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Irak : des progrès insatisfaisants

N/A ZZZN/A   13 juillet 2007  États-Unis
George W. Bush
Photo : Agence Reuters
George W. Bush
Washington — Les progrès en Irak sont insatisfaisants pour près de la moitié des objectifs assignés à Bagdad par le Congrès américain, selon un rapport d'étape de la Maison-Blanche, mais le président George W. Bush a réaffirmé hier qu'il croyait en la victoire.

En dépit des affirmations répétées des États-Unis sur une prise de responsabilité accrue des Irakiens en matière de sécurité, le gouvernement irakien «a fait des progrès insatisfaisants pour accroître le nombre de forces de sécurité irakiennes pouvant opérer de manière autonome», précise le texte.

Ce rapport intérimaire de 25 pages montre que, sur 18 objectifs au total, les progrès sont «insatisfaisants» pour huit d'entre eux, «satisfaisants» pour huit autres tandis que deux derniers objectifs ont eu des résultats mitigés.

«Je crois que nous pouvons réussir en Irak, et je sais que nous le devons», a déclaré M. Bush lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, en commentant ce rapport. «C'est une guerre difficile» et «si nous accentuons notre effort dans ce moment crucial, nous pourrons hâter le jour du retour des troupes à la maison», a-t-il ajouté.

Il a dit que la secrétaire d'État, Condoleezza Rice, et le secrétaire à la Défense, Robert Gates, se rendraient au Moyen-Orient en août pour discuter de l'Irak avec les alliés des États-Unis.

Le document se veut la première évaluation de la situation en Irak depuis l'annonce en janvier d'une nouvelle stratégie américaine pour ce pays, très impopulaire aux États-Unis.

Le texte reproche aussi un manque d'efforts du «gouvernement irakien pour développer un programme de désarmement efficace pour les milices». Il relève aussi que le Parlement irakien a échoué pour l'instant à adopter, et même à commencer à examiner, une loi décisive pour l'industrie pétrolière du pays qui pourrait atténuer les hostilités entre communautés. À ce sujet, le document est aussi critique à l'égard du gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki, qui n'a pas réussi à obtenir une loi facilitant l'accès à des postes publics pour les anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein.

Les responsables américains considèrent cette loi comme indispensable pour faire baisser les tensions communautaires entre les chiites et la minorité sunnite du pays.

Sur le front diplomatique, le rapport accuse l'Iran et la Syrie de contribuer aux attaques menées contre les Irakiens et les forces américaines en Irak. «Nous voyons peu de changements dans la politique de l'Iran visant à une défaite américaine, par l'entremise d'un soutien financier et matériel aux attaques contre les civils et les militaires américains en Irak», précise le document.

Un rapport définitif sur la stratégie américaine est attendu le 15 septembre sur la base de l'évaluation qui sera faite alors par les commandants militaires américains présents sur le terrain.

Le document d'étape a été rédigé par le Conseil national de sécurité et comprend des contributions, notamment, du département de la Défense, du département d'État et du commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus.

George Bush a reconnu hier que l'impact de l'envoi de troupes supplémentaires en Irak était pour l'instant limité, mais il attend la version complète du rapport sur l'Irak, le 15 septembre, avant d'envisager un changement de stratégie.

Le président George W. Bush avait annoncé en janvier un renfort de 30 000 soldats américains en Irak pour tenter de pacifier ce pays. Les États-Unis comptent actuellement quelque 160 000 militaires en Irak.

Bush a fait valoir qu'il était encore trop tôt pour juger de l'efficacité de l'envoi de renforts et a souligné que le rapport que doivent présenter le 15 septembre l'ambassadeur américain en Irak, Ryan Crocker, et le commandant des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, serait «crucial».

Le rapport d'étape a été transmis au Congrès, où plusieurs élus républicains ont rompu les rangs et réclamé un changement de stratégie en Irak.

Cette fronde des républicains pourrait accélérer les efforts déployés par les démocrates pour contraindre le président Bush à à réduire les effectifs plus de quatre ans après l'invasion de l'Irak.

Le sénateur de l'Illinois, Barack Obama, qui brigue l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2008, a critiqué l'allocution de Bush, qui méconnaît selon lui la réalité de tous les jours en Irak. «Est-ce que cette administration s'imagine que nous ne savons pas allumer nos postes de télévision? Ne nous dites pas que nous faisons des progrès en Irak alors que ces trois derniers mois ont été parmi les plus meurtriers depuis que cette guerre a commencé pour nos courageux soldats qui ont été tant sacrifiés», a-t-il dit.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a également critiqué la stratégie du président américain. «Le rapport présenté aujourd'hui par le président confirme ce que beaucoup d'entre nous avions pressenti: la guerre en Irak va dans la mauvaise direction, a-t-il dit. Le gouvernement irakien n'a pas rempli les objectifs clés qu'il s'était fixés et les forces de sécurité irakiennes n'ont pas atteint le niveau escompté.»






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