Des milliers de Noirs défilent contre le racisme en Louisiane
À Jena, la plupart des Blancs impliqués dans des violences n'ont pas été poursuivis, mais six collégiens noirs ont été arrêtés et inculpés
21 septembre 2007
États-Unis
Photo : Agence Reuters
Ils étaient plusieurs milliers hier dans la petite ville de Jena à manifester pour dénoncer le racisme.
Jena — Des milliers de manifestants, très majoritairement des Noirs, ont défilé hier à Jena, une petite ville de Louisiane secouée par des tensions racistes, pour dénoncer un retour des vieux démons du Sud américain.
Venus en train, en car ou en voiture, marchant derrière plusieurs figures du mouvement pour les droits des Noirs américains, comme le fils de Martin Luther King, les manifestants ont pris d'assaut pacifiquement les rues de la ville, selon les images des chaînes de télévision américaines.
L'affaire a éclaté il y a un an dans cette ville de 3000 habitants, dont 85 % de Blancs et 12 % de Noirs, quand trois adolescents noirs sont venus s'asseoir dans la partie de la cour de leur collège tacitement réservée aux Blancs, à l'ombre d'un arbre.
Le lendemain matin, trois cordes de pendus étaient apparues sur l'arbre, une image rappelant les lynchages répandus dans la région il y a seulement quelques dizaines d'années.
Évoquant «une farce», la direction du collège s'est contentée de suspendre les collégiens blancs responsables durant trois jours. Dans les mois qui ont suivi, plusieurs incidents violents ont éclaté. Une aile du collège a été incendiée, puis un collégien noir a été battu après s'être montré dans une fête à laquelle n'étaient conviés que des Blancs.
Un jeune Blanc a ensuite fait mine de tirer sur trois adolescents noirs dans un magasin. Et le 4 décembre, un adolescent blanc, Justin Barker, a été agressé et légèrement blessé par un groupe de Noirs alors qu'il sortait du gymnase du lycée.
La plupart des Blancs impliqués dans les violences n'ont pas été poursuivis. Mais six collégiens noirs soupçonnés d'être les auteurs de l'agression au gymnase ont été arrêtés et inculpés de tentative de meurtre et d'une combinaison d'autres crimes qui pourraient leur valoir la réclusion à perpétuité.
Une tendance
De nombreuses associations noires américaines ont pris la défense des «Six de Jena». «Les poursuites ne sont pas justifiées [...]. Une chaussure de tennis n'est pas une arme mortelle», dénonce ainsi une pétition qui a déjà recueilli des milliers de signatures.
«Malheureusement, ce genre de problème n'est pas limité à Jena», a expliqué Dennis Parker, directeur du programme de lutte contre le racisme au sein de la puissante association de défense des libertés ACLU, évoquant une situation «emblématique» d'une tendance à envoyer facilement en prison de jeunes Noirs.
«Les événements en Louisiane m'ont attristé et je comprends les émotions», a déclaré le président américain George W. Bush, en réponse à une question sur la manifestation de Jena au cours d'une conférence de presse hier, rappelant son attachement à «l'équité de la justice» et assurant que le ministère de la Justice suivait l'affaire.
Un seul des six inculpés a pour l'instant comparu: Mychal Bell,
17 ans, a été reconnu coupable en juin de coups et blessures par un jury exclusivement blanc. Une audience était prévue hier pour fixer sa peine, mais une cour d'appel a annulé le jugement la semaine dernière, ordonnant que l'adolescent, qui avait comparu devant un tribunal pour adultes, soit jugé comme un mineur.
«Il n'y a pas d'égalité», a déploré sur CNN Tina Jones, mère de l'un des «Six de Jena». «Les Noirs reçoivent la peine la plus lourde que la loi propose, tandis que les Blancs s'en tirent avec une tape sur les doigts», a-t-elle ajouté.
Venus en train, en car ou en voiture, marchant derrière plusieurs figures du mouvement pour les droits des Noirs américains, comme le fils de Martin Luther King, les manifestants ont pris d'assaut pacifiquement les rues de la ville, selon les images des chaînes de télévision américaines.
L'affaire a éclaté il y a un an dans cette ville de 3000 habitants, dont 85 % de Blancs et 12 % de Noirs, quand trois adolescents noirs sont venus s'asseoir dans la partie de la cour de leur collège tacitement réservée aux Blancs, à l'ombre d'un arbre.
Le lendemain matin, trois cordes de pendus étaient apparues sur l'arbre, une image rappelant les lynchages répandus dans la région il y a seulement quelques dizaines d'années.
Évoquant «une farce», la direction du collège s'est contentée de suspendre les collégiens blancs responsables durant trois jours. Dans les mois qui ont suivi, plusieurs incidents violents ont éclaté. Une aile du collège a été incendiée, puis un collégien noir a été battu après s'être montré dans une fête à laquelle n'étaient conviés que des Blancs.
Un jeune Blanc a ensuite fait mine de tirer sur trois adolescents noirs dans un magasin. Et le 4 décembre, un adolescent blanc, Justin Barker, a été agressé et légèrement blessé par un groupe de Noirs alors qu'il sortait du gymnase du lycée.
La plupart des Blancs impliqués dans les violences n'ont pas été poursuivis. Mais six collégiens noirs soupçonnés d'être les auteurs de l'agression au gymnase ont été arrêtés et inculpés de tentative de meurtre et d'une combinaison d'autres crimes qui pourraient leur valoir la réclusion à perpétuité.
Une tendance
De nombreuses associations noires américaines ont pris la défense des «Six de Jena». «Les poursuites ne sont pas justifiées [...]. Une chaussure de tennis n'est pas une arme mortelle», dénonce ainsi une pétition qui a déjà recueilli des milliers de signatures.
«Malheureusement, ce genre de problème n'est pas limité à Jena», a expliqué Dennis Parker, directeur du programme de lutte contre le racisme au sein de la puissante association de défense des libertés ACLU, évoquant une situation «emblématique» d'une tendance à envoyer facilement en prison de jeunes Noirs.
«Les événements en Louisiane m'ont attristé et je comprends les émotions», a déclaré le président américain George W. Bush, en réponse à une question sur la manifestation de Jena au cours d'une conférence de presse hier, rappelant son attachement à «l'équité de la justice» et assurant que le ministère de la Justice suivait l'affaire.
Un seul des six inculpés a pour l'instant comparu: Mychal Bell,
17 ans, a été reconnu coupable en juin de coups et blessures par un jury exclusivement blanc. Une audience était prévue hier pour fixer sa peine, mais une cour d'appel a annulé le jugement la semaine dernière, ordonnant que l'adolescent, qui avait comparu devant un tribunal pour adultes, soit jugé comme un mineur.
«Il n'y a pas d'égalité», a déploré sur CNN Tina Jones, mère de l'un des «Six de Jena». «Les Noirs reçoivent la peine la plus lourde que la loi propose, tandis que les Blancs s'en tirent avec une tape sur les doigts», a-t-elle ajouté.
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