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La décennie Al Gore

Guy Taillefer   13 octobre 2007  États-Unis
Quelle décennie pour Al Gore! En 2000, George W. Bush et le système politique américain lui ont littéralement volé la présidence. Il a rebondi en grand défenseur de l'environnement et fait oeuvre exemplaire de sensibilisation et de vulgarisation à l'échelle internationale avec son documentaire Une vérité qui dérange sur le réchauffement de la planète, qui a remporté un Oscar.

Voici que le prix Nobel de la paix lui est attribué, conjointement avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat de l'ONU, «pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme».

À Washington, la nouvelle était à peine connue hier qu'elle relançait les conjectures sur son éventuelle candidature à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2008. La sénatrice Hillary Clinton mène largement sur les adversaires à l'investiture, mais elle demeure une personnalité controversée qui déplaît de façon épidermique à une bonne partie de l'électorat. M. Gore, lui, est auréolé d'une crédibilité à laquelle ce Nobel de la paix donne du poids. Les Américains retiennent qu'il a fait preuve de maturité lors de l'élection de 2000, malgré le hold-up politique dont il a été victime, en acceptant avec grâce que M. Bush prenne la présidence. Ils ont ensuite pris acte de la constance avec laquelle il s'est élevé, depuis le tout début, contre la mauvaise décision de la Maison-Blanche de faire la guerre à Saddam Hussein.

Par communiqué, M. Gore a déclaré, en réaction au prix Nobel qui venait de lui être décerné: «Nous faisons face à une véritable urgence planétaire. La crise du climat n'est pas un sujet politique, c'est un défi moral et spirituel pour l'ensemble de l'humanité.»

Sauf tout le respect qu'on lui doit, l'ancien vice-président prend les choses d'un peu trop haut. La «crise du climat» comporte, quoi qu'il en dise, une dimension éminemment politique. Ce que souligne à grands traits le choix du comité Nobel, c'est que le réchauffement climatique — on n'a qu'à penser au rôle que joue l'accès à l'eau dans le conflit au Darfour — est devenu un enjeu fondamental de guerre et de paix.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    13 octobre 2007 09 h 19
    Pour le meilleur et pour le pire
    Faudrait qu'il y ait un prix Nobel COCO de la paix "pour le cave qui a le plus nuit". M. W. Bush l'aurait emporté haut-la-main.
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  • Aline Binette - Inscrite
    13 octobre 2007 10 h 41
    J'aimerais en savoir davantage
    Vous pouvez, hélas, vous attendre à des commentaires agressifs et méprisants de la part de nos droitistes bien-aimés (sic) à cause de votre article positif sur M. Gore qui, d'après moi, mérite le bien qu'on dit de lui.

    Les critiques de M. Gore font valoir qu'il se déplace en avion (avec les conférences qu'il donne partout, le voilier serait peu pratique...), qu'il habite un manoir un peu trop éclairé, que le prix Nobel a été donné à des «terroristes» comme Nelson Mandela, Yasser Arafat ou Yitzak Rabin et ne vaut donc plus rien... que sa prétention d'avoir inventé Internet est ridicule. On lui reproche ses investissements dans des entreprises «vertes». On dit qu'il y a des erreurs de faits dans son film (qui ont été corrigées dans un deuxième film). On lui reproche qu'il est riche. Sauf que M. Cheney, par exemple, investit dans les armes et le pétrole : est-ce mieux?

    Surtout (et le National Post est particulièrement insultant en une ce matin), on persiste à prétendre que le réchauffement climatique est une fumisterie. Évidemment, je soutiens M. Gore, même s'il n'est pas un saint (ses opposants le sont, peut-être?). Ce que j'observe autour de moi (absence de neige au Québec, écarts de température records, intempéries spectaculaires un peu partout, inondations en des endroits où il n'y en a jamais -- et en été en plus! -- feux de forêts, sécheresse en Australie, fonte des glaciers...) suffit amplement à me convaincre. La hausse des cas d'asthme et d'allergies est aussi un signe que la pollution est excessive. Et il y a mieux à faire avec le pétrole (des biens durables et recyclables) que de le brûler!

    J'aurais aimé que vous répondiez à ces objections!
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  • Richard Larouche - Inscrit
    13 octobre 2007 18 h 36
    Si la démocracie avait été respectée...
    Je serais bien curieux de voir où l'on serait rendu dans le dossier des changements climatiques si Bush n'avait pas volé les élections de 2000. Les États-Unis auraient certainement ratifié le protocole de Kyoto qui, du coup, aurait acquéri une crédibilité encore plus grande.

    Le président illégitime qu'est Bush n'aurait pas amené son armée en Afghanistan et en Irak. De plus, Bush n'aurait pas entraîné ses homologues canadien et australien à rejeter le protocole de Kyoto et toute cible contraignante en matière de réduction des émissions de GES.

    Personnellement, j'aimerais bien que M Gore se présente aux élections de 2008. Il serait certainement un acteur clé dans le processus de négociation de l'après-Kyoto. S'il ne veut pas se présenter, c'est son choix, mais je crains que les autres candidats actuellement impliqués dans la course à la présidence n'aient pas la détermination nécessaire pour mener ce dossier à terme. Le monde à besoin d'un président américain pro-environnement.
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