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Un B-52 survole les États-Unis armé par erreur de missiles nucléaires

6 septembre 2007  États-Unis
Une forteresse volante B-52
Photo : Agence Reuters
Une forteresse volante B-52
Washington — Un bombardier B-52 de l'armée de l'air américaine chargé par erreur de six missiles à tête nucléaire a survolé le 30 août les États-Unis du nord au sud, un incident «sans précédent» selon le Pentagone, qui soulève des questions sur la sécurité entourant ces armes.

L'appareil a transporté les têtes nucléaires pendant un vol de plus de trois heures, de la base aérienne de Minot, dans le Dakota du Nord, à celle de Barksdale, en Louisiane, a indiqué hier l'armée de l'air, qui a ouvert une enquête.

L'erreur n'a été détectée qu'à l'atterrissage de l'avion. Les têtes nucléaires auraient dû être retirées avant que les missiles de croisière ne soient montés sur les pylônes situés sous les ailes de l'avion.

«À aucun moment la sécurité publique n'a été menacée», a assuré le porte-parole de l'armée de l'air, le lieutenant-colonel Ed Thomas. «Les munitions étaient sécurisées et sont toujours restées sous le contrôle de l'armée de l'air.»

Les missiles de croisière transportés par le B-52 peuvent transporter des têtes nucléaires d'une charge allant jusqu'à 150 kilotonnes, soit dix fois la force explosive de la bombe larguée sur

Hiroshima.

Ces bombes n'auraient pas pu exploser en cas d'accident en raison des garde-fous entourant ce type d'armes, selon l'armée de l'air. Toutefois, selon les experts, il existait un risque de fuite de plutonium.

Le président américain George W. Bush et le chef d'état-major interarmées, le général Peter Pace, ont rapidement été informés de l'incident, a-t-on appris auprès d'un responsable militaire, qui a souhaité conserver l'anonymat.

Parallèlement, «le commandement des combats aériens a réclamé une enquête immédiate» en vue de «déterminer les causes» de l'incident et de «prendre les mesures correctives nécessaires», selon Ed Thomas.

L'armée a relevé de ses fonctions un de ses commandants responsable des munitions sur une des bases concernées.

Cet incident semble relever d'une «erreur isolée» ne concernant que deux bases, selon l'armée de l'air, qui a toutefois décidé de «revoir les procédures de toutes ses unités».

Le président de la Commission des Forces armées de la Chambre des représentants, Ike Skelton, a qualifié l'incident de «profondément inquiétant», dans un communiqué. «Rien n'est plus important que la sûreté et le bon traitement des armes nucléaires. Le peuple américain, nos alliés et nos adversaires potentiels doivent être certains que notre arsenal nucléaire répond aux standards les plus élevés», a-t-il déclaré, exigeant de l'armée de l'air et du ministère de la Défense des «contrôles renforcés».

Les armes impliquées dans l'incident faisaient partie des 400 missiles de croisière que le Pentagone souhaitait progressivement retirer de la circulation.

«Cela paraît incroyable que toutes les procédures de contrôle puissent connaître des dysfonctionnements de la sorte», a commenté Hans Kristensen, expert en armement nucléaire. Selon lui, c'est la première fois depuis la fin des années 60 que ce type d'armes est transporté par un bombardier et non à bord d'un avion-cargo. Les vols de bombardiers chargés d'armes nucléaires ont pris fin il y a plus de 40 ans, après des accidents en Espagne, en 1966, et au Groenland, en 1968.
 
 
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