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Il est minuit moins cinq, Mme Clinton

Guy Taillefer   7 mai 2008  États-Unis
Barack Obama et son épouse, Michelle, menant campagne hier à Raleigh, en Caroline du Nord, où le sénateur de l’Illinois a remporté la primaire démocrate de façon décisive.
Photo : Agence France-Presse
Barack Obama et son épouse, Michelle, menant campagne hier à Raleigh, en Caroline du Nord, où le sénateur de l’Illinois a remporté la primaire démocrate de façon décisive.
La sénatrice Hillary Clinton va-t-elle pouvoir s'accrocher encore longtemps? Se tenaient hier les deux dernières grandes primaires démocrates dans la course à l'investiture présidentielle du parti. Rebondissant après des semaines difficiles, le sénateur Barack Obama a remporté une victoire décisive en Caroline du Nord, par une marge de 14 points, pendant que Mme Clinton était créditée au mieux, au moment de mettre sous presse, d'un gain très étriqué en Indiana, insuffisant pour arracher à son rival son statut de meneur.

Le duel a galvanisé les électeurs dans les deux États, qui sont allés voter massivement hier. En Indiana, une participation record s'annonçait avant même l'ouverture des bureaux de vote: près d'un demi-million de personnes avaient déjà voté par procuration ou par anticipation lundi, soit plus de la moitié du nombre total des électeurs lors de la primaire de 2004.

Son éclatante victoire en Caroline du Nord et la lutte extrêmement serrée en Indiana font faire à M. Obama un pas important vers l'investiture et rendent son avance quasi insurmontable au chapitre des délégués contre la sénatrice de New York. Mme Clinton, qui a clairement affiché sa détermination à poursuivre la bataille, a pris la parole hier soir à Indianapolis, M. Obama à Raleigh où, dans un discours triomphant, il appelé à l'unité du parti et attaqué les positions du candidat républicain John McCain.

«Oui, des deux côtés, certains se sont sentis blessés, oui, chaque camp veut désespérément la victoire de son candidat», a-t-il dit, avant de lancer un appel à l'unité des démocrates «parce que nous sommes tous d'accord [...] qu'on ne peut pas se permettre de donner à John McCain la chance de remplir le troisième mandat de la présidence Bush.»

Les yeux auront surtout été tournés hier soir vers l'Indiana. Pour survivre politiquement, l'ancienne première dame des États-Unis avait besoin de gagner au moins dans cet État. Avec 91 % des voix dépouillés, elle menait par seulement 51 % contre 49 %, alors que les résultats provenant de districts pro-Obama tardaient à être dévoilés. Si elle demeure à la traîne face à Obama, — qui l'a emporté par 57 % contre 43 % en Caroline du Nord — pour ce qui est du nombre des délégués qui choisiront le candidat démocrate lors de la convention du parti en août, sa victoire en Pennsylvanie, il y a deux semaines, a revigoré sa campagne. «Nous continuons à pleine vitesse vers la Maison-Blanche», a-t-elle déclaré hier soir.

Pour Barack Obama, qui était donné favori en Caroline du Nord par la grâce de l'important électorat noir, les résultats de l'Indiana allaient mesurer les séquelles de la polémique qui a éclaté autour des déclarations incendiaires de son ancien pasteur, Jeremiah Wright (à savoir, notamment, que le 11-Septembre était le résultat de la politique étrangère américaine). Ces déclarations ont refroidi une partie de l'électorat blanc de classe moyenne à l'égard de M. Obama, qui a besoin de son appui pour gagner la présidentielle de novembre face à McCain.

Devant la courte défaite présumée de M. Obama en Indiana, où la part de l'électorat formée par les cols bleus de race blanche a du poids, Mme Clinton allait continuer de soutenir que l'incapacité de son rival à l'emporter dans des États clés augure une défaite à la présidentielle s'il obtient l'investiture.

À l'issue de ces deux primaires, disaient cependant hier soir à chaud des analystes, il devient plus difficile pour Mme Clinton d'affirmer que son rival n'est pas «présidentiable». En Caroline du Nord, il aurait remporté 91% du vote noir, mais aussi plus du tiers du vote blanc, selon les enquêtes de sortie des urnes de CNN. En Indiana, 45 % de ceux qu'on appelle les «white Reagan Democrats» auraient voté pour lui, contre 55 % pour Mme Clinton.

Un total de 218 délégués étaient en jeu dans les deux scrutins, 84 en Indiana, 134 en Caroline du Nord. Avant les deux primaires d'hier, Barack Obama était en tête avec 1745 délégués contre 1608 pour Clinton, selon le décompte de l'Associated Press, et l'avait emporté dans 30 États contre 18 pour sa rivale. Chose à peu près certaine, ni l'un ni l'autre ne pourra atteindre les 2025 délégués requis pour s'assurer l'investiture, gracieuseté du complexe système de distribution des délégués à la proportionnelle.

Aussi, que M. Obama passe mal auprès des Blancs de la classe moyenne, a plaidé jusqu'à maintenant le camp Clinton, cela ne peut échapper aux superdélégués, ces 800 bonzes du parti avec droit de vote automatique au congrès d'investiture qui, à terme, devront trancher. L'envers de cet argument tient au risque de démobilisation de l'électorat noir si M. Obama se voyait au final dénier l'investiture par les superdélégués malgré son avantage quant au nombre des délégués élus pendant les primaires. Il reste maintenant six primaires et caucus à tenir d'ici le 7 juin, d'un poids mathématique secondaire. La prochaine a lieu mardi prochain en Virginie occidentale: sa démographie démocrate favorise la candidate Clinton, qui peine par ailleurs de plus en plus à financer sa campagne.

Primaire ouverte

La primaire de l'Indiana avait du reste ceci de particulier qu'elle était ouverte à tous les électeurs, quelle que soit leur affiliation politique. Le quotidien local Indy Star a d'ailleurs constaté une forte participation dans des bureaux de vote traditionnellement très républicains.

Ainsi, on s'attendait à ce que beaucoup d'électeurs républicains aillent voter dans l'espoir que leur choix soit ultimement utile à l'élection de M. McCain. Le polémiste ultraconservateur Rush Limbaugh, dont les chroniques sont diffusées sur de nombreuses radios, a appelé les républicains à voter pour Hillary Clinton afin de prolonger le combat dans le camp démocrate. Il a baptisé cette initiative «opération Chaos». «Allez voter en masse. Votez pour Mme Clinton», a-t-il dit à ses auditeurs.

Hier soir à Indianapolis, Mme Clinton a par ailleurs continué de marteler qu'il faudra prendre en compte les primaires du Michigan et de la Floride, qu'elle considère avoir remportées, dans le décompte final des délégués. Il faudra qu'en juin, a-t-elle déclaré, «si ce n'est pas encore fait, on règle le problème de la Floride et du Michigan — ce sont des élections légitimes, des gens se sont déplacés pour voter».

En raison d'un différend de calendrier entre les instances locales et la direction nationale du Parti démocrate, les résultats en Floride et au Michigan n'ont pas été reconnus. Mme Clinton, après avoir fait campagne dans ces deux États malgré les injonctions du parti, veut faire reconnaître ces victoires, bien que M. Obama n'ait pas fait campagne en Floride et que son nom n'ait même pas été inscrit sur les bulletins de vote dans le Michigan.

Si la proposition de Mme Clinton était retenue, il faudrait 2209 délégués pour décrocher l'investiture démocrate. «C'est 2209», a dit Mme Clinton. Sans le Michigan et la Floride, il en faut 2025. Rédacteur en chef politique du site Huffington Post, Thomas Edsall affirme qu'«au moins 50 % des trente membres de la commission des statuts du Parti démocrate étant acquis à Mme Clinton, ses partisans pourraient — quand la commission se réunira, à la fin de ce mois — essayer de faire voter une décision consistant à reconnaître les 210 délégués de la Floride et les 156 délégués du Michigan».

***

Le Devoir

Avec l'Associated Press, l'Agence France-Presse, CNN et The New York Times






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  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 7 mai 2008 11h40
    L'épiphénomène «Hillary la parachutiste».
    « Chez les impurs puristes que sont majoritairement les états-uniens, qui osera dire que Hillary Clinton joue toutes les cartes de la haute bourgeoisie blanche, raciste et «exceptionnellement» populiste, surpiquée d'un populisme qu'elle souhaite rentable et dont elle connaît la très courte durée. Un populisme d'occasion qui, pour la Lady du Sénat, est le dernier étage de l'abaissement et l'obligation des plus souffrantes contorsions opportunistes et des plus affligeantes courbatures électoralistes? Qui osera dire la vérité, toute simple et pourtant si perceptible et si tangible, depuis des lunes?

    Pour une bonne partie de la race états-unienne, à l'identité singulièrement plurielle, UNE FEMME À LA PRÉSIDENCE et surtout la femme qui surf sur les écumes et qui voltige sur les ailerons du commun dénominateur Clinton, ce Clinton devenu internationalement ($$$) populaire ($$$), parce que produit de l'imaginaire hollywoodien qui finit par fabriquer «quelqu'un ou quelqu'une», avec le n'importe quoi de n'importe qui, C'EST UN HILARANT FANTASME. Ils, elles auraient leur Angela Merkel, dans la personne de la «Carla Bruni» de leur sexy Bill, l'ex fumeur des cigares les plus juteux de l'histoire des USA. Si on peut l'appeler ainsi, «la mémoire» de nos sudistes voisins est sourde et aveugle, mais certainement pas muette, quand viennent les moments de la visibilité ultime du «Bureau Ovale» et de l'accessibilité imminente des accointances, des contacts, des familiarités et des commerces tous azimuts dont la Maison de tous les Blanchiments de la Mondialisation se veut la plaque tournante.

    Quant à son fort sympathique adversaire Barack Obama, il représente, au regard de l'histoire, avec une certaine candeur, mais avec beaucoup de classe, la revanche, depuis si longtemps rêvée, par le monde civilisé occidental, et viscéralement justifiée, de l'assassinat du Dr Martin Luther King et celle de l'esclavagisme états-unien dont les apparentes cendres couvrent un feu qui jamais ne s'éteindra et auxquelles cendres Condoleezza Rice semble avoir échappé et échappe encore quotidiennement, dans les mirages naufrageurs et sillages profiteurs des George W. Bush et Dick Cheney, qui lui confient les missions suicides de leurs machiavéliques visées apocalyptiques du pouvoir tout aussi extrême que suprême qui nourrit l'ire de Al Qaeda.

    L'EFFET PERVERS DE LA DIVISION QUE SÈME L'AMBITIEUSE HILLARY DIANE RODHAM DITE «CLINTON» :

    la spécialiste des avocasseries, graduée de Yale dont le «rayon juridique» de la bibliothèque fut le lieu secret d'où le glorieux prédateur Bill eut l'occasion de lire dans ses pensées prometteuses auxquelles il s'est cramponné ;

    la spécialiste des avocasseries reliées au reproches des plus hautes instances judiciaires, en regard de son obstruction systématique dans l'enquête sur la mort du conseiller présidentiel Vince Foster ;

    la spécialiste des avocasseries ficelées au scandale WHITEWATER, scandale qui a obligé la «brillante avocate» à «déposer sous serment devant la justice», le 26 janvier 1996 ;

    la spécialiste des avocasseries attachées serrées aux manigances, aux duperies ainsi qu'aux problèmes légaux auxquels ont donné lieu son «parachutage» dans l'État de New York, pour y être proclamée sénatrice ;

    la spécialiste des avocasseries ligotées aux forces, maintenant reniées, de ses appuis aux scandaleuses et orgiaques guerres d'Afghanistan et d'Irak ainsi qu'à son inconditionnel appui à l'inhumaine tuerie, à l'homicide systématisé qu'est la primitive, barbare et cannibale peine de mort;

    la spécialiste des avocasseries et duperies à partir desquelles sont fabriquées et commercialisées ses larmes hollywoodiennes, ses chaleureuses poignées de mains (gantées) ainsi que la brillantine et les faux-semblants d'un charisme sans vie ;

    L'EFFET PERVERS DE LA DIVISION QUE SÈME À PLEIN RÉGIME ANTIDÉMOCRATIQUE, L'AMBITIEUSE ANTIDÉMOCRATE HILLARY DIANE RODHAM DITE «CLINTON», se résume donc et sans détour, au fait évident que la parachutiste parachutée ne vise que l'élimination du jeune coloré, possiblement inexpérimenté, mais fort sympathique et surtout incorruptible et crédible Barack Obama qui aurait fort probablement accédé à la Maison de tous les éclats de la Blancheur et de la pureté de ses idéaux, ce haut lieu de ses brillants rêves et de ses honnêtes ambitions dont la fraîcheur est des plus vivifiante. Ne s'y serait-il jamais rendu? Que voilà la traduction concrète du TO BE OR NOT TO BE THE PRESIDENT OF THE USA, quand on est métissé ou issu de la communauté noire. La famille King n'en a-t-elle pas une souvenance des plus vive et des plus affligeante?

    Ces faits documentés et affirmations qui n'ont rien de gratuit, ne sont que la pointe de l'Iceberg Clinton, de cette prétentieuse version moderne de la «fille de Germanicus», la seconde Agrippine de l'histoire de l'humanité, cette version moderne issue de la plastie politique états-unienne et qui a toute la pâleur blanchâtre du sépulcre des avanies et indignités de la même politicaillerie états-unienne. Cette torpille divisionniste et douée spécialiste des avocasseries et de la chipoterie galopante, n'aura servi qu'à délibérément préparer l'évacuation de Barack Obama et qu'à soigneusement favoriser la victoire prochaine de John McCain, aux présidentielles de l'automne prochain.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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