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Bill Clinton jette tout son poids dans la balance

Claude Lévesque   28 août 2008  États-Unis
Denver - C'est maintenant chose faite. Barack Obama est officiellement devenu hier le premier métis à briguer la présidence des États-Unis sous la bannière d'un des deux grands partis politiques de ce pays.

La journée, qui ne devait pas vraiment comporter de surprises, s'est tout de même terminée par un événement qui n'était inscrit au programme: celui qu'on n'appellera plus le candidat «présumé» mais simplement le candidat ou, si on appartient à la mouvance démocrate, «le prochain président des États-Unis», s'est présenté sur le plancher de la convention démocrate pour une «photo de famille», après le discours d'acceptation prononcé par son «colistier», Joseph «Joe» Biden.

Barack Obama prononcera cet après-midi son propre discours d'acceptation, devant

75 000 personnes au stade de football Investco at Mile High.

Si la convention démocrate de Denver devait refaire l'unité du parti, la soirée d'hier était hautement symbolique à cet égard, puisque des ténors comme l'ancien président Bill Clinton et le candidat à la présidence en 2006, John Kerry, entre autres, ont pris la parole. La grande rivale d'Obama dans la course à l'investiture, l'ex-première dame Hillary Clinton, de même que l'épouse de Barack Obama, Michele, se trouvaient dans l'assistance.

Barack Obama a été formellement désigné comme candidat démocrate à l'élection présidentielle du 4 novembre après que Mme Clinton eut appelé, au cours de l'après-midi, ses délégués à donner leur appui au sénateur de Illinois.

Le choix de Joe Biden comme candidat à la vice-présidence a été confirmé un peu plus tard en soirée.

Dans son allocution, M. Biden a rappelé ses origines modestes et les valeurs de courage valorisées dans son milieu familial.

Comme presque tous les orateurs avant lui, il a parlé du «rêve américain» qui s'effrite en raison des difficultés économiques.

Rendant hommage à son éventuel patron, il a dit: «J'ai vu comment il touche les gens, comment il les inspire, et j'ai réalisé qu'il puise dans la plus vieille des croyances américaines: nous n'avons pas à accepter une situation intolérable.»

Le message de Joe Biden était nettement adressé à la classe moyenne et aux citoyens de condition modeste.

«Je suis ici pour appuyer Barack Obama et pour réchauffer l'auditoire pour Joe Biden, quoique que vous aller voir que ce n'est pas nécessaire», a dit de son côté l'ancien président démocrate Bill Clinton dans un discours fréquemment interrompu par les applaudissements.

«Ma candidate n'a pas gagné, mais je suis fier de la campagne qu'elle a mené», a-t-il dit à propos de son épouse Hillary qui, la veille, avait éloquemment signifié son appui à Barack Obama.

Bill Clinton n'en a pas moins souligné que «18 millions» d'électeurs avaient voté pour l'ex-première dame aux élections primaires, pendant une longue campagne qui a profondément divisé le parti démocrate jusqu'au printemps. Il les a appelés à se rallier tous à celui qui est dorénavant le candidat officiel du parti.

Parlant de la conjoncture actuelle, il a affirmé que «le rêve américain est menacé au pays et [que] le leadership de l'Amérique a été affaibli dans le monde par trop d'unilatéralisme et pas assez de coopération».

Bill Clinton s'est dit «convaincu que Barack Obama est l'homme qu'il faut pour accomplir cette tâche». En raison de ses origines - né d'une mère blanche et d'un père Kényan, il a vécu une partie de son enfance en Indonésie - Barack Obama est selon Bill Clinton qualifié pour diriger «une nation de plus en plus diversifiée et restaurer notre leadership dans un monde de plus en plus interdépendant».

Bill Clinton a rappelé que ses adversaires républicains avaient prétendu en 1992 qu'il était trop jeune pour devenir «commandant en chef». «Ça n'a pas marché en 1992 parce que nous étions du bon côté de l'histoire et ça ne marchera pas en 2008» pour la même raison, a martelé l'ancien président.

John Kerry, l'adversaire malheureux de George W. Bush en 2004, a affirmé que «l'appel au changement est plus fort que jamais».

«Jamais dans l'histoire récente a-t-on vu un gouvernement faire un aussi mauvais usage de la puissance américaine, a-t-il dit à propos du gouvernement sortant de George W. Bush. Jamais a-t-on vu l'idéologie remplacer à ce point la stratégie.»

Tout en saluant son courage et ses qualités personnelles , M. Kerry, comme M. Clinton et M. Biden ont prédit que le candidat républicain à la présidence, John McCain, poursuivra la politique du président sortant s'il est élu.






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