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Clinton lance une fleur à Obama

Lisa-Marie Gervais   5 juin 2008  États-Unis
Photo : Reuters
Photo : Agence Reuters
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Signe de rapprochement en vue au sein du Parti démocrate, alors que Hillary Clinton, défaite à la course à l'investiture, a lancé hier quelques fleurs à l'endroit de son rival de campagne, Barack Obama. Une intervention cruciale de la part de la sénatrice new-yorkaise alors que le Parti démocrate, profondément divisé, cherche un colistier à son candidat.

Dans un discours devant le Comité des affaires publiques israélo-américain (AIPAC), le principal lobby pro-israélien aux États-Unis, Hillary Clinton, qui n'avait pas voulu reconnaître officiellement sa défaite la veille, a laissé entendre que le candidat élu ferait un bon président. «Je sais que Barack Obama sera un bon ami d'Israël», a-t-elle dit devant l'AIPAC, à demi-mots, visiblement très émue.

Une des solutions envisagées pour cicatriser les blessures des cinq douloureux mois de campagne des primaires et rassembler la famille démocrate est la création d'un «ticket» Obama-Clinton, la sénatrice de New York étant alors candidate au poste de vice-présidente.

Mardi, la sénatrice de New York avait pourtant laissé croire que rien n'était encore gagné. L'ex-première dame n'avait pas officiellement reconnu sa défaite, préférant s'accorder, selon ses conseillers, quelques jours de réflexion. Dans un discours prononcé devant ses partisans à New York, elle a rappelé qu'environ 18 millions d'électeurs avaient voté pour elle au cours des primaires, à peu près autant que ceux qui ont choisi son rival Barack Obama, et qu'il faudrait en tenir compte.

«Son discours d'hier [mardi] était de bonne guerre. Depuis deux mois, elle a de beaucoup réduit l'avance de Barack Obama. Même si mathématiquement ses chances étaient nulles, elle continuait de remporter des succès électoraux et dans cette mesure, on comprend pourquoi elle a eu envie d'aller jusqu'au bout», analyse Louis Balthazar, président de l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand. Il reconnaît pourtant que, pour Hillary, cette stratégie n'était pas la meilleure. «Cela aurait été le temps de concéder la victoire à son rival. Son discours est de mauvais augure pour la suite des choses.»

C'est maintenant chose faite puisque Hillary Clinton a annoncé hier soir son retrait de la course à la Maison-Blanche et reconnu la victoire du sénateur de l'Illinois dans la bataille pour l'investiture démocrate.

Les propos «positifs» d'hier à l'égard du vainqueur étaient dans son intérêt, croit-il. «Elle a tout à gagner à faire ça. Elle ne peut pas apparaître dans l'histoire comme celle qui aura empêché l'élection de Barack Obama. On pourrait l'accuser d'avoir trahi son parti», avance-t-il.

Hillary colistière?

Candidat presque officiel du Parti démocrate, M. Obama sait qu'il va devoir séduire les électeurs qui lui avaient préféré Mme Clinton, notamment les femmes, les ouvriers, les Hispaniques et les personnes âgées. Ces électeurs ne lui sont pas acquis. Avant la fin des primaires, de nombreux partisans de la sénatrice de New York avaient indiqué qu'ils s'abstiendraient, voire qu'ils voteraient McCain si leur championne ne se qualifiait pas.

«Barack Obama a vraiment besoin de Hillary, car elle amène des votes de toute une classe, notamment la droite des démocrates, ceux qui sont allés vers Reagan à l'époque. Dix-huit millions de votes, c'est pas rien!», soutient Louis Balthazar. «Mais Barack Obama a aussi d'autres atouts pour aller chercher des votes. Il a Bill Richardson, d'origine hispanique, pour avoir le vote des hispanophones et de la classe ouvrière; il a John Edwards, qui est un populiste qui peut mener vigoureusement campagne. Certains disent effectivement que Obama peut s'en sortir sans Mme Clinton», a-t-il nuancé.

Si l'idée d'un «ticket» Obama-Clinton est séduisante, il existe aussi beaucoup d'arguments qui plaident contre cette hypothèse. Les deux candidats ne se sont guère épargnés durant la campagne et M. Obama, qui veut incarner le changement, n'a pas forcément envie de voir revenir Bill Clinton à la Maison-Blanche par la petite porte, faisaient remarquer hier plusieurs journaux américains.

«Il est bien évident que le "dream ticket", c'est Obama et Clinton pour le nombre de votes qu'ils pourraient attirer ensemble», a reconnu Louis Balthazar. «Mais Hillary Clinton comme vice-présidente risque d'être un lourd poids à porter pour M. Obama. Mme Clinton l'a manifesté hier soir et elle ne cesse de démontrer sa fierté, son sentiment d'être appuyée par 18 millions d'électeurs américains. Si elle venait à être vice-présidente, il y aurait une certaine attention sur elle et ce serait malsain. C'est du président dont on doit parler. Le vice-président est un rôle secondaire dans l'exercice du pouvoir. Dick Cheney s'est montré assez influent mais il était beaucoup moins visible. Il ne s'était jamais présenté comme candidat à la présidence», croit l'expert en politique américaine. Devant la place que prend Bill et, de plus en plus, Chelsea Clinton, M. Balthazar estime que Barack Obama pourrait se sentir embarrassé de voir débarquer une «famille entière» à la vice-présidence.

Par ailleurs, le discours d'Hillary mardi, dans lequel elle n'a pas reconnu explicitement la victoire de son rival, aurait diminué ses chances de se voir offrir le poste de candidate à la vice-présidence, pense-t-il. Des conseillers de Mme Clinton souhaitent d'ailleurs qu'elle attende jusqu'à la convention démocrate, qui se réunira à Denver du 25 au 28 août, avant de le faire. «Il y a des gens dans la foule qui criaient "Denver!" pour qu'elle attende. Ça s'est déjà fait. Ted Kennedy l'avait fait lorsqu'il s'était présenté contre Carter en 1980. Il était allé jusqu'à la convention pour présenter son message même s'il savait qu'il était battu», rappelle M. Balthazar.

À la recherche d'un colistier

Hillary ou pas, la course à la présidence est loin d'être terminée pour Barack Obama. Mais même avec une réconciliation Clinton-Obama en vue, le suspense continue de planer autour de l'identité de celui ou celle qui occupera le poste de candidat à la vice-présidence.

Les entourages de M. Obama et Mme Clinton ont démenti que des discussions étaient engagées à quelque niveau que ce soit, mais Washington ne parlerait que de cela.

«Évidemment que [la question de la vice-présidence] est sur la table», a affirmé hier matin sur CNN le directeur de campagne de Mme Clinton, Terry McAuliffe.

Barack Obama aurait chargé trois personnes, dont Caroline Kennedy, de lui proposer des colistiers, a indiqué son équipe de campagne. «Le processus pour choisir un candidat à la vice-présidence est un processus sérieux qui s'engage sérieusement dès maintenant», a expliqué de son côté le directeur de communication de M. Obama, Robert Gibbs.

Le sénateur de l'Illinois a recruté, outre la fille de l'ancien président John F. Kennedy, l'ancien directeur général du Groupe de refinancement hypothécaire Fannie Mae, Jim Johnson, et l'ancien Attorney General (ministre de la Justice), Eric Holder.

Jim Johnson s'était déjà acquitté de cette tâche pour John Kerry en 2004 et Walter Mondale, en 1984.

«Le sénateur Obama est heureux d'avoir trois individus talentueux et dévoués pour gérer ce processus rigoureux. Il travaillera étroitement avec eux dans les semaines à venir mais en dernier lieu, la décision appartiendra à lui seul», a déclaré son porte-parole, Bill Burton.

***

avec l'Agence France-Presse et Reuters






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  • Gerry Pagé
    Inscrit
    jeudi 5 juin 2008 02h54
    Hillary Rodman Clinton (HRC), l'orageuse Katrina!
    « En novembre 2007, en réponse à Katie Couric, journaliste de la chaîne CBS News, HRC avait répondu du tic au tac, sans réfléchir une fraction de seconde : «Ce sera moi»... Elle n'a jamais imaginé que cette nombriliste ostentation qui lui est si naturelle, se compléterait finalement par : «... qui perdrai»! Dès novembre 2007, elle avait pris pour acquises la perte et l'élimination de l'afro-américain Barack Obama, ce grand rival dont elle s'est constituée, sans la moindre réserve ni la moindre retenue, la plus méprisante ennemie qui soit. Mais, la vieille garde du Star War états-unien ayant échoué, HRC racolera. Elle s'accrochera, parce qu'elle a dans les pattes, un ex-président et frivole conjoint à venger; parce qu'elle a, droit devant elle, son rival et le totem de ses mépris à venger; parce qu'elle a les infidèeles démocrates pro-Barack à venger. La poupée chiffon du vieux Bill, le fin renard du poulailler oval, devra être mise en «garde à vue politique», jusqu'aux tous derniers instants de l'élection du 44e Président des USA, parce que cette «Bombe H» est potentiellement capable de «destruction politique massive».

    Sous le prétexte d'un ralliement des forces partisanes ou sous quelque autre prétexte, Barack Obama et le Parti Démocrate n'ont absolument rien à gagner dans le fait d'associer HRC aux instances présidentielles ou de la loger dans quelque corridor leur donnant accès. En succombant aux charmes de la charmeuse et en s'obligeant d'une entente politique de quelque ordre soit cette entente, Barack Obama courra définitivement à sa perte et devra mettre une croix sur la Maison Blanche. Ce serait là, malheureusement, jouer le jeu de McCain et des transfuges de la crasse politicailleuse ayant loggias à Washington.

    Par ailleurs, Barack Obama doit absolument éviter de tomber dans le panneau des affrontements du releveur de G. W. Bush. Seul, John McCain n'ira pas très loin. Sans Barack Obama, il n'ira nulle part. Donc il jouera du harpon et du crampon. Il s'accroche à Barak Obama. Et, c'est la première action qu'il a prise en «convoquant» son rival à une série de petits sommets truffés de ses manigances guerroyeuses néo-hollywoodiennes. John McCain, ce paravent de l'establishment et dernier de la série des retors «dominators & terminators» de l'extrémiste dominance états-unienne, a absolument besoin de la jambe de Barack Obama et il s'y cramponnera. Si, dès le départ, le futé stratège démocrate met son adversaire au pas et s'en distancie sans compromis, il le sèmera et les brumes de l'indifférence et de l'oubli se chargeront de cet «enfant de Pearl Harbor», fils et petit-fils des amiraux McCain. L'épouvantail républicain devra alors retrancher et retraiter, sans avoir connu les honneurs et le prestige de l'amirauté présidentielle des USA, tout en se rappelant que l'Académie navale d'Annapolis se souvient encore d'un certain John McCain comme d'un indiscipliné, d'un marginal excentrique tout aussi imprévisible qu'incontrôlable et d'une «tête brûlée», comme on l'y surnomme encore.

    Après avoir subi les Bush et Bush, ces Dupont et Dupont des pires duperies, tromperies et fourberies de l'ère des potentats, pour une durée qui fut une infernale éternité, comment les états-uniens pourront-ils aller encore plus bas et se résigner à élire un président dont le physique et le mental ont été traumatisés à tout jamais, portant les séquelles des sévices inqualifiables, des blessures, des humiliations, des tortures, des atrocités et des deux années de confinement solitaire que lui ont fait subir les gardiens des chiourmes, ces sauvages barbares et primitifs cannibales du Viêt Công.

    Par ailleurs, l'accession de Barack Obama à la présidence des USA et sa venue prochaine à la Maison Blanche, par le contingent de pureté lumineuse, de vérité et d'authenticité si prometteuses qui accompagnent l'événement historique, impressionnent et rassurent davantage que ne peuvent nous intéresser le retour prochain sur terre de l'imam Mahdi, la disparition d'Israël et l'éclatement des USA dont le fou d'Allah, l'illuminé iranien Mahmoud Ahmadinejad, fit dernièrement l'annonce, dans la foulée de ses prônes quotidiens.

    En somme, sans le béatifier ni le porter aux nues, Barack Obama est l'homme de l'heure. C'est l'homme orchestre de toutes les harmonisations péri et intra mondialisatrices. Cet homme dont la jeunesse, l'intelligence et la formation, dont l'élégance, la détermination et la sagacité ainsi que la ténacité, la probité et les visées d'humanité réconcilient toutes les errances, convoquent toutes les confiances, rassemblent toutes les résiliences et justifient toutes les espérances.

    Il reste à souhaiter ardemment qu'il ait la sagesse de bien s'entourer et de pertinemment choisir ses guides et conseillers ainsi que ses proches collaborateurs et alliés dont l'intégrité soit leur fort et dont la droiture soit leur force.

    «Meanwhile, I'll certainly keep my fingers crossed! »

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    jeudi 5 juin 2008 07h25
    Hilary n'a pas reconnu la victoire d'Obama; elle a souligné son soutien indéfectible au
    « 52 ième état des USA en l'occurence Israel sans un seul mot de sympatie pour la cause Palestinienne ni de la part de Clinton ni de celle d'Obama.Très décevant cette génuflexion d'Obama devant le puisant lobby Juif des USA,ça augure mal pour l'avenir de cette région troublée de notre planète.
    Obama en a rajouté en menaçant l'Iran de représailles si cet État se procurait l'arme nucléaire comme l'ont fait Israel et de nombreux autres pays dans le monde sans obtenir la bénédiction des USA ou de l'Europe de l'Ouest.
    Le pire des scénarios à venir serait que la vice-présidence soit accordée à Clinton pour ne pas dire le clan Clinton avec Big Bill à l'arrière plan tirant les ficelles.Selon certains médias, Hilary se serait endettée de quelque 20 millions de $ et s'appreterait à tenter de négocier la quittance de cette énorme dette avec le clan Obama. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 5 juin 2008 09h19
    La pot avant les fleurs
    « Elle lui avait déjà lancé le pot pendant la campagne. Logique...les fleurs viennent ensuite. »

  • Monique Joyal-Painchaud
    Inscrite
    jeudi 5 juin 2008 09h38
    Le refinancement hypothécaire
    « Pourquoi la Chambre des Représentants a-t-elle pris autant de temps pour étudier le projet de loi républicain sur le refinancement hypothécaire? Cette Chambre aurait pu aider plus rapidement les créanciers pris dans cette débâcle ingénierée par la Finance.

    Voulait-elle retarder la loi pour aider les créanciers pour avoir un capital politique démocrate? »

  • Monique Joyal-Painchaud
    Inscrite
    jeudi 5 juin 2008 12h26
    Gerry Pagé et l'insanité délirante
    « À vous lire, Monsieur Pagé, mon sang bouillonne d'indignation. Comment pouvez-vous attaquer aussi bassement les gens qui ont fait campagne aux primaires américaines.

    Au bas mot, je vois dans votre texte le mot "sagesse" comme si cette vertu pouvait pousser dans cette abominable descriptiion des personnes et de leur famille que vous venez de faire.

    Je vous mettrais volontiers aux fers. Il faut rester décent et avoir le respect des gens en toutes occasions. Vous pouvez apprécier les gens qui ont fait cette campagne et ne pas tomber dans le matcho dégoutant qui vous caractérise. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 5 juin 2008 13h10
    @ M. Roger Lapointe
    « Vous écrivez : «Très décevant cette génuflexion d'Obama devant le puisant lobby Juif des USA»

    Vous avez raison M. Lapointe. Tous les candidats font génuflexion devant le lobby juif des USA et, en plus petite échelle, au Canada.

    Le seul moyen pour les musulmans de contrer cette réalité là serait de fournir aux caisses électorales des candidats et des partis politiques américains et canadiens...autant. MONEY TALKS ! principalement aux politiciens, toujours avides de fric pour se faire réélire. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    jeudi 5 juin 2008 17h58
    Du Joyal tout craché!
    « Faites des bouillons et indignez-vous ! Ça semble vous aller comme un gant, d'autant plus que vous êtes la seule que ça peut épuiser ! Mais, ce serait moins disgracieux, si vous faisiez vos bulles dans votre bain, la porte close. Par contre et comme je le crois sincèrement, si le corset de votre misandrie dégoûtante vous étouffe, suivez alors un régime. Votre problème m'indiffère totalement. Enfin, avant de vous décider à me mettre aux fers, «rions un peu», il vous faudra avoir autre chose sur les épaules qu'une tête de linotte et une cervelle d'oiselle, ce que nous fait voir votre «petit kleenex» dégueulasse, prenant Le Devoir.com pour une poubelle. Bref, je vous suggère de vous écrire... Vous me semblez être votre seul public.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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