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Colistier: Obama fait durer le suspense

N/A ZZZN/A   23 août 2008  États-Unis
Le candidat démocrate compte profiter de la convention qui s’ouvre lundi pour reprendre l’avantage sur son adversaire républicain.
Le candidat démocrate compte profiter de la convention qui s’ouvre lundi pour reprendre l’avantage sur son adversaire républicain.
Washington — Alors que la convention de son parti s'ouvre lundi à Denver au Colorado, le candidat démocrate à la présidence américaine, Barack Obama, faisait durer hier le suspense sur le nom de son colistier (candidat à la vice-présidence).

La convention culminera, le jeudi 28, avec le discours d'acceptation de sa candidature par Barack Obama, pour lequel les derniers sondages prédisent une lutte difficile face à John McCain, lequel sera investi candidat des républicains une semaine plus tard.

Mercredi, c'est le colistier d'Obama qui doit prononcer un grand discours devant les délégués. Hier, Barack Obama a simplement indiqué avoir choisi une personnalité indépendante, qui pourra être un partenaire efficace dans l'exercice du pouvoir.

Le candidat démocrate à la présidentielle a choisi de retarder au maximum l'annonce très attendue afin d'en accroître le retentissement. Il prévoit de prendre la parole aujourd'hui en compagnie de son colistier lors d'un meeting dans l'Illinois.

Obama, qui représente cet État au Sénat à Washington, a déclaré hier avoir cherché quelqu'un qui soit prêt à devenir président et à l'aider à gouverner, et indépendant dans ses prises de position.

«Je veux quelqu'un qui remettra en question mon opinion et qui ne dise pas oui à tout en matière de choix politiques», a-t-il affirmé sur le plateau de l'Early Show de la chaîne CBS.

Les plus de deux millions de partisans enregistrés auprès de l'état-major de campagne d'Obama seront informés par SMS et par courriel du nom de celui ou de celle qui deviendra vice-président en cas de victoire démocrate.

Les trois personnes les plus fréquemment citées sont le gouverneur de la Virginie, Tim Kaine, le sénateur de l'Indiana, Evan Bayh, et celui du Delaware, Joseph Biden.

Sont également évoqués la gouverneure du Kansas Kathleen Sebelius, sa grande rivale dans la campagne à l'investiture, la sénatrice de New York Hillary Clinton, le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, et le représentant du Texas, Chet Edwards.

Présenter une «vision»

Le décompte des délégués démocrates montrant que la désignation du candidat à la présidentielle ne fait plus aucun doute depuis l'issue des primaires en juin, la Convention de Denver sera avant tout «une occasion formidable de présenter aux Américains votre vision du pays et ce que vous ferez en tant que président — et cela peut changer la dynamique de la campagne», explique un consultant démocrate, Chris Kofinis.

Obama et McCain espèrent l'un et l'autre que leur convention leur permettra de prendre une avance sur l'autre dans une course qui s'avère serrée. Si les talents oratoires du sénateur de l'Illinois lui permettent de distancer McCain dans la semaine à venir, celui-ci lui ravira la vedette la semaine suivante à St. Paul-Minneapolis et risque de rogner le capital qu'il pourrait acquérir.

Selon un sondage Reuters-Zogby diffusé mercredi, McCain devance désormais de cinq points Obama, avec 46 % des intentions de vote au niveau national contre 41 % pour son rival. En juillet, la précédente enquête des mêmes sondeurs créditait Obama d'une avance de sept points. Ce renversement fait suite à plusieurs semaines d'offensive du candidat républicain contre son adversaire, dont il conteste l'expérience et critique par exemple le rejet de nouveaux forages pétroliers off-shore dans une période de flambée des cours du baril.

McCain, qui fêtera ses 72 ans à la fin du mois, a profité de la semaine de vacances prise par Obama à Hawaii pour le critiquer, ayant le champ libre dans les médias.

Les démocrates semblent cependant avoir tiré les enseignements de 2004, quand John Kerry, sacré candidat à leur convention, s'était contenté d'évoquer son parcours politique et, s'abstenant d'attaquer frontalement le sortant républicain George Bush, n'avait pas engrangé le moindre dividende, au vu des sondages.

Pour certains démocrates cependant, Obama, qui à 47 ans pourrait devenir le premier président des États-Unis né d'un père noir, devra surtout préciser en quoi il peut apporter le changement dans la vie de l'électeur américain moyen.

«La vraie question est: que va-t-il faire? Il doit prendre le taureau par les cornes et répondre à cette question pendant la convention, en exposant sans équivoque les deux ou trois priorités de sa candidature», estime Simon Rosenberg, dirigeant du groupe NDN, qui défend la candidature démocrate.

«Je ne pense pas que les Américains aient une vision claire de ses projets pour l'économie américaine. C'est un aspect qu'il peut corriger durant la convention, et il faut que cela soit fait», plaide-t-il.

Obama s'est employé à calmer toute velléité de rébellion de la part des partisans de sa grande adversaire des primaires, la sénatrice de New York Hillary Clinton, en accordant à celle-ci, ainsi qu'à son époux l'ancien président Bill Clinton, des tribunes d'orateur à Denver et en ménageant la possibilité de faire de l'ex-première dame des États-Unis sa colistière.

L'expérience de Biden

Âgé de 65 ans, Joseph Biden, qui s'est rendu récemment en visite dans une Géorgie au coeur de l'actualité internationale, est considéré comme un spécialiste des relations internationales et apporterait sur ce plan une expérience qui, selon ses adversaires républicains, manque encore beaucoup à Obama. Catholique, Biden est l'un des plus anciens élus au Sénat américain, où il préside la Commission des affaires étrangères, et il a été l'un des rivaux d'Obama au début des primaires de cette année.

David Brooks, un chroniqueur conservateur du New York Times, a estimé hier que M. Biden serait le meilleur choix comme candidat démocrate à la vice-présidence. «Biden fournit à Obama ce dont il a besoin», a dit M. Brooks, soulignant les atouts du sénateur du Delaware (est): racines dans la classe ouvrière, honnêteté, loyauté et expérience.

***

Le Devoir envoie à Denver son journaliste Claude Lévesque, dont les articles sur la Convention démocrate paraîtront à partir de mardi.






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