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2007: première année d'espoir en Irak

29 décembre 2007  États-Unis
Bagdad — Diminution des attentats, chute du nombre de victimes des violences, relance du commerce... L'envoi en 2007 de 30 000 soldats supplémentaires pour sécuriser Bagdad et la province d'Anbar semble avoir porté ses fruits en Irak. Reste à savoir si ces progrès survivront au départ prochain de ces renforts, sachant que les différentes factions irakiennes n'arrivent toujours pas à s'entendre sur le partage du pouvoir.

D'ici juillet 2008, les États-Unis doivent retirer les cinq brigades de combat que le président George W. Bush avait envoyées pour enrayer le déchaînement de violence entre sunnites et chiites. Irakiens et Américains espèrent également achever courant 2008 des négociations sur un nouvel accord qui transférera davantage de pouvoir aux premiers et réduira probablement la capacité de Washington à peser sur les décisions de Bagdad.

La situation sécuritaire s'est améliorée de manière spectaculaire ces trois derniers mois, suscitant l'espoir que le plus dur est peut-être désormais passé dans la guerre en Irak. En novembre 2006, au moins 2250 Irakiens — civils, soldats et policiers — avaient été tués dans des violences politiques. Le mois dernier, le bilan s'est élevé à 718 morts.

Les pertes dans les rangs de l'armée américaine ont également chuté, passant de 126 en mai à moins de 40 en octobre et novembre, même si 2007 reste l'année la plus meurtrière pour les forces de l'oncle Sam en Irak.

Des milliers d'Irakiens qui avaient fui le pays prennent le chemin du retour. Des quartiers de Bagdad, aux allures de villes fantômes il y a quelques mois encore, reprennent vie. Des habitants se promènent dans la rue avec leurs enfants, même le soir. «La situation s'améliore chaque jour», estime Firas Adel, un négociant chiite en vêtements.

Le calme relatif à Bagdad, dans la province d'Anbar et d'autres zones sensibles reste cependant fragile. Les combats font toujours rage dans des secteurs clés non loin de la capitale. À Bagdad, des bombes explosent presque chaque jour, mais elles attirent peu l'attention, sauf quand elles font de nombreuses victimes.

Si les groupes extrémistes chiites et sunnites, dont al-Qaïda en Irak, ont subi des coups sévères, ils n'ont pas été détruits. Les combattants d'al-Qaïda expulsés de Bagdad tentent de se regrouper dans le nord et l'ouest du pays. D'autres groupes armés se feraient discrets en attendant le départ des renforts américains.

Les progrès enregistrés sont largement liés à l'envoi des renforts américains et aux changements de stratégie mis en oeuvre par le général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak. Grâce aux 30 000 hommes supplémentaires déployés dans le pays, les GIs ont repris les bastions des militants sunnites, dont al-Qaïda en Irak.

L'envoi des renforts a également encouragé les chefs tribaux sunnites dans leur rejet d'al-Qaïda, et des milliers de sunnites adhèrent à des groupes de défense soutenus par les États-Unis pour empêcher un éventuel retour des extrémistes.

Côté chiite, le mécontentement croissant de l'opinion contre la criminalité et les abus imputés à l'Armée du Mahdi a conduit le chef de celle-ci, l'imam antiaméricain Moqtada al-Sadr, à suspendre les attaques de la milice et à la purger.

De nombreux diplomates, chefs militaires et experts américains doutent d'une réconciliation des Irakiens par de grands accords ou l'adoption d'une loi à l'échelle nationale. Ils misent plutôt sur un patchwork d'accords de paix locaux entre tribus sunnites et chiites pour produire une réconciliation par le bas. Un processus qui pourrait prendre des années.
 
 
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