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Le Potomac sourit à Obama

Guillaume Bourgault-Côté   13 février 2008  États-Unis
Barack Obama a fait campagne hier à Washington en compagnie du maire de la ville, Adrian Fenty (à droite). Le sénateur a remporté les primaires de Washington D. C., de la Virginie et du Maryland.
Photo : Agence Reuters
Barack Obama a fait campagne hier à Washington en compagnie du maire de la ville, Adrian Fenty (à droite). Le sénateur a remporté les primaires de Washington D. C., de la Virginie et du Maryland.
Barack Obama abordait hier les «primaires du Potomac» avec l'espoir de réussir un tour du chapeau électoral. Pari tenu: le sénateur a obtenu trois victoires faciles et peut revendiquer aujourd'hui le statut de leader dans la course à l'investiture démocrate.

C'est donc un deuxième match parfait cette semaine pour M. Obama. Il a ajouté hier soir les États du Maryland et de la Virginie ainsi que le district de Columbia (Washington D. C.) à sa fiche victorieuse. Du côté républicain, le favori John McCain a aussi connu une soirée sans faute.

Prévisibles et attendues, les victoires de M. Obama ont été annoncées par les médias avant même que les premiers bulletins ne soient comptabilisés. Les sondages effectués à la sortie des urnes étaient sans équivoque possible, et le dépouillement des voix a rapidement confirmé la lourde tendance favorable au sénateur de l'Illinois.

En Virginie, Barack Obama a recueilli 63% du vote. À Washington D. C, où 55% de la population est noire, plus de trois électeurs sur quatre l'ont préféré à Hillary Clinton. Finalement, au Maryland, M. Obama a reçu l'adhésion de plus de 60% des sympathisants démocrates.

«Ce mouvement ne s'arrêtera pas et ce soir nous sommes sur la voie [de la victoire], même si nous savons que nous avons encore un long chemin à parcourir», a déclaré M. Obama devant des milliers de partisans réunis à Madison, au Wisconsin.

Se mettant déjà dans la peau du futur candidat démocrate, M. Obama s'en est pris à son possible futur adversaire John McCain, ne citant à aucun moment le nom d'Hillary Clinton. Cette dernière a passé la soirée au Texas, où aura lieu le prochain test important. «J'ai été mise à l'épreuve et je suis prête», a-t-elle assuré.

Si Mme Clinton s'attendait à des défaites hier soir, elle a eu la mauvaise surprise de voir que son adversaire a remporté la mise même dans les franges de l'électorat où elle domine habituellement, notamment les femmes et l'électorat blanc. Selon des sondages menés à la sortie des urnes en Virginie, M. Obama a complètement éclipsé sa rivale auprès des jeunes, des indépendants, des personnes âgées et des femmes. Près de 90% de l'électorat noir a aussi voté pour le candidat afro-américain.

Délégués en banque

Sa réussite aux primaires du Potomac (du nom de la rivière qui court le long du Maryland, de la Virginie et de la capitale nationale) fait en sorte que Barack Obama dispose maintenant de 1186 délégués en prévision de la convention démocrate. Mme Clinton a pour sa part le soutien de 1181 délégués, selon les calculs de l'Associated Press. Pour obtenir la nomination du parti, le candidat victorieux devra engranger le soutien de 2025 délégués.

Si les chiffres compilés par d'autres médias diffèrent légèrement, le portrait brossé demeure au final le même. Selon le réseau CNN, M. Obama aurait ainsi 1208 délégués, contre 1185 pour Mme Clinton. Avant la soirée d'hier, celle-ci comptait une dizaine de délégués de plus que son rival, d'après la même méthode de calcul.

La chaîne MSNBC estime plutôt que Barack Obama compte 1017 délégués acquis, alors que Mme Clinton en aurait 942. Du côté du site RealClearPolitics, on crédite 1231 délégués au compte de M. Obama, et 1196 à Mme Clinton. Ces chiffres incluent le soutien de 156 super-délégués pour M. Obama, et 242 pour Hillary Clinton.

Les 796 super-délégués qui pourront voter lors de la convention du mois d'août sont libres de leur vote, au contraire des délégués qui doivent respecter le choix des électeurs et la répartition des voix. Ces super-délégués, des caciques du Parti démocrate (anciens présidents, gouverneurs élus etc.), pourraient avoir un poids déterminant dans la balance d'une course aussi serrée.

Les candidats tenteront de grappiller d'autres précieux délégués lors des prochains votes, le 19 février pour le Wisconsin et Hawaii, et surtout le 4 mars en Ohio (141 délégués), au Rhode Island (21), au Texas (193) et au Vermont (15).

Républicains

Du côté républicain, John McCain a remporté hier soir trois victoires faciles, récoltant 67 % des voix à Washington D. C., 54 % dans le Maryland et 50 % en Virginie. Les analyses faites à partie des sondages à la sortie des urnes en Virginie montrent toutefois que M. McCain peine encore à convaincre une large partie de la frange conservatrice de son électorat.

Dans les semaines à venir, même s'il ne court aucun risque que la nomination républicaine lui échappe, M. McCain aura besoin de séduire cette partie de l'électorat dont les voix peuvent s'avérer décisives en novembre. Actuellement, M. McCain a le soutien de 812 délégués, contre 217 pour M. Huckabee. Il faut 1191 délégués pour obtenir l'investiture du Grand Old Party.

***

Avec l'Agence France-Presse, Associated Press et CNN






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  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 06h03
    Question.
    « Dit-on europeano-américain, arabo-américain, indio-américain, asiatico-américain? Juste une question. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 13 février 2008 08h15
    @Montoya
    « On dit italo-américain, franco-américain, russo-américain, chino-américain, etc...Dans le cas des Africains, comme il n'y avait pas de pays vraiment définit au 17e au moment de leur "immigration" et que l'on ne peut généralement pas tracer l'origine de la personne, on dit donc "afro-américain"
    D'autres questions? »

  • Mario Bélanger
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 08h49
    Quelles sont ses idées, au fait?
    « J'aimerais bien qu'un journaliste nous explique la vision politique, les idées, les projets, les sensibilités des politiciens américains dans cette campagne en cours, en particulier M. Barak Obama, qu'on connaît très peu malgré sa grande popularité. Ce que je lis, entends et vois dans les médias à propos de la campagne me donne l'impression d'une course de chevaux où l'on s'intéresse davantage à la progression des candidats aux différentes étapes plutôt qu'aux idées réelles qu'ils défendent.

    Mario Bélanger »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 11h04
    @Jacques Noel
    « Mais alors qui est "AMÉRICAIN" tout court? Est-ce qu'il y en a ou viennent-ils tous d'ailleurs comme les russo-, les franco-, les italo-, les afro-américains etc? Merci pour les autres réponses M. Noel. »

  • Nicolas Comtois
    Inscrit
    mercredi 13 février 2008 12h23
    @Bélanger
    « www.barackobama.com
    Regardez sous l'onglet "Issues". Mme. Clinton, M. McCain et et M. Huckabee ont eux aussi leurs sites officiels bien évidemment. Ils sont tous fort instructifs.
    Je partage, ceci étant dit, votre point de vue en ce qui a trait aux médias. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 13 février 2008 13h36
    @ Messieurs Noel et Montoya
    « Et ceux qui ont voté W. Bush 2 fois de suite...des Américains-cons, tout court, principalement parce que, à la deuxième fois, ils savaient qu'ils avaient été bien trompés de tous bords tous côtés, par lui.

    Au plaisir. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 13 février 2008 14h43
    @Montaya: Bush est américain
    « Clinton est américain
    Hillary est américaine
    Warren Buffet est américain
    Micheal Jordan est américain
    L'immense majorité des habitants du territoire américain se définissent comme américains. Mais entre eux, ils vont mettre en évidence leur origine ethnique et vont se définir comme "Italian" "Latinos" "Irish" "Polish".
    Tiens j'avais une amie juive newyorkaise. Plus américaine tu meurs. Pourtant elle se définissait souvent comme "Polish", parce que ses parents venaient de Pologne. Puis comme "Jewish", très prês d'Israel. Bref, elle ratissait large sur l'identité ethnique.
    Si tu parles américain, tu es américain. Si tu parles avec un accent tu es immigrant. C'est à peu près comme ça qu'ils se différencient. Mais comme beaucoup de gens ont des parents ou grands-parents qui sont immigrants, on est généralement fiers de ses origines et on ne se gêne jamais pour les mettre en évidence. A côté du drapeau américain. Il n'y a jamais antinomie entre les deux.

    Le jour où on va voir ça chez nos immigrants au Québec, je vais en brailler.. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 18h18
    @M. Noel et M. Bousquet.
    « D'accord pour ce que vous dites et l'histoire de votre amie juive est très instructive. On choisit comme dans le supermarché. Ça c'est l'amérique aussi. J'adore ça à New-York. On peut être américain et rital en même temps. En France, c'est difficile d'être français et rital en même temps. Mais moi, je suis français de France et maintenant suis Canadien. J'ai du mal à devenir québécois. C'est comme une interdiction puisque je n'ai pas la maladie des racines, je ne suis pas de souche.
    M. Bousquet je suis aussi d'accord avec vous mais je ne dirai pas américain-cons comme vous l'écrivez. Je pencherai plutôt pour affreux-américain. Comme il y a des afro-amerloques, il y a ces affreux là. Et quels affreux, c'est certain. J'espère qu'on ne nous fera pas le même coup pour le Dumont Mario, le québéco-américain.
    merci à vous deux. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 07h18
    @Montaya
    « Marie-France Bazzo, Josée Di Stasio et Franco Nuevo sont québécois. Où est le problème? Ils se définissent comme Québécois (tout en étant fier de leur origine italienne, appuyant la squadra à chaque mondial) et sont vus comme québécois par les Québécois puisqu'ils parlent québécois comme les Québécois.

    Le problème est chez les gens comme vous, les immigrants, qui refusent de s'identifier au Québec, qui s'excluent d'eux-mêmes. Pas chez les Québécois d'origine étrangères comme ceux ci-haut nommés. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 11h04
    @M Noel.
    « C'est quoi parler québécois comme les québécois? Je suis français et je parle le français. Y-a-t-il une différence pour vous entre le québécois et le français? Vous dites aussi qu'ils sont québécois : « sont vus comme québécois par les Québécois puisqu'ils parlent québécois comme les Québécois. » Puis, par la suite, vous dites en parlant de Bazzo, Di Stasio, Nuevo : « Pas chez les Québécois d'origine étrangères comme ceux ci-haut nommés. » Y-a-t-il des québécois qui ne sont pas d'origine étrangères?
    J'aimerai toucher de plus près cette notion si vous avez des lumières à ce propos et sans polémique, en toute intelligence. Je parle le français comme Bazzo qui elle, a un léger accent un peu parigot (de Paris pseudo-intello ou bobo), moi pas. Si on définit le fait qu'au Québec on parle le français (comme dans les banques, les écoles, les textes juridiques comme les codes civiles et pénaux etc.), alors ne puis-je pas être québécois puisque c'est ce français là que je parle? Y-a-t-il une manière différente pour les québécois de demander un kilo de patates ou une fleur?
    Et puis je ne suis pas immigrant, je viens plus tard que vous mais je viens de la France ausi come vos ancêtres. Y-a-t-il un temps limite comme sur les produits comme le yaourt pour me dire que je ne fais plus parti dela gang? e plus, je suis catholique parle bâptême. J'ai tout pour être québécois: Français, catholique et blanc. Quoi de plus? »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 14h49
    @montaya ou Qui est Québécois?
    « Dans le métro à Paris ou sur une plage en Californie, je reconnais facilement deux Québécois : je tends l'oreille. Je ne leur demande pas leur nom ni leur arbre généalogique: je tends l'oreille.

    Quand j'appelle BellSympatico, je ne peux pas deviner le nom de la personne à qui je parle, ni son âge, ni son origine ethnique, mais je sais immédiatement, en quelques secondes à peine, si je parle avec un Québécois, un Acadien, un Français, un Arabe, un Africain, un Antillais ou un Anglophone. UN QUÉBÉCOIS, ÇA S'ENTEND. Impossible de se tromper.

    Lorsque je regarde Josée Di Stasio à la télé j'entends une Québécoise. Lorsque je regarde soeur Angèle Rizzardo, j'entends une authentique Italienne. Lorsque je vois Pascal Yiacouvakis faire la météo, j'entends un Québécois. Lorsque je vois Nadia Assimopoulos, j'entends une Grecque. Ne me demandez pas de voir en Yiacouvakis un Grec et en Assimopoulos une Québécoise, je ne peux pas. A moins d'halluciner.

    Liza Frula est québécoise; Alfonso Gagliano est italien
    Alexandra Diaz est québécoise, Oswaldo Nunez est chilien
    Sébastien Bovet est québécois, Frédéric Nikolof est suisse
    Jean-Marie de Konick est québécois, Jean-Paul Gilson est belge
    Emilie Heymans est québécoise, Lara Fabian est belge
    Nathalie Petrowski est québécoise; Minou Petrowski est française
    Patrick Masbourian est québécois; ses parents sont arméniens
    Luck Mervill est québécois; Dany Laferrière est haitien
    Normand Brathwaite est québécois; Dan Philip est antillais
    Rachid Badouri est québécois, Linda Thalie est algérienne.
    René Angelil est québécois; Sam Hamad est syrien.
    Rima Elkouri est québécoise, Wajdi Mouawad est libanais.
    Donald Brashier est québécois; Charlie Biddle était américain

    Qu'on en commun Brashier, Elkouri, Angelil, Badouri, Brathwaite, Mervill, Masbourian, Petrowski, Heymans, De Konick. Bovet, Diaz, Frula, Yiacouvakis et Di Stasio, qui en font des Québécois? Au téléphone, y sonnent tous québécois.

    En 2008, l'identité québécoise ne se limite pas aux seuls fils et filles des colons français du 17e. D'où la bêtise de l'expression " pure laine ", expression à proscrire. Mais ce n'est pas parce qu'il faut bannir cette expression archaique qu'on a bizarrement ressuscité, qu'il faille passer à l'autre extrême et considérer bêtement comme québécois tous ceux qui habitent le territoire, comme le veut la langue de bois actuelle, alias le nationalise civique. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 15 février 2008 09h58
    @M.Noel
    « Alors, il faut apprendre l'accent. En France, c'est plus compliqué dans ce cas car des accents, il y en a partout. Quel français doit-on parler en France? J'ai vécu 25 ans en Bretagne et je n'ai pas parlé paysan. Je me suis mis à parler un français que même les bretons parlent. J'ai rencontré des québécois qui parlaient l'anglais avec des français parce que ces derniers ne les comprenaient pas. Pire quand vous êtes en Chine avec un interprète chinois ayant appris le français en France et non au Québec. Si je vous comprends bien, l'accent fait la langue. Fin de la dsicussion mais merci beaucoup M. Noel pour votre disponibilité. J'apprécie même si nous ne sommes pas dans le fond d'accord, j'apprécie grandement votre capacité au dialogue. Je tenais à le signaler car cela fait réfléchir. Salutations les meilleures. »

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