La décennie Al Gore
Quelle décennie pour Al Gore! En 2000, George W. Bush et le système politique américain lui ont littéralement volé la présidence. Il a rebondi en grand défenseur de l'environnement et fait oeuvre exemplaire de sensibilisation et de vulgarisation à l'échelle internationale avec son documentaire Une vérité qui dérange sur le réchauffement de la planète, qui a remporté un Oscar.
Voici que le prix Nobel de la paix lui est attribué, conjointement avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat de l'ONU, «pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme».
À Washington, la nouvelle était à peine connue hier qu'elle relançait les conjectures sur son éventuelle candidature à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2008. La sénatrice Hillary Clinton mène largement sur les adversaires à l'investiture, mais elle demeure une personnalité controversée qui déplaît de façon épidermique à une bonne partie de l'électorat. M. Gore, lui, est auréolé d'une crédibilité à laquelle ce Nobel de la paix donne du poids. Les Américains retiennent qu'il a fait preuve de maturité lors de l'élection de 2000, malgré le hold-up politique dont il a été victime, en acceptant avec grâce que M. Bush prenne la présidence. Ils ont ensuite pris acte de la constance avec laquelle il s'est élevé, depuis le tout début, contre la mauvaise décision de la Maison-Blanche de faire la guerre à Saddam Hussein.
Par communiqué, M. Gore a déclaré, en réaction au prix Nobel qui venait de lui être décerné: «Nous faisons face à une véritable urgence planétaire. La crise du climat n'est pas un sujet politique, c'est un défi moral et spirituel pour l'ensemble de l'humanité.»
Sauf tout le respect qu'on lui doit, l'ancien vice-président prend les choses d'un peu trop haut. La «crise du climat» comporte, quoi qu'il en dise, une dimension éminemment politique. Ce que souligne à grands traits le choix du comité Nobel, c'est que le réchauffement climatique — on n'a qu'à penser au rôle que joue l'accès à l'eau dans le conflit au Darfour — est devenu un enjeu fondamental de guerre et de paix.
Voici que le prix Nobel de la paix lui est attribué, conjointement avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat de l'ONU, «pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme».
À Washington, la nouvelle était à peine connue hier qu'elle relançait les conjectures sur son éventuelle candidature à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2008. La sénatrice Hillary Clinton mène largement sur les adversaires à l'investiture, mais elle demeure une personnalité controversée qui déplaît de façon épidermique à une bonne partie de l'électorat. M. Gore, lui, est auréolé d'une crédibilité à laquelle ce Nobel de la paix donne du poids. Les Américains retiennent qu'il a fait preuve de maturité lors de l'élection de 2000, malgré le hold-up politique dont il a été victime, en acceptant avec grâce que M. Bush prenne la présidence. Ils ont ensuite pris acte de la constance avec laquelle il s'est élevé, depuis le tout début, contre la mauvaise décision de la Maison-Blanche de faire la guerre à Saddam Hussein.
Par communiqué, M. Gore a déclaré, en réaction au prix Nobel qui venait de lui être décerné: «Nous faisons face à une véritable urgence planétaire. La crise du climat n'est pas un sujet politique, c'est un défi moral et spirituel pour l'ensemble de l'humanité.»
Sauf tout le respect qu'on lui doit, l'ancien vice-président prend les choses d'un peu trop haut. La «crise du climat» comporte, quoi qu'il en dise, une dimension éminemment politique. Ce que souligne à grands traits le choix du comité Nobel, c'est que le réchauffement climatique — on n'a qu'à penser au rôle que joue l'accès à l'eau dans le conflit au Darfour — est devenu un enjeu fondamental de guerre et de paix.
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