L'Europe succombe à l'«obamania»
Quelque 200 000 personnes ont assisté au discours de Barack Obama à Berlin
25 juillet 2008
États-Unis
Photo : Agence Reuters
Barack Obama a reçu le surnom de «John Kennedy noir» en Allemagne, où il a fait déplacer des foules.
Pour son seul discours de campagne à l'étranger, qu'il prononçait hier à Berlin, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Barack Obama a reçu un accueil digne d'une rock-star. Le sénateur de l'Illinois a été particulièrement applaudi lorsqu'il a affirmé son intention d'agir contre le réchauffement climatique et de retirer les troupes américaines de l'Irak.
L’«obamania» bat son plein dans la «vieille Europe». Outre-Rhin, où celui que les Allemands appellent le «John Kennedy noir» a fait déplacer les foules hier, tout comme en France, où il doit rencontrer Nicolas Sarkozy aujourd’hui avant de s’envoler pour la Grande-Bretagne.
Aux États-Unis, où la politique étrangère est généralement très secondaire dans une campagne, il est exceptionnel pour un candidat à la présidence d'effectuer une tournée mondiale. Celle qu'a entamée Obama, principalement destinée à montrer aux Américains qu'il possède l'étoffe d'un président, l'a conduit au Koweït, en Irak, en Afghanistan, en Jordanie et en Israël.
Aucun commentateur ne s'est encore avancé à dire s'il y est parvenu, mais, tel un président, il est suivi par les trois présentateurs-vedettes des principaux réseaux de télévision américains et un avion entier de journalistes. Impuissant devant cet engouement des médias américains, son rival John McCain peste contre ce traitement de faveur inédit. Effectuant un parcours similaire en mars dernier, le sénateur de l'Arizona n'avait été accompagné par aucun média.
Par dérision, les timoniers de la campagne électorale de John McCain ont baptisé Obama «l'élu», car tout lui réussit. Ces derniers jours, le contraste entre les deux hommes était saisissant. Tandis que l'énergique Obama passait en revue les troupes américaines en Irak, avant de prononcer une allocution devant le Temple d'Hercule à Amman, la télévision américaine montrait son rival septuagénaire embarquant dans une dérisoire voiture de golf pour aller serrer la main d'un octogénaire dont il briguait le soutien: l'ancien président George H. Bush.
McCain, qui a concentré ses attaques sur l'inexpérience du sénateur de l'Illinois en matière de politique étrangère, a de quoi être dépité. La visite tardive d'Obama en Irak lui a valu un trophée immédiat: le soutien explicite du premier ministre al-Maliki pour son plan de retrait des militaires américains en 16 mois. En Afghanistan, on l'a vu jetant nonchalamment son veston sur l'épaule, à la manière de JFK. Tandis que le grincheux McCain l'accusait d'être «capable de perdre une guerre [celle d'Irak] pour se faire élire», «Obama le Magnifique» amenuisait son coriace rival en déclarant, magnanime, qu'il s'interdisait, en tournée à l'étranger, d'assaillir un adversaire politique.
Attaqué par les républicains sur sa promesse de négocier avec le régime iranien pour convaincre Téhéran de renoncer à sa quête de l'arme nucléaire, Obama a saisi l'occasion pour se montrer aussi ferme que George W. Bush en affirmant que «toutes les options sont sur la table» (sous-entendu: les options militaires aussi) et a martelé qu'un Iran nucléaire constituerait «une grave menace» pour le monde.
Afin de déjouer ses rivaux qui l'accusent d'être pro-palestinien, le sénateur a juré mercredi au président israélien Shimon Peres qu'il ne forcera jamais Israël à «faire des concessions qui compromettraient la sécurité» du pays. Histoire de faire oublier les diatribes anti-israéliennes de son pasteur, Jeremiah Wright, qu'il a depuis reniées. Les voix de la communauté juive américaine sont, il est vrai, essentielles pour lui, surtout dans l'État clé (swing State) de la Floride, où elles constituent 4 % de l'électorat.
Pour parachever son parcours sans faute, il a promis au président palestinien, Mahmoud Abbas, qu'il a rencontré à Ramallah, qu'il «ne perdrait pas une minute» après son élection pour proposer une solution au conflit israélo-palestinien.
Rien ne surpasse pourtant sa miraculeuse performance dans le gymnase d'une base américaine au Koweït. À plus de dix mètres du panier de basketball, au premier essai, il a fait un swooch qui a été passé en boucle sur les chaînes de télévision. Obama confirmerait ainsi son image de gagnant, face au loser McCain. Mais la réalité est plus complexe, puisque les deux hommes sont toujours à égalité dans les sondages.
L’«obamania» bat son plein dans la «vieille Europe». Outre-Rhin, où celui que les Allemands appellent le «John Kennedy noir» a fait déplacer les foules hier, tout comme en France, où il doit rencontrer Nicolas Sarkozy aujourd’hui avant de s’envoler pour la Grande-Bretagne.
Aux États-Unis, où la politique étrangère est généralement très secondaire dans une campagne, il est exceptionnel pour un candidat à la présidence d'effectuer une tournée mondiale. Celle qu'a entamée Obama, principalement destinée à montrer aux Américains qu'il possède l'étoffe d'un président, l'a conduit au Koweït, en Irak, en Afghanistan, en Jordanie et en Israël.
Aucun commentateur ne s'est encore avancé à dire s'il y est parvenu, mais, tel un président, il est suivi par les trois présentateurs-vedettes des principaux réseaux de télévision américains et un avion entier de journalistes. Impuissant devant cet engouement des médias américains, son rival John McCain peste contre ce traitement de faveur inédit. Effectuant un parcours similaire en mars dernier, le sénateur de l'Arizona n'avait été accompagné par aucun média.
Par dérision, les timoniers de la campagne électorale de John McCain ont baptisé Obama «l'élu», car tout lui réussit. Ces derniers jours, le contraste entre les deux hommes était saisissant. Tandis que l'énergique Obama passait en revue les troupes américaines en Irak, avant de prononcer une allocution devant le Temple d'Hercule à Amman, la télévision américaine montrait son rival septuagénaire embarquant dans une dérisoire voiture de golf pour aller serrer la main d'un octogénaire dont il briguait le soutien: l'ancien président George H. Bush.
McCain, qui a concentré ses attaques sur l'inexpérience du sénateur de l'Illinois en matière de politique étrangère, a de quoi être dépité. La visite tardive d'Obama en Irak lui a valu un trophée immédiat: le soutien explicite du premier ministre al-Maliki pour son plan de retrait des militaires américains en 16 mois. En Afghanistan, on l'a vu jetant nonchalamment son veston sur l'épaule, à la manière de JFK. Tandis que le grincheux McCain l'accusait d'être «capable de perdre une guerre [celle d'Irak] pour se faire élire», «Obama le Magnifique» amenuisait son coriace rival en déclarant, magnanime, qu'il s'interdisait, en tournée à l'étranger, d'assaillir un adversaire politique.
Attaqué par les républicains sur sa promesse de négocier avec le régime iranien pour convaincre Téhéran de renoncer à sa quête de l'arme nucléaire, Obama a saisi l'occasion pour se montrer aussi ferme que George W. Bush en affirmant que «toutes les options sont sur la table» (sous-entendu: les options militaires aussi) et a martelé qu'un Iran nucléaire constituerait «une grave menace» pour le monde.
Afin de déjouer ses rivaux qui l'accusent d'être pro-palestinien, le sénateur a juré mercredi au président israélien Shimon Peres qu'il ne forcera jamais Israël à «faire des concessions qui compromettraient la sécurité» du pays. Histoire de faire oublier les diatribes anti-israéliennes de son pasteur, Jeremiah Wright, qu'il a depuis reniées. Les voix de la communauté juive américaine sont, il est vrai, essentielles pour lui, surtout dans l'État clé (swing State) de la Floride, où elles constituent 4 % de l'électorat.
Pour parachever son parcours sans faute, il a promis au président palestinien, Mahmoud Abbas, qu'il a rencontré à Ramallah, qu'il «ne perdrait pas une minute» après son élection pour proposer une solution au conflit israélo-palestinien.
Rien ne surpasse pourtant sa miraculeuse performance dans le gymnase d'une base américaine au Koweït. À plus de dix mètres du panier de basketball, au premier essai, il a fait un swooch qui a été passé en boucle sur les chaînes de télévision. Obama confirmerait ainsi son image de gagnant, face au loser McCain. Mais la réalité est plus complexe, puisque les deux hommes sont toujours à égalité dans les sondages.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

