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Primaires américaines - Obama passe à l'offensive

24 janvier 2008  États-Unis
Rock Hill — Le sénateur démocrate Barack Obama, qui joue ses ambitions présidentielles à quitte ou double dans la primaire de Caroline du Sud samedi, a durci le ton hier contre les «inexactitudes» prononcées selon lui par l'ex-président Bill Clinton.

Du côté républicain, le vainqueur mardides caucus de Lousiane, John McCain, qui espère voler la victoire en Floride mardi à l'ex-maire de New York Rudolph Giuliani, a reçu le soutien du vainqueur de la guerre du Golfe de 1991, Norman Schwarzkopf, potentiellement un atout déterminant auprès des milieux militaires. La veille, M. McCain était allé collecter des fonds à New York, le fief de son adversaire, où les sondages le créditent d'ailleurs d'une mince avance, faisant de lui le nouveau favori de la course à l'investiture républicaine.

Mais à l'approche de la primaire démocrate de samedi, c'est Barack Obama qui a fait le tour des plateaux de télévision, promettant de rendre coup pour coup face aux attaques de Bill Clinton qui, depuis deux semaines, lui reproche notamment d'embellir son bilan sur l'Irak.

L'ancien président pallie en Caroline du Sud l'absence de sa femme Hillary, déjà lancée dans une campagne nationale à l'approche de l'étape ultérieure, le «super mardi», qui verra se prononcer une vingtaine d'États le 5 février.

Des inexactitudes ?

«Il y a dans la campagne de [Hillary] Clinton l'ancien président Clinton qui fait un tas de déclarations inexactes sur mon bilan. Donc, bien sûr, il faut que je m'assure que ce soit rectifié», a déclaré M. Obama sur la chaîne de télévision ABC.

Mardi soir, l'adversaire malheureux de George W. Bush à la présidentielle de 2004, John Kerry, était allé plus loin, mettant les attaques contre Obama au niveau de celles qu'il avait essuyées de la part des républicains, qui avaient mis en doute ses faits d'armes pendant la guerre du Vietnam.

«Certains ont peut-être entendu les mensonges répugnants circulant par courriel sur Barack Obama», a écrit M. Kerry aux partisans du jeune sénateur de l'Illinois. «Ces attaques diffament la foi chrétienne et le profond patriotisme de Barack et déforment ses plus de 20 ans de service public», ajoute-t-il sans toutefois accuser le couple Clinton de répandre des rumeurs accusant M. Obama d'être un crypto-musulman.

M. Obama est crédité en Caroline du Sud d'une moyenne de 12 points d'avance sur Hillary Clinton par le site Internet RealClearPolitics. Mais visiblement il n'entend pas répéter l'erreur commise à la deuxième étape de la course dans le New Hampshire, où il avait payé d'une cuisante défaite sa tentation de surfer sur la vague de popularité qui l'avait porté à la victoire cinq jours plus tôt en Iowa.

Des appuis sûrs

Il sillonne sans relâche la Caroline du Sud, un État où la forte population noire devrait lui garantir une victoire facile, faisant alterner rassemblements à grande échelle et tables rondes mieux adaptées à l'exposé de son programme économique, désormais au centre de sa campagne.

La thématique économique est le prétexte à la fois pour critiquer le plan de relance de l'administration Bush et pour attaquer Hillary Clinton, accusée en substance d'avoir copié ses idées.

M. Obama sort également l'atout de sa femme Michelle, qui part inlassablement à la rencontre des électrices, alors que les femmes ont jusqu'à présent été la clé des succès de Hillary Clinton.

En revanche, il doit se contenter de diffuser des spots télévisés dans les grands États du 5 février, comme la Californie, où il accuse un gros retard dans les sondages (12 points d'écart, selon la moyenne de RealClearPolitics), ou l'État de New York (26 points, selon un sondage de l'institut Quinnipiac lundi).

Le magazine New York Observer lui a cependant accordé son soutien, le décrivant comme «l'emblème d'une Amérique nouvelle».
 
 
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