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Washington observe une réserve prudente sur l'avenir de Castro

19 décembre 2007  États-Unis
Washington — L'administration Bush a observé hier une réserve prudente ou blasée devant les propos du dirigeant cubain Fidel Castro déclarant qu'il ne s'accrocherait pas au pouvoir, mais a exprimé sa confiance dans un prochain changement politique dans l'île.

«C'est une lettre intéressante», a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche Dana Perino en parlant de la lettre lue lundi à la télévision cubaine, dans laquelle Fidel Castro fait allusion pour la première fois à un éventuel abandon de ses fonctions. «Il est difficile de savoir ce qu'il dit ou ce qu'il veut dire, et cela n'est pas inhabituel; nous continuons donc simplement à oeuvrer à la démocratie dans l'île et nous pensons que ce jour viendra bientôt», a-t-elle dit devant la presse.

Dans son message, Fidel Castro, arrivé au pouvoir il y a près d'un demi-siècle mais contraint par la maladie à transmettre les rênes à son frère Raúl, officiellement à titre provisoire, dit que son «devoir élémentaire n'est pas de [s]'accrocher à des charges» et qu'il n'entend pas «fermer la voie» à de plus jeunes.

Un porte-parole du département d'État a ironisé sur les propos de Fidel Castro. «Vous savez, c'est un peu comme cette vieille chanson country: "Comment veux-tu me manquer si tu ne te décides pas à partir un jour?" Et, quand il parle de la jeune génération, je ne suis pas sûr: est-ce qu'il parle de jeunes types comme son frère, qui a 78 ans?», a raillé Tom Casey. Raúl Castro a en fait 76 ans; Fidel, 81.

«Il y a eu par le passé beaucoup de déclarations de Fidel semblables à celle-ci. Je ne crois pas que nous y accordions un crédit particulier», a-t-il dit.

Dans sa lettre, le Lider Maximo, à la tête du régime communiste depuis 1959, ne précise pas de date pour un éventuel passage de témoin. Ce n'est pas la première fois, avant et depuis sa convalescence, que Fidel Castro affirme vouloir laisser monter une nouvelle génération de dirigeants. Officiellement, il conserve la présidence du Conseil d'État, ce qui fait de lui le chef du gouvernement.

Plusieurs fois par semaine, il publie des textes, souvent sur les questions internationales, qui sont diffusés par les médias officiels, comme celui de lundi. Dans ce document, il cite le cas du célèbre architecte communiste Oscar Niemeyer, qui continue de diriger des projets alors qu'il a fêté ses 100 ans samedi. Bien qu'en marge de la vie politique actuellement, Fidel Castro est candidat à sa propre succession en tant que député pour les élections législatives du 20 janvier.

Dans les semaines qui suivront ce scrutin, la nouvelle Assemblée nationale devrait désigner un nouveau Conseil d'État et son président, mais rien n'a été dit pour l'heure sur le rôle que tiendrait Fidel Castro, président du Conseil depuis sa création en 1976. Le scrutin présidentiel est prévu pour le 5 mars au plus tard.






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