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Le général Petraeus est critiqué de toutes parts

Des républicains, des démocrates et la presse s'en prennent à la stratégie de Bush en Irak

Reuters   12 septembre 2007  États-Unis
Washington — Le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, a été critiqué hier, tant par des républicains que par des démocrates, au cours de son audition par la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Petraeus et l'ambassadeur américain à Bagdad, Ryan Crocker, se sont exprimés hier devant cette commission sénatoriale après être intervenus la veille devant des commissions de la Chambre des représentants. Le général américain a estimé que les États-Unis pouvaient stabiliser l'Irak à terme, tout en reconnaissant que cela prendrait du temps. Reprenant un argument souvent utilisé par le président George Bush, Petraeus a dit qu'un retrait prématuré des troupes américaines aurait des «conséquences désastreuses» pour l'Irak.

D'influents républicains se sont opposés à cette stratégie. «Allons-nous continuer à dépenser le sang et l'argent des États-Unis à la même cadence qu'aujourd'hui? Dans quel but? Le président a dit "Gagnons du temps". Gagner du temps? Pour quoi faire?», s'est emporté Chuck Hagel, sénateur républicain du Nebraska.

Richard Lugar (Indiana) a déclaré à Petraeus que les renforts envoyés cette année dans le pays ne devaient «pas servir de prétexte pour ne pas préparer la prochaine phase de notre engagement en Irak, qu'il s'agisse d'un retrait partiel, d'un redéploiement échelonné ou d'une autre option».

Le camp démocrate a aussi préconisé un retour rapide des soldats en Irak. Pour Joseph Biden, sénateur du Delaware et candidat à l'investiture de son parti à la présidentielle de 2008, «le peuple américain ne soutiendrait pas une guerre sans limite dont l'unique objectif est désormais d'éviter que la situation en Irak ne devienne pire que ce qu'elle est aujourd'hui». «Il est temps de sortir du tunnel», a-t-il ajouté.

Le leader démocrate a sévèrement critiqué la nouvelle stratégie du président George W. Bush. «Le seul sujet sur lequel presque tout le monde semble tomber d'accord maintenant est qu'il n'y a pas de solution purement militaire en Irak. Une stabilité durable nécessite un règlement politique entre les sunnites, les chiites et les Kurdes», a ajouté M. Biden.

«Ma responsabilité, a rétorqué aux critiques le général Petraeus, n'est pas de présenter une belle image, mais de donner une image exacte» de la situation. «Il n'y aura pas de moment précis où nous pourrons proclamer la victoire, le tournant ne pourra être reconnu comme tel que rétrospectivement», a estimé pour sa part l'ambassadeur Crocker.

La presse américaine estimait hier que la situation décrite par le général Petraeus et l'ambassadeur Crocker signifie qu'il est temps pour les États-Unis de quitter l'Irak.

«Le général Petraeus a reconnu que les succès en Irak ne seraient ni rapides ni faciles. M. Crocker a affirmé que le succès était possible mais n'a pas donné de garantie. Avec autant d'incertitudes dans le pronostic, on pourrait penser que les dirigeants américains commenceraient à envisager une véritable stratégie de rechange, tel qu'un début de retrait prudent des troupes, comme nous le suggérons», jugeait hier le New York Times.

À la fin du témoignage de MM. Petraeus et Crocker devant la Chambre des représentants, on pouvait se demander «si les Américains voulaient s'engager autant pour des résultats si incertains après tant d'échecs antérieurs», estimait de son côté USA Today.

Pour sa part, le Washington Post estime que «si la réconciliation politique [en Irak] que le président [Bush] espérait n'est pas possible dans un avenir proche, faut-il que les missions des forces américaines restent inchangées? C'est une question à laquelle le président doit répondre.»
 
 
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