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Manipulation médiatique à Washington

Alexandre Shields   21 avril 2008  États-Unis
L'administration du président américain George W. Bush s'est lancée dans une tentative de manipulation de l'opinion publique à grande échelle par l'entremise des experts militaires qui interviennent quotidiennement sur les ondes des grands réseaux de télévision du pays afin de faire passer un message favorable à sa guerre contre le terrorisme. C'est ce qu'a révélé hier le New York Times, au terme d'une vaste enquête.

L'administration républicaine a littéralement recruté plusieurs commentateurs — surtout des hauts gradés retraités des forces armées — sur la base de leur loyauté idéologique, mais aussi en utilisant un puissant levier financier, à savoir les liens que ces analystes entretiennent avec les entreprises militaires impliquées dans les politiques militaires mêmes qu'ils sont chargés d'évaluer à la télévision.

Ces intervenants, qui interviennent régulièrement sur de grandes chaînes, comme Fox News, CNN, NBC, CBS et ABC, pour analyser les guerre d'Irak et d'Afghanistan, représentent en effet quelque 150 entreprises militaires. Ils y travaillent comme lobbyistes, consultants ou membres du conseil d'administration, ce que les téléspectateurs ignorent totalement. Ces sociétés comprennent des poids lourds du secteur, mais aussi une multitude de sous-traitants, qui cherchent tous à obtenir une part des centaines de milliards de dollars de contrats générés par la guerre contre le terrorisme, a précisé le quotidien new-yorkais.

Or, dans cette course aux contrats, l'accès à l'information et aux décideurs gouvernementaux est hautement prisé. Et l'administration Bush a utilisé cette situation pour «transformer les analystes en une sorte de cheval de Troie médiatique, un instrument destiné à façonner le traitement du terrorisme de l'intérieur des grands réseaux de radio et de télévision». Des documents du Pentagone, obtenus par le New York Times, qualifient d'ailleurs ces consultants d'«auxiliaires» chargés de «multiplier la force du message» et de diffuser les «thèmes et messages» de l'administration, en les faisant passer pour «leurs propres opinions».

D'autant plus, estime-t-on dans le texte, que ces militaires à la retraite, souvent des héros de guerre couverts de médailles, jouissent d'une grande crédibilité et d'une aura d'objectivité auprès de l'opinion publique. En fait, dans les mois suivant les attentats du 11-Septembre, le secrétariat de la Défense soulignait déjà la grande influence qu'ils pouvaient avoir dans les foyers américains. Dans son article, intitulé «Derrière les analystes télé, la main cachée du Pentagone», le New York Times a en outre expliqué que le système s'est mis en place tandis que se préparait la guerre en Irak et n'a pas cessé de fonctionner depuis.

Accès privilégié

Les analystes ont ainsi été invités à des centaines de réunions privées avec des dirigeants militaires, ont été emmenés en Irak, ont eu accès à des renseignements confidentiels et ont eu des rencontres avec de hauts responsables de la Maison-Blanche, du département d'État et du département de la Justice, selon le New York Times. En retour, ils sont devenus la caisse de résonance des points de vue de l'administration, même lorsqu'ils soupçonnaient parfois que l'information était fausse ou exagérée. En entrevue au quotidien, certains ont d'ailleurs dit regretter d'avoir participé à cette vaste opération médiatique. D'autres ont nié que leurs interventions puissent avoir été influencées par leurs propres intérêts ou ceux de Washington.

Même si les analystes sont des consultants payés par les télévisions, qui gagnent entre 500 et 1000 dollars par apparition à l'écran, certains ont néanmoins donné au Pentagone des «trucs» pour contourner les télévisions et d'autres l'ont tenu alerté des reportages en préparation, selon le quotidien. «Bon travail», aurait affirmé Thomas McInerney, général à la retraite de l'armée de l'air et analyste pour Fox News, dans une note écrite au Pentagone après avoir reçu un compte rendu d'une réunion, fin 2006. «Nous allons l'utiliser», aurait-il ajouté.

Le New York Times a examiné quelque 8000 pages de messages électroniques, de transcriptions et d'enregistrements décrivant plusieurs années de briefings et de voyages en Irak ou à Guantánamo obtenus par le quotidien après avoir remporté un procès contre le Pentagone. Globalement, ces dossiers révèlent en fait une «relation symbiotique» où la ligne de partage habituelle entre gouvernement et journaliste est brouillée, a d'ailleurs souligné le quotidien dans son édition dominicale.

Un exemple? En juin 2005, plusieurs de ces analystes, essentiellement des militaires retraités, ont pris part à une visite à la prison de Guantánamo Bay, une opération conçue pour les mobiliser afin de contrer l'image de plus en plus négative qu'avait cette base militaire américaine dans l'opinion publique internationale. À bord de l'avion qui les amenait à Cuba — un vol effectué à bord d'un appareil normalement utilisé par le vice-président Dick Cheney —, des responsables de l'administration américaine leur ont clairement fait comprendre quel message ils souhaitaient voir passer dans les grands médias.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. Sur les ondes des radios et des réseaux de télévision, les analystes ont rapidement dénoncé les critiques formulées par plusieurs organisations non gouvernementales, dont Amnesty International. «Les impressions que vous obtenez dans les médias et de plusieurs affirmations formulées par des personnes qui ne se sont pas rendues sur place sont, selon moi, totalement fausses», a ainsi déclaré un général retraité des forces de l'air, Donald W. Shepperd, par téléphone, sur les ondes de CNN. Il intervenait le jour même directement de la prison de Guantánamo Bay.

Le même refrain a été repris dans les jours suivants par d'autres «experts» ayant pris part à la visite guidée. Des transcriptions des propos tenus par les analystes dans les médias ont aussi circulé auprès de personnes bien placées au sein de la Maison-Blanche et du Pentagone. On y soulignait d'ailleurs les progrès obtenus dans la bataille pour conquérir les coeurs et les esprits des Américains.

Interrogé par le journal, le Pentagone a défendu son travail avec ces consultants, en affirmant ne leur avoir toujours fourni que des informations exactes. Pour le porte-parole du Département de la Défense, Bryan Whitman, «l'intention n'est rien d'autre qu'une tentative sérieuse d'informer le peuple américain». Il a ajouté qu'il serait «assez incroyable» de penser que des officiers à la retraite pourraient être utilisés «comme des marionnettes par le département de la Défense».

La publication de cet article très fouillé n'avait pas encore suscité de réactions de la part des candidats aux investitures républicaine et démocrate, au moment de mettre sous presse. Le Devoir n'a également pas constaté de réactions sur les sites des grands réseaux américains sur les ondes desquels les experts militaires visés par le texte interviennent régulièrement. La plupart avaient déjà refusé de commenter les informations obtenues par le New York Times avant la publication de l'article.

Ce n'est pas la première fois que l'administration Bush se retrouve sur la sellette en raison des méthodes utilisées pour justifier sa guerre contre le terrorisme. En janvier dernier, par exemple, une étude publiée par le Center for Public Integrity et intitulée Faux prétextes recensait «au moins 935 fausses déclarations de hauts responsables de l'administration sur la menace que présentait l'Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale».

***

Avec l'Agence France-Presse, Le Monde et le New York Times






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Vos réactions

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  • Patrick Lépine
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 01h02
    Ha! Tiens donc!
    « Le chat sort du sac!

    C'est, par contre, vraiment ennuyeux de constater de tels égarements, que les hommes qui devraient nous apporter un peu de sagesse et de raison, se taisent et font choeur pour des raisons pécuniaires...

    Il serait peut-être temps de commencer à s'occuper de la sauvegarde de l'humanité plutôt que de perpétuer ces vieux schémas obsolètes de "défense de la patrie" en massacrant autrui...

    Je ne dis pas que l'armée n'a que des problèmes, loin de là, en fait l'instruction militaire est souvent beaucoup plus efficace que celle du secteur public en général. Mais l'ennemi, s'il en est un, a changé, il ne s'agit plus de lutter contre des hommes, mais de lutter "pour" l'homme, son développement durable, son émancipation, et surtout, plus que tout, sa préservation... »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 01h19
    Je veux pas être cynique, mais il faut dire que c'est un cas parmi tant d'autres
    « Les médias prennent plaisir à démoniser tel ou tel opposant afin de pavé le terrain pour une guerre. Ils aiment bien spinné une nouvelle traffiquée pour que le bon peuple approuve des mesures tout à fait débile.

    Après avoir lu cet article, je me rend compte que mes soupçons à propos de l'histoire officielle du 11 septembre 2001 sont probablement fondés......


    Ça existe encore de l'information? Je ne suis pas certain, comme disait Falardeau dans son Elvis Gratton 3, ils font pas de l'information, mais de la FORMATION. C'est à dire qu'on joue dans votre cerveau pour mieux vous manipuler, bref on fait de grande campagne de relation publique..... C'est comme l'histoire du réchauffement climatique causé par l'homme, l'histoire ne tiens pas, aucune preuve n'a jamais été apportée à propos de l'implication de l'homme et le passé climatique est complètement gommé. Ce qui fait en sorte que les gens croient que c'est une phénomène nouveau qui coincide avec la hausse des émissions humaines des GES. Le problème, c'est que le phénomène n'est pas nouveau, entre les années 1900 et 1945, la planète s'est réchauffée, les glaces de l'Arctique ont fondues autant qu'aujourd'hui et ce, sans hausse significative des émissions humaines de GES, puis ça c'est remis à gelé vers 1945, au moment où les émissions humaines de GES ont EXPLOSÉ. Puis ça c'est réchauffer à nouveau au millieu des années 1970. Donc, le réchauffement climatique n'est pas un phénomène nouveau et durant le siècle dernier, il a coincidé que 25% du temps avec les émissions humaines de GES, bref, c'est pas significatif. »

  • loiselet
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 01h37
    Désinformation obligée.
    « Quand on pense que l'on reproche au gouvernement chinois de garder son peuple dans l'ignorance ou d'empêcher les journalistes de couvrir ses matraquages au Tibet...La démocratie capitaliste américaine sous Bush ressemble beaucoup à la dictature capitaliste chinoise. Les moutons comme les actions de bourse sont bien gardés. Heureusement qu'il y a le pape...pour ajouter sa couche de vernis et d'huile sainte. Comme Jésus disait si bien: "Qu'est-ce que la vérité?" »

  • Luc Poudrier
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 02h14
    L'ombre de l'industrie!
    « Dans les années 50, le philosophe américain John Dewey nous disait que le gouvernement n'était que l'ombre que les industries projettent sur la société, les décennies sont passées et rien ne semble avoir changé.

    Devrions-nous nous surprendre de découvrir le grenouillage qu'il y a Washington entre politiciens, militaires et industrielles? Et pouvons-nous croire un seul instant que les agissements d'Ottawa puissent être d'une nature plus propre? Il n'y a pas si longtemps notre propre ministre de la défense, Gordon O'Connor était un lobbyiste pour des industries militaires. Nos propres "experts", comme ceux du comité Manley, tous issus de la sphère industrielle et tous en faveur d'un partenariat avancé avec les U.S.A..

    Nous avons les mêmes propagandes institutionnalisées. En septembre dernier avait lieu à Montréal la Conférence internationale sur la mission canadienne en Afghanistan, qui devait nous expliquer le bien-fondé de cette "mission". Cette conférence était commanditée entre autres par General Dynamics (fabricant de munitions et véhicules blindés), Rheinmetall Defence (fabricant de munitions et de drone) et Bell Helicoptère.

    La société canadienne est autant dans l'ombre des industries que ne l'est celle des U.S.A. et nos médias n'apportent malheureusement aucune lumière. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 21 avril 2008 07h00
    Business as usual ou, on n'est pas surpris
    « Ça confirme ce que l'on savait déjà, le marketing militaire pour les cons du genre : On vous tue pour votre propre bien en envoyant nos pauvres à la guerre parce qu'ils ne savent pas assez quoi faire. Si vous aimez la vie, devenez militaires et autres niaiseries gouvernementales pour berner le petit peuple crédule. Ça marche chez les Américains et ça marche aussi chez les autres Canadiens mais moins chez les Québécois qui connaissent mieux ça...se faire fourrer par le fédéral via Trudeau, Chrétien et Dion, ces mousquetaires centralisateurs anglophiles coast to coast. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 07h24
    Pas que l'armée.
    « Si ce n'était qu'à Washington, on pourrait éventuellement le comprendre. Cependant, il y a des journalistes non militaires qui fonctionnent de la sorte. Paradoxalement, c'est un grand spécialiste de la propagande, celle-ci communiste, la Chine, qui nous a démontré la manipulation médiatique Occidentale des événements au Tibet. Lorsque l'on lit les traitements en politique internationale et les propos tenus, «en les faisant passer pour "leurs propres opinions" (celles des éditorialistes), nous savons qu'il y a eu manipulation idéologique de l'information. Autrement dit, on ne comprend pas le traitement qui y est fait puisque nous avons aussi une foule de contacts ajoutée avec des connaissances qui nous font dire que le ou les propos tenus ne sont pas sincères et découlent de manipulations médiatiques. Un exemple parmi tant d'autres, un éditorialiste a écrit que les émeutes pour les prix des denrées de base étaient dues à la spéculation Russe sur les céréales. C'est faux et on ne comprend pas le pourquoi de ce traitement? Des exemples, il y en a des milliers. Un journaliste très connu français qui remet en question l'honnêteté du président de l'Arche de Noé alors que lui-même avait déjà maintes fois manipulé médiatiquement l'opinion etc. L'Internet et sa rapidité de contact, si vous avez le moindrement des interlocuteurs valables, dignes de compétences, nous aident à mieux échapper à la manipulation. Cela n'est pas pour rien que certains commentaires sont critiques et très critiques. N'en déplaisent à quelques uns et quelques unes. »

  • Eric Shannon
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 07h41
    Plus le mensonge...
    « Plus le mensonge est gros, plus il a de chance de passer.

    C'est pas Hitler qui a dit ça ? »

  • Jacques_Morissette
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 09h33
    Bush estil en train de trop brasser la cage au point de réveiller tout le monde?
    « Ben voyons donc, monsieur Bush fait ça depuis belle lurette. Réveillez-vous, que diable! »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 10h06
    Pas seulement à Washington!
    « Tout à coup, l'éveil, la conscience, la découverte!

    La réalité se glisse sous les projecteurs!

    Les médias nous informent que nous avons été systématiquement désinformés, par des supposés "experts". Toute une révélation!

    Une terrible révélation: on ne nous disait pas la vérité!
    Ah! Tiens!
    Quelle révélation!

    Les plus grands observateurs de la réalité, journalistes en première ligne, se sont laissés berner. On nous a maquillé la réalité!
    Les maudits chialeux qui remettent en question la pensée unique, le discours unique, la nouvelle à facette unique, avaient peut-être raison d'être parfois sceptiques et de persister à se questionner et à fouiller les sources pour découvrir si la réalité qu'on nous expose et qu'on nous fait avaler de force, est vraiment LA réalité.

    Nous vivons quelques heures de prise de conscience.
    Quelques heures qui disent qu'il ne faut pas prendre tout ce qu'on nous dit pour du "cash".

    Malheureusement, demain, tout sera oublié. Le règne du mensonge se poursuivra.
    Notre opinion suivra le courant imposé par les médias. Pourtant, nous saurons, comme nous savons, que le mensonge médiatique existe et est utilisé constamment.

    En janvier dernier on apprenait dans une révélation fracassante que
    George W. Bush et son équipe ont menti 935 fois entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2003.
    Quelle nouvelle! N'importe quel imbécile voyait bien que Bush et son équipe étaient (et sont toujours) de fieffés menteurs.

    Malgré que nous sachions clairement cette manipulation, un simple titre nous transporte, un autre mensonge nous guide. Comme si le mensonge était plus fort que la réalité.

    On nous dira que nous occupons l'Afghanistan pour sauver les femmes et nous croirons.
    Étrange!

    La presse ne risque rien à dire qu'elle nous manipule. Elle renforce même sa crédibilité en le disant. La manipulation médiatique se poursuivra sans s'atténuer.

    « Manipulation médiatique à Washington »
    Pas seulement à Washington, partout. Partout les mêmes titres, partout les mêmes analyses, partout les mêmes pensées. Partout les mêmes méchants et partout les mêmes agneaux purs.

    Croyez-vous que notre régime Harper est si différent du régime Bush pour la manipulation de l'information?

    Jean-François Simard (Université du Québec en Outaouais), Marc-François Bernier (Université d'Ottawa), Jean-Claude Rivest, (sénateur), Robert Keaton (ancien président d'Alliance-Québec), Julius Grey, (avocat), et Vincent Lemieux (Université Laval)
    dénonçaient avec virulence, le 5 janvier dernier, ce contrôle de l'information du régime Harper
    "Liberté de presse et contrôle de l'information: il faut rejeter le modèle Harper!"
    http://www.ledevoir.com/2008/04/21/186144.html


    Il ne faut pas croire que l'arme médiatique n'est utilisée que par nos vicieux voisins du sud. Il faut remettre en question et analyser sérieusement les propos des dits experts utilisés par nos valeureux médias canadiens et québécois.

    Tant au niveau d'analyses économiques que militaires. Nous avons rarement droit aux deux côtés de la médaille de la réalité. On transforme l'occupation en geste humanitaire, on transforme l'exploitation en aide aux démunis. On nous fait avaler la privatisation comme s'il s'agissait d'actes de missionnariat.

    «Derrière les analystes télé, la main cachée du Pentagone», le New York Times explique que le système s'est mis en place tandis que se préparait la guerre en Irak et n'a pas cessé de fonctionner depuis.»
    Mais c'est évident pour bien des gens. Ceux pour qui cette révélation semble le plus surprendre, ce sont les valeureux journalistes. Totalement incapable de discerner la réalité derrière les discours. Les journalistes incapables de voir par-dessus l'épaule du porte-parole. Incapable de faire des articles sur autres choses que les mots, incapables de parler de la réalité tangible.

    Le NYT (http://www.nytimes.com/2008/04/20/washington/
    20generals.html?_r=1&pagewanted=print&oref=slogin )
    ne révèle rien, il confirme l'évidence, c'est tout. Tôt ou tard, la réalité s'impose, comme la nature prend le dessus rapidement dans un sentier le moindrement délaissé.

    Il ne faut plus prendre pour acquis la crédibilité sans tache de n'importe quel organisme.
    Human right watch, Amnisty international, Reporters sans frontières, et plusieurs ONG, peuvent être infiltrés, subventionnés pour prêcher le discours voulu ou dénoncer ce qui fait l'affaire.
    Les massacres de Gaza, d'Irak, d'Afghanistan, du Kenya, du Pakistan, du Guantanamo, ne sont jamais dénoncés avec la même virulence que ceux en Chine, en Russie, à Cuba, au Zimbabwe, au Soudan, en Birmanie. Pourtant, si on considère de façon neutre l'ampleur et l'atrocité des massacres, des exactions et de l'injustice humaine, les premiers n'ont rien à envier aux seconds, bien au contraire.

    Kenya: 1000 morts, 250 000 déplacés - Zimbabwe: 10 morts 200 blessés
    Irak: 500 000 morts, un pays détruit, une culture ravagée
    Gaza: une prison à ciel ouvert, un goulag, un camp de concentration
    Tibet: rien de clair, on dit qu'on étouffe la culture, qu'on torture, qu'on assassine (on dit)
    Afghanistan: occupation terrible, ruine du pays déjà en ruine. Les femmes survivent toujours au risque de leur vie sous leur burka.

    C'est la réalité, maintenant écoutez bien les "experts" (sic). Sommes-nous manipulés?

    «Ce n'est pas la première fois que l'administration Bush se retrouve sur la sellette en raison des méthodes utilisées pour justifier sa guerre contre le terrorisme. En janvier dernier, par exemple, une étude publiée par le Center for Public Integrity et intitulée Faux prétextes recensait «au moins 935 fausses déclarations de hauts responsables de l'administration sur la menace que présentait l'Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale»

    C'est ce qui est le pire!
    Demain, tout ceci sera oublié. On continuera à nous abreuver des mensonges.

    Il est temps que les journalistes confrontent les soi-disant experts à la réalité.


    Dans la même ligne d'idée, il faut voir l'excellent documentaire reportage du journaliste Australien, John Pilger: "The War of Democracy" réalisé en 2007.
    Un film d'actualité et d'Histoire qui est en relation directe avec l'article évocateur du NYT.

    http://video.google.ca/videoplay?docid=-3739500579629840148&q=
    %22THE+WAR+ON+DEMOCRACY%22&total=138&start=0&num=
    10&so=0&type=search&plindex=0&hl=en-CA


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Michel Pépin
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 10h12
    Ah, grosse nouvelle
    « Et dans un ans, on nous dira que que le 11 septembre fut arrangé avec le gars des vues. On risque de se réveiller avec une gueule de bois terrible et certains avec du sang sur les mains. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 10h51
    On fait de même avec l'industrie du réchauffement climatique
    « S'il y a un parallèle à faire, la pensée unique sur le rcéhauffement climatique est le candidat idéal.

    On a vu un vice-président déchu faire un film hollywoodien et empocher 200 millions pour nous diffuser ses 11 mensonges scientifiques prouvés par un jugement de cour.


    On avu un organisme de l'ONU publier des résumés pour décideurs sans publier en même temps les études scir<entifiques qui soustendent leur conclusions. On a sauté aux conclusions avant de'en faire la démonstration. Mais quant on voit que le financement du GIEC est assuré par un groupe restreint qui visent créer un gouvernement mondial, on s'apercoit de la manipulation médiatique qui s'ensuit.
    Seules les études qui confortent les déclarations du GIEC sont publiées et médiatisées. Pourtant ces projections informatiques sont incomplètes et ou<blient régulièrement des données essentielles.

    Les leçons de Carl Wunsch

    Professeur à la chaire Cecil et Ida Green du MIT (Massachusetts Institute of Technology), Carl Wunsch est une autorité mondiale en matière d'océanographie physique. Dans deux textes récents, il met en avant les carences considérables des modèles actuels et appelle ses collègues des sciences du climat à plus d'humilité et de prudence dans l'interprétation des résultats de ces modèles. Cela n'empêchera pas bien sûr la section alarmiste de l'internationale climatologique de se pavaner devant les médias en brandissant la dernière simulation 2100 en date. Mais au moins les esprits rationnels commencent-ils à mesurer que la mascarade du réchauffement a été un peu trop loin sur des bases un peu trop fragiles.

    La critique de Wunsch concerne aussi les modèles de circulation général (GCM) dont une vingtaine sont couramment employés pour les simulations du GIEC. L'océanographe met encore les pieds dans le plat en soulignant ce que les modélisateurs savent bien, mais évitent de clamer sur les toits pour ne pas désespérer le décideur et l'opinion : « Tous les modèles numériques ont des erreurs dont les sources sont variées, incluant une physique tronquée (chimie, biologie), des erreurs dans la représentation numérique des champs continus, dans les conditions initiales et dans les conditions aux limites, des paramétrisations erronées aux échelles inférieures aux grilles, des fautes de programmation. On sait peu de chose quantitativement sur la magnitude et les effets de ces erreurs sur les solutions, si ce n'est que les erreurs ne disparaissent jamais et qu'elles auront tendance à s'accumuler. L'accumulation des erreurs dans le temps est importante parce que le "climat" du modèle peut devenir juste une somme d'erreurs. »

    Conclusion du chercheur : « N'importe qui peut écrire un modèle : la difficulté est de démontrer sa validité et sa précision quand il extrapole (...) Le chemin pour résoudre un problème difficile passe par sa reconnaissance et sa définition. Quand des conclusions hypersimplifiées sont transformées en vérité (...), un champ d'études peut être déformé pendant des décennies avant que sa fondation bancale soit finalement reconnue (...). Les modèles sont extrêmement importants et éclairants, mais une meilleure compréhension de leur simulation réelle et de leurs capacités prédictives est nécessaire ». Bref, le message de Wunsch à ses collègues est assez limpide : passez un peu moins de temps à brandir aux médias votre dernière projection pour 2100 ou votre dernière simulation du dernier maximum glaciaire, un peu plus de temps à vous colleter aux vrais problèmes, les défauts des observations et de la modélisation que vous présentez à ces mêmes médias en dissimulant leurs carences.


    Mais quand des gens comme Al Gore ont un trip de pouvoir, il arrive ce qui se passe comme les militaires de Washington. On manipule l'information... »

  • Jean-Luc Gouin
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 14h08
    Mais nous, nous serons morts mon frère
    « Démocraties en mode auto-destruction

    La « première » démocratie du monde n'est plus qu'une dictature « tempérée » - la gelée de pétrole enveloppant le poing - par le consommérisme à outrance. La main sur le coeur et vibrato dans la voix, des gouvernements canadiens Tartuffe à répétition trahissent ledit régime de même appellation (les Commandites, la propagande de tous les instants avec le concours... de médias comme Gesca, le discrédit idéologique à l'égard de la « minorité », le détournement économique insidieux et bien ciblé) dans le dessein de barrer la route à la libération politique de la nation québécoise (cent et une fois remise sur le métier selon des modalités pacifiques et indéniablement démocratiques, quant à elle). Un gouvernement québécois (et le premier ministre Jean Charest au premier chef) qui depuis cinq ans éradique, « insignifie » ou « eunuquise » les leviers nationaux encore existants ou actifs, et qui de manière générale foule aux pieds notre propre identité (mépris d'un statut minimalement digne au sein d'une Confédération massivement anglo-saxonne dont le peuple du Québec fut expulsé sans retour et sans états d'âme il y a maintenant plus d'un quart de siècle, bilinguisation tous azimuts de l'État et de la vie sociale couplée à une extraordinaire indifférence à l'endroit de la langue française, collusion avec tous les Paul Desmarais de ce monde pour qui l'intérêt personnel ou corporatif phagocyte par définition l'intérêt collectif, asservissement empressé et on ne peut plus volontaire au Rest of Canada).

    Liste non exhaustive. Bien entendu.

    Mais dites-moi, esprits éclairés de ce notre temps, comment voulez-vous, dans son salon privé où il ne parvient plus à juguler sa colère, que le citoyen de ces présumées démocraties n'en arrive pas à conclure - homme qui souffre prend odeur de soufre - que « taper dans le tas » constitue la seule issue qui lui reste. Estimant « en toute logique » qu'il a forcément tout à gagner. Puisqu'il n'a plus rien à perdre.

    Rien à perdre en effet. Car l'individu dépossédé de sa dignité citoyenne, parce que trahi par l'État même en qui il a investi sa confiance, n'est plus qu'un mangeur de pommes de terre réduit jusqu'en son âme même à l'épaisseur de son portefeuille. L'ennui, c'est que ce qui a valeur n'a pas de prix.

    De George W. Bush à Jean Chrétien (Stephen Harper apprend vite lui aussi, il faut bien l'admettre), de Jacques Chirac (une sentence de dix ans de pénitencier lui pend au menton) à Nicolas Sarkozy, de Vladimir Poutine à Silvio Berlusconi et Jean Charest, les démocraties s'auto-détruisent. Et à n'en pas douter, toutes ces bonnes gens aux rênes de ce raffiné Système du mensonge feindront la surprise - voire l'indignation - lorsque tout leur explosera à la figure.

    De St-Petersbourg à Paris, de Hambourg à San Francisco, de Fribourg à Trois-Pistoles, nous sommes tous des « Chinois populaires » égarés sur une place Tiananmen aux dimensions de la Planète. Et en attendant la charge finale qui, on le présume, saura viser juste, George Orwell se félicite déjà d'avoir vu juste.

    Ainsi nos enfants clones, à qui nous auront fait troquer la puce à l'oreille pour la puce en cortex, lui seront reconnaissants en lui élevant un superbe Monumenteur de béton qui n'aura rien à voir, on s'en doute un peu, avec la carrière de Gaston Miron.

    Monument que dans le newspeak ou novlangue, que nous leur aurons inculqué par amour de la servitude, ils surnommeront affectueusement (d'ailleurs moins par confusion des genres que par celle des notions de l'Histoire - sciemment « amnésiées » ou opportunément réorientées dans leur signification, c'est selon, par quelque Jocelyn Létourneau du futur) : « The Great George Double U ».

    Mais réjouissons-nous tout de même. Avec notre ami Raymond.
    Car nous, enfin ! nous serons morts mes frères. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 17h38
    À Jean-Luc Gouin
    « Cent fois bravo et cent fois merci !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Normand Desjardins
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 23h27
    Radio-Canada et autres médias...
    « Aucune mention au Téléjournal ce soir de cette importante nouvelle provenant de nos voisins du Sud. Seule nouvelle, hormis la victoire du Canadien, la fraude électorale du parti Conservateur. C'est donc, 3 chefs d'État aux élections douteuses, Bush, Harper et Calderone qui sont en train de discuter du sort de nos belles démocraties néolibérales.

    Les grands médias ne couvrent que ce qui est dans leurs intérêts ou ce qui ne leur causera aucun préjudice.

    Mais, peu importe le sujet de la nouvelle, il est toujours intéressant d'entendre le disque qui saute de M.Trudel et M.Pageau qui se réveillent la nuit pour inventer de nouveaux liens au grand complot du réchauffement climatique. Messieurs, il est possible de consulter des professionels pour soigner les obsessions compulsives et la schizofrenie légère. Certes, le monde économique, médiatique et politique est contrôlé par une poignée d'individus influants mais, de grâce le climat planétaire et la science sont encore hors de leur portée. SVP. »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 22 avril 2008 12h10
    Monsieur Desjardis, quand vous êtes à l'origine des sommets de la terre et du GIEC, oui, vous manipulez la science.
    « Du moins, sa perception médiatique et c'est ce qui importe. Pire, quand t'as le controle sur qui va être subventionné et qui ne le sera pas tu controles tout.

    La "science" détournée à des fins mercantiles et afin d'accroitre le pouvoir de certains, c'est rien de nouveau sous le soleil.

    Et à propos du PSP, il est vrai que les médias muets sur le sujet, il est vrai que les enjeux sont énormes, il est vrai que j'ai dénoncé le projet à de nombreuses reprises sur ses pages. Mais comme vous semblez intéressé à seulement mes interventions contre la propagande vertes, je peux comprendre votre ignorance de ce fait.

    Après la lecture de quelques uns de textes, vous vous rendrez rapidement compte que les organisations supra nationales comme le PSP, je ne les porte pas dans mon coeur et je ne leur fait pas confiance. »

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