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Condoleezza Rice est dans l'embarras - L'immunité a été accordée à des agents de Blackwater pour leur témoignage

31 octobre 2007  États-Unis
Washington — Des agents de la compagnie de sécurité privée américaine Blackwater, impliqués dans la mort de 17 Irakiens, se sont vu offrir l'immunité par des enquêteurs du département d'État, mettant la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, dans l'embarras.

Selon le Washington Post, les agents de la police fédérale (FBI) qui sont chargés depuis le mois d'octobre de l'enquête sur la fusillade du 16 septembre ne peuvent pas utiliser les témoignages recueillis préalablement par le bureau de la sécurité diplomatique du département d'État parce qu'ils ont été effectués sous couvert d'immunité. Certains gardes de Blackwater ont refusé de répondre aux enquêteurs du FBI en raison de cette immunité, écrit le journal.

L'immunité, si elle est confirmée, pourrait relancer la controverse sur la fusillade de la mi-septembre et sur le rôle des compagnies de sécurité privées en Irak. Elle risque aussi de compliquer les enquêtes visant les agents de Blackwater, en particulier parce que le département d'État n'avait pas l'autorité pour leur accorder l'immunité, écrit le New York Times.

L'enquête se poursuit

Le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a refusé de confirmer ces informations, invoquant l'enquête en cours. Il a cependant noté que, légalement, son ministère ne peut accorder à ses employés qu'une «immunité limitée». «Le département d'État ne peut pas immuniser un individu contre des poursuites de la justice pénale fédérale, a-t-il précisé. En outre, l'immunité que la presse a évoquée n'est nullement incompatible avec le succès de poursuites pénales.»

M. McCormack s'est efforcé de distancier Mme Rice du bureau de la sécurité diplomatique dont le chef, Richard Griffin, a été remercié la semaine dernière. «L'opinion de Mme Rice est que, si des individus ont violé des règles, des lois ou des réglementations, ils doivent être poursuivis, a-t-il déclaré. Et çà, ce sera au département de la Justice de le décider.»

«Son attitude à elle après cet incident a été conforme à cette approche, a ajouté le porte-parole. C'est elle qui a demandé au FBI de mener l'enquête.»

Mme Rice devait aborder cette question hier au cours d'un déjeuner au Pentagone avec son collègue à la Défense, Robert Gates, qui a proposé de placer tous les sous-traitants du gouvernement américain en Irak sous une seule et même autorité, afin d'accroître le contrôle sur eux.

L'Irak agit

Le 16 septembre, 17 civils ont été tués à Bagdad au passage d'un convoi de Blackwater, dont les gardes ont été accusés de «crime délibéré» par les autorités irakiennes. Le patron de Blackwater, Erik Prince, affirme quant à lui que ses employés ont été la cible de tirs et qu'ils n'ont fait que répliquer.

Le gouvernement irakien a approuvé hier un projet de loi levant l'immunité des compagnies de sécurité étrangères travaillant dans le pays.

Blackwater, qui assure la protection du personnel gouvernemental américain en Irak, et notamment l'ambassade américaine, est une des plus importantes entreprises de sécurité en Irak, avec près d'un millier d'employés. Ses agents ne peuvent être jugés par des tribunaux militaires américains et il n'est pas établi s'ils peuvent être jugés aux États-Unis pour des crimes commis à l'étranger.

Le Congrès américain envisage cependant une nouvelle législation qui permettrait de le faire.
 
 
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