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Géorgie - Bush hausse le ton à l'endroit de Moscou

Le Devoir   12 août 2008  États-Unis
À Gori, un homme examine les alentours de son immeuble endommagé par les bombardements.
Photo : Agence France-Presse
À Gori, un homme examine les alentours de son immeuble endommagé par les bombardements.
Après cinq jours de combats, les diplomates occidentaux tentaient hier de mettre au point une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU demandant un cessez-le-feu en Géorgie, où la Russie chercherait à renverser le gouvernement pro-occidental selon le président américain George W. Bush.

«Il semblerait que des actions soient en cours pour renverser le gouvernement [géorgien] légitimement élu», a dit hier après-midi M. Bush, qui faisait écho à une déclaration faite par le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.

«Ces actions menacent les relations avec les États-Unis et l'Europe», a ajouté le président américain, dans sa plus sévère mise en garde à l'encontre de Moscou depuis le début du conflit entre la Géorgie et la Russie.

«Le gouvernement russe doit changer la politique qu'il semble mener et accepter l'offre de paix [de la Géorgie] comme premier pas vers la solution de ce conflit», a demandé le président américain.

Les actions de la Russie «nuisent grandement à [son] image dans le monde et [...] mettent en danger [ses] relations avec les États-Unis et l'Europe», a insisté M. Bush.

À New York, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis en fin d'après-midi pour entendre le compte-rendu du secrétaire général adjoint chargé du maintien de la paix, Edmond Mulet.

Des experts américains et européens étaient réunis à huis clos depuis la matinée pour retoucher un projet de document qu'ils voulaient soumettre au Conseil.

Ce projet est basé sur un plan de paix en trois points que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui vient d'effectuer une mission en Géorgie, a présenté aux parties en conflit.

Le plan appelle à une cessation immédiate des hostilités, au respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie, et au rétablissement de la situation qui prévalait avant l'envoi de troupes géorgiennes dans la région séparatiste de l'Ossétie du Sud la semaine dernière.

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside l'Union européenne, se rendra aujourd'hui en Géorgie, a annoncé son homologue géorgien, Mikheïl Saakachvili, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Selon M. Kouchner, qui était attendu tard hier soir à Moscou, Mikheïl Saakachvili a «accepté à peu près toutes les propositions» de l'Union européenne et de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) pour arrêter le conflit.

Mais le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a écarté les propositions de l'UE, estimant qu'il fallait un «engagement écrit signé d'un côté par la Géorgie et de l'autre par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie [ses deux républiques séparatistes], de ne plus jamais recourir à la force à l'avenir».

Le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a obtenu l'organisation aujourd'hui d'une réunion extraordinaire OTAN/Russie, affirmant que le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, «n'est plus un homme avec qui nous pouvons avoir affaire».

«La majeure partie du territoire de la Géorgie est occupée», a déclaré hier ce chef d'État pro-occidental dans une allocution télévisée.

Mais les déclarations contradictoires ont continué d'être faites sur la progression réelle des forces armées russes dans les différentes régions de la Géorgie.

Le premier ministre géorgien Lado Gourguenidze a annoncé à la télévision la nuit dernière que les troupes russes étaient entrées dans le port de Poti, un terminal pétrolier sur la mer Noire, ce que la Russie a démenti.

Le ministère russe de la Défense russe a indiqué que seules des unités de «reconnaissance s'étaient rendues dans cette ville et l'avaient déjà quittée», a rapporté l'agence Interfax.

Un responsable géorgien a également annoncé hier que les forces de Moscou s'étaient emparées de la ville géorgienne de Gori, mais la Russie a démenti l'information et des journalistes de Reuters présents sur place n'y ont pas vu de soldats.

Le gouvernement géorgien est ensuite revenu sur ses déclarations précédentes à ce sujet, indiquant que Gori, un noeud stratégique située à 90 km de la capitale, Tbilissi, n'était pas occupé par des troupes russes mais que ces dernières s'étaient positionnées dans les alentours.

Près de 80 % des 50 000 habitants de Gori ont quand même fui la ville, d'après un porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Le président Saakachvili a appelé les habitants de Tbilissi à garder leur calme, assurant que la ville n'était pas immédiatement menacée.

Dans l'ensemble, la situation était paisible dans la capitale géorgienne, même si les habitants commençaient à faire la queue dans les magasins et les stations-service pour stocker des produits de première nécessité et de l'essence, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le ministère de la Défense à Moscou, cité par Interfax, a assuré pour sa part que les forces russes n'avaient aucune intention de se diriger vers Tbilissi. Il a annoncé un peu plus tard que ses troupes s'étaient retirées de la ville géorgienne de Senaki, dans l'ouest du pays. Tbilissi a confirmé ce retrait, ajoutant cependant que la base militaire géorgienne s'y trouvant avait été détruite par l'armée russe.

Selon un reporter norvégien sur place, des troupes russes ont aussi fait une incursion hier dans la ville géorgienne de Zougdidi, proche de la république autoproclamée d'Abkhazie.

La Russie a aussi déployé 9000 soldats supplémentaires en Abkhazie, qui s'ajoutent aux 2500 soldats de «maintien de la paix» déjà présents dans cette autre région séparatiste de Géorgie, selon un responsable du commandement russe.

Mikheïl Saakachvili en a profité pour lancer un appel à l'aide: «Tout ce que nous avons reçu de la communauté internationale est de l'aide humanitaire [...] et des déclarations. Nous avons besoin de bien plus».

Le premier ministre russe Vladimir Poutine s'en est pris avec virulence aux États-Unis hier, accusant Washington de «gêner» les opérations militaires russes en aidant au rapatriement des soldats géorgiens d'Irak. Il a dénoncé le «cynisme» américain et sa «capacité à présenter l'agresseur en victime de l'agression».

M. Poutine a comparé les autorités géorgiennes à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein.

D'après l'Agence France-Presse et Reuters






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 12 août 2008 02h41
    Bush and Co a peur pour son pion?
    « Les USA ont placés Saakachvili en 2003 suite à la révolution des roses. D'ailleurs, ils ne se sont pas arrêté là, la révolution des Roses, Orange et des Tulipes sont leur oeuvre.... Et on pourrait même mettre la révolution de velours dans le même panier. Le tout fait sans cachoterie, par contre, nos médias n'en parlent pas, du moins, pratiquement pas :

    "Les États-Unis à la conquête de l'Est.

    Canal Plus, 22 h 30.

    « Vous êtes contre la démocratie ? » La réponse est imparable. Impossible ou presque d'émettre une remarque sur le fondement de la présence des ONG américaines qui fleurissent dans les pays d'ex-URSS depuis quinze ans. Leur mission : insuffler le goût de la démocratie à des populations qui ne l'ont jamais connue. Mettre en place des échanges d'étudiants vers les universités américaines, des groupes de réflexion sur le droit des femmes, encourager la liberté d'expression et l'émergence d'une presse indépendante.

    Partie pour enquêter sur leur rôle dans les révolutions non violentes en chaîne des cinq dernières années en Serbie, Géorgie et en Ukraine, Manon Loizeau interroge le rôle direct et indirect des États-Unis dans la région, les nouveaux équilibres géopolitiques qui s'y dessinent et l'omniprésent concept de démocratie. Son document est une mine pour comprendre également ce qui se joue aujourd'hui à des degrés divers en d'autres endroits de la planète.

    Au départ de l'enquête, donc, la révolution orange en Ukraine et des articles de presse mettant en exergue le rôle des ONG américaines dans l'émergence de la société civile et son soulèvement. Même scénario qu'en Géorgie un an plus tôt : un mouvement spontané mais savamment guidé par des slogans et une symbolique maîtrisés à grand renfort de marketing, manifestations d'une société civile préparée en amont. Correspondante pendant sept ans à Moscou, Manon Loizeau connaît bien la région. Elle ne s'était pas particulièrement intéressée auparavant à ces « ONG qui ont préparé l'émergence d'une société civile prête à réagir, une génération élevée à l'américaine ». Son enquête lui a permis d'établir des liens concrets, humains, entre les révolutions ukrainienne et géorgienne et celle de Serbie en 2000, par l'intermédiaire de rencontres entre leaders étudiants, sortes d'« internationale soft » auxquelles elle a pu assister. Et auxquelles assistaient aussi des opposants de Biélorussie, entre autres pays autoritaires. En commun dans tous les pays qui ont basculé, l'omniprésence des ONG, presque exclusivement américaines. C'est leur nombre au Kirghizistan qui a conduit la journaliste à s'y rendre. Bien joué puisque cela lui a donné l'occasion de suivre en direct les événements qui ont conduit à la chute du régime cet été.

    « C'est un modèle en train de s'étendre de lui-même, analyse-t-elle. Ces nouveaux alliés de Bush créent un nouvel équilibre. Mais même s'il y a un véritable ras-le-bol de quinze années de corruption, ces bouleversements posent la question de ce que signifie la démocratie. » Première surprise : pas de complot « dans l'ombre ». Tout se joue ouvertement. Rencontre entre leaders des révolutions passées et postulants à la démocratie, pressions de Washington, rôle des ONG, chacun se montre prêt à répondre et à jouer le jeu de la transparence avec un argument implacable : celui de la - démocratie. Pourtant il y a quelque chose qui titille dans cette vision « united colors of democraty », ce « monde selon Bush » dont se revendiquent ces nouveaux régimes à l'unisson et sans état d'âme - au point que la Géorgie a envoyé ses propres soldats en Irak.

    L'autre problème que pose cette vague révolutionnaro-américanophile, c'est la suite, les dictatures les plus dures. « Condoleezza Rice a ouvertement annoncé que la Biélorussie serait le prochain pays concerné, rappelle Manon Loizeau. Alexandre Loukachenko (président de la Biélorussie depuis 1994 - NDLR) a interdit ces ONG. Reste à savoir ce qui se passera, mais la répression risque d'être vraiment plus dure. En Russie, Poutine a créé un contre-mouvement, les Jeunesses poutiniennes. » Autant de signes qui montrent, dès à présent, les limites de cette quête du « nouveau far-west ».

    Anne Roy




    Article paru dans l'édition de l'Humanité du 15 octobre 2005."

    Les américains isolent le plus possible la Russie et après, on pleure quand la russie décide de ne plus se laisser faire.

    Poutine est loin d'être un saint, on dénonce la manipulation de l'information en Russie, mais dans les faits, on est pas ben ben mieux.


    Dans toute cette histoire, c'est la Géorgie, le pion des États-Unis, qui a débuté le conflit, il ne faut pas l'oublier. Comme ça n'a pas fonctionné comme ça aurait du, on demande le statut quo, et si ça avait fonctionné?


    L'acharnement à vouloir faire passer la Russie comme une nation de démon sanguinaire est vraiment pathétique. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 12 août 2008 08h18
    Questions
    « Est-ce la faute aux séparatistes ou aux fédéralistes ou aux communistes ou aux capitalistes ? Dur à dire ici.

    C'est qui qui a commencé la chicane ? Est-ce que la Georgie martyrisait sa province de l'Ossétie du sud ?

    Qui sait ça ? »

  • Delmas Jacme
    Inscrit
    mardi 12 août 2008 12h06
    Que faut-il penser des véhicules d'information que sont les agences de presse
    « Si les phrases portées par les agences sont vraies, il faudrait comprendre que Nicolas Sarkozy a considéré que la défense des intérêts russes et surtout des populations russes en Ossetie était justifiée. En d'autre terme, si les Russes entre dans l'Union Européenne pour défendre les populations russes de Pays Baltes, il en irait de même... Or, ces populations sont protégées par une charte sur les minorités, charte européenne que le pouvoir sarkozien refuse de ratifier! M.Nicolas Sarkozy aurait fait ainsi sa première bourde diplomatique, c'est possible.
    Sinon, que doit-on penser des dépêches des agences ? »

  • Pierre Girard
    Inscrit
    mardi 12 août 2008 14h42
    Bush n'a pas de leçon à donner à personne...
    « Bush n'a pas de leçon à donner à personne avec sa guerre illégale en Iraq depuis 2003. Ce qui se joue présentement dans le monde, comme depuis plusieurs décennies d'ailleurs, c'est la possession du monde par les É-U. ET cela s'est accentué depuis le 11 septembre 2001 alors que les É-U se sont donné tous les droits à cause des supposés terroristes qui seraient responsable des attaques du 9,11. Sauf que de jour en jour il y a de plus en plus d'informés qui pensent, à la lumière des Vidéos et documents et recherchent scientifiques sur le 9,11 que ces attentats furent exécutés de l'intérieur du gouvernement des É-U, ou par un gouvernement secret dans le but de pouvoir faire la guerre en Afghanistan d'abord puis en Irak et bientôt en Iran pour raffermir leur position dans cette région stratégique pour mieux controler la Chine et la Russie.

    Lisez Michel Chossudovsky, »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 12 août 2008 15h55
    Bush tente de faire peur à Poutine
    « Bush à Poutine : MON PÈRE EST PLUS FORT QUE LE TIEN, mes bombes aussi ! Poutine à Bush : SORS DEHORS SI TU ES UN HOMME ! »

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