Clinton joue son va-tout ce soir
Photo : Agence Reuters
La candidate démocrate à l’élection présidentielle américaine Hillary Clinton écoute la présentation qui lui a été faite, hier, lors de son passage à Dover en vue de la primaire du New Hampshire.
La vague Obama qui avait déferlé jeudi dernier sur les plaines de l'Iowa semble sur le point de balayer aujourd'hui les Montagnes Blanches du New Hampshire. À la veille des élections primaires dans ce petit État de la Nouvelle-Angleterre, deuxième étape de la course à l'investiture présidentielle au sein des deux grands partis américains, plusieurs sondages indiquent une importante avance du jeune sénateur de l'Illinois sur la candidate Hillary Clinton dans les intentions de vote des électeurs démocrates.
À la veille des élections primaires dans ce petit État de la Nouvelle-Angleterre, deuxième étape de la course à l'investiture présidentielle au sein des deux grands partis américains, plusieurs sondages indiquent une importante avance du jeune sénateur de l'Illinois sur la candidate Hillary Clinton dans les intentions de vote des électeurs démocrates.
Barack Obama, qui aspire à devenir le premier président noir des États-Unis, se voit crédité d'une avance de plus de dix points sur l'ancienne première dame des États-Unis et sénatrice de l'État de New York, dans au moins deux enquêtes dont les résultats ont été publiés dimanche. Hier, un sondage Gallup le donnait même à égalité avec Clinton à l'échelle nationale.
La semaine dernière, Hillary Clinton bénéficiait pourtant d'une avance substantielle dans les intentions de vote dans le «Granite State». Cet avantage a graduellement fondu depuis jeudi.
Les primaires du New Hampshire, où depuis vendredi dernier les candidats font du porte-à-porte et multiplient les petites réunions, sont tout à fait cruciales pour Mme Clinton, après les caucus de l'Iowa où elle avait dû se contenter de la troisième place derrière l'ancien sénateur de la Caroline du Nord, John Edwards.
Barack Obama avait emporté les caucus démocrates de l'Iowa par une marge substantielle.
Du côté républicain, le sénateur de l'Arizona, John McCain (vainqueur en 2000), est favori dans les sondages pour l'emporter aujourd'hui sur l'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney. Jeudi dernier, en Iowa, ce dernier avait été devancé par l'ancien gouverneur de l'Arkansas et ex-pasteur baptiste, Mike Huckabee, qui est en troisième place dans les sondages au New Hampshire.
L'importance des caucus de l'Iowa et des primaires du New Hampshire ne tient pas à la population modeste de ces deux États, qui ne sont d'ailleurs pas très représentatifs, parce que moins urbanisés et moins cosmopolites que l'ensemble des États-Unis.
Pour John Parisella, un passionné de la politique américaine qui s'est joint à l'équipe de M. Obama à titre de bénévole, le New Hampshire illustre pourtant bien «le jeu des primaires, qui se résume à un seul mot: momentum».
«Gagner n'est pas le seul facteur à considérer. C'est davantage la performance face aux attentes qu'il faut voir, dit le conseiller du parti libéral du Québec et professeur à l'université Concordia, joint au téléphone au New Hampshire. Une victoire peut représenter une perte de momentum.»
Le verdict des électeurs du New Hampshire contribuera en tout cas à faire le tri parmi les candidats et influera sur les contributions financières qui continueront de leur être versées.
Hillary Clinton et Rudolph Giuliani ont longtemps dominé les sondages d'opinion à l'échelle nationale, mais la course à l'investiture s'est resserrée dernièrement, et ce, au sein des deux partis. Hier, une enquête Gallup plaçait Mme Clinton et M. Obama à égalité.
Du côté démocrate, Barack Obama, 46 ans, n'attirerait plus seulement une majorité de jeunes mais séduirait également les femmes et les électeurs n'appartenant ni au parti démocrate ni au parti républicain. Selon des études réalisées dans les bureaux de vote de l'Iowa, 35 % des électrices démocrates l'ont choisi tandis que 30 % lui ont préféré Hillary Clinton.
Et deux sondages publiés hier indiquent que M. Obama et Mme Clinton se disputent âprement l'électorat féminin dans le New Hampshire. Or les femmes sont nettement plus nombreuses à participer au processus des primaires, selon l'institut Pew Research Center.
Mme Clinton, qui a été élue sénatrice de l'État de New York à Washington en 2000, a continué ces derniers jours à faire valoir son expérience politique tandis que Barack Obama, qui a été choisi pour représenter l'Illinois à la chambre haute des États-Unis en 2004, met l'accent sur le thème du changement et sur la nécessité d'unir les Américains au-delà des clivages partisans.
Depuis sa défaite en Iowa, Hillary Clinton multiplie les attaques cinglantes contre son principal adversaire, plus «parleur» que «faiseur», selon elle.
«Ce que je dis, c'est qu'il s'agit peut-être d'un choix entre les paroles et l'action, entre la rhétorique et la réalité» a-t-elle lancé hier sur les ondes de NBC.
«Ce que nos voyons, ce sont les derniers soubresauts de la résistance de Washington au changement», a répliqué Barack Obama.
«Quoi qu'il arrive demain [aujourd'hui]», la sénatrice de l'État de New York a promis de continuer à lutter jusqu'au 5 février, alors que 22 États, dont New York et la Californie, tiendront des primaires. «J'ai toujours pensé que ce serait une élection très durement disputée, et je suis prête», a-t-elle ajouté.
«Demain, nous allons faire savoir au monde entier que de nouveau le New Hampshire a choisi le prochain président des États-Unis», a de son côté prophétisé John Mc Cain.
Les coups bas ont également marqué les échanges entre candidats républicains au cours des derniers jours. Lors d'un débat télévisé dimanche, Mitt Romney a ainsi reproché à Mike Huckabee de fabuler, et à John Mc Cain d'être tombé sous l'influence des lobbyistes pour avoir siégé trop longtemps à Washington.
Mike Huckabee, le populiste qui constitue la grande surprise de la présente campagne, ne compte pas sur une victoire au New Hampshire. Il a dit qu'il se contenterait d'une troisième ou d'une quatrième place.
Certains commentateurs pensent que Mme Clinton aurait dû s'abstenir de faire campagne en Iowa et au New Hampshire, à l'instar du candidat républicain Rudolph Giuliani, qui concentre ses efforts sur les États plus populeux, qui voteront d'ici le 5 février. Le fait pour un candidat d'avoir fait piètre figure en Iowa et au New Hampshire n'en font d'ailleurs pas nécessairement un «perdant», surtout s'ils s'y sont peu montrés.
Les primaires de Californie et de New York auront lieu le 5 février, en même temps que dans vingt autres États. Entre-temps, d'autres États importants feront leur choix, dont le Michigan, le Nevada et la Floride.
Au New Hampshire, les électeurs qui ne sont inscrits ni comme démocrates ni comme républicains, soit la majorité, ont le droit de participer à l'élection primaire d'un des partis.
En 2000, John McCain avait bénéficié du vote de ces indépendants, dont 62 % avaient choisi de voter à la primaire républicaine.
Cette année, la majorité des indépendants semblent avoir l'intention d'aller voter dans les urnes démocrates, vraisemblablement pour Barack Obama. La plupart des analystes calculent que cela devrait plutôt favoriser Mitt Romney.
Pendant que les deux partis traditionnels s'affairent à choisir leur porte-étendard, un groupe de personnalités issues de ces formations politiques mais ayant rompu leurs liens avec elles, ont déploré hier la polarisation bipartisane, lors d'une réunion du forum Unity08 tenue à l'université de l'Oklahoma.
L'ancien sénateur démocrate Davis Boren, un des coordonnateurs de la réunion, avait déclaré la semaine dernière au New York Times que, si les candidats actuels ne tenaient pas un discours plus solide, il serait «parmi ceux qui demanderaient à l'actuel maire de New York, Michael Bloomberg, d'envisager d'être candidat à la présidence».
M. Bloomberg, qui a longtemps été démocrate avant de passer dans le camp républicain, a quitté en juin dernier le Grand Old Party pour s'afficher comme indépendant.
Avec l'Agence France-presse, Associated Press et Reuters
À la veille des élections primaires dans ce petit État de la Nouvelle-Angleterre, deuxième étape de la course à l'investiture présidentielle au sein des deux grands partis américains, plusieurs sondages indiquent une importante avance du jeune sénateur de l'Illinois sur la candidate Hillary Clinton dans les intentions de vote des électeurs démocrates.
Barack Obama, qui aspire à devenir le premier président noir des États-Unis, se voit crédité d'une avance de plus de dix points sur l'ancienne première dame des États-Unis et sénatrice de l'État de New York, dans au moins deux enquêtes dont les résultats ont été publiés dimanche. Hier, un sondage Gallup le donnait même à égalité avec Clinton à l'échelle nationale.
La semaine dernière, Hillary Clinton bénéficiait pourtant d'une avance substantielle dans les intentions de vote dans le «Granite State». Cet avantage a graduellement fondu depuis jeudi.
Les primaires du New Hampshire, où depuis vendredi dernier les candidats font du porte-à-porte et multiplient les petites réunions, sont tout à fait cruciales pour Mme Clinton, après les caucus de l'Iowa où elle avait dû se contenter de la troisième place derrière l'ancien sénateur de la Caroline du Nord, John Edwards.
Barack Obama avait emporté les caucus démocrates de l'Iowa par une marge substantielle.
Du côté républicain, le sénateur de l'Arizona, John McCain (vainqueur en 2000), est favori dans les sondages pour l'emporter aujourd'hui sur l'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney. Jeudi dernier, en Iowa, ce dernier avait été devancé par l'ancien gouverneur de l'Arkansas et ex-pasteur baptiste, Mike Huckabee, qui est en troisième place dans les sondages au New Hampshire.
L'importance des caucus de l'Iowa et des primaires du New Hampshire ne tient pas à la population modeste de ces deux États, qui ne sont d'ailleurs pas très représentatifs, parce que moins urbanisés et moins cosmopolites que l'ensemble des États-Unis.
Pour John Parisella, un passionné de la politique américaine qui s'est joint à l'équipe de M. Obama à titre de bénévole, le New Hampshire illustre pourtant bien «le jeu des primaires, qui se résume à un seul mot: momentum».
«Gagner n'est pas le seul facteur à considérer. C'est davantage la performance face aux attentes qu'il faut voir, dit le conseiller du parti libéral du Québec et professeur à l'université Concordia, joint au téléphone au New Hampshire. Une victoire peut représenter une perte de momentum.»
Le verdict des électeurs du New Hampshire contribuera en tout cas à faire le tri parmi les candidats et influera sur les contributions financières qui continueront de leur être versées.
Hillary Clinton et Rudolph Giuliani ont longtemps dominé les sondages d'opinion à l'échelle nationale, mais la course à l'investiture s'est resserrée dernièrement, et ce, au sein des deux partis. Hier, une enquête Gallup plaçait Mme Clinton et M. Obama à égalité.
Du côté démocrate, Barack Obama, 46 ans, n'attirerait plus seulement une majorité de jeunes mais séduirait également les femmes et les électeurs n'appartenant ni au parti démocrate ni au parti républicain. Selon des études réalisées dans les bureaux de vote de l'Iowa, 35 % des électrices démocrates l'ont choisi tandis que 30 % lui ont préféré Hillary Clinton.
Et deux sondages publiés hier indiquent que M. Obama et Mme Clinton se disputent âprement l'électorat féminin dans le New Hampshire. Or les femmes sont nettement plus nombreuses à participer au processus des primaires, selon l'institut Pew Research Center.
Mme Clinton, qui a été élue sénatrice de l'État de New York à Washington en 2000, a continué ces derniers jours à faire valoir son expérience politique tandis que Barack Obama, qui a été choisi pour représenter l'Illinois à la chambre haute des États-Unis en 2004, met l'accent sur le thème du changement et sur la nécessité d'unir les Américains au-delà des clivages partisans.
Depuis sa défaite en Iowa, Hillary Clinton multiplie les attaques cinglantes contre son principal adversaire, plus «parleur» que «faiseur», selon elle.
«Ce que je dis, c'est qu'il s'agit peut-être d'un choix entre les paroles et l'action, entre la rhétorique et la réalité» a-t-elle lancé hier sur les ondes de NBC.
«Ce que nos voyons, ce sont les derniers soubresauts de la résistance de Washington au changement», a répliqué Barack Obama.
«Quoi qu'il arrive demain [aujourd'hui]», la sénatrice de l'État de New York a promis de continuer à lutter jusqu'au 5 février, alors que 22 États, dont New York et la Californie, tiendront des primaires. «J'ai toujours pensé que ce serait une élection très durement disputée, et je suis prête», a-t-elle ajouté.
«Demain, nous allons faire savoir au monde entier que de nouveau le New Hampshire a choisi le prochain président des États-Unis», a de son côté prophétisé John Mc Cain.
Les coups bas ont également marqué les échanges entre candidats républicains au cours des derniers jours. Lors d'un débat télévisé dimanche, Mitt Romney a ainsi reproché à Mike Huckabee de fabuler, et à John Mc Cain d'être tombé sous l'influence des lobbyistes pour avoir siégé trop longtemps à Washington.
Mike Huckabee, le populiste qui constitue la grande surprise de la présente campagne, ne compte pas sur une victoire au New Hampshire. Il a dit qu'il se contenterait d'une troisième ou d'une quatrième place.
Certains commentateurs pensent que Mme Clinton aurait dû s'abstenir de faire campagne en Iowa et au New Hampshire, à l'instar du candidat républicain Rudolph Giuliani, qui concentre ses efforts sur les États plus populeux, qui voteront d'ici le 5 février. Le fait pour un candidat d'avoir fait piètre figure en Iowa et au New Hampshire n'en font d'ailleurs pas nécessairement un «perdant», surtout s'ils s'y sont peu montrés.
Les primaires de Californie et de New York auront lieu le 5 février, en même temps que dans vingt autres États. Entre-temps, d'autres États importants feront leur choix, dont le Michigan, le Nevada et la Floride.
Au New Hampshire, les électeurs qui ne sont inscrits ni comme démocrates ni comme républicains, soit la majorité, ont le droit de participer à l'élection primaire d'un des partis.
En 2000, John McCain avait bénéficié du vote de ces indépendants, dont 62 % avaient choisi de voter à la primaire républicaine.
Cette année, la majorité des indépendants semblent avoir l'intention d'aller voter dans les urnes démocrates, vraisemblablement pour Barack Obama. La plupart des analystes calculent que cela devrait plutôt favoriser Mitt Romney.
Pendant que les deux partis traditionnels s'affairent à choisir leur porte-étendard, un groupe de personnalités issues de ces formations politiques mais ayant rompu leurs liens avec elles, ont déploré hier la polarisation bipartisane, lors d'une réunion du forum Unity08 tenue à l'université de l'Oklahoma.
L'ancien sénateur démocrate Davis Boren, un des coordonnateurs de la réunion, avait déclaré la semaine dernière au New York Times que, si les candidats actuels ne tenaient pas un discours plus solide, il serait «parmi ceux qui demanderaient à l'actuel maire de New York, Michael Bloomberg, d'envisager d'être candidat à la présidence».
M. Bloomberg, qui a longtemps été démocrate avant de passer dans le camp républicain, a quitté en juin dernier le Grand Old Party pour s'afficher comme indépendant.
Avec l'Agence France-presse, Associated Press et Reuters
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