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Un raid aérien américain fait au moins 14 morts à Bagdad

Reuters   7 septembre 2007  États-Unis
Bagdad — Des frappes aériennes américaines ont fait au moins 14 morts et détruit onze maisons dans la nuit de mercredi à hier dans le quartier de Mansour, à l'ouest de Bagdad, ont rapporté la police irakienne et des témoins. L'armée américaine a déclaré que les forces spéciales américaines avaient demandé un soutien aérien après avoir essuyé des tirs lors d'une opération contre des activistes chiites soupçonnés de tuer des policiers et des sunnites.

Les troupes américaines, accompagnées des forces spéciales irakiennes, ont donné pour instruction à l'aviation de frapper deux bâtiments où s'étaient retranchés des activistes, a précisé l'US Army. Selon celle-ci, deux autres bâtiments ont subi de légers dégâts.

«Les extrémistes chiites visés appartiennent à une cellule terroriste [...] qui a mené des attaques contre des policiers locaux et mis en place des postes de contrôle illégaux pour intimider, rançonner et tuer des habitants. Ces unités tuent également des sunnites en dehors de tout cadre judiciaire», poursuit l'armée dans un communiqué.

Selon deux sources policières, 14 personnes ont été tuées et neuf autres blessées dans le raid aérien qui a touché le secteur de Wachach, dans le quartier de Mansour, aux premières heures du jour.

Les images tournées par Reuters Télévision montrent au moins onze bâtiments effondrés ou détruits dans trois rues contiguës du quartier, un bastion de l'Armée du Mehdi, la milice de l'imam radical chiite Moqtada al-Sadr. Un caméraman de Reuters a vu des habitants extraire le corps d'une femme des ruines. «C'est une catastrophe. Nous avons extrait 24 corps des ruines», a déclaré un responsable, qui a requis l'anonymat, dans les bureaux de Sadr à Wachah.

Selon des habitants, les bombardements aériens ont été précédés par des affrontements entre des soldats américains et des activistes. Un habitant a raconté que des soldats, qui recherchaient des suspects, avaient fait irruption dans sa maison, confisqué les téléphones portables et séparé les hommes des femmes.

En raison de la chaleur, beaucoup d'habitants du quartier dormaient sur les toits lorsque les affrontements ont commencé. «Nous sommes un quartier tranquille. Pourquoi est-ce que cela nous arrive?», s'est interrogé Abou Talib, un vieil homme portant une barbe blanche. Wamidh Abdoul Djabbar, un médecin, dormait sur le toit de sa maison avec ses enfants quand elle a entendu des tirs de mitrailleuse. «Ensuite, nous avons entendu les bombardements des avions et le bruit de l'effondrement de bâtiments. J'ai pris mes enfants et nous sommes allés nous cacher sous l'escalier», a-t-elle raconté.

L'utilisation par l'armée américaine d'avions et d'hélicoptères pour mener des raids dans la capitale irakienne a déjà par le passé suscité la colère du gouvernement irakien. En août, un hélicoptère a tué 18 personnes dans le quartier de Choula, à Bagdad, lors d'affrontements entre des soldats américains et des activistes chiites.

La police irakienne n'est pas prête, selon un rapport

Les forces de sécurité irakiennes seront incapables d'assumer seules leur rôle avant «12 à 18 mois», et si l'armée fait des progrès, la police reste minée par la corruption et devrait être démantelée, selon un rapport indépendant présenté hier au Congrès américain.

«Les forces de sécurité irakiennes ne seront pas prêtes à assumer pleinement leur mission de façon indépendante avant 12 à 18 mois», affirme ce rapport, rédigé par une commission présidée par le général à la retraite James Jones, ancien commandant des forces américaines en Europe. «Armée et police ont accompli des progrès irréguliers», selon la commission. Si «leur capacité à assurer la sécurité intérieure devrait constamment progresser», «les forces irakiennes ne seront pas capables de protéger leurs frontières contre des menaces militaires sur le court terme», souligne le rapport.

Concernant l'armée irakienne, la commission se montre optimiste. «L'armée est capable d'assumer de plus en plus de responsabilités à la place des forces de la coalition», malgré «les sévères déficiences de son soutien logistique», précise le rapport.

La commission est beaucoup plus sévère envers la police irakienne, rongée par la corruption et les divisions confessionnelles, et suggère son démantèlement.

La police nationale, qui compte 26 000 membres, «s'est révélée opérationnellement inefficace», souligne le document. «Cette force n'est pas viable dans sa forme actuelle», martèle le rapport, qui dénonce également les dysfonctionnements du ministère de l'Intérieur.

Sitôt paru, ce nouveau document sur l'Irak est venu alimenter le débat sur la situation dans ce pays et sur un début de désengagement des troupes américaines, réclamé par les démocrates.
 
 
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