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Ben Laden sème la discorde entre Islamabad et Washington

Les États-Unis envisagent une action militaire au Pakistan pour capturer le numéro un d'al-Qaïda

23 juillet 2007  États-Unis
Washington — Le ton est monté hier entre le Pakistan et les États-Unis, qui affirment que le numéro un d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, se trouve au Pakistan et qui n'excluent pas une action militaire sur des cibles liées au terrorisme dans ce pays.

Les responsables américains ont toutefois insisté sur le fait que le président pakistanais, Pervez Moucharraf, était un des plus précieux alliés des États-Unis dans leur lutte contre le terrorisme.

Le directeur du renseignement américain, Mike McConnell, a affirmé que Ben Laden était vivant et qu'il se trouvait au Pakistan: «Mon opinion personnelle est qu'il est vivant. Je pense qu'il est dans la région tribale du Pakistan», a-t-il affirmé sur la chaîne NBC. Il a reproché au gouvernement pakistanais d'avoir laissé al-Qaïda se reformer dans les zones tribales frontalières.

Islamabad a réagi à ces remarques et au refus récent de la Maison-Blanche d'exclure des frappes au Pakistan: «Notre position est qu'Oussama ben Laden n'est pas présent au Pakistan», a indiqué le ministre de l'Intérieur pakistanais, Aftab Sherpao, à l'AFP à Islamabad. «Si quiconque a une information, qu'il nous la donne et qu'on puisse l'arrêter.»

La Maison-Blanche n'avait pas exclu jeudi la possibilité d'attaques aériennes américaines contre des cibles liées au terrorisme au Pakistan, sans préciser non plus si elle chercherait au préalable une autorisation d'Islamabad. «Le président [Bush] a été parfaitement clair sur le fait que la priorité numéro un est de protéger le peuple américain. Toutes les options sont sur la table et nous utiliserons tous les instruments de notre puissance nationale pour être efficaces», a affirmé hier la conseillère de la Maison-Blanche à la sécurité intérieure, Frances Townsend, sur CNN.

L'armée pakistanaise a affirmé que «les forces pakistanaises sont tout à fait capables de conduire une opération contre des activistes sur son territoire et est seule autorisée à le faire», selon son porte-parole, le général Waheed Arshad. Un rapport du renseignement américain publié la semaine dernière a indiqué qu'al-Qaïda s'était reconstitué dans une «zone sanctuaire» au Pakistan et était déterminé à infliger des pertes massives par de nouvelles attaques aux États-Unis.

M. McConnell a redit que la reconstitution d'al-Qaïda a été possible à cause du pacte de paix que le gouvernement pakistanais avait conclu avec les chefs tribaux favorables aux talibans dans cette zone frontalière. «Au lieu de repousser al-Qaïda, ils ont fait une zone sanctuaire pour l'entraînement et le recrutement. Al-Qaïda a pu ainsi regagner de la vigueur», a affirmé le chef du renseignement américain.

«Mais le président Moucharraf est un de nos plus précieux alliés. C'est un modéré», a ajouté M. McConnell, indiquant que, s'il était remplacé, cela aurait «un grave impact» sur la lutte américaine contre le terrorisme.

Dans son allocution hebdomadaire prononcée samedi, le président Bush a également exprimé son soutien total au président Moucharraf, jugeant cependant «préoccupants» les «sanctuaires» où se réfugieraient les membres d'al-Qaïda au Pakistan.

Près de six ans après les attentats du 11-Septembre, al-Qaïda demeure déterminé à s'infiltrer sur le territoire américain, a affirmé le chef du renseignement, tout en admettant ne pas avoir de preuve de l'existence de «cellules dormantes».

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Khurshid Kasuri, sur CNN, a prié les États-Unis de donner à Islamabad «des preuves, des renseignements permettant d'agir» sur la présence d'al-Qaïda au Pakistan.

«C'est bien mieux de compter sur l'armée du Pakistan», a ajouté M. Kasuri. «Ce que nous pouvons faire, personne ne peut mieux le faire. Donc, si vous êtes supérieurs en matière de renseignements techniques, s'il vous plaît, partagez-les avec nous». Washington «a travaillé en étroite collaboration avec les services de renseignement pakistanais et l'armée», a pour sa part insisté Frances Townsend.
 
 
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