vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 15h47
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Clinton de retour en force

Obama battu au New Hampshire; McCain l'emporte chez les républicains

Claude Lévesque   9 janvier 2008  États-Unis
Hillary Clinton a célébré sa victoire hier soir devant ses partisans rassemblés à Manchester, au New Hampshire. La candidate à l’investiture démocrate a réussi à vaincre son adversaire Barack Obama, que les derniers sondages donnaient favori.
Photo : Agence Reuters
Hillary Clinton a célébré sa victoire hier soir devant ses partisans rassemblés à Manchester, au New Hampshire. La candidate à l’investiture démocrate a réussi à vaincre son adversaire Barack Obama, que les derniers sondages donnaient favori.
L'ex-première dame des États-Unis a renversé la tendance en sa faveur, hier, en remportant l'élection primaire du New Hampshire contre son adversaire Barack Obama, qui l'avait battue jeudi dernier dans les caucus démocrates de l'Iowa.

Barack Obama était donné gagnant au New Hampshire depuis dimanche par tous les instituts de sondage, face à une Hillary Clinton qui, assistée de son mari, l'ancien président Bill Clinton, refusait de baisser pavillon dans cette course à l'investiture présidentielle qui prend de plus en plus les allures d'un «thriller». Obama avait même rejoint la sénatrice de l'État de New York à l'échelle nationale selon un sondage Gallup publié lundi.

Côté républicain, le sénateur de l'Arizona, John McCain, dont la plupart des commentateurs prédisaient la mort politique il n'y a pas longtemps, a remporté la victoire dans la primaire d'hier, comme le laissaient présager les plus récents sondages.

Après le décompte de 87 % des bulletins de vote, Hillary Clinton l'emportait par deux points de pourcentage contre Barack Obama. L'ancien sénateur de la Caroline du Nord et colistier de John Kerry en 2004, John Edwards, est arrivé assez loin en troisième place. Ce dernier a toutefois promis de rester dans la course.

Rayonnante, Hillary Clinton a avoué à ses partisans réunis à Manchester que la semaine qu'elle vient de passer a été difficile pour elle, mais aussi constructive. «Je vous ai écouté, et dans le processus, j'ai trouvé ma propre voix», a lancé la sénatrice de l'État de New York, visiblement émue par sa victoire serrée.

«J'ai l'impression que nous avons tous parlé avec notre coeur, et je suis tellement reconnaissante que vous ayez répondu», a -t-elle déclaré, entourée de son mari Bill et de sa fille Chelsea. «Donnons maintenant à l'Amérique le genre de retour que vous m'avez donné ce soir.»

«Vous avez rappelé à tout le monde que la politique n'est pas un jeu, que cette campagne concerne des gens», a mentionné Mme Clinton dans un discours axé en bonne partie sur des enjeux sociaux.

À quelques kilomètres de distance, à Nashua, Barack Obama s'est adressé à ses partisans dès l'annonce de la victoire de sa rivale. Il a félicité Hillary Clinton pour cette «victoire âprement disputée», avant de livrer un discours énergique annonçant que la lutte restera chaude jusqu'à la fin. «Je suis toujours très motivé et prêt à continuer», a-t-il lancé sous les applaudissements d'un public sonné, mais pas abattu.

«Il y a quelques semaines, personne n'aurait pu imaginer ce que nous avons accompli ce soir au New Hampshire», a dit Obama en faisant allusion aux sondages qui le plaçaient loin derrière Clinton avant le revirement des derniers jours.

«Ce soir, vous avez dit clairement qu'il se passe quelque chose en Amérique», a-t-il lancé, martelant son message du changement souhaité et en reprenant ses grands thèmes de campagne.

Il est notamment revenu sur celui de la réconciliation nationale au-delà des clivages partisans et, comme Mme Clinton allait le faire quelques minutes plus tard, il a promis de rapatrier les soldats américains engagés en Irak.

En l'emportant sur l'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, John McCain, un vétéran de la guerre du Vietnam, retrouve la «pole position» qu'il avait prise lors des premières salves de la longue course à l'investiture présidentielle, il y a deux ans.

Les électeurs républicains qui ont porté leur choix sur John McCain l'ont fait en bonne partie en raison de sa position sur la guerre en Irak, selon les commentateurs. Celui-ci est considéré comme l'auteur intellectuel de la «surge», c'est-à-dire de l'envoi temporaire de renforts dans ce pays au début de l'année, une stratégie qui selon plusieurs observateurs a donné de bons résultats.

Accueilli triomphalement par des partisans scandant «Mac est de retour! Mac est de retour!», John McCain a lancé: «Ce soir, nous leur avons montré à quoi ressemble un "comeback" [retour en force]!».

À plusieurs reprises il a parlé de son sens du devoir, se défendant d'être un «insider» (initié) de Washington, comme certains de ses adversaires le lui ont reproche.

«Une autre médaille d'argent. Je préférerai celle en or, mais c'est celle en argent», a déclaré M. Romney en reconnaissant sa défaite. La candidat s'était fait connaître en 2002 en reprenant en mains la gestion des Jeux Olympiques d'hiver de Salt Lake City.

M. Romney a promis de continuer à batailler dans la course à l'investiture pour la présidentielle de novembre, malgré sa défaite d'hier et celle de jeudi en Iowa. L'ancien gouverneur du Massachusetts a toutefois remporté les caucus du Wyoming, dont l'importance est relative.

Dans l'Iowa, les électeurs républicains lui avaient préféré Mike Huckabee, qui a dû se contenter hier de la troisième place au New Hampshire.

L'ancien maire de New York, Rudolf Giuliani, a quant à lui pris la quatrième place dans le Granite State avec 9 % des votes après dépouillement de 87% des bulletins. Il n'y avait pas fait campagne, pas plus qu'ebn Iowa.

Les prochains tests électoraux auront lieu le 15 janvier (primaires démocrates et républicaines dans le Michigan), le 19 janvier (caucus démocrates et républicains dans le Nevada et primaires républicaines en Caroline du Sud) et le 26 janvier (suivies de primaires démocrates le 26 janvier dans ce dernier État acquis aux démocrates depuis plusieurs décennies et où Hillary Clinton a tissé des liens étroits avec l'importante communauté noire).

Le 5 février, 22 États dont la Californie et New York tiendront leurs primaires. «Je considère que le moment décisif arrivera à minuit sur la côte ouest le 5 février, parce qu'il va falloir attendre jusque-là pour vraiment voir comment tout ça va tourner», avait déclaré Hillary Clinton plus tôt dans la journée d'hier NBC.

Un sondage sortie des urnes publié par la chaîne de télévision Fox donnait un début d'explication à la victoire de Mme Clinton : son retour en grâce auprès des femmes qui l'avaient majoritairement délaissée en Iowa et sa popularité confirmée auprès des familles à revenu modeste.

Pour plusieurs observateurs de la scène politique américaine, le verdict de l'Iowa en faveur de Barack Obama, qui se présente comme le candidat de «l'espoir» et du «changement», indique que ce sont les attitudes des Américains qui sont en train de changer profondément.

Cette victoire et sa performance tout fait honorable au New Hampshire semblent pour le moment faire mentir le mantra voulant que nos voisins du Sud ne sont pas prêts à élire un Noir. L'Iowa et le New Hampshire opnt des populations très majoritairement blanches.

Au moins autant que son programme, c'est la personnalité de Barack Obama qui bouscule les idées reçues et modifie la donne dans le bal des primaires, selon plusieurs analystes cités par l'agence Reuters.

La séduction qu'il exerce chez les électeurs blancs tient, pour partie, à ses racines multiculturelles, étant de mère blanche et de père kényan et ayant grandi d'abord à Hawaii puis en Indonésie, puis de nouveau à Hawaii.

Cet aspect, de même que son message optimiste, le distinguent des autres hommes politiques noirs et l'aident à ne le font pas paraître menaçant.
Hillary Clinton a célébré sa victoire hier soir devant ses partisans rassemblés à Manchester, au New Hampshire. La candidate à l’investiture démocrate a réussi à vaincre son adversaire Barack Obama, que les derniers sondages donnaient favori. Barack Obama, accompagné de sa femme Michelle, saluant la foule hier soir à Nashua, au New Hampshire, après sa défaite aux mains d’Hillary Clinton lors de la primaire démocrate.
 
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 9 janvier 2008 07h35
    La guerre plus que la paix
    Mme Clinton avait voté pour déclarer la guerre en Irak sans jamais s'en être excusée et Obama avait voté contre, lui. La moitié des habitants du New-Hampshire semblent avoir oublié ça hier. Est-ce qu'ils vont aller jusqu'à élire un autre Républicain comme prochain président malgré tous les mensonges dont ils ont été victimes dans la déclaration et la poursuivre de leurs guerres meurtrières ?

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 9 janvier 2008 08h17
    Désolation.
    Pour un retour en force de 2%, quelle tempête. La fin de l'article ressemble fort à d'autres lus hier dans les journaux européens. Voilà une des raisons pour laquelle on s'aperçoit que le changement et la volonté de changement, donc le courage en somme, n'est pas un ADN (je dirai ADNnique comme Adamique) chez l'être humain. Que cela ne fait pas partie de sa génétique. La peur est la composante de l'état d'esprit humain et elle tue, cette peur. La politique politicienne n'est pas de la politique, c'est de la démagogie. Il nous faut faire des accords de Tokyo politiques pour dépolluer la politique qui entraîne des jeunes vers des guerres inutiles et néfastes. Qui ruine l'avenir à cause des industries d'armement, le pavot en Afghanistan, le pétrole en Irak et les diamants en Afrique ainsi que d'autres ressources. Ne pas voter devient de plus en plus un acte politique par excellence puisque cela permet de dire non sans toutefois créditer des programmes démagogiques qui ne changeront rien de toute façon. Les programmes clintonniens en l'occurrence. La force du refus devrait devenir le prochain slogan de la liberté démocratique. Dire non, une fois pour toutes à la mascarade.
    On devrait avoir le droit de voter pour les présidentielles États-uniennes car ce pays est celui qui dirige, contrôle le monde entier. On le voit avec Israël et Bush, de nos jours. C'est plus important de voter pour les USA que pour son propre pays puisque ce dernier n'a aucune voix valable pour quoi que ce soit.
    Un autre point de vue est de voir que le « noir » Obama n'a pas de chance. Imaginez, une mère blanche et un père noir. Ce qui prime de plus dans cette équation, c'est qu'Obama est donc noir. Cela veut dire que sitôt votre enfant est d'origine blanche du côté de la mère et asiatique du côté du père et bien il est automatiquement jaune. Pourquoi? Parce que la race blanche ne tolère pas une autre couleur en son sein. On pourrait certes dire qu'il est aussi blanc que noir puisqu'il est aussi noir que blanc. Non, ce n'est pas comme le café au lait qui devient crème. Non, un être humain qui a une trace de noir, de jaune, de rouge, ne peut être blanc. Autrement dit, le blanc est homme, les autres sont Omo qui lave plus blanc.
    Je désespère pour la jeunesse à cause cette peur face au changement et au courage. Nous ne sommes plus responsables et nos valeurs se sont liquéfiées comme le dit si bien le sociologue Zygmunt Bauman et on cite sa 4ième page de couverture pour se faire plaisir sortie de la Société Assiégée: «La société est assiégée, soumise à des attaques sur deux fronts : d'un côté un monde globalisé, auquel les anciennes règles et structures ne sont plus adaptées et où de nouvelles tardent à prendre forme, de l'autre une politique de la vie de plus en plus « liquide » et mal définie. L'espace compris entre ces deux fronts, gouvernés jusque récemment encore par les principes régissant l'État-nation souverain et identifié par les sociologues comme la « société », est chaque jour plus difficile à concevoir comme une entité autonome. D'où le défi posé à une sociologie fondée sur une conception de la société en grande partie dépassée : la souveraineté et le pouvoir relèvent de moins en moins des politiques de l'État-nation sans être en contrepartie institutionnalisés dans un nouvel espace. Quelles sont les conséquences de cette profonde transformation de la vie en société? Quel monde sera celui du XXIème siècle? » Ouf, on n'est plus seul. C'est justement ce refus qui désespère. Un refus qui est un déni de la réalité, un déni du courage, un déni à l'imagination humaine. Voilà ce que je perçois dans ces primaires américaines et dans les interprétations journalistiques. Triste.

  • Jean Beaumont
    Inscrit
    mercredi 9 janvier 2008 13h01
    Obama n'est un Noir ni un Afro-Américain mais un Métis
    Et il ne sera pas, malheureusement, le premier Noir à occuper le poste de président des États-Unis si jamais il remporte les élections.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Chroniques
éditoriaux
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012