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Le ministre des gaffes

Serge Truffaut   31 juillet 2007  États-Unis
Ministre américain de la Justice, Alberto Gonzales est plus que jamais sur la sellette. Sa dernière gaffe? Il a induit en erreur les membres du Congrès, qui souhaitent d'ailleurs qu'un procureur spécial examine en détail ses faits et gestes, rappelant ceux posés par son prédécesseur, John Mitchell, lorsque le scandale du Watergate battait son plein. En clair, les élus qui siègent à la Commission des affaires judiciaires ont la certitude que Gonzales s'est parjuré lors de sa comparution la semaine dernière.

Plus exactement, on lui reproche d'avoir nié le rude, très rude combat qui s'est poursuivi derrière les rideaux entre la présidence et le ministère de la Justice. Voici de quoi il s'agit: en 2004, le vice-président Dick Cheney ordonne à Gonzales, alors conseiller juridique de la Maison-Blanche, d'aller à la rencontre de John Ashcroft, ministre de la Justice. Malade, ce dernier est à l'hôpital. Ce détail, on va le voir, a eu une importance capitale pour la suite de notre histoire.

Toujours est-il que Gonzales a pour mission d'obtenir d'Ashcroft l'autorisation formelle permettant la prolongation du programme d'écoutes téléphoniques et de lecture des courriels échangés par des millions d'Américains. On se rappellera que, dans les semaines postérieures au drame du 11-Septembre, Bush évoqua sa fonction de commandant en chef des armées qui revient à tout président pour justifier le contournement de la loi qui balise les écoutes. En 2004, ce programme d'espionnage arrivant au terme fixé, on demande donc à Ashcroft de le cautionner. À peine Gonzales a-t-il fini d'exposer sa requête qu'Ashcroft exige son départ illico. À noter qu'Andrew Card, chef de cabinet à l'époque de Bush, avait accompagné Gonzales.

Dans les heures qui suivirent cette visite, les hauts fonctionnaires du ministère de la Justice ainsi que James Comey, qui assurait l'intérim lors de la maladie d'Ashcroft, sans oublier Robert Mueller, directeur du FBI, menacèrent de démissionner en bloc. Écoeurés autant par la manoeuvre que par cette volonté de continuer un exercice qui n'avait plus lieu d'être, ces responsables étaient prêts à plonger le gouvernement dans une crise aussi large que profonde.

C'est cet épisode que l'actuel ministre de la Justice s'évertue à nier, malgré les témoignages contraires et publics de Mueller et Comey. Au vu de l'attitude ou plutôt de la position adoptée par Gonzales, beaucoup concluent que, après avoir fait la preuve de son incompétence, il vient de faire la preuve de ses... mensonges. Plus concrètement, l'homme passe davantage de temps à gérer et cacher les dégâts causés par le duo Cheney-Bush qu'à observer les devoirs qui incombent à sa fonction.

On se souviendra qu'au début de l'année il a causé tout un émoi en licenciant neuf procureurs fédéraux, parce qu'il estimait ces derniers pas assez républicains ou, inversement, trop démocrates. Depuis qu'il est à la tête de ce ministère, les gestes politiques qu'il a effectués ont eu tellement d'impacts négatifs que, selon les témoignages recueillis par le New York Times, l'humeur des fonctionnaires est plus basse qu'elle ne l'était à l'époque du Watergate. C'est dire. C'est à se demander ce que l'exécutif attend pour le renvoyer.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    31 juillet 2007 07 h 23
    Belle gang
    On est capable de faire aussi bien que ça au Canada.

    L'homme a de la difficulté à demeurer bon quand c'est pas payant pour lui ou que ça peut lui coûter le pouvoir, principalement en politique.

    Prenons Harry S. Truman, le président américain qui a ordonné de lâcher des bombes atomiques sur 2 villes japonaises "Hiroshima et Nagasaki" le 6 août 1945. Il en est résulté 210 000 morts de civils en quelques secondes et beaucoup d'autres, par radiations, ensuite. Ceux qui n'ont pas été tués nous fabriquent maintenant des autos. Même chose pour les Allemands qui étaient vilains dans le temps mais leurs descendants sont devenus de très bonnes personnes qui nous fabriquent aussi de belles et bonnes autos.

    Conclusion américaine : Quand on veut se faire fabriquer de bonnes autos, faut les battre à la guerre. Même principe, si on veut maintenir le prix de l'opium ou du pétrole assez bas.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    31 juillet 2007 07 h 44
    Quelques mensonges de plus...
    À la question très pertinente que pose Serge Truffaut à la fin de son article, en demandant ce que la Maison-Blanche attend pour renvoyer Alberto Gonzales, le ministre étatsunien de la Justice, à la suite de ses turpitudes administratives et de ses mensonges, on peut apporter une réponse bien simple : parce que cela fait partie de la culture de l'équipe Cheney-Bush.
    Il y a eu les mensonges énormes qui ont conduit au déclanchement de l'agression contre l'Irak (armes de destruction massive inexistantes, liens avec al-Qaïda inexistants, achat d'uranium en Afrique inexistant, etc.); il y a l'affaire Valerie Plame, les prisons secrètes, Guantanamo, la torture des prisonniers d'abord niée par Bush lui-même, puis implicitement reconnu en l'interdisant, du moins en interdisant certaines formes seulement, l'évaluation officielle de la situation en Irak sur l'air de « Tout va très bien madame la marquise... ». Et la liste n'est sans doute pas clause. Alors, quelques mensonges de plus...
    Quand la pourriture s'installe dans un fruit, si elle n'en est pas extraite immédiatement, elle gagne tout le fruit et il ne reste plus qu'à le mettre à la poubelle. Ce n'est pas seulement le ministre de la Justice qu'il faudrait renvoyer, c'est G.W. Bush et son compère D. Cheney qu'il faudrait aussi renvoyer. On n'en est pas encore là!
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    31 juillet 2007 07 h 48
    Il ne faut pas rêver!
    Alberto Gonzales renvoyé!
    Mais vous rêvez!

    Il faut avoir la tête profondément dans le sable pour penser qu'il peut arriver quelque chose de terrible à Monsieur Gonzales.

    D'imaginer un tel dénouement, est faire fit de la réalité de la dernière année.

    On croyait à un changement, un virage, dans la marche états-unienne suite à l'élection majoritairement démocrate au congrès. L'administration Bush n'a pas bronché.

    Le rapport Baker-Hamilton, ouf! on se disait que l'administration Bush se faisait dire presque brutalement de changer de cap. Rien, aucun coup de barre!

    Nancy Pelosi fait une tournée au Moyen-Orient, l'effet est nul. La Presse se fait discrète sur ses constatations, ses rencontres et ses conclusions. C'est l'administration Bush qui mène le bal de cette région, pas Nancy Pelosi.

    La popularité du président Bush est au plus bas de l'histoire de la popularité des présidents, mais Bush marche toujours le corps raide bien droit avec un sourire vainqueur et rien n'altère sa direction.

    Scooter Libye, accusé, condamné et libéré. Rien de fâcheux ne peut arriver aux copains du régime. Bush l'a fait libéré. Aucun tollé, c'est une chose "normale".

    On demande dans plusieurs États, la destitution du président. Petite nouvelle sans suite. Rien ne peut faire dérailler ce président tout puissant.

    Budget pour l'Irak. Les 700 milliards ne suffisent pas à l'effort de guerre, Bush en redemande, le congrès dit, non, puis pose des conditions. Bush obtient le surplus budgétaire, et ce, sans condition. Des milliards pour continuer les massacres et l'occupation.

    Paul Wolfowitch se fait renvoyé du contrôle de la Banque Mondiale, mais ses services de grand stratège sont toujours bien employés. Comme ils l'ont toujours été. Ce maître à pensée de l'administration Bush, est un des dirigeants-protégés.

    En plus de Gonzales, la liste des protégés est longue. Rien ne peut leur arriver. Bush termine son deuxième mandat. On croit un gouvernement démocrate à l'horizon. Même sans Bush en tête, cette administration ne va pas céder la place facilement.

    Pour cette administration la voie démocratique électorale a peu d'importance, on mise beaucoup plus sur le terrorisme. Il est très probable qu'un coup d'éclat, de type attaque terroriste importante, supplante les résultats électoraux.

    Cette administration n'a pas encore atteint ses ambitieux objectifs. L'écoute électronique va s'intensifier, les courriels continueront d'être analysés. L'Empire s'est installé peu à peu et ne laissera pas son pouvoir mondial s'éroder par des magouilles démocratiques.

    Comme a dit Bush, au lendemain du 11 septembre 2001: "Regardez-moi bien aller!"
    Regardons-les aller!

    Alberto Gonzales dort en paix. Il sait que rien de bien dérangeant ne peut lui arriver.
    Ce n'est pas une gaffe qui peut perturber la bonne marche de cette administration. Les gaffes n'ont d'autres impacts que d'alimenter les médias (friands de gaffes), et ce, pour un court laps de temps.
    Regardez-les bien aller!
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  • Hermil LeBel - Inscrit
    31 juillet 2007 10 h 22
    Commission Royale d'enquête sur l'administration de la Justice au Québec
    Le cas pathétique de Gonzales illustre bien toute la corruption qui mine irrémédiablement l'administration de la justice aux États-Unis. Nous savons maintenant que toute l'histoire entourant le 11 septembre 2001 n'était en réalité qu'une vaste supercherie, une opération criminelle orchestrée par Bush et ses amis sataniques pour justifier l'intervention militaire en Irak.

    Il est malheureux de constater que cette situation de gabegie généralisée n'est pas l'apanage exclusif de nos voisins du sud. De toute évidence, notre système de justice souffre également de graves carences en raison de son asservissement aux groupes de pressions. Rappelons que ces derniers adhèrent aveuglément à une idéologie perfide élaborée sur d'odieux mensonges et qui donnent de la « formation particulière » aux bouffons en toge de juge qui siègent au sein de nos tribunaux.

    De toute évidence, les journalistes à la solde des grandes corporations qui les rémunèrent, n'ont aucune velléité de dénoncer la corruption endémique au sein de l'administration de la chose publique. Ne reste plus alors que les courageux citoyens qui continuent de réclamer une Commission Royale d'enquête sur l'administration de la Justice au Québec. Faudra-t-il encore une fois remonter sur les ponts pour que notre voix soit entendue?
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