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Porto Rico - Clinton victorieuse...pour l'honneur

2 juin 2008  États-Unis
Hillary Clinton s’adressant à ses partisans à San Juan, hier, après sa victoire lors de la primaire de Porto Rico
Photo : Agence Reuters
Hillary Clinton s’adressant à ses partisans à San Juan, hier, après sa victoire lors de la primaire de Porto Rico
San Juan, Porto Rico — Hillary Clinton a largement remporté hier la primaire démocrate de Porto Rico et a revendiqué la majorité du vote populaire... mais cette victoire ne devrait pas empêcher son rival Barack Obama, qui a davantage de délégués, d'obtenir l'investiture démocrate.

Selon des résultats portant sur 85 % des bulletins de vote, Mme Clinton a obtenu 68 % des voix contre 32 % pour M. Obama. Selon le gouverneur de l'île, environ 15 % des quelque 2,4 millions d'électeurs auraient participé à cette primaire.

«Vous avez voté pour la personne dont vous croyez qu'elle sera la plus forte des candidats» contre le républicain John McCain, a dit Mme Clinton devant ses partisans à San Juan. «Et vous n'êtes pas seuls, des millions de personnes pensent comme vous», a-t-elle ajouté en revendiquant la majorité du vote populaire depuis le début du cycle des primaires, qui s'achève demain.

Elle a estimé que cela constituait un atout pour être désignée comme la candidate des démocrates même si son rival a davantage de délégués.

Un peu plus tôt, dans le Dakota du Sud, M. Obama avait reconnu sa défaite à Porto Rico et a affirmé que Mme Clinton serait «d'une grande aide» dans la bataille contre M. McCain en novembre.

Toutefois, en raison du statut particulier de cet île hispanophone des Caraïbes, un État librement associé des États-Unis et non un État à part entière, Porto Rico ne participera pas à l'élection présidentielle en novembre.

Les deux dernières primaires sont prévues demain, dans le Montana et le Dakota du Sud, et M. Obama fait figure de favori pour ces deux consultations.

Les «super délégués» encore indécis ont été invités par les responsables du parti démocrate à se prononcer après les résultats de demain. Selon presque tous les observateurs, M. Obama devrait être en mesure de rassembler sur son nom un nombre suffisant de délégués pour revendiquer l'investiture après les primaires de mardi.

Au nombre d'environ 800, les «super délégués» sont des élus et responsables du parti qui siègent de droit à la convention qui désignera formellement le candidat démocrate fin août. Ils sont libres de leur choix et n'ont de compte à rendre à personne. Selon le site spécialisé indépendant RealClearPolitics, quelque 180 «super délégués» sont toujours indécis.

Il faut 2118 délégués pour obtenir l'investiture. Après la primaire de Porto Rico, M. Obama en comptait 2065 contre 1910 pour Mme Clinton.

Le sénateur de l'Illinois a d'ores et déjà réservé pour demain soir le centre des congrès de Saint-Paul, un immense complexe capable d'accueillir environ 20 000 personnes, pour revendiquer la victoire. C'est ce même Palais des congrès qui abritera début septembre la convention républicaine.

Mais il n'est pas certain que Mme Clinton concède rapidement sa défaite.

La sénatrice de New York et son équipe estiment qu'elle terminera la saison des primaires avec le plus grand nombre de voix et que c'est une raison suffisante pour la choisir comme candidate. Elle espère ainsi convaincre des «super délégués» de la soutenir. Harold Ickes, un de ses proches conseillers, n'a pas exclu hier que la question de l'investiture se règle à l'occasion de la convention démocrate prévue fin août à Denver.

M. Ickes a comparé implicitement M. Obama à George McGovern le candidat démocrate de 1972 qui fut écrasé par le républicain Richard Nixon. M. McGovern n'avait remporté que le Massachusetts et la ville de Washington laissant tous les autres États au candidat républicain.

«La dernière fois que les démocrates ont choisi le candidat qui n'avait pas remporté le vote populaire à l'issue des primaires, c'était en 1972», a dit M. Ickes laissant entendre que choisir M. Obama comme candidat serait une erreur gravissime pour les démocrates.

Floride et Michigan

Le Parti démocrate a par ailleurs annoncé samedi que sa commission des règlements était parvenue à régler le cas des primaires de Floride et du Michigan, États sanctionnés pour avoir avancé sans autorisation la date de ces consultations et dont les délégués n'avaient jusqu'alors pas été comptabilisés.

S'agissant du Michigan, le Comité national démocrate a accepté la solution de compromis consistant à accorder 69 délégués à Hillary Clinton et 59 à Barack Obama. Chaque délégué de cet État détiendra un demi-vote lors de la Convention de Denver cet été.

Le Comité a également accepté de répartir les délégués de l'État de Floride en fonction des résultats des primaires de janvier, soit 105 délégués pour la sénatrice de New York et 67 pour son rival de l'Illinois. Chaque délégué ne se verra toutefois accorder qu'un demi-vote, en guise de pénalité.

Le camp Clinton s'est surtout montré furieux du règlement du Michigan. «Cette décision viole les principes fondateurs de notre démocratie et notre parti», a dénoncé l'équipe de campagne de Hillary Clinton.
Hillary Clinton s’adressant à ses partisans à San Juan, hier, après sa victoire lors de la primaire de Porto Rico Barack Obama en campagne hier dans le Dakota du Sud, où se déroulera demain l’une des deux dernières primaires démocrates.
 






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