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Bush au parfum

Serge Truffaut   23 novembre 2007  États-Unis
Une fois encore, l'administration Bush est dans l'embarras. La cause de cette énième contrariété politique a ceci de singulier que son maître d'oeuvre est un homme du sérail, un initié, un membre du cercle restreint des individus qui ont un accès direct au Bureau ovale. Son identité? Scott McClellan. Signe particulier? Ex-porte-parole de la présidence.

Dans un extrait d'un livre à paraître, extrait évidemment communiqué ces jours-ci, l'homme naguère chargé des relations de presse de Bush exprime son dépit d'avoir été roulé dans la farine — il n'y a pas d'autre mot — par le président, le vice-président ainsi que leurs éminences grises, pour ne pas dire leurs mauvais génies, soit Karl Rove, principal conseiller de Bush et surtout orfèvre en coups tordus, et Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney et complice de Rove pour ces méfaits destinés à salir l'adversaire politique.

McClellan se souvient et précise que lors du ramdam médiatique qui avait entouré la révélation publique de l'identité d'une agente de la CI (il s'agit évidemment de Valerie Plame), il avait demandé aux cinq personnalités nommées ci-dessus si elles avaient été mêlées de près ou de loin à cette malversation considérée comme un acte criminel relevant du fédéral. La réponse, commune à tous, fut négative.

Si, d'un point de vue juridique, le dossier est clos — mentionnons que Libby, seul individu reconnu coupable, a bénéficié de la grâce présidentielle —, il est par contre assuré qu'il va rebondir dans l'arène politique. En tout cas, il faut l'espérer. En effet, pour en revenir justement à la dimension juridique, le tout s'est terminé en eau de boudin. Et ce, parce que Libby a joué sa partition d'acteur et de témoin de ce crime de manière à protéger le duo Bush-Cheney.

Peut-être faut-il rappeler que ceux-ci n'avaient pas décoléré lorsque, en juillet 2003, l'ex-ambassadeur Joseph Wilson avait confié dans une lettre parue dans le New York Times que Saddam Hussein n'avait pas cherché à acquérir de l'uranium brut au Niger. Ainsi, il contredisait Bush. Or il se trouve que Valerie Plame est l'épouse de Wilson. Toujours est-il que dans les semaines qui ont suivi la publication de ce texte, l'identité et la fonction de Plame ont été divulguées par ce porte-voix docile du tandem Bush-Cheney qu'est le chroniqueur Robert Novak.

Jusqu'à présent, Bush et Cheney sont sortis indemnes de ce scandale. Il est probable qu'il en sera ainsi pendant des mois. C'est regrettable. Pourquoi? Parce qu'il ne fait aucun doute que l'un d'eux a autorisé, pour ne pas dire commandé, l'affaire Plame. Ils ont de plus agi de façon à ce que la mécanique judiciaire soit enrayée. Et dire qu'aujourd'hui, McClellan soutient que la vérité est contraire à celle avancée jusqu'à présent par Bush et surtout le très cynique Cheney.
 
 
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    23 novembre 2007 07 h 49
    Mentez, mentez, et pourquoi s'arrêter?
    Quand la pourriture s'installe dans un fruit, si elle n'en est pas extraite immédiatement, elle gagne tout le fruit et il ne reste plus qu'à le mettre à la poubelle. Les révélations de Scott McClellan nous montrent, une fois de plus, à quel point est pourrie l'administration qui siège à la Maison Blanche. On se doutait bien, pour ne pas dire qu'on le savait, que l'affaire Valerie Plame avait été orchestrée à un très haut niveau, celui du duo Bush-Cheney.

    S'il fallait établir la liste de tous les coups tordus et de tous les mensonges qui émanent de la Maison Blanche et de ses sbires, il faudrait certainement une longue page, car les connaît-on tous? Certainement pas. Il y a eu les mensonges énormes qui ont conduit au déclanchement de l'agression contre l'Irak (armes de destruction massive inexistantes, liens avec al-Qaïda inexistants, achat d'uranium en Afrique inexistant, etc.); il y a donc eu l'affaire Valerie Plame, les prisons secrètes, Guantanamo, la torture des prisonniers d'abord niée par Bush lui-même, puis implicitement reconnu en l'interdisant, du moins en interdisant certaines formes seulement, l'évaluation officielle de la situation en Irak sur l'air de «Tout va très bien madame la marquise...».La liste n'est sans doute pas clause. Quand le sera-t-elle?
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    23 novembre 2007 08 h 18
    Parfum de corruption
    On savait que ça sentait pas mal fort au sud de la , maintenant on sait que c'est parce que M. Bush était au parfum. On sait aussi que le pouvoir corrompt, même au Canada mais il y en a qui sont davantage corrompus. Il y en a même qui l'était avant d'accéder au pouvoir mais on ne les nommera pas ici.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    23 novembre 2007 09 h 13
    On s'en reparle...
    L'administration Bush dans l'embarras!
    Vous voulez rire!
    Cette administration ne bronche pas, si elle veut la guerre en Iran, elle la fera.
    Au diable les vies humaines. Vive le pétrole et l'investissement!

    Voilà Scott McClellan!
    Il y a eu Scooter Libby, Rumsfeld, Wolfovitch et tant d'autres qui n'ont pas pu retenir la merde de ce régime. Est-ce que cela a changé quoi que ce soit?
    Voyons, Bush au parfum!
    Bien d'autres avant McClellan après avoir été roulés dans la farine, se sont vengés en sortant quelques petits secrets dont on ne se doutait pas du tout (sic).

    Bush au parfum!
    C'est plutôt les médias et les éditorialistes qui en profitent pour se parfumer.
    Bush et Cheney sortent toujours indemnes de ces scandales. Ils resteront blancs comme neige pendant des mois. C'est regrettable, comme vous dites, mais pourquoi donc restent-ils sans un pli sur leur costume d'hypocrite? C'est que les médias ne les froissent pas trop, ils ne creusent pas, ils ne les harcèlent pas, les médias n'enquêtent plus.
    Comme le souligne M. Racle, il y aurait de quoi faire une longue liste, et pas seulement une liste où l'on énumère les choses, mais plutôt une longue enquête. Chacun des sujets mérite d'être approfondi. Il pourrait y avoir l'Irakgate, l'Afgangate, Palestinegate, september11gate, Pakistangate, Talibangate, Birmangate, ... Mais, fini les gates, Watergate, Irangate, Billgate (quoique celui-là...).
    La semaine prochaine, demain même, on ne saura pas qui est ce Scott McClellan et ce qu'il a dit.
    Dans un mois ce nom sera effacé de la mémoire médiatique. On nous reparlera des méchants qui nous menacent. On nous dira que le Venezuela devrait se faire envahir parce que Chavez dicte tout et est élu pour la vie, on nous dira qu'Ahmadinejad va nous bombarder avec du nucléaire, on nous dira que la Birmanie est inhumaine et que Musharaff est démocratique.

    On se reparle de Scott McClellan dans une semaine, voulez-vous?
    On discutera de ce qu'il a changé dans la vie de l'administration Bush.


    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Moussa Mohsenzadeh - Inscrit
    29 novembre 2007 15 h 39
    Un livre intéressant sur QUI est Bush
    Par la présente, j'aimerais simplement suggérer à tous les lecteurs du Devoir un livre très intéressant qui a été écrit par James H. Hatfield et qui est intitulé : Bush l'imposteur Le passé d'un voyou devenu Président aux éditions Robert Laffont ou Michel Lafon (à vérifier, car je ne m'en souviens plus très bien). Par ailleurs, l'auteur de ce livre est mort quelques temps plus tard dans ce que la police qualifie d'un «suicide». Il y a une expression au Québec qui dit : «Un accident de chasse dans mon salon». Je vous laisse deviner ce que ça signifie.
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