine Time sur son site Internet, on aurait lancé plus de recherches en utilisant le nom de la colistière républicaine comme mot-clé que sur n'importe quelle autre personnalité politique pendant un laps de temps comparable.
D'autres histoires concernant le «premier couple» de l'Alaska ont fait surface au cours des derniers jours. Les responsables de la campagne de John McCain ont eux-même indiqué que le mari de Mme Palin, Todd, avait été arrêté il y a une vingtaine d'années pour conduite en état d'ivresse.
Peut-être plus gênant, Sarah Palin aurait milité dans sa jeunesse pour un parti prônant l'indépendance de l'Alaska, un État assez marginal et peu peuplé sans contiguïté territoriale avec le reste des États-Unis.
Si le choix de Sarah Palin est confirmé par les délégués réunis à Saint-Paul, au Minnesota, où elle doit prendre la parole ce soir, il s'agira de la deuxième femme à figurer sur un «ticket» électoral, après la démocrate Geraldine Ferraro, qui était la colistière de Walter Mondale en 1984.
Sur le papier, Sarah Palin, cette jeune mère de cinq enfants, très conservatrice, ainsi que sa famille, ont tout pour plaire, en tout cas à plusieurs segments de l'électorat. Le fils aîné, champion de hockey, s'est engagé en Irak. Le petit dernier est handicapé mentalement, mais ses parents, qui étaient au courant avant sa naissance, ont choisi de le garder.
Sarah appartient à un groupe anti-avortement mais favorable à la contraception, quoiqu'elle-même dise favoriser l'abstinence. Elle a été championne de basketball et a participé à des concours de beauté. Elle affectionne la chasse et le tir au fusil.
Hier, le quotidien International Herald Tribune a noté que la biographie de Mme Palin dans l'encyclopédie en ligne Wikipedia avait été copieusement enrichie de notes favorables par un ou une internaute anonyme pendant les heures qui ont précédé l'annonce de sa candidature à la vice-présidence. Les journaux d'Anchorage, la «métropole» de l'Alaska, lui reprochent depuis quelques années déjà d'embellir son curriculum vitae.
***
D'après Reuters, Agence France-Presse, Associated Press et Libération
Les médias n'en finissent plus d'ajouter de nouveaux détails, parfois triviaux, sur le parcours politique et le milieu familial de la gouverneure de l'Alaska, qui doit prendre la parole ce soir. Hier, les nouvelles potentiellement embarrassantes pour le «ticket» McCain-Palin tournaient surtout autour d'une affaire d'abus de pouvoir présumé et de la grossesse de Bristol, la fille célibataire et mineure de la «colistière».
La législature de l'État de l'Alaska a annoncé lundi que Sarah Palin est défendue depuis peu par un cabinet d'avocats dans une enquête parlementaire en cours sur le congédiement d'un haut fonctionnaire, une affaire que l'on a commencé à appeler le «Troopergate».
Mme Palin a en effet limogé en juillet le commissaire à la sécurité publique de cet État septentrional, Walt Monegan, lequel avait refusé de mettre à la porte un membre de la police de l'État («state trooper») ayant divorcé de la soeur de Sarah Palin.
L'affaire est entre les mains d'une commission législative de l'Alaska qui a voté, en juillet, un budget pour tirer cette affaire au clair. C'est l'adversaire malheureux de Mme Palin à la course au poste de gouverneur en 2006 qui a lancé l'accusation d'abus de pouvoir dans son blogue.
Cette affaire, qui était déjà connue en Alaska, pourrait ternir la réputation de femme à la morale irréprochable de Sarah Palin, que le Parti républicain voudrait bien utiliser pour séduire les électeurs de la droite religieuse dans l'ensemble du pays.
À deux mois de l'élection présidentielle, Sarah Palin et son mari Todd ont reconnu lundi que leur fille célibataire de 17 ans était enceinte. Le couple a alors ajouté que Bristol veut garder l'enfant et épouser le père, un jeune homme de 18 ans.
Sarah et Todd Palin ont expliqué avoir annoncé la nouvelle pour contrer les rumeurs circulant sur Internet, et selon lesquelles leur plus jeune fils, âgé de cinq mois, serait en fait celui de Bristol.
En choisissant comme colistière vendredi dernier une femme de 44 ans, gouverneure depuis seulement deux ans et auparavant maire d'une petite ville de 9000 habitants, John McCain a incontestablement fait preuve d'audace. Mais certains républicains commencent à se demander s'il n'a pas été un peu téméraire.
Le porte-parole du sénateur de l'Arizona, Tucker Bounds, a pourtant assuré que M. McCain connaissait cette information et qu'il avait estimé que cela «ne disqualifiait pas» Mme Palin pour figurer sur le «ticket». L'équipe de campagne du candidat n'a cependant pas précisé exactement quand, comment et qui avait informé le candidat à la présidence.
La clan républicain a fait front autour de Mme Palin.
John McCain s'est déclaré hier «très, très fier de l'impression que [sa colistière] a faite sur l'Amérique entière».
«Je pense qu'elle est remarquable,», a déclaré Cindy McCain, la femme du candidat, à la chaîne de télévision Fox News.
En fin de semaine, John McCain avait vanté à la télévision l'expérience de Mme Palin, qui a exercé des responsabilités «exécutives» en tant que mairesse et gouverneure, minimisant du même coup le travail de Barack Obama comme avocat dans le milieu communautaire à Chicago et comme... sénateur à Washington. John McCain siège à la Chambre haute depuis 1986.
Il est cependant vrai que quatre des cinq derniers présidents américains étaient gouverneurs d'État avant d'accéder à la Maison-Blanche.
La porte-parole du président sortant George W. Bush, Dana Perino, a pour sa part affirmé que la grossesse de Briston Palin était «un sujet familial d'ordre privé».
Le cas Sarah Palin pique la curiosité du public de diverses façons et pour divers motifs.
Le site irlandais de paris en ligne Intrade enregistre depuis hier matin des paris sur le retrait de Sarah Palin, avec déjà 14 % des parieurs estimant qu'elle va abandonner la course.
Sur ce site, les internautes parieurs achètent ou vendent des contrats tels que «Obama vainqueur de l'élection présidentielle 2008» ou «McCain vainqueur». L'équilibre entre l'offre et la demande établit un «prix» de l'action.
Sur Internet également, mais dans un autre ordre d'idées, on assiste à une quête frénétique d'information sur la gouverneur de l'Alaska depuis l'annonce de sa présence sur le «ticket» républicain. En deux jours, rapportait hier le magazine Time sur son site Internet, on aurait lancé plus de recherches en utilisant le nom de la colistière républicaine comme mot-clé que sur n'importe quelle autre personnalité politique pendant un laps de temps comparable.
D'autres histoires concernant le «premier couple» de l'Alaska ont fait surface au cours des derniers jours. Les responsables de la campagne de John McCain ont eux-même indiqué que le mari de Mme Palin, Todd, avait été arrêté il y a une vingtaine d'années pour conduite en état d'ivresse.
Peut-être plus gênant, Sarah Palin aurait milité dans sa jeunesse pour un parti prônant l'indépendance de l'Alaska, un État assez marginal et peu peuplé sans contiguïté territoriale avec le reste des États-Unis.
Si le choix de Sarah Palin est confirmé par les délégués réunis à Saint-Paul, au Minnesota, où elle doit prendre la parole ce soir, il s'agira de la deuxième femme à figurer sur un «ticket» électoral, après la démocrate Geraldine Ferraro, qui était la colistière de Walter Mondale en 1984.
Sur le papier, Sarah Palin, cette jeune mère de cinq enfants, très conservatrice, ainsi que sa famille, ont tout pour plaire, en tout cas à plusieurs segments de l'électorat. Le fils aîné, champion de hockey, s'est engagé en Irak. Le petit dernier est handicapé mentalement, mais ses parents, qui étaient au courant avant sa naissance, ont choisi de le garder.
Sarah appartient à un groupe anti-avortement mais favorable à la contraception, quoiqu'elle-même dise favoriser l'abstinence. Elle a été championne de basketball et a participé à des concours de beauté. Elle affectionne la chasse et le tir au fusil.
Hier, le quotidien International Herald Tribune a noté que la biographie de Mme Palin dans l'encyclopédie en ligne Wikipedia avait été copieusement enrichie de notes favorables par un ou une internaute anonyme pendant les heures qui ont précédé l'annonce de sa candidature à la vice-présidence. Les journaux d'Anchorage, la «métropole» de l'Alaska, lui reprochent depuis quelques années déjà d'embellir son curriculum vitae.
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D'après Reuters, Agence France-Presse, Associated Press et Libération
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