Al-Qaïda est presque défait en Irak et se trouve sur la défensive, assure la CIA
31 mai 2008
États-Unis
Photo : Agence Reuters
Le réseau d’Oussama ben Laden serait déstabilisé, même dans son sanctuaire à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan.
Washington — Les États-Unis ont assuré hier que al-Qaïda a été largement défait en Irak et en Arabie saoudite et se trouve globalement sur la défensive, y compris à la frontière afghano-pakistanaise.
«L'un dans l'autre, on s'en sort pas mal», a affirmé le directeur de la CIA, Michael Hayden, dans un entretien au Washington Post, tout en soulignant que al-Qaïda restait une menace sérieuse.
Ce constat est un des plus optimistes des responsables américains depuis les attentats du 11-Septembre et reflète un net changement de ton, moins d'un an après des avertissements des services de renseignement américains sur des menaces d'attaques et de complots d'al-Qaïda contre des pays occidentaux.
Un rapport de la CIA assurait notamment en août que al-Qaïda s'était regroupé à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan et restait déterminé à attaquer à nouveau les États-Unis.
Les experts toutefois estiment que les repaires d'al-Qaïda au Pakistan, loin de diminuer, ont au contraire augmenté ces derniers mois. «L'administration veut absolument donner une image de réussite, particulièrement à l'approche» de la fin du mandat de George W. Bush à la Maison-Blanche, juge Bruce Riedel, longtemps analyste à la CIA avant de faire partie de la Brookings Institution. «Donc, je ne suis pas surpris de voir les efforts entrepris pour présenter [ce point de vue] de la manière la plus optimiste», ajoute-t-il, le qualifiant de «voeu pieux».
Surprise
Dans l'entretien, le patron de la CIA a cité comme réussites «la quasi-défaite stratégique d'al-Qaïda en Irak. La quasi-défaite stratégique d'al-Qaïda en Arabie saoudite. Des revers significatifs pour al-Qaïda à l'échelle mondiale — et ici je veux utiliser le mot "idéologiquement" — du fait qu'un peu partout dans le monde islamique on repousse leur forme de l'islam».
Pour Tom Sanderson, expert en terrorisme au Center for Strategic and International Studies, Michael Hayden pourrait s'appuyer, pour faire état d'un affaiblissement du leadership d'al-Qaïda, sur des preuves non divulguées. «Néanmoins», dit-il, ces déclarations contrastant avec celles de l'an dernier «ont pris par surprise beaucoup de gens, y compris ceux qui suivent la situation de près».
Selon M. Hayden, des progrès ont été réalisés contre al-Qaïda grâce aux opérations menées depuis janvier par les services de renseignement américains qui utilisent notamment des drones.
«La capacité de tuer et de capturer des membres clés d'al-Qaïda est toujours là et cela les déstabilise, y compris dans leur repaire le plus sûr, le long de la frontière qui sépare l'Afghanistan du Pakistan», a souligné Michael Hayden.
Parlant des progrès réalisés en Irak, M. Hayden a également accusé l'Iran d'ingérence croissante dans ce pays. «C'est la politique du gouvernement iranien, approuvée au plus haut niveau de ce gouvernement, de faciliter le meurtre d'Américains et d'autres membres des forces de la coalition en Irak. Un point c'est tout», a-t-il dit.
Bruce Riedel, tout en reconnaissant que des coups sérieux ont été portés à al-Qaïda en Irak et en Arabie saoudite, estime qu'il existe un danger à «glisser sur certains des remarquables points forts d'al-Qaïda». «Les sanctuaires qu'ils ont développés au Pakistan ces deux ou trois dernières années vont en augmentant, pas en diminuant», estime-t-il, «et c'est la chose la plus importante pour al-Qaïda».
«La plupart des services de renseignement européens considèrent encore al-Qaïda comme la menace numéro un en Europe occidentale», relève-t-il.
Selon lui, les États-Unis devraient être particulièrement vigilants durant la période électorale américaine. «C'est un moment où il faut être dans un état d'alerte maximum en ce qui concerne les activités d'al-Qaïda, violentes ou non», souligne-t-il.
«L'un dans l'autre, on s'en sort pas mal», a affirmé le directeur de la CIA, Michael Hayden, dans un entretien au Washington Post, tout en soulignant que al-Qaïda restait une menace sérieuse.
Ce constat est un des plus optimistes des responsables américains depuis les attentats du 11-Septembre et reflète un net changement de ton, moins d'un an après des avertissements des services de renseignement américains sur des menaces d'attaques et de complots d'al-Qaïda contre des pays occidentaux.
Un rapport de la CIA assurait notamment en août que al-Qaïda s'était regroupé à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan et restait déterminé à attaquer à nouveau les États-Unis.
Les experts toutefois estiment que les repaires d'al-Qaïda au Pakistan, loin de diminuer, ont au contraire augmenté ces derniers mois. «L'administration veut absolument donner une image de réussite, particulièrement à l'approche» de la fin du mandat de George W. Bush à la Maison-Blanche, juge Bruce Riedel, longtemps analyste à la CIA avant de faire partie de la Brookings Institution. «Donc, je ne suis pas surpris de voir les efforts entrepris pour présenter [ce point de vue] de la manière la plus optimiste», ajoute-t-il, le qualifiant de «voeu pieux».
Surprise
Dans l'entretien, le patron de la CIA a cité comme réussites «la quasi-défaite stratégique d'al-Qaïda en Irak. La quasi-défaite stratégique d'al-Qaïda en Arabie saoudite. Des revers significatifs pour al-Qaïda à l'échelle mondiale — et ici je veux utiliser le mot "idéologiquement" — du fait qu'un peu partout dans le monde islamique on repousse leur forme de l'islam».
Pour Tom Sanderson, expert en terrorisme au Center for Strategic and International Studies, Michael Hayden pourrait s'appuyer, pour faire état d'un affaiblissement du leadership d'al-Qaïda, sur des preuves non divulguées. «Néanmoins», dit-il, ces déclarations contrastant avec celles de l'an dernier «ont pris par surprise beaucoup de gens, y compris ceux qui suivent la situation de près».
Selon M. Hayden, des progrès ont été réalisés contre al-Qaïda grâce aux opérations menées depuis janvier par les services de renseignement américains qui utilisent notamment des drones.
«La capacité de tuer et de capturer des membres clés d'al-Qaïda est toujours là et cela les déstabilise, y compris dans leur repaire le plus sûr, le long de la frontière qui sépare l'Afghanistan du Pakistan», a souligné Michael Hayden.
Parlant des progrès réalisés en Irak, M. Hayden a également accusé l'Iran d'ingérence croissante dans ce pays. «C'est la politique du gouvernement iranien, approuvée au plus haut niveau de ce gouvernement, de faciliter le meurtre d'Américains et d'autres membres des forces de la coalition en Irak. Un point c'est tout», a-t-il dit.
Bruce Riedel, tout en reconnaissant que des coups sérieux ont été portés à al-Qaïda en Irak et en Arabie saoudite, estime qu'il existe un danger à «glisser sur certains des remarquables points forts d'al-Qaïda». «Les sanctuaires qu'ils ont développés au Pakistan ces deux ou trois dernières années vont en augmentant, pas en diminuant», estime-t-il, «et c'est la chose la plus importante pour al-Qaïda».
«La plupart des services de renseignement européens considèrent encore al-Qaïda comme la menace numéro un en Europe occidentale», relève-t-il.
Selon lui, les États-Unis devraient être particulièrement vigilants durant la période électorale américaine. «C'est un moment où il faut être dans un état d'alerte maximum en ce qui concerne les activités d'al-Qaïda, violentes ou non», souligne-t-il.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

