Bush au parfum
Une fois encore, l'administration Bush est dans l'embarras. La cause de cette énième contrariété politique a ceci de singulier que son maître d'oeuvre est un homme du sérail, un initié, un membre du cercle restreint des individus qui ont un accès direct au Bureau ovale. Son identité? Scott McClellan. Signe particulier? Ex-porte-parole de la présidence.
Dans un extrait d'un livre à paraître, extrait évidemment communiqué ces jours-ci, l'homme naguère chargé des relations de presse de Bush exprime son dépit d'avoir été roulé dans la farine — il n'y a pas d'autre mot — par le président, le vice-président ainsi que leurs éminences grises, pour ne pas dire leurs mauvais génies, soit Karl Rove, principal conseiller de Bush et surtout orfèvre en coups tordus, et Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney et complice de Rove pour ces méfaits destinés à salir l'adversaire politique.
McClellan se souvient et précise que lors du ramdam médiatique qui avait entouré la révélation publique de l'identité d'une agente de la CI (il s'agit évidemment de Valerie Plame), il avait demandé aux cinq personnalités nommées ci-dessus si elles avaient été mêlées de près ou de loin à cette malversation considérée comme un acte criminel relevant du fédéral. La réponse, commune à tous, fut négative.
Si, d'un point de vue juridique, le dossier est clos — mentionnons que Libby, seul individu reconnu coupable, a bénéficié de la grâce présidentielle —, il est par contre assuré qu'il va rebondir dans l'arène politique. En tout cas, il faut l'espérer. En effet, pour en revenir justement à la dimension juridique, le tout s'est terminé en eau de boudin. Et ce, parce que Libby a joué sa partition d'acteur et de témoin de ce crime de manière à protéger le duo Bush-Cheney.
Peut-être faut-il rappeler que ceux-ci n'avaient pas décoléré lorsque, en juillet 2003, l'ex-ambassadeur Joseph Wilson avait confié dans une lettre parue dans le New York Times que Saddam Hussein n'avait pas cherché à acquérir de l'uranium brut au Niger. Ainsi, il contredisait Bush. Or il se trouve que Valerie Plame est l'épouse de Wilson. Toujours est-il que dans les semaines qui ont suivi la publication de ce texte, l'identité et la fonction de Plame ont été divulguées par ce porte-voix docile du tandem Bush-Cheney qu'est le chroniqueur Robert Novak.
Jusqu'à présent, Bush et Cheney sont sortis indemnes de ce scandale. Il est probable qu'il en sera ainsi pendant des mois. C'est regrettable. Pourquoi? Parce qu'il ne fait aucun doute que l'un d'eux a autorisé, pour ne pas dire commandé, l'affaire Plame. Ils ont de plus agi de façon à ce que la mécanique judiciaire soit enrayée. Et dire qu'aujourd'hui, McClellan soutient que la vérité est contraire à celle avancée jusqu'à présent par Bush et surtout le très cynique Cheney.
Dans un extrait d'un livre à paraître, extrait évidemment communiqué ces jours-ci, l'homme naguère chargé des relations de presse de Bush exprime son dépit d'avoir été roulé dans la farine — il n'y a pas d'autre mot — par le président, le vice-président ainsi que leurs éminences grises, pour ne pas dire leurs mauvais génies, soit Karl Rove, principal conseiller de Bush et surtout orfèvre en coups tordus, et Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney et complice de Rove pour ces méfaits destinés à salir l'adversaire politique.
McClellan se souvient et précise que lors du ramdam médiatique qui avait entouré la révélation publique de l'identité d'une agente de la CI (il s'agit évidemment de Valerie Plame), il avait demandé aux cinq personnalités nommées ci-dessus si elles avaient été mêlées de près ou de loin à cette malversation considérée comme un acte criminel relevant du fédéral. La réponse, commune à tous, fut négative.
Si, d'un point de vue juridique, le dossier est clos — mentionnons que Libby, seul individu reconnu coupable, a bénéficié de la grâce présidentielle —, il est par contre assuré qu'il va rebondir dans l'arène politique. En tout cas, il faut l'espérer. En effet, pour en revenir justement à la dimension juridique, le tout s'est terminé en eau de boudin. Et ce, parce que Libby a joué sa partition d'acteur et de témoin de ce crime de manière à protéger le duo Bush-Cheney.
Peut-être faut-il rappeler que ceux-ci n'avaient pas décoléré lorsque, en juillet 2003, l'ex-ambassadeur Joseph Wilson avait confié dans une lettre parue dans le New York Times que Saddam Hussein n'avait pas cherché à acquérir de l'uranium brut au Niger. Ainsi, il contredisait Bush. Or il se trouve que Valerie Plame est l'épouse de Wilson. Toujours est-il que dans les semaines qui ont suivi la publication de ce texte, l'identité et la fonction de Plame ont été divulguées par ce porte-voix docile du tandem Bush-Cheney qu'est le chroniqueur Robert Novak.
Jusqu'à présent, Bush et Cheney sont sortis indemnes de ce scandale. Il est probable qu'il en sera ainsi pendant des mois. C'est regrettable. Pourquoi? Parce qu'il ne fait aucun doute que l'un d'eux a autorisé, pour ne pas dire commandé, l'affaire Plame. Ils ont de plus agi de façon à ce que la mécanique judiciaire soit enrayée. Et dire qu'aujourd'hui, McClellan soutient que la vérité est contraire à celle avancée jusqu'à présent par Bush et surtout le très cynique Cheney.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

