Le ministre des gaffes
Ministre américain de la Justice, Alberto Gonzales est plus que jamais sur la sellette. Sa dernière gaffe? Il a induit en erreur les membres du Congrès, qui souhaitent d'ailleurs qu'un procureur spécial examine en détail ses faits et gestes, rappelant ceux posés par son prédécesseur, John Mitchell, lorsque le scandale du Watergate battait son plein. En clair, les élus qui siègent à la Commission des affaires judiciaires ont la certitude que Gonzales s'est parjuré lors de sa comparution la semaine dernière.
Plus exactement, on lui reproche d'avoir nié le rude, très rude combat qui s'est poursuivi derrière les rideaux entre la présidence et le ministère de la Justice. Voici de quoi il s'agit: en 2004, le vice-président Dick Cheney ordonne à Gonzales, alors conseiller juridique de la Maison-Blanche, d'aller à la rencontre de John Ashcroft, ministre de la Justice. Malade, ce dernier est à l'hôpital. Ce détail, on va le voir, a eu une importance capitale pour la suite de notre histoire.
Toujours est-il que Gonzales a pour mission d'obtenir d'Ashcroft l'autorisation formelle permettant la prolongation du programme d'écoutes téléphoniques et de lecture des courriels échangés par des millions d'Américains. On se rappellera que, dans les semaines postérieures au drame du 11-Septembre, Bush évoqua sa fonction de commandant en chef des armées qui revient à tout président pour justifier le contournement de la loi qui balise les écoutes. En 2004, ce programme d'espionnage arrivant au terme fixé, on demande donc à Ashcroft de le cautionner. À peine Gonzales a-t-il fini d'exposer sa requête qu'Ashcroft exige son départ illico. À noter qu'Andrew Card, chef de cabinet à l'époque de Bush, avait accompagné Gonzales.
Dans les heures qui suivirent cette visite, les hauts fonctionnaires du ministère de la Justice ainsi que James Comey, qui assurait l'intérim lors de la maladie d'Ashcroft, sans oublier Robert Mueller, directeur du FBI, menacèrent de démissionner en bloc. Écoeurés autant par la manoeuvre que par cette volonté de continuer un exercice qui n'avait plus lieu d'être, ces responsables étaient prêts à plonger le gouvernement dans une crise aussi large que profonde.
C'est cet épisode que l'actuel ministre de la Justice s'évertue à nier, malgré les témoignages contraires et publics de Mueller et Comey. Au vu de l'attitude ou plutôt de la position adoptée par Gonzales, beaucoup concluent que, après avoir fait la preuve de son incompétence, il vient de faire la preuve de ses... mensonges. Plus concrètement, l'homme passe davantage de temps à gérer et cacher les dégâts causés par le duo Cheney-Bush qu'à observer les devoirs qui incombent à sa fonction.
On se souviendra qu'au début de l'année il a causé tout un émoi en licenciant neuf procureurs fédéraux, parce qu'il estimait ces derniers pas assez républicains ou, inversement, trop démocrates. Depuis qu'il est à la tête de ce ministère, les gestes politiques qu'il a effectués ont eu tellement d'impacts négatifs que, selon les témoignages recueillis par le New York Times, l'humeur des fonctionnaires est plus basse qu'elle ne l'était à l'époque du Watergate. C'est dire. C'est à se demander ce que l'exécutif attend pour le renvoyer.
Plus exactement, on lui reproche d'avoir nié le rude, très rude combat qui s'est poursuivi derrière les rideaux entre la présidence et le ministère de la Justice. Voici de quoi il s'agit: en 2004, le vice-président Dick Cheney ordonne à Gonzales, alors conseiller juridique de la Maison-Blanche, d'aller à la rencontre de John Ashcroft, ministre de la Justice. Malade, ce dernier est à l'hôpital. Ce détail, on va le voir, a eu une importance capitale pour la suite de notre histoire.
Toujours est-il que Gonzales a pour mission d'obtenir d'Ashcroft l'autorisation formelle permettant la prolongation du programme d'écoutes téléphoniques et de lecture des courriels échangés par des millions d'Américains. On se rappellera que, dans les semaines postérieures au drame du 11-Septembre, Bush évoqua sa fonction de commandant en chef des armées qui revient à tout président pour justifier le contournement de la loi qui balise les écoutes. En 2004, ce programme d'espionnage arrivant au terme fixé, on demande donc à Ashcroft de le cautionner. À peine Gonzales a-t-il fini d'exposer sa requête qu'Ashcroft exige son départ illico. À noter qu'Andrew Card, chef de cabinet à l'époque de Bush, avait accompagné Gonzales.
Dans les heures qui suivirent cette visite, les hauts fonctionnaires du ministère de la Justice ainsi que James Comey, qui assurait l'intérim lors de la maladie d'Ashcroft, sans oublier Robert Mueller, directeur du FBI, menacèrent de démissionner en bloc. Écoeurés autant par la manoeuvre que par cette volonté de continuer un exercice qui n'avait plus lieu d'être, ces responsables étaient prêts à plonger le gouvernement dans une crise aussi large que profonde.
C'est cet épisode que l'actuel ministre de la Justice s'évertue à nier, malgré les témoignages contraires et publics de Mueller et Comey. Au vu de l'attitude ou plutôt de la position adoptée par Gonzales, beaucoup concluent que, après avoir fait la preuve de son incompétence, il vient de faire la preuve de ses... mensonges. Plus concrètement, l'homme passe davantage de temps à gérer et cacher les dégâts causés par le duo Cheney-Bush qu'à observer les devoirs qui incombent à sa fonction.
On se souviendra qu'au début de l'année il a causé tout un émoi en licenciant neuf procureurs fédéraux, parce qu'il estimait ces derniers pas assez républicains ou, inversement, trop démocrates. Depuis qu'il est à la tête de ce ministère, les gestes politiques qu'il a effectués ont eu tellement d'impacts négatifs que, selon les témoignages recueillis par le New York Times, l'humeur des fonctionnaires est plus basse qu'elle ne l'était à l'époque du Watergate. C'est dire. C'est à se demander ce que l'exécutif attend pour le renvoyer.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

