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Course à l'investiture démocrate - Pressions sur Hillary

Guy Taillefer   8 mai 2008  États-Unis
Les pressions se font de plus en plus vives sur la sénatrice Hillary Clinton afin qu'elle se retire de la course à l'investiture démocrate, après sa lourde défaite de mardi en Caroline du Nord aux mains de Barack Obama et sa très courte victoire en Indiana. Ne cédant rien, elle a redit hier à Shepherdstown, en Virginie occidentale, où se tiendra mardi prochain une primaire où elle est favorite, qu'elle restait en lice.

À peu près tous les experts politiques des États-Unis s'affichant dans les grands médias ont eu tendance hier à conclure à un excès de ténacité de la part de la sénatrice, tant il devient évident que l'avance en délégués dont dispose le sénateur Obama devrait logiquement lui donner l'investiture et faire pencher les superdélégués en sa faveur. «Elle est cuite», titrait cruellement le New York Post. «Cette course à l'investiture est terminée», a dit de son côté George Stephanopoulos, de l'émission Good Morning America. «La campagne peut continuer, mais la bataille est terminée: Obama est le candidat démocrate à la présidence», a affirmé au New York Times Robert Shrum, stratège démocrate qui fut proche conseiller électoral d'Al Gore et de John Kerry. «La décision maintenant pour elle est de savoir comment elle veut y mettre fin.»

L'ex-première dame a subi un coup dur symbolique, hier, avec le revirement de l'ancien sénateur George McGovern, candidat à la présidence en 1972 et ami proche du couple Clinton, qui a appelé Hillary à se retirer de la course. La semaine dernière déjà, Joe Andrew, un superdélégué, avait changé de camp pour soutenir Obama.

Pendant ce temps, Obama s'est offert hier une journée de congé après des succès qui «dégagent le chemin vers la Maison-Blanche». La plupart des médias américains ont noté que le discours de M. Obama, mardi soir à Raleigh devant ses partisans, avait les accents d'un discours prononcé en général par un candidat qui vient de recevoir officiellement l'investiture.

Dans un appel conférence avec des reporters hier matin, des hauts responsables de la campagne Clinton ont reconnu que dans le meilleur des cas, la candidate conserverait un retard d'une centaine de délégués sur Obama à l'issue de la longue saison des primaires qui prend fin début juin. Ce qui confirme que pour obtenir l'investiture, le camp Clinton sait devoir gagner la course aux quelque 800 superdélégués, bonzes du parti avec droit de vote automatique au congrès d'août prochain. Le tiers environ n'a pas encore pris parti. Les autres se divisent à peu près moitié moitié entre les deux candidats.

Il n'est pas sûr que Mme Clinton ait encore les moyens de ses ambitions. Face aux prouesses financières de Barack Obama, elle manque d'argent. Après avoir consenti en février un prêt sur ses fonds personnels de cinq millions, elle a dû de nouveau mettre la main à la poche en avril à hauteur de 6,4 millions pour maintenir à flot sa campagne, a indiqué hier son équipe. Sa performance déprimante en Caroline du Nord et en Indiana, qui étaient les deux derniers grands États à tenir des primaires, risque de refroidir les donateurs à son égard.

Les primaires de mardi comprises, Barack Obama compte maintenant 1840 délégués contre 1684 pour Hillary Clinton, selon le décompte de l'Associated Press. Obama est à moins de 200 délégués de la majorité nécessaire des 2025 voix. Il ne reste que 217 délégués en jeu dans les six dernières primaires, si bien qu'il est mathématiquement très improbable que ce dernier atteigne la majorité. La chasse aux superdélégués est donc aussi la sienne. Il a reçu quatre nouveaux appuis hier.

S'ajoute à cette dynamique l'impatience manifeste de la direction du parti, qui craint qu'à force de continuer de se battre entre eux, les démocrates ne donnent au républicain John McCain la présidence sur un plateau. «On sent que le parti est impatient de régler cela et de passer à autre chose», a estimé David Axelrod, principal stratège de la campagne d'Obama. «Il ne fait pas de doute que la ligne d'arrivée est en vue.»

***

Avec l'Associated Press et l'Agence France-Presse






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  • pierre minville
    Inscrit
    jeudi 8 mai 2008 08h34
    Pressions sur Hillary
    « Plus de onze millions d'argents personnels investis dans une cause en somme perdante. Pour assouvir une soif de pouvoir hors du commun? Ou power trip remboursable soit par le parti démocrate et/ou les lois américaines sur les remboursements de frais électoraux? »

  • François Caron
    Abonné
    jeudi 8 mai 2008 12h22
    Les USofA vers une nouvelle Guerre Civile ?
    « Les USofA vers une nouvelle Guerre Civile ?

    Vu les divisions qui se mainfestent dans l'électorat en constatant les résultats des sondages/curetages de l'opinion publique amerloque depuis le début des primaires, la dépossession programmée d'un instrument de pouvoir inespéré pour les Noirs et le reste des déshérités américains sous la forme d'un candidat à la présidence Noir ne peut mener qu'à des effusions violentes de ces couches délaissées par la factice prospérité exclusivement blanche et anglo-saxonne arrogante et fantasque de cette frange "republican" de la société états-unienne.

    À moins que le lent processus de désensibilisation sociale amorçé depuis 1946 par le biais de la pauvreté informationnelle de la TV amerloque n'ait enfin réussi à anesthésier la fibre violente pour soi de la société amerloque en général, l'éloignant du spectre d'une guerre civile larvée ou en plein jour, ruineuse et inutilement traumatisante de toutes façons.

    Mais il ne faudrait pas se surprendre que les 250-et-que'ques millions d'armes personnelles en circulation dans ce pays ne se retournent contre leurs porteurs...

    Et vous me direz que la dynamique de guerre civile larvée existe déjà dans les ghettos noirs et latinos, étant donné la guerre à l'opulence Blanche que ceux-ci mènent par l'entremise du trafic de drogue, que je ne vous contredirai pas.

    À quoi servira donc un passeport biométrique dernier cri si on ne peut plus aller dans un pays inhospitalier en guerre contre lui-même ??? »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 8 mai 2008 16h31
    Négociations
    « Hillary Clinton ne lâchera que lorsqu'elle sera certaine d'avoir une force de négociation qui assurera son avenir politique. De toute façon, quitterait-elle la course maintenant que les éditoriaux changeraient totalement de discours. Ils ne le diraient pas ouvertement, orgueil oblique, mais laisseraient entendre qu'elle est une lâcheuse, sinon une lâche. Ainsi va l'objectivité des grands et petits médias.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

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