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Bush arrache un accord Olmert-Abbas

Annapolis fixe pour objectif un traité pour la fin 2008

Guy Taillefer   28 novembre 2007  États-Unis
Le président George W. Bush (au centre) s’est rendu hier à une conférence de presse en compagnie d’Éhoud Olmert (à gauche) et de Mahmoud Abbas.
Photo : Agence Reuters
Le président George W. Bush (au centre) s’est rendu hier à une conférence de presse en compagnie d’Éhoud Olmert (à gauche) et de Mahmoud Abbas.
Annapolis — Sous les pressions américaines, Israéliens et Palestiniens ont accepté hier d'engager des «discussions bilatérales immédiates» dans l'espoir de parvenir à un accord de paix avant la fin de 2008. La percée diplomatique est fragile et beaucoup l'ont accueillie avec scepticisme, mais il reste que c'est la première fois que des pourparlers s'engagent en bonne et due forme depuis l'échec retentissant des négociations de Camp David, en 2000.

Le président américain George W. Bush en a lui-même fait l'annonce, cinq minutes à peine avant le début de la conférence de paix convoquée en grande pompe à la base navale d'Annapolis, non loin de Washington, où avaient été réunis aux côtés d'Israël une cinquantaine de pays et d'organisations internationales, dont — fait exceptionnel — les représentants de 16 gouvernements arabes.

Pendant une grande partie de la nuit de lundi à mardi, les négociateurs israéliens et palestiniens avaient tenté sans succès de s'accorder sur un cadre de discussions. Il aura fallu l'intervention de M. Bush et de sa secrétaire d'État Condoleezza Rice pour que le premier ministre israélien Éhoud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'entendent finalement sur l'ouverture de négociations finales.

Avec force poignées de mains, MM. Olmert et Abbas sont convenus de «faire tous les efforts possibles» pour en arriver «en toute bonne foi» à un traité de paix «résolvant toutes les questions pendantes», a déclaré M. Bush qui, après avoir ignoré pendant sept ans le contentieux israélo-palestinien, fait aujourd'hui le pari personnel de voir une entente se conclure avant la fin de son second mandat, l'année prochaine. L'objectif étant de créer «un État palestinien démocratique qui vivra côte à côte avec Israël en paix et dans la sécurité».

Rien de concret toutefois n'a transpiré de la grande rencontre d'Annapolis au sujet des enjeux principaux d'un conflit qui empoisonne le Proche-Orient depuis

60 ans: contours frontaliers du futur État palestinien, sort des colonies israéliennes de peuplement, statut de Jérusalem, droits de retour des 4 millions de réfugiés de 1948, partage de l'eau... Israéliens et Palestiniens sont à des années-lumière sur toutes ces questions. Ils ont annoncé hier la formation d'un «comité de pilotage» qui tiendra sa première réunion de négociations le 12 décembre prochain, en Israël ou en Cisjordanie.

«C'est le bon moment, a déclaré le président Bush. La cause est juste. Et je sais qu'au prix de durs efforts les parties peuvent réussir.» M. Abbas a opiné: cette occasion de faire la paix «ne se répétera pas», a-t-il prévenu, saluant la mobilisation des pays arabes.

M. Olmert a déclaré qu'Israël était prêt à faire un «compromis douloureux» pour arriver à faire la paix avec les Palestiniens. «Je pense que la réalité qui a été créée dans notre région en 1967 va changer de façon considérable. Cela va vraiment être très dur pour beaucoup d'entre nous, mais c'est inévitable. Je sais que beaucoup de mes concitoyens s'en rendent compte, et nous y sommes prêts.»

Il a invité les pays arabes à normaliser leurs relations avec l'État hébreu. D'accord, lui a répondu le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saoud Al-Fayçal, mais pas avant qu'Israël ne se soit retiré des territoires occupés.

Scepticisme

Les sceptiques n'ont pas tardé à se manifester, d'autant que ni M. Bush, embourbé en Irak, ni M. Olmert, peu populaire au sein de l'électorat israélien, ni M. Abbas, engagé dans un bras de fer interpalestinien avec les islamistes du Hamas, ne sont politiquement en position de force. «Annapolis constitue en soi un développement positif, a fait valoir sur les onde de PBS Dennis Ross, un ancien haut fonctionnaire du département d'État américain. La question est de savoir, maintenant, si la réunion est porteuse d'espoir.» Que l'Arabie saoudite et la Syrie soient présentes représente un certain succès diplomatique pour M. Bush, soulignent les analystes. La conférence fait en revanche l'impasse sur l'Iran et le Hamas, deux des acteurs principaux des conflits qui agitent le Proche-Orient.

Des territoires palestiniens en passant par le Liban et l'Iran, sans oublier les colons israéliens, les opposants à la conférence d'Annapolis ont du reste exprimé hier leur désapprobation. De violentes manifestations ont éclaté à Gaza et en Cisjordanie, la plus meurtrière faisant un mort et 35 blessés à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

«Les négociateurs palestiniens ne sont pas parvenus à un accord avec Israël sur le démantèlement d'une seule barrière de béton ou de quelques centaines de check-points en Cisjordanie. Comment peuvent-ils s'attendre à résoudre les grandes questions comme Jérusalem, les frontières et les réfugiés?, a déclaré Ahmed Youssef, collaborateur d'Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas à Gaza. Ce que nous avons vu est juste une fête d'adieu pour George Bush et une tentative désespérée visant à le faire passer pour un grand dirigeant qui a réussi à faire ce que les autres dirigeants américains n'ont pas pu faire. Annapolis n'est pas la voie qui nous conduira à une paix véritable. C'est une perte de temps.»

Réaction de Danny Dayan, porte-parole du groupe de colons juifs Yesha: «Les efforts transparents pour achever des négociations dans un délai permettant à George Bush d'obtenir le prix Nobel de la paix conduiront à une catastrophe. Les attentes vont grandir et, quand elles seront déçues, la frustration qui en résultera n'apportera que la violence.»

À Jérusalem, le ministre israélien des Affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, a accueilli avec ironie l'engagement de parvenir à un règlement du conflit avant la fin 2008. «Cette date a été fixée à Annapolis, mais celle de 3008 aurait tout aussi bien pu être retenue [...] Ce ne sont que des mots. La possibilité de signer un accord l'an prochain est quasi nulle», a-t-il affirmé sur les ondes de la chaîne publique de la télévision israélienne.

Aluf Benn, responsable de la section politique au journal israélien Haaretz, estime que la conférence d'Annapolis vise en grande partie à tenter de renforcer la position de M. Abbas et de son organisation du Fatah face au Hamas. Son collègue Khaled Abu Toameh, journaliste arabe israélien qui couvre la Cisjordanie et Gaza pour le Jerusalem Post, doute que cela réussisse. D'abord parce que, selon lui, Israël n'est pas pressé de négocier la création d'un État palestinien. Ensuite parce qu'«Abbas est sans crédibilité, il ne représente personne», comme il le disait lors d'un passage récent à Montréal.

Israël et la communauté internationale ont, à son avis, commis une erreur fondamentale en refusant de «laisser le Hamas gouverner» après sa victoire électorale du début 2006. «On ne peut pas faire la paix avec le Hamas, mais il est possible pour Israël de s'entendre avec lui pour gérer le conflit et faire cesser la violence.» Annapolis, selon lui, ne mènera nulle part.

Avec Agence France-Presse et Reuters
 
 
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  • André Brassard
    Abonné
    mercredi 28 novembre 2007 00h28
    lr Nobel de la Paix à Bush !
    Pce serait bien le restant des écus, comme on disait, si le Nobel de la Paix revenait jamais à
    ce préstdent sanguinaire qui a menti au monde entier pour provoquer des guerres partout où il en a eu l'occasion ; C'est un bas-cul qui, comme Napoléon tente de cacher a petite taille de son pénis en le remplaçant par des lance-missiles et es bombes dont la forme phallique n'échappe plus à personne. vivement le retour au Moyen-Âge ou les puissants réglaient leurs conflits d'homme à homme sans s'abriter lâchement dans leurs capitales confortables tandis que la jeunesse défavorisée du pays leur sert de chair à canon.
    Il faudrait inventer un Nobel de la Lâcheté et les concurents méritants ne manqueraient pas .

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 28 novembre 2007 04h03
    Étirer le temps
    Israël n'a pas intérêt à arriver à une entente avec l'autorité Palestinienne à moins de gagner tous ses points : contours frontaliers du futur État palestinien plein de trous israéliens en Palestine,causés par colonies israéliennes de peuplement, statut de Jérusalem, droits de retour des 4 millions de réfugiés de 1948, partage de l'eau...Ayoye !

    Israël, avec son armée rutilante, outillée par les États-Unis dans tout ce qu'il y a de plus moderne, qui peut faire des morts ciblés ou de masse et ses bombes atomiques prêtes à frapper, tient tous les pays arabes par le sensible en les paralysant militairement, sauf pour le Hamas qui ne peut aller très loin avec peu de moyens.

    Avec l'aide monétaire des Chrétiens fondamentalistes américains parce qu'ils pensent que le Christ va bientôt revenir sur terre en Israël et l'aide militaire et monétaire du gouvernement Bush américain, Israël, le dominateur, semble vouloir avoir le peuple palestinien, occupé par lui à l'usure en le grugeant petit à petit par divers moyens comme sa fameuse grosse clôture. Fait que, une entente ici serait un véritable miracle mur-à-mur.

    Les Québécois connaissent ça un peuple dominateur qui pense faire disparaître le peuple dominé en se disant : Le temps est de motre bord, il vont finir par disparaître ou s'assimiler, avec le temps, ces fatigants.

    Comme monsieur de La Fontaine nous l'a bien montré : Un loup qui négocie avec un agneau a plus de chances de gagner même si ses arguments ne sont pas trop bons.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 28 novembre 2007 05h20
    Il y a les mots, il y a la réalité. Les journalistes préfèrent les mots!
    Vous souvenez-vous de la feuille de route US vers la paix?
    C'était il y a quelques années. Ouf! Combien de brillants articles rapportant les dires de ces artisans de paix que sont les États-Uniens!
    Qui est donc ce Bush? Un artisan de la paix?
    Que Washington parle de paix est aussi incongru qu'un enfant qui parle du bon vieux temps.
    Au lieu de discourir sur les possibles retombés paisibles de ce sommet, on devrait plutôt regarder loin autour pour déceler ce que ce sommet tape-à-l'oeil cache.
    Il faut regarder ce qui se passe sur le terrain. Le mur à Jérusalem, le mur qui monte partout, Gaza, cette prison à ciel ouvert, l'étanchéité des frontières, les coupures d'eau et d'électricité. Toutes ces choses existent et sont "approuvées " par Washington. Israël et les États-Unis couchent dans le même lit depuis si longtemps! Comment penser qu'un accord de paix puisse surgir d'un party organisé pour divertir la complaisance médiatique?

    Il est évident que cette rencontre n'aboutira à rien. Pour régler ce conflit, il faut un arbitre honnête, ce que les ÉU ne sont absolument pas. Ils sont totalement alignés sur Israël, ce fait est tout à fait incontestable. La seule retombée de cette réunion sera d'attiser les dissensions dans le monde arabe et plus particulièrement en Palestine. Mahmoud Abbas risque de se faire descendre par les radicaux du Hamas juste par le fait qu'il soit venu discuter avec l'ennemi dans un pays ennemi.
    Sa vie est maintenant en grand danger et la guerre fratricide va reprendre de plus belle.

    Il serait plus instructif et l'information serait mieux servie, si l'accent était mis sur la situation sur le terrain plutôt que de nous rapporter les hypocrisies jouées pendant cette pièce de théâtre improvisée rapidement.

    Un bon journaliste chercherait ce qui se cache sous cette mascarade de bienveillance.
    On sent peut-être une insurrection prochaine musclée de la part du Hamas. On se prépare à les bombarder de bien des saletés et cette mascarade des ennemis qui leur veulent du bien, est parfaite pour préparer l'opinion des bonnes gens afin de jeter totalement le blâme sur ces méchants islamistes insurgés.

    Le but de cette réunion est de détourner l'attention mondiale du Moyen-Orient pendant que l'on prépare un mauvais coup, tout en mettant un peu d'huile sur le feu des tensions en Palestine. Le seul résultat possible de cette réunion est une reprise de la violence en territoire palestinien. Il n'y a absolument aucune volonté de pacifier les belligérants ou d'établir des frontières acceptables pour les Palestiniens, ça c'est certain.

    La suite des choses nous en apprendra plus que tous les discours, toutes les analyses de cette façade hypocrite, toutes ces conclusions et toute cette volonté bidon qui sortira de cette rencontre qui est en fait un coup médiatique pour masquer ou nous préparer à quelque chose. Et ce quelque chose n'augure rien de bon.
    Contrairement à une détente, il faut s'attendre à une tuerie de plus. Ce n'est pas un sommet pour installer la paix, mais plutôt un sommet pour préparer la guerre.

    Vous me trouvez fou! J'aimerais bien que vous ayez raison!
    J'aimerais bien me tromper, avoir tort, passer pour un fou ridicule qui ne dit que des conneries, mais, j'ai bien peur que les mois qui viennent, me donnent raison.

    Jamais, depuis que l'administration Bush est à la Maison Blanche, un conflit n'a été réglé. Au contraire, les conflits se sont tous envenimés et plusieurs guerres ont été déclenchées sur des mensonges grossiers à la face du monde.

    Les tensions des États-Unis - Amérique du Sud montent, même chose au Moyen-Orient, même chose avec les pays arabes, même chose avec la Chine ou la Corée du Nord qui superficiellement semble conciliante, même chose avec la Russie où le bouclier à missile US réinstalle la guerre froide.

    L'administration Bush est passée maître dans la manipulation de l'opinion. Sa propagande, ses mensonges répétés sans relâche, impose une fausse réalité. Le journalisme du XXI siècle est incapable de dissocier propagande, désinformation réalité et imagerie. Nous devons nous efforcer de regarder la réalité, l'injustice, la tuerie, les budgets de guerre et les budgets d'entraide, de paix. Tous ces faits sont bien plus révélateurs que tout ce que l'administration Bush peut faire dire à son porte-parole. Il faut se rappeler Scott McClellan, dont M. Serge Truffaut nous parlait il y a quelques jours dans son éditorial "Bush au parfum".

    Il est désolant que les médias s'attardent plus à ce que les dirigeants du monde disent plutôt qu'à ce qu'ils font.


    Serge Charbonneau
    Québec

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