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Le président américain s'adressera à la nation ce soir - Bush annoncera quand et de combien il va réduire les troupes en Irak

13 septembre 2007  États-Unis
Un soldat américain en mission hier dans le sud-est de Bagdad.
Photo : Agence Reuters
Un soldat américain en mission hier dans le sud-est de Bagdad.
Washington — Le président George W. Bush doit annoncer aujourd'hui qu'il fera rentrer d'Irak environ 30 000 hommes d'ici l'été 2008, ce qui ne ferait que ramener le contingent au niveau atteint 18 mois plus tôt et pourrait frustrer encore davantage des Américains las de la guerre.

Dans une allocution télévisée d'un peu plus d'un quart d'heure prévue à 21h ce soir, M. Bush devrait suivre de près les recommandations faites cette semaine par le général commandant les troupes en Irak, David Petraeus, a indiqué un responsable de l'administration.

Il resterait fidèle au principe de s'en remettre pour de telles décisions à l'avis des responsables sur le terrain, au risque de mécontenter non seulement ses adversaires mais aussi ses alliés. En effet, il laisserait en suspens la question de l'engagement américain après juillet 2008, alors qu'il ne lui restera pourtant plus que six mois à la Maison-Blanche.

Or, quatre ans et demi après l'invasion, les Américains voient que l'Irak, en proie à la violence, au communautarisme et à la corruption, est loin du modèle que M. Bush promettait pour le Proche-Orient, que la guerre a coûté la vie à plus de 3750 des leurs et qu'elle a englouti des centaines de milliards de dollars. Environ 60 % d'entre eux estiment que la guerre était une erreur ou ne valait pas la peine d'être livrée, ont indiqué des sondages en septembre.

Un an avant des élections présidentielle et parlementaires dont l'Irak s'annonce peut-être comme l'enjeu majeur, les recommandations du général Petraeus ont indigné les adversaires démocrates de M. Bush, désormais majoritaires au Congrès, mais aussi déçu certains de ses amis républicains.

En ne remplaçant pas les 30 000 soldats supplémentaires dépêchés en 2007, M. Bush ne ferait que ramener les effectifs à leur niveau de janvier. Il y a actuellement 168 000 soldats américains en Irak.

Le général Petraeus a assuré que le contingent continuera à diminuer après juillet 2008. Mais il a souligné que prendre un engagement serait «prématuré».

Ce soir, M. Bush devrait dire que toute réduction des effectifs avant et après juillet 2008 dépendrait «des conditions sur le terrain», a indiqué un responsable de l'administration.

Pour la présidente de la Chambre basse du Congrès, Nancy Pelosi, le plan du général Petraeus signifie «une présence américaine forte d'au moins dix ans en Irak» alors que le gouvernement irakien «refuse le progrès politique nécessaire» pour mettre fin aux violences. Elle a promis que les démocrates «se battront» pour «sortir nos forces de combat de cette guerre civile».

Le conseiller irakien à la sécurité nationale, Mouaffak al-Roubaïe, a prévu qu'avec les progrès des forces de sécurité nationales, les soldats américains ne seraient plus que 100 000 fin 2008. Mais le général Petraeus et l'ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, qui témoignait à ses côtés devant le Congrès, ont refusé de fournir des assurances ou des échéances pour une stabilisation qui permettrait de se désengager.

Même certains républicains se sont alarmés que la vision du général Petraeus ne ressemblait pas au «bout du tunnel», selon les mots du sénateur Norm Coleman.

Le Congrès devrait rouvrir le débat sur la stratégie en Irak. Les démocrates ont échoué en 2007 à lui imposer un calendrier de retrait. Ils devraient tenter de gagner à leur cause les républicains mécontents, avec des desseins moins ambitieux.

Mais pour les experts, M. Bush, qui se dit sans cesse guidé par les principes et non pas les sondages et qui sait que toute sa présidence sera jugée sur le succès ou l'échec de l'entreprise irakienne, est en position de force. Les démocrates ne semblent pas en mesure de rallier assez de républicains pour surmonter le veto présidentiel.
 
 
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