La bataille de Hillary Clinton
Elle doit le voir dans sa soupe. Qui aurait pu prédire que le jeune sénateur de l'Illinois Barack Obama lui rendrait la tâche à ce point difficile à elle, Hillary Clinton, qui a tout pour réussir, l'expérience, la volonté de changement, le respect d'une grande partie de la population américaine, en plus d'un sens aigu de la politique et d'un nom qu'elle avait réussi à sauver du déshonneur par son comportement digne et réservé au moment où la vie du couple Clinton battait de l'aile? Cette femme dont on a très méchamment souligné les rides récemment n'est pas au bout de ses peines.
Ce n'est pas Bill qui nuit à Hillary en ce moment. Au contraire. Malgré ses frasques, Bill Clinton est resté extrêmement populaire, et il soutiendra Hillary jusqu'au bout. Il lui doit bien ça. Celui qui nuit à Hillary, c'est Barack Obama, qui véhicule l'image forte d'un vrai renouveau face à une femme dont l'expérience, au lieu d'être un atout, devient une photo avec des rides et un poids supplémentaire à porter. Obama, ce sénateur sympathique et cool, a chamboulé la donne. Beaucoup d'Américains se sont entichés de lui dès le premier coup d'oeil, malgré le fait qu'il soit noir, ce qui avait toujours été vu comme un handicap pratiquement insurmontable chez nos amis du Sud. Il a suffi qu'il paraisse, qu'il parle d'espoir et de changement pour que la roue se mette à tourner comme on ne l'avait pas vue tourner depuis John F. Kennedy.
Nous assistons à un véritable phénomène. Le phénomène Obama. Ceux qui l'avaient entendu prendre la parole devant des démocrates à Boston savaient déjà qu'ils allaient entendre parler de lui pendant longtemps. Sans avoir l'air d'y toucher, il avait mis tous les délégués dans sa poche en quelques minutes. Habile dans son discours, enthousiasmant par ses propos, il tranchait déjà sur le ton souvent méprisant ou faussement amusant des politiciens aguerris. Et puis, il avait l'air d'y croire, à cette Amérique de paix et de générosité dont il parlait. Il y avait si longtemps que quelqu'un nous avait donné cette impression de profonde sincérité.
Le vote américain
Ce n'est pas gagné pour Hillary Clinton. Loin de là. Le double standard continuera de lui jouer de mauvais tours. Cette femme, qui a réussi à travers le temps à se blinder d'une carapace solide pour affronter les épreuves de toute sorte, va découvrir que la carapace est lourde et qu'elle ne peut pas jouer à l'homme politique sans en payer le prix. Elle devra être une femme politique, et ça, ce sera nouveau.
Il m'arrive de penser qu'avec le rôle que les Américains jouent dans le monde entier, nous devrions tous avoir le droit de voter aux États-Unis. Le président américain a un tel impact sur la vie de tous les citoyens de la planète que ce ne serait que justice que nous ayons tous le droit d'exprimer notre choix.
J'ai écouté attentivement le discours de Hillary Clinton au New Hampshire après une victoire que les sondages et les journalistes donnaient comme impossible en me disant qu'il était temps que cette femme se montre telle qu'elle est, forte et sensible à la fois, femme de tête et femme de coeur en même temps. Il est plus que temps qu'elle montre qui est la véritable Hillary Clinton. Elle dispose de dix mois pour cesser de jouer à l'homme politique et devenir une femme politique, avec tous les risques que cela comporte.
Si elle échoue, là où elle se situe, cela va encore une fois décevoir beaucoup de femmes. Elles vont se dire que ça ne sert à rien et qu'il y aura toujours un homme pour les dépasser à la dernière minute et prendre la place quoi qu'elles fassent. Ce n'est pourtant qu'à moitié vrai.
Il faut bien comprendre que ce n'est pas un homme ordinaire qui dérange les plans de Hillary Clinton. Barack Obama est un phénomène charismatique. Et contre cette puissance d'attraction, les forces en présence sont faussées. À quoi tient le charisme? Personne n'a jamais réussi à l'expliquer et personne n'a jamais su comment l'acquérir quand on en est dépourvu.
Ce qu'on peut affirmer sans peur de se tromper, c'est que la politique américaine est beaucoup plus intéressante en ce moment que la politique canadienne ou québécoise. C'est au sud que ça se passera en 2008 même si des élections devaient être déclenchées au fédéral au cours des prochains mois. Le plus gros show du monde sera américain.
Ce n'est pas Bill qui nuit à Hillary en ce moment. Au contraire. Malgré ses frasques, Bill Clinton est resté extrêmement populaire, et il soutiendra Hillary jusqu'au bout. Il lui doit bien ça. Celui qui nuit à Hillary, c'est Barack Obama, qui véhicule l'image forte d'un vrai renouveau face à une femme dont l'expérience, au lieu d'être un atout, devient une photo avec des rides et un poids supplémentaire à porter. Obama, ce sénateur sympathique et cool, a chamboulé la donne. Beaucoup d'Américains se sont entichés de lui dès le premier coup d'oeil, malgré le fait qu'il soit noir, ce qui avait toujours été vu comme un handicap pratiquement insurmontable chez nos amis du Sud. Il a suffi qu'il paraisse, qu'il parle d'espoir et de changement pour que la roue se mette à tourner comme on ne l'avait pas vue tourner depuis John F. Kennedy.
Nous assistons à un véritable phénomène. Le phénomène Obama. Ceux qui l'avaient entendu prendre la parole devant des démocrates à Boston savaient déjà qu'ils allaient entendre parler de lui pendant longtemps. Sans avoir l'air d'y toucher, il avait mis tous les délégués dans sa poche en quelques minutes. Habile dans son discours, enthousiasmant par ses propos, il tranchait déjà sur le ton souvent méprisant ou faussement amusant des politiciens aguerris. Et puis, il avait l'air d'y croire, à cette Amérique de paix et de générosité dont il parlait. Il y avait si longtemps que quelqu'un nous avait donné cette impression de profonde sincérité.
Le vote américain
Ce n'est pas gagné pour Hillary Clinton. Loin de là. Le double standard continuera de lui jouer de mauvais tours. Cette femme, qui a réussi à travers le temps à se blinder d'une carapace solide pour affronter les épreuves de toute sorte, va découvrir que la carapace est lourde et qu'elle ne peut pas jouer à l'homme politique sans en payer le prix. Elle devra être une femme politique, et ça, ce sera nouveau.
Il m'arrive de penser qu'avec le rôle que les Américains jouent dans le monde entier, nous devrions tous avoir le droit de voter aux États-Unis. Le président américain a un tel impact sur la vie de tous les citoyens de la planète que ce ne serait que justice que nous ayons tous le droit d'exprimer notre choix.
J'ai écouté attentivement le discours de Hillary Clinton au New Hampshire après une victoire que les sondages et les journalistes donnaient comme impossible en me disant qu'il était temps que cette femme se montre telle qu'elle est, forte et sensible à la fois, femme de tête et femme de coeur en même temps. Il est plus que temps qu'elle montre qui est la véritable Hillary Clinton. Elle dispose de dix mois pour cesser de jouer à l'homme politique et devenir une femme politique, avec tous les risques que cela comporte.
Si elle échoue, là où elle se situe, cela va encore une fois décevoir beaucoup de femmes. Elles vont se dire que ça ne sert à rien et qu'il y aura toujours un homme pour les dépasser à la dernière minute et prendre la place quoi qu'elles fassent. Ce n'est pourtant qu'à moitié vrai.
Il faut bien comprendre que ce n'est pas un homme ordinaire qui dérange les plans de Hillary Clinton. Barack Obama est un phénomène charismatique. Et contre cette puissance d'attraction, les forces en présence sont faussées. À quoi tient le charisme? Personne n'a jamais réussi à l'expliquer et personne n'a jamais su comment l'acquérir quand on en est dépourvu.
Ce qu'on peut affirmer sans peur de se tromper, c'est que la politique américaine est beaucoup plus intéressante en ce moment que la politique canadienne ou québécoise. C'est au sud que ça se passera en 2008 même si des élections devaient être déclenchées au fédéral au cours des prochains mois. Le plus gros show du monde sera américain.
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