Devant les commissions des Affaires étrangères et de la Défense de la Chambre des représentants - Le général Petraeus envisage une réduction des effectifs en Irak
Photo : Agence Reuters
Le général David Petraeus hier lors de son audition.
Washington — Le général David Petraeus, commandant en chef des forces américaines en Irak, a estimé hier que Washington pouvait réduire le nombre de soldats déployés dans le pays à environ 130 000 hommes d'ici à l'été prochain sans compromettre les progrès en matière de sécurité.
Lors d'une audition devant les commissions réunies des Forces armées et des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le plus haut gradé américain en Irak a estimé que les renforts militaires envoyés dans ce pays avaient engrangé des succès et mis en garde contre tout retrait précipité qui pourrait bénéficier à l'Iran. Ainsi, loin de répondre au souhait des démocrates qui veulent un désengagement américain en Irak, après «l'échec» de la stratégie d'envoi de troupes supplémentaires, il a au contraire valorisé les choix de George W. Bush.
Cette audition, qui se poursuit aujourd'hui devant des sénateurs, est un prélude à la publication d'un rapport sur l'Irak par le président américain, attendue cette semaine.
«Les objectifs militaires de la montée en puissance sont en passe d'être atteints dans une grande mesure», a-t-il dit durant cette audition avec l'ambassadeur de Washington à Bagdad, Ryan Crocker, qui pourrait donner le ton du débat politique à venir aux États-Unis sur le bien-fondé et le calendrier d'un retrait.
«Je crois que nous serons en mesure de réduire nos forces au niveau d'avant la montée en puissance d'ici à l'été prochain sans mettre en péril les gains enregistrés sur le plan de la sécurité», a poursuivi Petraeus.
Il a noté que les effectifs continueraient à diminuer après la réduction envisagée pour l'été 2008, mais qu'il était trop tôt pour préciser à quel rythme. «Mais à mon avis d'homme du métier, il serait prématuré de faire des recommandations actuellement sur la cadence de ces réductions.»
Prudence
«Un retrait prématuré de nos forces aurait probablement des conséquences catastrophiques», a averti l'officier, en uniforme vert bardé de décorations. Un départ précipité d'Irak ferait de l'Iran le grand gagnant, a renchéri l'ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker.
«Abandonner ou réduire de façon draconienne nos efforts conduirait à l'échec, et il faut que les conséquences d'un tel échec soient claires. Il est évident que l'Iran serait le grand gagnant, et qu'il pourrait consolider son influence sur les ressources, voire le territoire de l'Irak», a-t-il jugé.
Le général Petraeus a proposé qu'une unité d'environ 2200 soldats quitte l'Irak ce mois-ci. Si ses recommandations sont acceptées, une brigade de combat partirait à son tour en décembre, suivie de quatre autres brigades et de deux bataillons de marines de plusieurs centaines d'hommes au cours des sept premiers mois de l'an prochain.
Scepticisme
Durant l'audition, Petraeus a entendu des propos très sceptiques d'élus démocrates devenus majoritaires au Congrès l'an dernier, en grande partie à cause du mécontentement de l'électorat américain face à la situation en Irak.
Ike Skelton, président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, a dit que la guerre d'Irak empêchait Washington de répondre à d'autres défis extérieurs. «Les troupes qui sont en Irak ne sont pas disponibles pour d'autres missions; pour aller en Afghanistan traquer Oussama ben Laden» dont le réseau al-Qaïda a attaqué les États-Unis il y a six ans aujourd'hui.
«La politique à courte vue du gouvernement en Irak a produit un fiasco», a renchéri le démocrate Tom Lantos, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre. «Le gouvernement vous a envoyés ici aujourd'hui pour persuader les membres de ces deux commissions et le Congrès que la victoire est à portée de main. [...] Je ne marche pas.»
Crocker a fait état de progrès en Irak malgré les violences et l'absence de réconciliation politique au niveau national. «Un Irak sûr, stable et démocratique en paix avec ses voisins est, à mon sens, réalisable. La tendance résultant de l'ensemble des développements politiques, économiques et diplomatiques en Irak est orientée vers le haut», a-t-il dit. «Ce processus ne sera pas rapide. Il sera irrégulier.»
Réagissant aux propos de Petraeus, un porte-parole du gouvernement irakien a déclaré hier que Bagdad s'accommoderait d'un retrait progressif des forces américaines pour autant que ce projet fasse au préalable l'objet de consultations.
«Je ne pense pas qu'un retrait progressif convenu avec les Irakiens pose problème», a dit Ali al Dabbagh. «Mais un retrait soudain n'est dans l'intérêt de personne, ni dans la région, ni en Irak.»
Lors d'une audition devant les commissions réunies des Forces armées et des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le plus haut gradé américain en Irak a estimé que les renforts militaires envoyés dans ce pays avaient engrangé des succès et mis en garde contre tout retrait précipité qui pourrait bénéficier à l'Iran. Ainsi, loin de répondre au souhait des démocrates qui veulent un désengagement américain en Irak, après «l'échec» de la stratégie d'envoi de troupes supplémentaires, il a au contraire valorisé les choix de George W. Bush.
Cette audition, qui se poursuit aujourd'hui devant des sénateurs, est un prélude à la publication d'un rapport sur l'Irak par le président américain, attendue cette semaine.
«Les objectifs militaires de la montée en puissance sont en passe d'être atteints dans une grande mesure», a-t-il dit durant cette audition avec l'ambassadeur de Washington à Bagdad, Ryan Crocker, qui pourrait donner le ton du débat politique à venir aux États-Unis sur le bien-fondé et le calendrier d'un retrait.
«Je crois que nous serons en mesure de réduire nos forces au niveau d'avant la montée en puissance d'ici à l'été prochain sans mettre en péril les gains enregistrés sur le plan de la sécurité», a poursuivi Petraeus.
Il a noté que les effectifs continueraient à diminuer après la réduction envisagée pour l'été 2008, mais qu'il était trop tôt pour préciser à quel rythme. «Mais à mon avis d'homme du métier, il serait prématuré de faire des recommandations actuellement sur la cadence de ces réductions.»
Prudence
«Un retrait prématuré de nos forces aurait probablement des conséquences catastrophiques», a averti l'officier, en uniforme vert bardé de décorations. Un départ précipité d'Irak ferait de l'Iran le grand gagnant, a renchéri l'ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker.
«Abandonner ou réduire de façon draconienne nos efforts conduirait à l'échec, et il faut que les conséquences d'un tel échec soient claires. Il est évident que l'Iran serait le grand gagnant, et qu'il pourrait consolider son influence sur les ressources, voire le territoire de l'Irak», a-t-il jugé.
Le général Petraeus a proposé qu'une unité d'environ 2200 soldats quitte l'Irak ce mois-ci. Si ses recommandations sont acceptées, une brigade de combat partirait à son tour en décembre, suivie de quatre autres brigades et de deux bataillons de marines de plusieurs centaines d'hommes au cours des sept premiers mois de l'an prochain.
Scepticisme
Durant l'audition, Petraeus a entendu des propos très sceptiques d'élus démocrates devenus majoritaires au Congrès l'an dernier, en grande partie à cause du mécontentement de l'électorat américain face à la situation en Irak.
Ike Skelton, président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, a dit que la guerre d'Irak empêchait Washington de répondre à d'autres défis extérieurs. «Les troupes qui sont en Irak ne sont pas disponibles pour d'autres missions; pour aller en Afghanistan traquer Oussama ben Laden» dont le réseau al-Qaïda a attaqué les États-Unis il y a six ans aujourd'hui.
«La politique à courte vue du gouvernement en Irak a produit un fiasco», a renchéri le démocrate Tom Lantos, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre. «Le gouvernement vous a envoyés ici aujourd'hui pour persuader les membres de ces deux commissions et le Congrès que la victoire est à portée de main. [...] Je ne marche pas.»
Crocker a fait état de progrès en Irak malgré les violences et l'absence de réconciliation politique au niveau national. «Un Irak sûr, stable et démocratique en paix avec ses voisins est, à mon sens, réalisable. La tendance résultant de l'ensemble des développements politiques, économiques et diplomatiques en Irak est orientée vers le haut», a-t-il dit. «Ce processus ne sera pas rapide. Il sera irrégulier.»
Réagissant aux propos de Petraeus, un porte-parole du gouvernement irakien a déclaré hier que Bagdad s'accommoderait d'un retrait progressif des forces américaines pour autant que ce projet fasse au préalable l'objet de consultations.
«Je ne pense pas qu'un retrait progressif convenu avec les Irakiens pose problème», a dit Ali al Dabbagh. «Mais un retrait soudain n'est dans l'intérêt de personne, ni dans la région, ni en Irak.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

