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Une caricature d'Obama provoque la consternation

15 juillet 2008  États-Unis
New York — Une caricature de l'hebdomadaire américain The New Yorker, représentant le candidat présidentiel démocrate Barack Obama habillé en militant islamiste et sa femme Michelle avec une kalachnikov en bandoulière, a provoqué hier la consternation dans le camp démocrate.

En couverture du magazine, la caricature montre Obama dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, coiffé d'un turban et portant une djellaba, des babouches aux pieds, et sa femme Michelle, coiffure afro et habillée en guérilléra, tandis que le drapeau américain brûle dans la cheminée. Au mur, un portrait du chef d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, est accroché.

Le New Yorker, un des magazines préférés des intellectuels américains et plutôt classé à gauche, a expliqué dans un communiqué qu'il entendait dénoncer avec cette caricature la «campagne de peur et de désinformation» menée contre le sénateur de l'Illinois.

«Le New Yorker peut penser que sa couverture est destinée à brocarder la caricature de Barack Obama faite par l'extrême droite, mais beaucoup de lecteurs la jugeront de mauvais goût et offensante et nous sommes d'accord», a dit le directeur des communications de M. Obama, Bill Burton.

Tucker Bonds, le porte-parole du candidat présidentiel républicain, John McCain, a indiqué que l'équipe du sénateur de l'Arizona était «entièrement d'accord» avec l'état-major de campagne d'Obama pour dénoncer cette couverture.

De nombreux sites d'extrême droite dépeignent M. Obama comme un musulman et M. McCain avait accusé il y a quelques semaines son adversaire démocrate d'être «le candidat préféré du Hamas».

Le New Yorker, qui publie par ailleurs dans son numéro daté du 21 juillet une longue enquête sur les premiers pas de Barack Obama en politique à Chicago de 1991 à 2004, accorde généralement une large place aux dessins et à la caricature, privilégiant un humour subtil et décalé.

«Notre couverture intitulée "La politique de la peur" évoque de nombreuses images grotesques associées à [Barack et Michelle] Obama et montrent combien elles sont de toute évidence contraires à la réalité», a affirmé David Remnick, le rédacteur en chef du magazine new-yorkais. «C'est une satire», a-t-il insisté.

L'auteur de la caricature, le dessinateur Barry Blitt, a expliqué quant à lui, dans le site politique en ligne Huffington Post, qu'il avait voulu illustrer combien étaient ridicules les attaques outrancières portées contre M. Obama par l'extrême droite. M. Blitt travaille régulièrement pour le New Yorker. Un de ses dessins publiés en une l'an dernier montrait le président George W. Bush en valet de pied, plumeau à la main, du vice-président Dick Cheney.

Mais, pour Jake Tapper, un éditorialiste politique de la chaîne ABC, la caricature de M. Blitt est incendiaire. «Je me demande quelles auraient été les réactions si [des magazines conservateurs comme] Weekly Standard ou National Review avaient publié cette caricature», a dit M. Tapper.

David Axelrod, le principal stratège de M. Obama, a dénoncé de son côté la caricature «peu brillante» du magazine, mais il a ajouté que l'équipe du sénateur n'avait pas l'intention de se concentrer sur ce sujet.






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