Obama battrait McCain par dix points
Photo : Agence Reuters
Barack Obama prononçant un discours hier à Tampa, en Floride, au lendemain de sa victoire en Oregon.
À moins de deux semaines des ultimes primaires démocrates, qui se tiendront le 3 juin au Montana et dans le Dakota du Sud, un nouveau sondage Reuters-Zogby indique que le sénateur Barack Obama dispose d'une avance sans précédent de dix points de pourcentage (47 contre 37 %) sur le candidat républicain John McCain dans les intentions de vote en vue de la présidentielle. Un avantage auquel n'est pas entièrement étranger l'effet de nuisance que représente pour M. McCain l'entrée en scène du libertarien Bob Barr, un républicain dissident fort populaire parmi les ultraconservateurs.
M. Obama est à deux doigts de décrocher l'investiture démocrate. À l'issue de sa victoire de mardi dans l'Oregon, et malgré sa lourde défaite aux mains de sa rivale Hillary Clinton dans le Kentucky, le sénateur de l'Illinois a maintenant l'appui d'une majorité absolue des délégués qui ont été élus depuis le début, en janvier, des primaires et caucus. Ne lui manque plus que l'appui de 69 délégués et «superdélégués» (des personnalités du parti et des élus qui auront droit de vote automatique à la convention du parti, fin août) pour atteindre le chiffre magique des 2026 votes et être officiellement désigné. Mme Clinton accuse un déficit pour ainsi dire insurmontable de 251 voix, selon le décompte du site indépendant RealClear Politics.
On s'attend à ce que Mme Clinton tire sa révérence, au plus tard à la mi-juin, une fois complétée la longue ronde des primaires. Si elle résiste aux pressions croisées de ceux qui voudraient la voir reconnaître tout de suite sa défaite annoncée, c'est qu'elle est d'avis, font valoir ses conseillers, que ses supporteurs accepteront plus facilement de rejoindre le camp d'Obama si elle mène campagne jusqu'au bout, la tête haute.
Le dernier instantané de Zogby, une maison de sondage réputée, conforte cette thèse et infirme celle voulant qu'à s'accrocher ainsi, Mme Clinton divise irrémédiablement le parti en vue de la présidentielle du 4 novembre prochain, pour le plus grand bien de M. McCain. Le fragile cessez-le-feu observé par M. Obama et Mme Clinton depuis quelques semaines dans la dure guerre d'investiture qui les oppose depuis des mois y est sans doute aussi pour quelque chose, notent les observateurs.
Selon Zogby, la candidature de M. Obama a la bénédiction de 79 % des militants démocrates. Que Mme Clinton devienne candidate, d'autre part, et 74 % des militants voteraient pour elle à l'élection présidentielle. Elle aurait toutefois plus de mal qu'Obama, au vu de ce sondage réalisé la semaine dernière, à battre John McCain lors de la présidentielle: Zogby donne à Mme Clinton 41 % des voix à l'échelle nationale contre 40 % au candidat républicain. Ce qui met à mal l'argument maintes fois répété par la sénatrice voulant qu'elle soit la mieux placée pour battre McCain.
Il se trouve en outre que, s'approchant de l'investiture, M. Obama creuse considérablement sa popularité face à Mme Clinton auprès de l'électorat démocrate dans son ensemble (59 % contre 33 %). C'est qu'en matière de philosophie politique, soutient le sondage, la sénatrice est surtout dominante auprès de la frange conservatrice du parti, que l'on appelle les «Reagan democrats». Sa victoire de mardi dans le Kentucky plus conservateur par comparaison à sa défaite dans l'Oregon beaucoup plus libéral l'a illustré.
M. Obama est au contraire apprécié parmi un éventail beaucoup plus large de démocrates, des libéraux plus centristes comme des plus radicalement progressistes. Ses forces géographiques sont l'est, l'ouest et le sud des États-Unis. Qui plus est, il est nettement plus populaire que M. McCain, avec une avance de 16 points de pourcentage, parmi les électeurs indépendants — sans appartenance partisane.
Chacun son Ralph Nader...
Le sondage donne du reste à penser que le libertarien Bob Barr pourrait causer de «sérieux dommages» à McCain en lui soustrayant des appuis, cruciaux pour les républicains, parmi les électeurs dits «très conservateurs». Selon Zogby, M. Barr aurait l'appui de 10 % de ces ultras. Membre du Congrès de 1995 à 2003, Bob Barr fut l'un des chefs de file de la procédure de destitution lancée contre l'ex-président Bill Clinton en rapport avec le «Monicagate». Élu président, il mettrait fin au financement par l'État de la scolarité des enfants d'immigrants illégaux et fermerait les bases militaires américaines à l'étranger. Sa candidature à la présidence doit être confirmée cette semaine au congrès du Parti libertarien, à Denver.
Chacun son Ralph Nader... Ce dernier, activiste de gauche bien connu, est toujours haï dans les rangs démocrates pour avoir gravement nui, à titre de candidat présidentiel des verts en 2000, aux chances d'Al Gore de l'emporter contre George W. Bush. Pas sûr, avance le dernier Zogby, que M. Nader, qui se présente cette fois-ci comme indépendant, sera aussi nuisible à M. Obama que ne risque de l'être Bob Barr à John McCain.
Le succès du sénateur Obama est également financier. Il a récolté 30,7 millions en avril, selon les chiffres rendus publics hier par la Commission électorale fédérale. Il dispose de 46,6 millions de dollars en réserve et a une dette de deux millions de dollars. La dette de la campagne de Hillary Clinton s'est en revanche accrue pour atteindre 19,5 millions, dont dix millions qu'elle a puisés dans sa cagnotte personnelle. Elle a levé 21 millions de dollars en avril.
Mme Clinton n'est évidemment pas sans amertume. Le New York Times rapportait hier qu'elle s'était plainte lors de conversations privées et d'interviews que le sexisme avait porté préjudice à sa campagne. De passage hier en Floride, elle a par ailleurs continué d'enfoncer le clou des primaires qu'elle a remportées en Floride et au Michigan, réclamant que leurs résultats, invalidés par le parti, soient pris en considération au congrès de Denver. L'épineuse question sera soumise le 31 mai prochain à une trentaine de responsables du parti, formant la commission des règlements. Beaucoup s'attendent à ce que la commission se sépare sans trancher, préférant laisser la décision à un organisme qui sera formé après la fin des primaires trois jours plus tard.
M. Obama est à deux doigts de décrocher l'investiture démocrate. À l'issue de sa victoire de mardi dans l'Oregon, et malgré sa lourde défaite aux mains de sa rivale Hillary Clinton dans le Kentucky, le sénateur de l'Illinois a maintenant l'appui d'une majorité absolue des délégués qui ont été élus depuis le début, en janvier, des primaires et caucus. Ne lui manque plus que l'appui de 69 délégués et «superdélégués» (des personnalités du parti et des élus qui auront droit de vote automatique à la convention du parti, fin août) pour atteindre le chiffre magique des 2026 votes et être officiellement désigné. Mme Clinton accuse un déficit pour ainsi dire insurmontable de 251 voix, selon le décompte du site indépendant RealClear Politics.
On s'attend à ce que Mme Clinton tire sa révérence, au plus tard à la mi-juin, une fois complétée la longue ronde des primaires. Si elle résiste aux pressions croisées de ceux qui voudraient la voir reconnaître tout de suite sa défaite annoncée, c'est qu'elle est d'avis, font valoir ses conseillers, que ses supporteurs accepteront plus facilement de rejoindre le camp d'Obama si elle mène campagne jusqu'au bout, la tête haute.
Le dernier instantané de Zogby, une maison de sondage réputée, conforte cette thèse et infirme celle voulant qu'à s'accrocher ainsi, Mme Clinton divise irrémédiablement le parti en vue de la présidentielle du 4 novembre prochain, pour le plus grand bien de M. McCain. Le fragile cessez-le-feu observé par M. Obama et Mme Clinton depuis quelques semaines dans la dure guerre d'investiture qui les oppose depuis des mois y est sans doute aussi pour quelque chose, notent les observateurs.
Selon Zogby, la candidature de M. Obama a la bénédiction de 79 % des militants démocrates. Que Mme Clinton devienne candidate, d'autre part, et 74 % des militants voteraient pour elle à l'élection présidentielle. Elle aurait toutefois plus de mal qu'Obama, au vu de ce sondage réalisé la semaine dernière, à battre John McCain lors de la présidentielle: Zogby donne à Mme Clinton 41 % des voix à l'échelle nationale contre 40 % au candidat républicain. Ce qui met à mal l'argument maintes fois répété par la sénatrice voulant qu'elle soit la mieux placée pour battre McCain.
Il se trouve en outre que, s'approchant de l'investiture, M. Obama creuse considérablement sa popularité face à Mme Clinton auprès de l'électorat démocrate dans son ensemble (59 % contre 33 %). C'est qu'en matière de philosophie politique, soutient le sondage, la sénatrice est surtout dominante auprès de la frange conservatrice du parti, que l'on appelle les «Reagan democrats». Sa victoire de mardi dans le Kentucky plus conservateur par comparaison à sa défaite dans l'Oregon beaucoup plus libéral l'a illustré.
M. Obama est au contraire apprécié parmi un éventail beaucoup plus large de démocrates, des libéraux plus centristes comme des plus radicalement progressistes. Ses forces géographiques sont l'est, l'ouest et le sud des États-Unis. Qui plus est, il est nettement plus populaire que M. McCain, avec une avance de 16 points de pourcentage, parmi les électeurs indépendants — sans appartenance partisane.
Chacun son Ralph Nader...
Le sondage donne du reste à penser que le libertarien Bob Barr pourrait causer de «sérieux dommages» à McCain en lui soustrayant des appuis, cruciaux pour les républicains, parmi les électeurs dits «très conservateurs». Selon Zogby, M. Barr aurait l'appui de 10 % de ces ultras. Membre du Congrès de 1995 à 2003, Bob Barr fut l'un des chefs de file de la procédure de destitution lancée contre l'ex-président Bill Clinton en rapport avec le «Monicagate». Élu président, il mettrait fin au financement par l'État de la scolarité des enfants d'immigrants illégaux et fermerait les bases militaires américaines à l'étranger. Sa candidature à la présidence doit être confirmée cette semaine au congrès du Parti libertarien, à Denver.
Chacun son Ralph Nader... Ce dernier, activiste de gauche bien connu, est toujours haï dans les rangs démocrates pour avoir gravement nui, à titre de candidat présidentiel des verts en 2000, aux chances d'Al Gore de l'emporter contre George W. Bush. Pas sûr, avance le dernier Zogby, que M. Nader, qui se présente cette fois-ci comme indépendant, sera aussi nuisible à M. Obama que ne risque de l'être Bob Barr à John McCain.
Le succès du sénateur Obama est également financier. Il a récolté 30,7 millions en avril, selon les chiffres rendus publics hier par la Commission électorale fédérale. Il dispose de 46,6 millions de dollars en réserve et a une dette de deux millions de dollars. La dette de la campagne de Hillary Clinton s'est en revanche accrue pour atteindre 19,5 millions, dont dix millions qu'elle a puisés dans sa cagnotte personnelle. Elle a levé 21 millions de dollars en avril.
Mme Clinton n'est évidemment pas sans amertume. Le New York Times rapportait hier qu'elle s'était plainte lors de conversations privées et d'interviews que le sexisme avait porté préjudice à sa campagne. De passage hier en Floride, elle a par ailleurs continué d'enfoncer le clou des primaires qu'elle a remportées en Floride et au Michigan, réclamant que leurs résultats, invalidés par le parti, soient pris en considération au congrès de Denver. L'épineuse question sera soumise le 31 mai prochain à une trentaine de responsables du parti, formant la commission des règlements. Beaucoup s'attendent à ce que la commission se sépare sans trancher, préférant laisser la décision à un organisme qui sera formé après la fin des primaires trois jours plus tard.
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