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Al Gore honoré pour son combat contre le réchauffement climatique - Après le Nobel, la Maison-Blanche?

13 octobre 2007  États-Unis
Al Gore, en juin dernier. «Beaucoup de gens vont l’appeler pour qu’il se lance dans la course.»
Photo : Agence Reuters
Al Gore, en juin dernier. «Beaucoup de gens vont l’appeler pour qu’il se lance dans la course.»
Washington — Récompensé hier par le prix Nobel de la paix, l'ancien vice-président américain Al Gore pourrait se lancer, sept ans après la déconvenue de 2000, dans la course à la Maison-Blanche, espèrent ses partisans.

«Beaucoup de gens vont l'appeler pour qu'il se lance dans la course. C'est très difficile de prévoir ce qu'il décidera», a estimé John Dickerson, politologue américain, interrogé sur CNN après l'attribution du prix conjointement à M. Gore et au groupe d'experts de l'ONU sur le climat (Giec).

Champion de la lutte contre le réchauffement climatique, l'ancien vice-président de Bill Clinton a expliqué qu'il ne voulait plus faire de politique institutionnelle, mais ses fidèles, nombreux, ne l'entendent pas de cette oreille. Mercredi déjà, ses amis ont publié une pleine page dans le New York Times et diffusé des messages sur plusieurs chaînes de radio pour tenter de convaincre celui qui aurait pu être le 43e président des États-Unis de tenter sa chance en novembre 2008.

Al Gore, 59 ans, a contribué à vulgariser auprès du grand public la question climatique en participant à Une vérité qui dérange, documentaire à succès qui a notamment été primé par un Oscar au début de l'année à Hollywood.

Il demeure depuis omniprésent dans les médias américains. Les mégaconcerts et les milliers d'initiatives de Live Earth, auxquels ont participé cet été des dizaines d'artistes de renommée internationale, ont soulevé de nouveau la question du retour d'Al Gore sur la scène politique. Sans être candidat, il est toujours en bonne place dans les sondages pour les primaires démocrates. Cependant, estiment des experts, Hillary Clinton a pris une telle avance dans le camp démocrate que lui voler la vedette semble une tâche hors de portée. À moins de trois mois des premières primaires, Mme Clinton a amassé 70 millions pour mener sa campagne et rassemblé autour d'elle la fine fleur des conseillers et experts démocrates. Avant sa récompense, M. Gore affirmait qu'il ne voulait pas lancer une nouvelle campagne. Il a toutefois refusé de fermer totalement la porte à cette éventualité: «Je ne l'ai pas exclue [l'idée], mais je ne pense pas que cela ait des chances de se produire», a déclaré M. Gore dans un récent entretien à l'hebdomadaire Time. «Si je fais bien mon travail, tous les candidats vont parler de la crise climatique. Et je ne suis pas convaincu que la présidence soit le meilleur rôle que je puisse jouer», dit-il.

«Il ne veut pas y aller»

Selon son épouse Tipper, plusieurs amis ont tenté sans succès de le convaincre de se lancer dans la course. «Il ne veut pas y aller», assure-t-elle.

«Il a accès à tous les dirigeants, dans tous les pays, dans le monde des affaires, à des gens de toute obédience politique; il peut faire ce qu'il veut, partout dans le monde, aussi longtemps qu'il le veut. C'est ça, la liberté! Pourquoi y renoncer?», lance-t-elle.

Michael Feldman, un proche conseiller de Gore, a estimé sur le site en ligne politico.com que l'attribution du prix Nobel ne poussera pas l'ancien vice-président à postuler pour la Maison-Blanche.

«Il a sans cesse répété qu'il n'avait pas de plan pour se présenter à la présidence», a dit M. Feldman, rappelant que M. Gore a dépensé tout son temps pour la lutte contre le réchauffement climatique et qu'il allait continuer ce combat. Pourtant, à la présidence, Al Gore se retrouverait dans une position idéale pour appliquer les idées qui lui tiennent le plus à coeur. «Il n'y a pas de meilleur endroit pour lutter contre le réchauffement climatique que le bureau ovale» de la Maison-Blanche, a estimé Sherry Bebitch Jeffe, professeur de sciences politiques à l'Université de Californie du Sud (USC) à Los Angeles.
 
 
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