Clinton lance une fleur à Obama
Photo : Agence Reuters
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Signe de rapprochement en vue au sein du Parti démocrate, alors que Hillary Clinton, défaite à la course à l'investiture, a lancé hier quelques fleurs à l'endroit de son rival de campagne, Barack Obama. Une intervention cruciale de la part de la sénatrice new-yorkaise alors que le Parti démocrate, profondément divisé, cherche un colistier à son candidat.
Dans un discours devant le Comité des affaires publiques israélo-américain (AIPAC), le principal lobby pro-israélien aux États-Unis, Hillary Clinton, qui n'avait pas voulu reconnaître officiellement sa défaite la veille, a laissé entendre que le candidat élu ferait un bon président. «Je sais que Barack Obama sera un bon ami d'Israël», a-t-elle dit devant l'AIPAC, à demi-mots, visiblement très émue.
Une des solutions envisagées pour cicatriser les blessures des cinq douloureux mois de campagne des primaires et rassembler la famille démocrate est la création d'un «ticket» Obama-Clinton, la sénatrice de New York étant alors candidate au poste de vice-présidente.
Mardi, la sénatrice de New York avait pourtant laissé croire que rien n'était encore gagné. L'ex-première dame n'avait pas officiellement reconnu sa défaite, préférant s'accorder, selon ses conseillers, quelques jours de réflexion. Dans un discours prononcé devant ses partisans à New York, elle a rappelé qu'environ 18 millions d'électeurs avaient voté pour elle au cours des primaires, à peu près autant que ceux qui ont choisi son rival Barack Obama, et qu'il faudrait en tenir compte.
«Son discours d'hier [mardi] était de bonne guerre. Depuis deux mois, elle a de beaucoup réduit l'avance de Barack Obama. Même si mathématiquement ses chances étaient nulles, elle continuait de remporter des succès électoraux et dans cette mesure, on comprend pourquoi elle a eu envie d'aller jusqu'au bout», analyse Louis Balthazar, président de l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand. Il reconnaît pourtant que, pour Hillary, cette stratégie n'était pas la meilleure. «Cela aurait été le temps de concéder la victoire à son rival. Son discours est de mauvais augure pour la suite des choses.»
C'est maintenant chose faite puisque Hillary Clinton a annoncé hier soir son retrait de la course à la Maison-Blanche et reconnu la victoire du sénateur de l'Illinois dans la bataille pour l'investiture démocrate.
Les propos «positifs» d'hier à l'égard du vainqueur étaient dans son intérêt, croit-il. «Elle a tout à gagner à faire ça. Elle ne peut pas apparaître dans l'histoire comme celle qui aura empêché l'élection de Barack Obama. On pourrait l'accuser d'avoir trahi son parti», avance-t-il.
Hillary colistière?
Candidat presque officiel du Parti démocrate, M. Obama sait qu'il va devoir séduire les électeurs qui lui avaient préféré Mme Clinton, notamment les femmes, les ouvriers, les Hispaniques et les personnes âgées. Ces électeurs ne lui sont pas acquis. Avant la fin des primaires, de nombreux partisans de la sénatrice de New York avaient indiqué qu'ils s'abstiendraient, voire qu'ils voteraient McCain si leur championne ne se qualifiait pas.
«Barack Obama a vraiment besoin de Hillary, car elle amène des votes de toute une classe, notamment la droite des démocrates, ceux qui sont allés vers Reagan à l'époque. Dix-huit millions de votes, c'est pas rien!», soutient Louis Balthazar. «Mais Barack Obama a aussi d'autres atouts pour aller chercher des votes. Il a Bill Richardson, d'origine hispanique, pour avoir le vote des hispanophones et de la classe ouvrière; il a John Edwards, qui est un populiste qui peut mener vigoureusement campagne. Certains disent effectivement que Obama peut s'en sortir sans Mme Clinton», a-t-il nuancé.
Si l'idée d'un «ticket» Obama-Clinton est séduisante, il existe aussi beaucoup d'arguments qui plaident contre cette hypothèse. Les deux candidats ne se sont guère épargnés durant la campagne et M. Obama, qui veut incarner le changement, n'a pas forcément envie de voir revenir Bill Clinton à la Maison-Blanche par la petite porte, faisaient remarquer hier plusieurs journaux américains.
«Il est bien évident que le "dream ticket", c'est Obama et Clinton pour le nombre de votes qu'ils pourraient attirer ensemble», a reconnu Louis Balthazar. «Mais Hillary Clinton comme vice-présidente risque d'être un lourd poids à porter pour M. Obama. Mme Clinton l'a manifesté hier soir et elle ne cesse de démontrer sa fierté, son sentiment d'être appuyée par 18 millions d'électeurs américains. Si elle venait à être vice-présidente, il y aurait une certaine attention sur elle et ce serait malsain. C'est du président dont on doit parler. Le vice-président est un rôle secondaire dans l'exercice du pouvoir. Dick Cheney s'est montré assez influent mais il était beaucoup moins visible. Il ne s'était jamais présenté comme candidat à la présidence», croit l'expert en politique américaine. Devant la place que prend Bill et, de plus en plus, Chelsea Clinton, M. Balthazar estime que Barack Obama pourrait se sentir embarrassé de voir débarquer une «famille entière» à la vice-présidence.
Par ailleurs, le discours d'Hillary mardi, dans lequel elle n'a pas reconnu explicitement la victoire de son rival, aurait diminué ses chances de se voir offrir le poste de candidate à la vice-présidence, pense-t-il. Des conseillers de Mme Clinton souhaitent d'ailleurs qu'elle attende jusqu'à la convention démocrate, qui se réunira à Denver du 25 au 28 août, avant de le faire. «Il y a des gens dans la foule qui criaient "Denver!" pour qu'elle attende. Ça s'est déjà fait. Ted Kennedy l'avait fait lorsqu'il s'était présenté contre Carter en 1980. Il était allé jusqu'à la convention pour présenter son message même s'il savait qu'il était battu», rappelle M. Balthazar.
À la recherche d'un colistier
Hillary ou pas, la course à la présidence est loin d'être terminée pour Barack Obama. Mais même avec une réconciliation Clinton-Obama en vue, le suspense continue de planer autour de l'identité de celui ou celle qui occupera le poste de candidat à la vice-présidence.
Les entourages de M. Obama et Mme Clinton ont démenti que des discussions étaient engagées à quelque niveau que ce soit, mais Washington ne parlerait que de cela.
«Évidemment que [la question de la vice-présidence] est sur la table», a affirmé hier matin sur CNN le directeur de campagne de Mme Clinton, Terry McAuliffe.
Barack Obama aurait chargé trois personnes, dont Caroline Kennedy, de lui proposer des colistiers, a indiqué son équipe de campagne. «Le processus pour choisir un candidat à la vice-présidence est un processus sérieux qui s'engage sérieusement dès maintenant», a expliqué de son côté le directeur de communication de M. Obama, Robert Gibbs.
Le sénateur de l'Illinois a recruté, outre la fille de l'ancien président John F. Kennedy, l'ancien directeur général du Groupe de refinancement hypothécaire Fannie Mae, Jim Johnson, et l'ancien Attorney General (ministre de la Justice), Eric Holder.
Jim Johnson s'était déjà acquitté de cette tâche pour John Kerry en 2004 et Walter Mondale, en 1984.
«Le sénateur Obama est heureux d'avoir trois individus talentueux et dévoués pour gérer ce processus rigoureux. Il travaillera étroitement avec eux dans les semaines à venir mais en dernier lieu, la décision appartiendra à lui seul», a déclaré son porte-parole, Bill Burton.
***
avec l'Agence France-Presse et Reuters
Dans un discours devant le Comité des affaires publiques israélo-américain (AIPAC), le principal lobby pro-israélien aux États-Unis, Hillary Clinton, qui n'avait pas voulu reconnaître officiellement sa défaite la veille, a laissé entendre que le candidat élu ferait un bon président. «Je sais que Barack Obama sera un bon ami d'Israël», a-t-elle dit devant l'AIPAC, à demi-mots, visiblement très émue.
Une des solutions envisagées pour cicatriser les blessures des cinq douloureux mois de campagne des primaires et rassembler la famille démocrate est la création d'un «ticket» Obama-Clinton, la sénatrice de New York étant alors candidate au poste de vice-présidente.
Mardi, la sénatrice de New York avait pourtant laissé croire que rien n'était encore gagné. L'ex-première dame n'avait pas officiellement reconnu sa défaite, préférant s'accorder, selon ses conseillers, quelques jours de réflexion. Dans un discours prononcé devant ses partisans à New York, elle a rappelé qu'environ 18 millions d'électeurs avaient voté pour elle au cours des primaires, à peu près autant que ceux qui ont choisi son rival Barack Obama, et qu'il faudrait en tenir compte.
«Son discours d'hier [mardi] était de bonne guerre. Depuis deux mois, elle a de beaucoup réduit l'avance de Barack Obama. Même si mathématiquement ses chances étaient nulles, elle continuait de remporter des succès électoraux et dans cette mesure, on comprend pourquoi elle a eu envie d'aller jusqu'au bout», analyse Louis Balthazar, président de l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand. Il reconnaît pourtant que, pour Hillary, cette stratégie n'était pas la meilleure. «Cela aurait été le temps de concéder la victoire à son rival. Son discours est de mauvais augure pour la suite des choses.»
C'est maintenant chose faite puisque Hillary Clinton a annoncé hier soir son retrait de la course à la Maison-Blanche et reconnu la victoire du sénateur de l'Illinois dans la bataille pour l'investiture démocrate.
Les propos «positifs» d'hier à l'égard du vainqueur étaient dans son intérêt, croit-il. «Elle a tout à gagner à faire ça. Elle ne peut pas apparaître dans l'histoire comme celle qui aura empêché l'élection de Barack Obama. On pourrait l'accuser d'avoir trahi son parti», avance-t-il.
Hillary colistière?
Candidat presque officiel du Parti démocrate, M. Obama sait qu'il va devoir séduire les électeurs qui lui avaient préféré Mme Clinton, notamment les femmes, les ouvriers, les Hispaniques et les personnes âgées. Ces électeurs ne lui sont pas acquis. Avant la fin des primaires, de nombreux partisans de la sénatrice de New York avaient indiqué qu'ils s'abstiendraient, voire qu'ils voteraient McCain si leur championne ne se qualifiait pas.
«Barack Obama a vraiment besoin de Hillary, car elle amène des votes de toute une classe, notamment la droite des démocrates, ceux qui sont allés vers Reagan à l'époque. Dix-huit millions de votes, c'est pas rien!», soutient Louis Balthazar. «Mais Barack Obama a aussi d'autres atouts pour aller chercher des votes. Il a Bill Richardson, d'origine hispanique, pour avoir le vote des hispanophones et de la classe ouvrière; il a John Edwards, qui est un populiste qui peut mener vigoureusement campagne. Certains disent effectivement que Obama peut s'en sortir sans Mme Clinton», a-t-il nuancé.
Si l'idée d'un «ticket» Obama-Clinton est séduisante, il existe aussi beaucoup d'arguments qui plaident contre cette hypothèse. Les deux candidats ne se sont guère épargnés durant la campagne et M. Obama, qui veut incarner le changement, n'a pas forcément envie de voir revenir Bill Clinton à la Maison-Blanche par la petite porte, faisaient remarquer hier plusieurs journaux américains.
«Il est bien évident que le "dream ticket", c'est Obama et Clinton pour le nombre de votes qu'ils pourraient attirer ensemble», a reconnu Louis Balthazar. «Mais Hillary Clinton comme vice-présidente risque d'être un lourd poids à porter pour M. Obama. Mme Clinton l'a manifesté hier soir et elle ne cesse de démontrer sa fierté, son sentiment d'être appuyée par 18 millions d'électeurs américains. Si elle venait à être vice-présidente, il y aurait une certaine attention sur elle et ce serait malsain. C'est du président dont on doit parler. Le vice-président est un rôle secondaire dans l'exercice du pouvoir. Dick Cheney s'est montré assez influent mais il était beaucoup moins visible. Il ne s'était jamais présenté comme candidat à la présidence», croit l'expert en politique américaine. Devant la place que prend Bill et, de plus en plus, Chelsea Clinton, M. Balthazar estime que Barack Obama pourrait se sentir embarrassé de voir débarquer une «famille entière» à la vice-présidence.
Par ailleurs, le discours d'Hillary mardi, dans lequel elle n'a pas reconnu explicitement la victoire de son rival, aurait diminué ses chances de se voir offrir le poste de candidate à la vice-présidence, pense-t-il. Des conseillers de Mme Clinton souhaitent d'ailleurs qu'elle attende jusqu'à la convention démocrate, qui se réunira à Denver du 25 au 28 août, avant de le faire. «Il y a des gens dans la foule qui criaient "Denver!" pour qu'elle attende. Ça s'est déjà fait. Ted Kennedy l'avait fait lorsqu'il s'était présenté contre Carter en 1980. Il était allé jusqu'à la convention pour présenter son message même s'il savait qu'il était battu», rappelle M. Balthazar.
À la recherche d'un colistier
Hillary ou pas, la course à la présidence est loin d'être terminée pour Barack Obama. Mais même avec une réconciliation Clinton-Obama en vue, le suspense continue de planer autour de l'identité de celui ou celle qui occupera le poste de candidat à la vice-présidence.
Les entourages de M. Obama et Mme Clinton ont démenti que des discussions étaient engagées à quelque niveau que ce soit, mais Washington ne parlerait que de cela.
«Évidemment que [la question de la vice-présidence] est sur la table», a affirmé hier matin sur CNN le directeur de campagne de Mme Clinton, Terry McAuliffe.
Barack Obama aurait chargé trois personnes, dont Caroline Kennedy, de lui proposer des colistiers, a indiqué son équipe de campagne. «Le processus pour choisir un candidat à la vice-présidence est un processus sérieux qui s'engage sérieusement dès maintenant», a expliqué de son côté le directeur de communication de M. Obama, Robert Gibbs.
Le sénateur de l'Illinois a recruté, outre la fille de l'ancien président John F. Kennedy, l'ancien directeur général du Groupe de refinancement hypothécaire Fannie Mae, Jim Johnson, et l'ancien Attorney General (ministre de la Justice), Eric Holder.
Jim Johnson s'était déjà acquitté de cette tâche pour John Kerry en 2004 et Walter Mondale, en 1984.
«Le sénateur Obama est heureux d'avoir trois individus talentueux et dévoués pour gérer ce processus rigoureux. Il travaillera étroitement avec eux dans les semaines à venir mais en dernier lieu, la décision appartiendra à lui seul», a déclaré son porte-parole, Bill Burton.
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avec l'Agence France-Presse et Reuters
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