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Nucléaire - L'AIEA préconise d'éviter tout langage menaçant envers l'Iran

Reuters   29 octobre 2007  États-Unis
Washington — La communauté internationale devrait s'abstenir de toute rhétorique menaçante et user avec l'Iran de la même approche diplomatique qui a été adoptée dans le dossier du nucléaire nord-coréen, a déclaré hier le directeur de l'AIEA.

Mohamed el-Baradeï, chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, a déclaré dans une interview à CNN que des propos belliqueux pourraient pousser l'Iran à accélérer son programme nucléaire et attiser les tensions au point de provoquer une catastrophe au Proche-Orient. «Je crains que, si l'escalade se poursuit des deux côtés, nous ne finissions dans un précipice», a-t-il dit.

Les détracteurs du programme nucléaire iranien devraient «arrêter d'exagérer et de déformer le problème iranien, car c'est un dossier qui pourrait provoquer une conflagration majeure, non seulement sur le plan régional, mais aussi sur le plan international», a-t-il dit sur la chaîne américaine d'information en continu.

Washington a annoncé jeudi qu'il décrétait des sanctions contre une vingtaine d'entreprises, de banques et de particuliers iraniens, ainsi que contre le ministère de la Défense, espérant ainsi accroître la pression sur Téhéran pour qu'il cesse d'enrichir de l'uranium, processus pouvant servir — mais pas exclusivement — à fabriquer des bombes nucléaires.

Ces sanctions ont été annoncées après un net durcissement de la rhétorique de Washington envers Téhéran, illustrée notamment par des propos du président George Bush laissant entendre que si l'Iran se dotait d'une arme nucléaire, l'humanité risquait de connaître une troisième guerre mondiale. Bush affirme rechercher une solution diplomatique, mais il n'exclut pas l'option militaire.

El-Baradeï a réitéré sur CNN que l'Iran était, selon lui, à des années de pouvoir produire des armes nucléaires, et que rien ne prouvait pour l'heure qu'il s'y employait. «Nous collaborons en ce moment même avec l'Iran pour avoir des éclaircissements sur le passé et le présent, mais on ne m'a communiqué aucune information indiquant l'existence actuellement d'un programme actif de fabrication d'armes nucléaires», a-t-il dit.

La communauté internationale a encore du temps devant elle pour mettre à profit une «diplomatie créative», a estimé le directeur de l'AIEA, qui a comparé l'invasion de l'Irak, soupçonné à tort de disposer d'armes de destruction massive, aux efforts diplomatiques entrepris avec la Corée du Nord, qui ont apparemment donné des résultats cette année.
 
 
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