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«Ça suffit!»

Plus de 80 000 personnes ont assisté hier soir au discours de Barack Obama au stade Invesco Field de Denver.
Photo : Agence Reuters
Plus de 80 000 personnes ont assisté hier soir au discours de Barack Obama au stade Invesco Field de Denver.
Denver — «Ça suffit!». Après huit années de règne républicain à Washington, les États-Unis méritent un changement de garde, a martelé hier soir, devant plus de 80 000 personnes, le candidat démocrate dans la course à la présidence, Barack Obama. Le sénateur de l'Illinois s'est d'ailleurs livré à une charge à fond de train contre son adversaire républicain John McCain, en plus d'insister sur les thèmes majeurs de sa campagne: aider la classe moyenne, doter le pays d'une meilleure sécurité et empêcher un troisième mandat républicain.

«Ce soir, je dis au peuple d'Amérique, aux démocrates, aux républicains et aux indépendants dans tout ce grand pays "Ça suffit"!», a-t-il lancé, avant d'ajouter: «Nous sommes ensemble ce soir à un de ces moments décisifs, un moment où notre nation est en guerre, notre économie est malade et le rêve américain est une fois de plus menacé». «Amérique, nous sommes meilleurs que ce que nous avons montré ces huit dernières années. Nous meilleurs que cela», a martelé Obama en soulignant qu'avec lui «le changement ne viendra pas de Washington, il ira à Washington».

«C'est pourquoi je suis là ce soir. Parce que depuis 232 ans [depuis l'indépendance des États-Unis], chaque fois que ce rêve a été menacé, des hommes et des femmes ordinaires, des étudiants et des soldats, des paysans et des enseignants, des infirmières et des balayeurs ont trouvé le courage de maintenir ce rêve en vie», a poursuivi M. Obama.

Selon Barack Obama, le rêve américain a du plomb dans l'aile et une bonne partie de la responsabilité en revient aux politiques du parti adverse. Dans une adresse qui a duré trois quarts d'heure et a électrisé quelque 80 000 partisans rassemblés dans le stade Invesco de Denver, apothéose de la 45e convention démocrate, M. Obama a lancé plusieurs attaques frontales contre M. McCain, l'accusant de ne «pas comprendre» la situation actuelle des Américains. «Le bilan est clair: John McCain a voté [au Congrès] avec George Bush 90% du temps. Le sénateur McCain aime bien parler de jugement, mais vraiment, qu'est-ce que cela veut dire de votre jugement, lorsque vous pensez que George Bush avait raison à plus de 90%? Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas prêt à miser sur 10%», a fait valoir le sénateur de l'Illinois.

«Je ne pense pas que le sénateur McCain se moque de ce qui se passe dans la vie des Américains. Je pense simplement qu'il ne le sait pas. Autrement, pourquoi définirait-il la classe moyenne comme [ceux] qui gagneraient moins de cinq millions de dollars par an», a encore dit M. Obama, quelques minutes après avoir officiellement l'investiture pour la course à la présidence des États-Unis. «Avec une profonde gratitude et une grande humilité, j'accepte l'investiture pour la présidence des États-Unis», a-t-il déclaré.

Il a également élaboré sur les thèmes qui guideront sa campagne. Dans le domaine économique, Barack Obama a promis de stimuler l'emploi, notamment en abolissant les exonérations fiscales des grandes sociétés qui délocalisent le travail, mais aussi de «réduire les impôts pour 95 % des familles [des classes] laborieuses».

Le candidat démocrate a en outre promis de «mettre fin en dix ans à notre dépendance au pétrole du Moyen-Orient», en favorisant les investissements dans les nouvelles sources d'énergie plutôt que dans les forages pétroliers au large des côtes américaines, comme le suggère M McCain.

Il a promis de «restaurer l'héritage» du parti démocrate en matière de politique étrangère, rappelant son opposition initiale à la guerre en Irak, à laquelle il veut «mettre un terme de façon responsable» selon un échéancier. «Nous sommes le parti de Roosevelt. Nous sommes le parti de Kennedy. Alors ne me dites pas que les démocrates sont incapables d'assurer notre sécurité», a-t-il déclaré.

Revenant sur son milieu familial (mère blanche originaire du Kansas et père noir venu du Kenya), il s'est présenté comme un produit du «rêve américain», avant de passer à l'attaque contre son adversaire républicain John McCain. Le discours de Barack Obama survient 45 ans jour pour jour après le «I have a dream» que Martin Luther King avait prononcé à Washington. Mais le sénateur de l'Illinois n'a presque pas abordé la question raciale.

«Trompeur», dit McCain

Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a estimé pour sa part que le discours de son adversaire démocrate était «trompeur» et que le sénateur de l'Illinois n'était «toujours pas prêt à devenir président». «Ce soir, les Américains ont assisté à un discours trompeur qui était en contradiction fondamentale avec le maigre bilan de Barack Obama», a déclaré le porte-parole de M. McCain, Tucker Bounds, dans un communiqué diffusé juste à la fin de l'intervention du démocrate. «Barack Obama n'est toujours pas prêt à devenir président, cela n'a pas changé», a ajouté M. Bounds, alors que M. Obama n'avait pas encore quitté la scène du stade géant de Denver.

Signe de l'importance de l'événement pour le clan démocrate, il faut remonter à 1960 pour retrouver un candidat s'adressant à la nation américaine depuis un stade plutôt qu'un palais des congrès: John F. Kennedy, un homme à qui Obama est souvent comparé en raison de son charisme et de la volonté de changement qu'il veut incarner. Une soirée courue aussi, puisque, alors que le candidat s'exprimait en soirée, des files d'attente se formaient déjà en plein soleil devant le stade Invesco en milieu d'avant-midi, ce qui laissait présager que les 75 000 sièges seraient tous occupés, en plus du parterre devant l'estrade bleue dressée pour l'occasion.

La liste des invités avait également de quoi faire pâlir n'importe quel organisateur de cérémonie. Deux Prix Nobel de la paix, Jimmy Carter et Al Gore, étaient présents. Des stars de la chanson, du cinéma et du sport ont également fait le déplacement. Le show devait être assuré par les chanteurs Stevie Wonder et Sheryl Crow, tandis que l'actrice Jennifer Hudson devait interpréter l'hymne national. Détail non négligeable, le final de la convention démocrate a été davantage retransmis par les télévisions que les cérémonies des récents Jeux de Pékin.

Le stade Invesco at Mile High avait commencé à s'emplir dès le matin avec les militants du parti démocrate et les milliers de journalistes venus de 134 pays pour observer leurs travaux. En fin d'après-midi, sont arrivés les citoyens «ordinaires» venus assister au discours «historique» de leur idole. On trouvait dans l'auditoire des gens de tous âges, venus écouter un politicien qui a surtout la faveur des jeunes électeurs, selon la plupart des analystes.

La journée s'est déroulée dans une ambiance festive dans le grand stade de football de la capitale du Colorado. Agitant d'innombrables drapeaux américains, les spectateurs ont écouté les prestations de Sheryl Crow, Stevie Wonder et John Legend, et l'enfilade des autre discours partisans, avant de voir monter sur l'estrade leur idole celui qu'ils appellent tous «le prochain président des États-Unis». Toute la semaine, d'ailleurs, des artistes de styles et de générations différentes ont réchauffé l'assemblée.

«On sent l'électricité dans l'air. C'est extraordinaire de voir autant de personnes de conditions différents», a dit Bill deMoulin, un résidant de Golden, avant que le sénateur de l'Illinois ne prenne la parole. «C'est incroyable de participer à ceci. C'est historique, quelque soit l'issue de l'élection. On l'a souvent dit mais ça vaut la peine de le répéter», a enchaîné son épouse Laura.

Si les démocrates tiennent les promesses qu'ils ont faites depuis une semaine, on verra un parti plus à gauche, social-démocrate et favorable aux syndicats. Le parti démocrate a d'ailleurs appelé plusieurs travailleurs congédiés ou en situation précaire à témoigner devant les congressistes, en personne ou par vidéo. «C'est fantastique d'être une Américaine dans un tel moment où l'histoire s'écrit. Tout le monde aime Barack Obama. Son charisme lui confère de l'autorité», croit Christine Yancey, une dame venue de Boston. «Il comprend ce que les gens ressentent», croit-elle. «Il écoute et il prend le temps de réfléchir avant de donner une réponse», ajoute son amie Yoanne Manichi.






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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 29 août 2008 03h05
    Un vent d'ouverture
    « Il est dommage que le vent d'ouverture qui souffle aux États-Unis avec la candidature présidentielle de Barack Obama ne se fasse pas sentir au Canada. À la place, nous avons droit au discours de la plus basse politique politicienne de Stephen Harper, qui n'a rien d'inspirant à nous offrir.

    Alors que Barack Obama veut sortir la politique étatsunienne des ornières conservatrices dans lesquelles elle languit, S. Harper est en train de nous plonger dans ces mêmes ornières conservatrices.

    Le « Ca suffit » du titre de l'article, qui coiffe la présentation du discours de B. Obama hier soir, peut s'appliquer ici, à la politique politicienne et aux manoeuvres de S. Harper, qui veut tenter de nous faire croire que des élections sont nécessaires. Elles ne le sont pas dans l'intérêt des Canadiennes et des Canadiens, car elles ne répondent, si elles sont déclenchées, qu'aux seuls intérêts personnels et partisans de S. Harper.

    On voit le contraste avec ce qui se passe aux États-Unis. La démocratie canadienne aurait besoin du vent du large, de ce vent du Sud qui nous apporte un air chaud propre à modérer notre climat si rude parfois. Un vent d'espoir et de confiance dans l'avenir. Hélas! Ce n'est que le vent froid de l'Arctique que fait souffler S. Harper, qui gèle la situation politique dans la piètre situation dans laquelle elle se trouve et enlève tout espoir et toute confiance dans un politicien qui renie ses propres engagements et ne propose rien dans l'intérêt du pays et de ses habitants. Ainsi, un vent de fermeture va se faire sentir sur le pays.

    Il serait plus intéressant de voter aux États-Unis. »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 29 août 2008 08h04
    La barre est trop haute ?
    « Beau discours hier de M.Obama, avec un déluge de promesses de changements pour tous les démunis et la classe moyenne des usa.Si il est élu, les attentes seront ÉNORMES! Si il décoit, ce qui est presque sur d'arriver avec tant de promesses, y aura t'il plus de désillusions vis-à-vis la politique?

    Mais en tout premier lieu, les américains éliront-ils un noir comme président? M.Obama n'a pas nommé comme colistière Mmme Clinton, car un ticket femme + noir au pouvoir aurait été trop pour bien des américains et il n'aurait eu aucune chance d'être élu. Comme M.Boisclair, comme gai n'avait aucune chance d'être élu au PQ...

    Bonne chance M.Obama! »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 29 août 2008 08h04
    Le charisme de Barack Obama
    « John McCain a dit: Ce soir, les Américains ont assisté à un discours trompeur qui était en contradiction fondamentale avec le maigre bilan de Barack Obama. Comment peut-il parler de bilan? Hier j'ai vu un moment historique dans l'histoire des Américains par la seule présence de Barack Obama. Ils ont fait du chemin, qu'on pense seulement à la possibilité d'un Président de couleur, ou plus tôt à la candidature d'une femme, Hilary Clinton. Hier, j'ai écouté le discours d'un politicien charismatique, et cela, une quarantaine de minutes sans avoir besoin de lire pour s'adresser à la foule. Il sait ce dont il parle, cela ne trompe pas. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 29 août 2008 09h57
    Honte aux racistes américains !
    « Les racistes Américains vont probablement trouver le moyen d'élire le clone de W. Bush, McCain "qui est aussi dans les patates que le nôtre du Nouveau-Brunswick", ce qui n'est pas trop joli pour eux. Ils peuvent bien choisir de battre la race et l'intelligence pour faire la place au cave blanc de McCain qui ne sait pas combien il possède de résidence avec sa femme qui fait dans le ketchup. Ils ont bien élu Bush à 2 reprises. »

  • Claude Beaudet
    Inscrit
    vendredi 29 août 2008 10h34
    Pasteur Martin L. King en 2008: "I've had a ...nightmare"
    « D'accord, le peuple noir d'Amérique est plus reconnu en droits et quant à son statut social, il est moins "noyé" par la puissance blanche (encore faut-il précisez en quoi; la Louisianne...ça vous dit quelquechose?). D'accord, il est entendu, vu et estimé voire adulé; encore faut-il qu'il ait du pouvoir...
    C'est en fait, précisément sur ce point, que se déterminent les vrais enjeux. Finalement la richesse des ficelles qui tirent ces homment et ces femmes de gouvernements vers le haut, n'a pas de couleur. On dit que "l'argent n'a pas d'odeur", quant à moi, elle n'a pas de couleur non plus. Peut-on croire vraiment qu'Obama est né de chaudes luttes et de la sueur des noirs qui ont forgés les chemins de fers américains. Par extension, peut-on croire qu'il canalisera vraiment ses ressources pour sauver une Amérique "hypothéquée" à ce point en y engloutissant les sommes astronomiques que cela exigeraient.
    En fait, les vrais enjeux, les vrais...couleurs de l'homme...se constaterons, non dans une impression de l'image négroïde avilissante qui a s'est sorti des affres du ghetto noir mais dans une Amérique moins arrogante.
    Nous souhaitons seulement que s'il est élu, Obama ne trompe pas l'Amérique...parceque là, ce n'est pas seulement un "rêve" qui mourrait, ce serait un "cauchemar" qui en résulterait! »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    vendredi 29 août 2008 11h24
    Le politicien du début de paradigme
    « Il y a en politique des hommes de changement de paradigme. Nous passons du paradigme du pétrole et de l'économie de l'armement à celui des énergies alternatives, de l'économie du savoir, de le la gestion consultative au sein du concert des nations, du plus grand respect de l'environnement et de l'Humain.

    Le monde actuel avait besoin d'un homme de vision, d'un leader charismatique, d'un super travailleur social de l'Humanité et d'un nouveau Kennedy.

    Nous l'avons en Barack Obama.

    Obama c'est pour nous les démocrates, le résultat de 10 années de travail d'arrache pied dans l'ombre. Jamais un homme de changement n'aura eu plus de soutien. Barack Obama c'est le compromis parfait, le prototype presque parfait, du travail conjugué du centre droit, du centre, du centre gauche et de la gauche. Un homme au fuselage racé, un homme d'intelligence supérieure, un homme à l'infrastructure morale de Martin Luther King, a la pensée sociale de Robert Kennedy, au charisme de John F. Kennedy et à la flexibilité et la capacité d'analyse d'un travailleur de rue. C'est un capitaliste social démocrate. Jamais depuis Kennedy , la diplomatie internationale n'a eu la chance d'avoir un porteur de ballon aussi noble, sincère, déterminé et en bonne santé morale et mentale que Barack Obama.

    Le plus grand danger qui le guette : se faire assassiner (et il le sait et il l'assume en homme de devoir).

    À nous de le protéger si nous croyons vraiment en l'avenir et au sortir de l'impasse du monde politique actuel.

    Pierre Castonguay »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 29 août 2008 16h59
    Un vent d'ouverture
    « Il est dommage que le vent d'ouverture qui souffle aux États-Unis avec la candidature présidentielle de Barack Obama ne se fasse pas sentir au Canada. À la place, nous avons droit au discours de la plus basse politique politicienne de Stephen Harper, qui n'a rien d'inspirant à nous offrir.

    Alors que Barack Obama veut sortir la politique étatsunienne des ornières conservatrices dans lesquelles elle languit, S. Harper est en train de nous plonger dans ces mêmes ornières conservatrices.

    Le « Ca suffit » du titre de l'article, qui coiffe la présentation du discours de B. Obama hier soir, peut s'appliquer ici, à la politique politicienne et aux manoeuvres de S. Harper, qui veut tenter de nous faire croire que des élections sont nécessaires. Elles ne le sont pas dans l'intérêt des Canadiennes et des Canadiens, car elles ne répondent, si elles sont déclenchées, qu'aux seuls intérêts personnels et partisans de S. Harper.

    On voit le contraste avec ce qui se passe aux États-Unis. La démocratie canadienne aurait besoin du vent du large, de ce vent du Sud qui nous apporte un air chaud propre à modérer notre climat si rude parfois. Un vent d'espoir et de confiance dans l'avenir. Hélas! Ce n'est que le vent froid de l'Arctique que fait souffler S. Harper, qui gèle la situation politique dans la piètre situation dans laquelle elle se trouve et enlève tout espoir et toute confiance dans un politicien qui renie ses propres engagements et ne propose rien dans l'intérêt du pays et de ses habitants. Ainsi, un vent de fermeture va se faire sentir sur le pays. Il serait plus intéressant de voter aux États-Unis. »

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