jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 11h00


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Obama a le vent en poupe

Claude Lévesque   28 janvier 2008  États-Unis
Le candidat à l’investiture démocrate Barack Obama serrant des mains après l’office dominical, hier, à Macon, en Géorgie, au lendemain de sa victoire sans équivoque lors de l’élection primaire de Caroline du Sud où il a reçu un fort appui
Photo : Agence Reuters
Le candidat à l’investiture démocrate Barack Obama serrant des mains après l’office dominical, hier, à Macon, en Géorgie, au lendemain de sa victoire sans équivoque lors de l’élection primaire de Caroline du Sud où il a reçu un fort appui
Avec deux victoires chacun à leur actif, les grands favoris dans la course à l'investiture présidentielle démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, ont déjà les yeux tournés vers les 22 États qui voteront le 5 février, lors du «Super Tuesday», tandis que, chez les républicains, l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, risque de voir sa campagne faire définitivement naufrage demain en Floride. Avec la victoire éclatante qu'il a remportée samedi en Caroline du Sud, Barack Obama semble avoir repris l'initiative devant une Hillary Clinton qui mène dans les sondages nationaux. Si cette dernière bénéficie sur le terrain du soutien actif (et parfois controversé) de son ex-président de mari, Barack Obama, lui, sera vraisemblablement adoubé aujourd'hui par le représentant d'une autre «dynastie» démocrate, le vétéran sénateur Edward Kennedy, frère du légendaire JFK, le président assassiné en 1963.

Barack Obama, un mulâtre, joue sur toutes les tribunes la carte du candidat rassembleur. Cette stratégie avait certainement porté ses fruits le 3 janvier dans l'Iowa, puisque les électeurs démocrates de cet État très massivement blanc l'avaient choisi pour défendre les couleurs de leur parti à l'élection présidentielle de l'automne prochain.

Barack Obama continue de faire campagne pour prouver qu'il n'est pas seulement le candidat de la minorité noire. «Nous avons réuni la coalition la plus diversifiée que l'on ait pu voir depuis longtemps», a-t-il tenu à dire à ses partisans et aux téléspectateurs samedi. Les observateurs de la scène politique américaine relèvent quand même qu'en Caroline du Sud, avant-hier, le jeune sénateur de l'Illinois a triomphé parce que l'électorat noir a voté pour lui à 80 %, selon les sondages de sortie des urnes. Les Noirs forment la majorité des électeurs démocrates déclarés de cet État du Sud. M. Obama n'y aurait recueilli que 24 % des votes des électeurs blancs. Il aurait toutefois obtenu presque autant de votes de la part des hommes blancs que l'ex-première dame, selon le Washington Post.

Barack Obama a largement devancé Mme Clinton en Caroline du Sud, recueillant environ 55 % des voix contre 27 %, au terme d'une campagne très virulente. John Edwards a annoncé qu'il continuait de mener campagne après avoir pris, avec quelque 18 % des votes, la troisième place dans l'État qui l'a vu naître et qu'il avait remporté en 2004.

Pour les candidats à l'investiture démocrate, les batailles État par État ont pris fin samedi. Ils font déjà campagne en vue du grand rendez-vous du 5 février, quand 22 États, et non les moindres, tiendront leurs élections primaires. La Californie, qui enverra 441 délégués à la convention démocrate du 25 août à Denver, l'État de New York (281), le Massachusetts (121), l'Illinois (185) et le New Jersey (127) sont du nombre. Certains ont une forte majorité noire à l'instar de celui qui a voté avant-hier; c'est notamment le cas de la Géorgie; d'autres, comme l'Arizona et le Nouveau-Mexique, ont une importante communauté hispanique. New York et la Californie, régions cosmopolites des côtes atlantique et pacifique, réunissent évidemment les deux caractéristiques.

Hier, Hillary Clinton était dans le Tennessee, et Barack Obama se trouvait en Géorgie.

Du côté des républicains, les aspirants à la succession de George W. Bush font activement campagne en vue de la primaire de demain en Floride, où l'ex-gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, et le sénateur de l'Arizona, John McCain, sont à égalité. L'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, qui a pourtant consacré tous ses efforts des derniers mois dans le Sunshine State, risque de voir ses derniers espoirs présidentiels s'y évanouir dès demain. Selon les sondages, il dispute la troisième place avec l'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee, que l'on n'a pas pourtant pas beaucoup vu dans la péninsule.

Le gouverneur de la Floride, Charlie Crist, a récemment retiré son appui à M. Giuliani, au profit de John McCain.

Les candidats démocrates n'ont pas fait campagne dans cet État du sud-est, qui n'aura aucun délégué à la convention nationale du parti l'été prochain, en vertu d'une punition imposée par la direction nationale à sa section locale, pour avoir avancé la date de son élection primaire.

Le sénateur du Massachusetts, Edward Kennedy, doit annoncer aujourd'hui qu'il appuie Barack Obama dans la présente course à l'investiture démocrate. C'est ce qu'ont indiqué hier des membres de l'entourage des deux hommes. Cette nouvelle a causé une certaine surprise, plusieurs observateurs s'attendant à ce que le vieux politicien reste neutre jusqu'à la fin de la course.

La fille de John Fitzgerald Kennedy, Caroline, a déjà annoncé qu'elle se ralliait à la candidature d'Obama.

Par ailleurs, l'ancienne diplomate Liz Cheney, fille du vice-président Dick Cheney, va rejoindre l'équipe de Mitt Romney, a annoncé hier le service de presse de ce dernier.

Mlle Cheney, qui suivait le dossier du Moyen-Orient au département d'État, conseillera le candidat pour les affaires étrangères, selon un communiqué.

La fille du vice-président américain avait, dans un premier temps, soutenu la candidature de l'acteur Fred Thompson avant que celui-ci ne mette un terme à sa campagne, la semaine dernière.

La guerre en Irak est revenue au centre des débats entre les candidats à l'investiture républicaine samedi, John McCain ayant accusé Mitt Romney d'être partisan d'un calendrier pour le retrait des troupes, ce que ce dernier a démenti.

«Le gouverneur Romney voulait fixer une date pour le retrait similaire à celle que les démocrates appellent de leurs voeux, ce qui aurait mené selon moi à une victoire d'al-Qaïda», a déclaré McCain lors d'une réunion électorale dans un restaurant.

En avril, M. Romney avait déclaré sur ABC News que le président américain, George Bush, et le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, devraient établir des calendriers et une liste d'objectifs à atteindre dans le but de réduire les effectifs militaires américains, en précisant qu'ils ne devraient pas être rendus publics.

Lorsqu'il a tenu ces propos, M. Romney n'a cependant pas demandé à ce qu'une date précise soit arrêtée pour le départ des troupes.

Le conflit en Irak ne vient qu'en troisième place dans les préoccupations des électeurs, derrière l'état de l'économie américaine et l'assurance maladie, selon plusieurs sondages.

Avec l'Agence France-Presse et Reuters






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 28 janvier 2008 06h50
    L'autre bout de la lorgnette
    « La conclusion plus haut : «Le conflit en Irak ne vient qu'en troisième place dans les préoccupations des électeurs, derrière l'état de l'économie américaine et l'assurance maladie, selon plusieurs sondages.»

    Gageons que c'est l'inverse pour les Afghans et les Irakiens. »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 28 janvier 2008 09h37
    Le vote ethnique...et Monsieur
    « Obama a obtenu 80% du vote noir et 24% du vote blanc en Caroline du Sud.

    Ici, 13 ans après "l'argent et le vote ethnique" on capote encore sur la sortie de Monsieur. O scandale! Pourtant, chez nos voisins du sud, comme dans un tas de démocraties, on dissèque le vote dans ses moindres détails. On sait comment votent les Latinos, les Noirs, les ruraux, les riches, les femmes. Ca ne choque personne puisque c'est la réalité. Sauf ici où les fédéralistes font tout pour cacher que notre majorité de 60% a été renversée par le vote anglo-ethnique. Le tout avec la lâche complicité des péquistes qui ont peur de leur ombre »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 28 janvier 2008 11h08
    Sont-ils prêts?
    « Est-ce que les Américains sont prêts à élire un président afro-américain (« noir »)? Il semble selon certains observateurs de la société américaine (Globe & Mail de samedi) que les USA ont encore beaucoup de difficultés à réconcilier leur passé raciste avec un présent égalitaire. Dans ces conditions et si cela s'avère, la sélection de M. Obama comme candidat démocrate risque-t-il de donner la présidence sur un plat d'argent aux Républicains? Si M. Obama obtient la candidature démocrate, nous verrons bien en novembre où en sont nos voisins en matière d'égalité raciale! »

  • Bernard St-Amour
    Abonné
    lundi 28 janvier 2008 16h50
    Racisme vs sexisme
    « Je soupçone les Américains d'être encore moins prêts à élire une femme qu'un mulâtre à la Maison Blanche, surtout une femme qui doit l'essentiel de sa notoriété à un mari ex-Président omniprésent dans sa campagne électorale. On ne peut concevoir la situation inverse d'un candidat masculin dont l'épouse occuperait autant de place "médiatique". Par ailleurs, je trouve inacceptable qu'on persiste à qualifier Barack Obama de "noir" alors que sa mère est blanche: racisme insidieux, voire inconscient la plupart du temps, je le concède, mais qui n'en est pas moins insupportable 143 ans après l'abolition de l'esclavage aux États-Unis. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Dépêche
Éditorial
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009