Géorgie - Bush hausse le ton à l'endroit de Moscou
Photo : Agence France-Presse
À Gori, un homme examine les alentours de son immeuble endommagé par les bombardements.
Après cinq jours de combats, les diplomates occidentaux tentaient hier de mettre au point une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU demandant un cessez-le-feu en Géorgie, où la Russie chercherait à renverser le gouvernement pro-occidental selon le président américain George W. Bush.
«Il semblerait que des actions soient en cours pour renverser le gouvernement [géorgien] légitimement élu», a dit hier après-midi M. Bush, qui faisait écho à une déclaration faite par le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.
«Ces actions menacent les relations avec les États-Unis et l'Europe», a ajouté le président américain, dans sa plus sévère mise en garde à l'encontre de Moscou depuis le début du conflit entre la Géorgie et la Russie.
«Le gouvernement russe doit changer la politique qu'il semble mener et accepter l'offre de paix [de la Géorgie] comme premier pas vers la solution de ce conflit», a demandé le président américain.
Les actions de la Russie «nuisent grandement à [son] image dans le monde et [...] mettent en danger [ses] relations avec les États-Unis et l'Europe», a insisté M. Bush.
À New York, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis en fin d'après-midi pour entendre le compte-rendu du secrétaire général adjoint chargé du maintien de la paix, Edmond Mulet.
Des experts américains et européens étaient réunis à huis clos depuis la matinée pour retoucher un projet de document qu'ils voulaient soumettre au Conseil.
Ce projet est basé sur un plan de paix en trois points que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui vient d'effectuer une mission en Géorgie, a présenté aux parties en conflit.
Le plan appelle à une cessation immédiate des hostilités, au respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie, et au rétablissement de la situation qui prévalait avant l'envoi de troupes géorgiennes dans la région séparatiste de l'Ossétie du Sud la semaine dernière.
Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside l'Union européenne, se rendra aujourd'hui en Géorgie, a annoncé son homologue géorgien, Mikheïl Saakachvili, lors d'une conférence de presse téléphonique.
Selon M. Kouchner, qui était attendu tard hier soir à Moscou, Mikheïl Saakachvili a «accepté à peu près toutes les propositions» de l'Union européenne et de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) pour arrêter le conflit.
Mais le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a écarté les propositions de l'UE, estimant qu'il fallait un «engagement écrit signé d'un côté par la Géorgie et de l'autre par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie [ses deux républiques séparatistes], de ne plus jamais recourir à la force à l'avenir».
Le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a obtenu l'organisation aujourd'hui d'une réunion extraordinaire OTAN/Russie, affirmant que le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, «n'est plus un homme avec qui nous pouvons avoir affaire».
«La majeure partie du territoire de la Géorgie est occupée», a déclaré hier ce chef d'État pro-occidental dans une allocution télévisée.
Mais les déclarations contradictoires ont continué d'être faites sur la progression réelle des forces armées russes dans les différentes régions de la Géorgie.
Le premier ministre géorgien Lado Gourguenidze a annoncé à la télévision la nuit dernière que les troupes russes étaient entrées dans le port de Poti, un terminal pétrolier sur la mer Noire, ce que la Russie a démenti.
Le ministère russe de la Défense russe a indiqué que seules des unités de «reconnaissance s'étaient rendues dans cette ville et l'avaient déjà quittée», a rapporté l'agence Interfax.
Un responsable géorgien a également annoncé hier que les forces de Moscou s'étaient emparées de la ville géorgienne de Gori, mais la Russie a démenti l'information et des journalistes de Reuters présents sur place n'y ont pas vu de soldats.
Le gouvernement géorgien est ensuite revenu sur ses déclarations précédentes à ce sujet, indiquant que Gori, un noeud stratégique située à 90 km de la capitale, Tbilissi, n'était pas occupé par des troupes russes mais que ces dernières s'étaient positionnées dans les alentours.
Près de 80 % des 50 000 habitants de Gori ont quand même fui la ville, d'après un porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).
Le président Saakachvili a appelé les habitants de Tbilissi à garder leur calme, assurant que la ville n'était pas immédiatement menacée.
Dans l'ensemble, la situation était paisible dans la capitale géorgienne, même si les habitants commençaient à faire la queue dans les magasins et les stations-service pour stocker des produits de première nécessité et de l'essence, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le ministère de la Défense à Moscou, cité par Interfax, a assuré pour sa part que les forces russes n'avaient aucune intention de se diriger vers Tbilissi. Il a annoncé un peu plus tard que ses troupes s'étaient retirées de la ville géorgienne de Senaki, dans l'ouest du pays. Tbilissi a confirmé ce retrait, ajoutant cependant que la base militaire géorgienne s'y trouvant avait été détruite par l'armée russe.
Selon un reporter norvégien sur place, des troupes russes ont aussi fait une incursion hier dans la ville géorgienne de Zougdidi, proche de la république autoproclamée d'Abkhazie.
La Russie a aussi déployé 9000 soldats supplémentaires en Abkhazie, qui s'ajoutent aux 2500 soldats de «maintien de la paix» déjà présents dans cette autre région séparatiste de Géorgie, selon un responsable du commandement russe.
Mikheïl Saakachvili en a profité pour lancer un appel à l'aide: «Tout ce que nous avons reçu de la communauté internationale est de l'aide humanitaire [...] et des déclarations. Nous avons besoin de bien plus».
Le premier ministre russe Vladimir Poutine s'en est pris avec virulence aux États-Unis hier, accusant Washington de «gêner» les opérations militaires russes en aidant au rapatriement des soldats géorgiens d'Irak. Il a dénoncé le «cynisme» américain et sa «capacité à présenter l'agresseur en victime de l'agression».
M. Poutine a comparé les autorités géorgiennes à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein.
D'après l'Agence France-Presse et Reuters
«Il semblerait que des actions soient en cours pour renverser le gouvernement [géorgien] légitimement élu», a dit hier après-midi M. Bush, qui faisait écho à une déclaration faite par le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.
«Ces actions menacent les relations avec les États-Unis et l'Europe», a ajouté le président américain, dans sa plus sévère mise en garde à l'encontre de Moscou depuis le début du conflit entre la Géorgie et la Russie.
«Le gouvernement russe doit changer la politique qu'il semble mener et accepter l'offre de paix [de la Géorgie] comme premier pas vers la solution de ce conflit», a demandé le président américain.
Les actions de la Russie «nuisent grandement à [son] image dans le monde et [...] mettent en danger [ses] relations avec les États-Unis et l'Europe», a insisté M. Bush.
À New York, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis en fin d'après-midi pour entendre le compte-rendu du secrétaire général adjoint chargé du maintien de la paix, Edmond Mulet.
Des experts américains et européens étaient réunis à huis clos depuis la matinée pour retoucher un projet de document qu'ils voulaient soumettre au Conseil.
Ce projet est basé sur un plan de paix en trois points que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui vient d'effectuer une mission en Géorgie, a présenté aux parties en conflit.
Le plan appelle à une cessation immédiate des hostilités, au respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie, et au rétablissement de la situation qui prévalait avant l'envoi de troupes géorgiennes dans la région séparatiste de l'Ossétie du Sud la semaine dernière.
Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside l'Union européenne, se rendra aujourd'hui en Géorgie, a annoncé son homologue géorgien, Mikheïl Saakachvili, lors d'une conférence de presse téléphonique.
Selon M. Kouchner, qui était attendu tard hier soir à Moscou, Mikheïl Saakachvili a «accepté à peu près toutes les propositions» de l'Union européenne et de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) pour arrêter le conflit.
Mais le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a écarté les propositions de l'UE, estimant qu'il fallait un «engagement écrit signé d'un côté par la Géorgie et de l'autre par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie [ses deux républiques séparatistes], de ne plus jamais recourir à la force à l'avenir».
Le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a obtenu l'organisation aujourd'hui d'une réunion extraordinaire OTAN/Russie, affirmant que le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, «n'est plus un homme avec qui nous pouvons avoir affaire».
«La majeure partie du territoire de la Géorgie est occupée», a déclaré hier ce chef d'État pro-occidental dans une allocution télévisée.
Mais les déclarations contradictoires ont continué d'être faites sur la progression réelle des forces armées russes dans les différentes régions de la Géorgie.
Le premier ministre géorgien Lado Gourguenidze a annoncé à la télévision la nuit dernière que les troupes russes étaient entrées dans le port de Poti, un terminal pétrolier sur la mer Noire, ce que la Russie a démenti.
Le ministère russe de la Défense russe a indiqué que seules des unités de «reconnaissance s'étaient rendues dans cette ville et l'avaient déjà quittée», a rapporté l'agence Interfax.
Un responsable géorgien a également annoncé hier que les forces de Moscou s'étaient emparées de la ville géorgienne de Gori, mais la Russie a démenti l'information et des journalistes de Reuters présents sur place n'y ont pas vu de soldats.
Le gouvernement géorgien est ensuite revenu sur ses déclarations précédentes à ce sujet, indiquant que Gori, un noeud stratégique située à 90 km de la capitale, Tbilissi, n'était pas occupé par des troupes russes mais que ces dernières s'étaient positionnées dans les alentours.
Près de 80 % des 50 000 habitants de Gori ont quand même fui la ville, d'après un porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).
Le président Saakachvili a appelé les habitants de Tbilissi à garder leur calme, assurant que la ville n'était pas immédiatement menacée.
Dans l'ensemble, la situation était paisible dans la capitale géorgienne, même si les habitants commençaient à faire la queue dans les magasins et les stations-service pour stocker des produits de première nécessité et de l'essence, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le ministère de la Défense à Moscou, cité par Interfax, a assuré pour sa part que les forces russes n'avaient aucune intention de se diriger vers Tbilissi. Il a annoncé un peu plus tard que ses troupes s'étaient retirées de la ville géorgienne de Senaki, dans l'ouest du pays. Tbilissi a confirmé ce retrait, ajoutant cependant que la base militaire géorgienne s'y trouvant avait été détruite par l'armée russe.
Selon un reporter norvégien sur place, des troupes russes ont aussi fait une incursion hier dans la ville géorgienne de Zougdidi, proche de la république autoproclamée d'Abkhazie.
La Russie a aussi déployé 9000 soldats supplémentaires en Abkhazie, qui s'ajoutent aux 2500 soldats de «maintien de la paix» déjà présents dans cette autre région séparatiste de Géorgie, selon un responsable du commandement russe.
Mikheïl Saakachvili en a profité pour lancer un appel à l'aide: «Tout ce que nous avons reçu de la communauté internationale est de l'aide humanitaire [...] et des déclarations. Nous avons besoin de bien plus».
Le premier ministre russe Vladimir Poutine s'en est pris avec virulence aux États-Unis hier, accusant Washington de «gêner» les opérations militaires russes en aidant au rapatriement des soldats géorgiens d'Irak. Il a dénoncé le «cynisme» américain et sa «capacité à présenter l'agresseur en victime de l'agression».
M. Poutine a comparé les autorités géorgiennes à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein.
D'après l'Agence France-Presse et Reuters
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