Président sortant, mais pas encore sorti
George W. Bush a fait en Europe une tournée d'adieux bien remplie
17 juin 2008
États-Unis
Photo : Agence Reuters
Rue Downing, à Londres, où le président américain a dîné dimanche avec le premier ministre britannique, Gordon Brown.
Londres — Combatif sur l'Irak et marquant des succès diplomatiques sur l'Iran et l'Afghanistan, le président américain sortant George W. Bush a montré qu'il fallait encore compter avec lui, à l'occasion de sa tournée européenne d'adieux achevée hier au Royaume-Uni.
À seulement sept mois de son départ de la Maison-Blanche, de nombreux Européens avaient déjà tiré un trait sur le président, tournant leur regard vers son successeur. Les traditionnelles manifestations qui accompagnent le déplacement de M. Bush n'ont été cette fois-ci en rien comparables, en taille, à celles de ses précédentes visites.
Mais le président américain a beau être sur le départ, il n'en aura pas moins marqué des points au cours des six étapes de sa tournée: Slovénie, Allemagne, Italie, Vatican, France et Royaume-Uni.
À Paris, certainement le point culminant du déplacement, le séjour de George W. Bush a été marqué par une confiance retrouvée entre la France et les États-Unis après la période de tensions nées de l'invasion américaine de l'Irak.
M. Bush a rappelé que la «Première amie» des États-Unis à l'époque de leur lutte pour l'indépendance avait été la France. Il a aussi rendu hommage au président français, parfois surnommé «Sarkozy l'Américain». Se donnant du «George» et «Nicolas», les deux présidents ont affiché leur unité pendant les deux jours de la visite achevée dimanche, notamment sur l'Iran.
Sur ce dernier sujet, le président Bush s'est prévalu du soutien des autres capitales européennes, Londres annonçant notamment hier que l'Europe allait mettre en oeuvre de nouvelles sanctions contre Téhéran, en particulier le gel des avoirs à l'étranger de la plus grande banque iranienne.
Ces déclarations sont intervenues au moment où les grandes puissances viennent de remettre à l'Iran une offre de coopération en vue de la suspension de son enrichissement d'uranium, dont la communauté internationale craint qu'il n'alimente un programme de fabrication de l'arme atomique.
George W. Bush avait dans un premier temps rejeté cette approche, mais par la suite il a accepté la voie diplomatique des pourparlers avec la Corée du Nord et du dialogue avec Téhéran.
Ces deux processus se situent désormais au centre de son héritage, estime-t-il. «Une des choses que je laisserai derrière moi c'est un multilatéralisme comme moyen de faire face aux tyrans afin que les problèmes puissent être résolus de manière diplomatique», a-t-il dit.
Quant à l'Afghanistan, M. Bush a pu se réjouir de la décision de Rome d'autoriser ses soldats sur place à «davantage de flexibilité», ainsi que de l'annonce par Londres de l'envoi de renforts.
Dans un discours clef prononcé à Paris, George W. Bush a assuré qu'il laisserait à son successeur des relations transatlantiques qui n'ont jamais été aussi dynamiques.
«C'était absurde, répond Dominique Moïsi de l'Institut français des relations internationales à Paris. Il a failli détruire la relation entre l'Europe et les États-Unis et a passé son deuxième mandat à essayer de réparer les fautes qu'il avait commises pendant son premier mandat.»
À seulement sept mois de son départ de la Maison-Blanche, de nombreux Européens avaient déjà tiré un trait sur le président, tournant leur regard vers son successeur. Les traditionnelles manifestations qui accompagnent le déplacement de M. Bush n'ont été cette fois-ci en rien comparables, en taille, à celles de ses précédentes visites.
Mais le président américain a beau être sur le départ, il n'en aura pas moins marqué des points au cours des six étapes de sa tournée: Slovénie, Allemagne, Italie, Vatican, France et Royaume-Uni.
À Paris, certainement le point culminant du déplacement, le séjour de George W. Bush a été marqué par une confiance retrouvée entre la France et les États-Unis après la période de tensions nées de l'invasion américaine de l'Irak.
M. Bush a rappelé que la «Première amie» des États-Unis à l'époque de leur lutte pour l'indépendance avait été la France. Il a aussi rendu hommage au président français, parfois surnommé «Sarkozy l'Américain». Se donnant du «George» et «Nicolas», les deux présidents ont affiché leur unité pendant les deux jours de la visite achevée dimanche, notamment sur l'Iran.
Sur ce dernier sujet, le président Bush s'est prévalu du soutien des autres capitales européennes, Londres annonçant notamment hier que l'Europe allait mettre en oeuvre de nouvelles sanctions contre Téhéran, en particulier le gel des avoirs à l'étranger de la plus grande banque iranienne.
Ces déclarations sont intervenues au moment où les grandes puissances viennent de remettre à l'Iran une offre de coopération en vue de la suspension de son enrichissement d'uranium, dont la communauté internationale craint qu'il n'alimente un programme de fabrication de l'arme atomique.
George W. Bush avait dans un premier temps rejeté cette approche, mais par la suite il a accepté la voie diplomatique des pourparlers avec la Corée du Nord et du dialogue avec Téhéran.
Ces deux processus se situent désormais au centre de son héritage, estime-t-il. «Une des choses que je laisserai derrière moi c'est un multilatéralisme comme moyen de faire face aux tyrans afin que les problèmes puissent être résolus de manière diplomatique», a-t-il dit.
Quant à l'Afghanistan, M. Bush a pu se réjouir de la décision de Rome d'autoriser ses soldats sur place à «davantage de flexibilité», ainsi que de l'annonce par Londres de l'envoi de renforts.
Dans un discours clef prononcé à Paris, George W. Bush a assuré qu'il laisserait à son successeur des relations transatlantiques qui n'ont jamais été aussi dynamiques.
«C'était absurde, répond Dominique Moïsi de l'Institut français des relations internationales à Paris. Il a failli détruire la relation entre l'Europe et les États-Unis et a passé son deuxième mandat à essayer de réparer les fautes qu'il avait commises pendant son premier mandat.»
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